‹ Nouveaux élémens d'anatomie descriptiveChapitre 55 sur 88 · SEPTIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME PAIRE

Nerf facial.

( Facial Ghauss. ) .

Le nerf facial , portion dure de la septième paire ^ de Willis , se détache de ia substance de rencépliale dans un angle rentrant formé par la réunion du pédoncule du cervelet et de la moelle alongée. Son origine profonde n’est pas encore bien connue: il paraît s’enfoncer dans le corps restiforme; quelques personnes ont cru le suivre dans la partie postérieure de la moelle jusqu’au bec du calamus Scriptorius ; Ch. Bell croit qu’il émane de la colonne latérale du bulbe.

Quoi qu’il en soit , il s’accole aussitôt à la partie supérieure du nerf acoustique , placé dans une sorte de gouttière que lui fournit celui-ci. Il pénètre avec lui dans le conduit auditif interne, le parcourt dans toute son étendue, abandonne le nerf acoustique pour pénétrer dans l’aqueduc de Fallope, subit toutes les inflexions de ce canal , présente un renflement grisâtre aujniveau de l’hiatus Fallopii (1), renflement quelquefois à peine sensible, mais très manifeste dans d’autres cas , sort par îe trou stylo-mastoïdien, s’engage dans Tépaisseur de la glande parotide, se dirige obliquement en bas, en avant et en dehors en croisant superficiellement la veine temporo-parotidienne , et après un court trajet, se sépare en deux branches, V wuq temporofaciale , l’autre cerrico-faciale.

Dans le conduit auditif interne , le nerf facial est uni au nerf acoustique par quelques fdets très grêles qui se déchirent, quand on sépare ces deux troncs l’un de l’autre.

Dans V aquéduc de Fallope^ il reçoit ou envoie plusieurs autres rameaux dont ia disposition est plus compliquée.

1° Au niveau de l’hiatus Fallopii dons le point de son intumescence ganglionnaire, ü reçoit ou produit deux filets d’inégal volume , le fdet supérieur ou crânien du nerf vidien, ( grand nerf pétreux superficiel Arnold) qui runit au ganglion sphéno-pala-

(1) Ce renflement qu’a surtout décrit M. Arnold est constant, mais sa teinte grise n’est parfaitement prononcée que chez quelques sujets.

tiiî, et un filet plus giéle qui le met en communication avec le ganglion olique , {pclit nerf pétreux superficiel Arnold); en outre , il envoie deux filets recurrens vers le nerf acoustique dans le conduit auditif interne.

2*^ Vers la base de la pyramide, il donne un filet très ténu au muscle de l’ctrier, mais il n’en fournit pas au muscle interne du marteau comme on Fa dit ; ce muscle effectivement tire ses nerfs du ganglion otique,

3*^ Au-dessus du trou stylo-mastoïdien il donne naissance à la corde du tympan. Ce rameau remonte un peu dans l’aque'dLic de Fallope(i);, pénètre dans la caisse par une ouverture spéciale , se dirige d’arrière en avant et un peu de haut en bas, s’applique à la face interne de la membrane du tympan , passe entre le manche du marteau et la longue branche de l’enclume, s’engage dans la fêlure de Glazer placé dans une rigole spéciale (2), se dirige obliquement en bas et en avant vers le nerf lingual de la cinquième paire, et au-bout d’un court trajet se réunit à lui sous un angle très aigu, et lui reste accolé jusqu’aux ganglions sous-moxillaire et sublingual , comme on l’a vu. L’origine de ce cordon nerveux a beaucoup occupé les anatomistes : suivant MM. R.ibes , Hipp. Cloquet et Hirzel , il ne serait autre chose cjue le filet supérieur du nerf viclien qui se séparerait du nerf facial après s’y être simplement accolé^ mais , comme je l’ai précédemment indiqué, rien n’établit cette manière de voir; d’ailleurs le filet du nerf vidien vient plutôt du nerf facial qu’il s’y termine, et constitue une des racines du'%anglion sphéno-palatin.

4^ Enfin près du trou stylo-mastoïdien, il communique avec le filet auriculaire du nerf pneumo-gastrique.

A sa sortie de Vaquéduc de Fallupe et avant sa division en

(:)Le trajet rétrogradé de la corde du tympan à son point de départ du nerf facial , a beaucoup occupé les anatomistes ; celte directio ne lui est point particulière ; elle est t elle de tous les rameaux fournis par le facial dans Paquéduc de Fallope: du grand et du 'petit nerfs pétreiix superficiels , des filets d’anastomose avec le nerf acoustique et de celui qui est destine au muscle de l’ étrier .

(2) MM. Iluguicr et Filippo Civinini ont représenté cette rigole comme un canal tout-à-fait distinct de la fêlure de Glazer; ils se sont trompés sous ce rapport. Ce n’est d’ailleurs que chez les sujets adultes qu’elle existe réellement; elle se confond avec le reste de la fêlure chez les eufans.

deux branches; le nerf facial fournit encore les rameaux auriculaire postérieur, stylien et digastrique.

Le rameau auriculaire postérieur, dirigé d’abord en büs , se réfléchit presque aussitôt en dehors , en haut et en arrière , sur l’apophyse mastoïde, sans y être logé dans un canal particulier^ comme le croient quelques personnes , passe au-dessous du muscle et du ligament auriculaires postérieurs et se divise promptement en deux filets : l’un auriculaire , se ramifie sur la face interne du pavillon de l’oreille^ et fournit aux muscles transversal de l’auricule et auriculaire postérieur 5 l’autre mastoïdien, s’anastomose avec le filet mastoïdien du plexus cervical superficiel , se répand dans la région masiq^o-occipitale , et se distribue particulièrement au muscle occipital.

Le rameau slf lien est quelcjuefois une division du suivant. Il se porte obliquement en dedans, en bas et en avant, s’applique sur la face externe du muscle stylo-hyoïdien, et se perd dans son épaisseur.

Le rameau digastrique , né souvent du même point que le précédent,* traverse obliquement le ventre postérieur du muscle digastrique, et s’y termine en s’unissant à un filet du nerf glosso-pharyngien cmi se rend dans le même organe. Quelquefois deux de ses filets sortent du muscle digastricjue, pour aller s’anastomoser avec des filets du ganglion cervical supérieur et avec le rameau laryngé supérieur du pneumo-gastrique.

Branche temporo -faciale . C’est la plus importante des deux branches de terminaison du nerf facial. Dès son origine , elle se porte en haut et en avant, dans l’épaisseur de la glande parotide , forine avec le tronc du nerf une arcade à concavité supérieure , et devient de plus en plus superficielle. Peu après, elle reçoit du nerf temporal superficiel de la cinquième paire , un ou deux cordons qui se portent horizontalement vers elle, en contournant le col du condyle de la nuichoire, comme je l’ai dit plus haut (i), et c|ui vont plus particulièrement concourir à former ses rameaux mglaires. Ensuite, sensiblement accrue par l’addition de ces cordons , la branche temporo-faciale du nerf

(1) Cette ana^>tüinose du temporal supernciel et du facial est fort importante; elle donne au nerf facial une influence sur la sensibilité de la joue qu’il n’aurait pas sans elle.

facial , se résout en une foule de rameaux qui s’écartent en rayonnant, et se portent dans la parotide (Goëdechens), vers la tempe, le front , l’orbite , le nez, et la paroi correspondante de la bouche , ce qui permet de les distinguer en temporaux , orbito-frontaux , nasaux et buccaux.

Les rameaux temporaux se dégagent de la parotide vers sa partie supérieure, passent perpendiculairement sur la face externe de l’arcade zygomatique, en avant de la branche temporale de la cinquième paire, s’écartent beaucoup les uns des autres en montant , se divisent presque à l’infini , et se perdent dans les muscles auriculaires antérieur et supérieur, dans le muscle occipito-frontal, quelque peu dans la peau , et s’anastomosent avec les divisions des nerfs temporal superficiel et frontal du trifacial. Un des plus antérieurs traverse l’aponévrose temporale, et va s’anastomoser avec le nerf temporal profond antérieur, ou avec des rameaux malaires de la branche orbitaire inférieure du maxillaire supérieur.

Les rameaux orhito-frontaux ou. malaires se dégagent de la partie supérieure et antérieure de la parotide, passent obliquement dans la région malaire , jettent quelques ramifications dans le muscle grand zygomatique , s’anastomosent avec les filets malaires du trifacial , se placent au-dessous du muscle orbiculaire

des paupières, puis, après s’être divisés en deux faisceaux secondaires pour l’une et l’autre paupières, se répandent dans le muscle précédent, et s’y anastomosent avec les nerfs sous-orbitaire , frontal et lacrymal de la cinquième paire. Quelques-uns de ces rameaux , plus longs que les autres, se portent au sourcil , dans la région frontale et se distribuent aux muscles surcilier et frontal.

Les filets naso-huccaux se dégagent de la partie antérieure de la glande parotide , autour du conduit de stenon qu’ils accompagnent quelque temps , et duquel ils's’éloignent ensuite pour se porter dans trois directions principales. Les uns s’engagent dans la fosse canine , entre les muscles orbiculaire , zygomatiques, élévateur propre de la lèvre supérieure et canin, se distribuent à tous ces muscles, et s’anastomosent avec les filets divergents du nerf sous-orbitaire. D’autres se porteïit transversalement vers l’aile du nez, soit superficiellement , soit profondément , et se terminent dans les muscles élévateurs de la

lèvre supe'rieure , triangulaire du nez , myrliformCj et dans la peau voisine. Les derniers se glissent au-dessous du conduit de stenon , traversent horizon talement la joue en donnant au muscle buccinateur , et vont se terminer vers la commissure des lèvres dans les muscles grand zygomatique , canin, trianü:ulaire et orbiculaire labial.

Branche ceraico-faciale. Un peu moins volumineuse que la précédente, la branche cervico-faciale du nerf facial se porte obliquement en bas et en avant, dans l’épaisseur delà parotide; et avant de quitter cette glande , elle se divise en un certain nombre de rameaux distingués en faciaux et en cerneaux , ou en sus et sous-maxillaires .

Les rameaux sus-maxillaires se dirigent horizontalement en avant , en croisant la direction du masseter, gagnent la lèvre inférieure et le menton, et répandent leurs filets dans les muscles buccinateur, triangulaire, carré, orbiculaire, de la houppe, et s’anastomosent avec les rameaux buccal et mentonnier du nerf maxillaire inférieur, en dehors du muscle buccinateur et audessous du triangulaire des lèvres. Un d’eux pénètre dans le muscle masseter*

Les rameaux sous-maxillaires se portent horizontalement ou un peu obliquement au-dessous de l’os maxillaire , dans la région sus-hyoïdienne, en dedans du muscle peaucier , s’anastomosent dans plusieurs points avec les branches anterieures ou cutanées du plexus cervical superficiel, et se répandent dans le peaucier et quelque peu dans la peau voisine. Quelques-uns de leurs filets se recourbent sur la base de la mâchoire, et vont se terminer dans la région du menton avec les précédents.

En résumé^ Les ramifications du nerf facial, dirigées transversalement ou obliquement de dehors en dedans , croisent celles du nerf de la cinquième paire qui se portent à peu près de haut en bas. Partout les unes et les autres établissent de fréquentes anastomoses entre les deux nerfs d’où elles émanent. Les ramifications du facial se distribuent spécialement aux muscles de l’oreille, du front, de la face , au peaucier et à quelques petits muscles sus-hyoïdiens. Les filets cutanés de ce nerf, filets peu nombreux, mais réels , ne lui appartiennent que passagèrement ; ce sont les divisions des cordons du nerf trifacial

qui sout venus s’accoler à lui , dans les points de ses diverses anastomoses avec ce nerf.

Action. Le nerf facial est essentiellement moteur; sans-doute, comme M. Magendie , Bisclioff et plusieurs autres Font fait remarquer , il parait avoir quelqu’action sur la sensibilité de la face, car il a des filets cutanés que j’ai décrits; mais cette influence ne lui appartient pas à proprement parler , elle dérive des filets du nerf trifacial qui viennent s’accoler à lui en différents points; la section de ce nerf, au-dessus de l’accolement en question faite , à plusieurs reprises , par MM. Magendie, Escliricht et Backer, ne laisse aucun doute à cet égard.

Le facial est le nerf de l’expression (i). Il sert aussi à la respiration suivant G!i. Bell , en ce sens que fournissant des ramifications aux muscles des narines, il les dilate dans certains cas pour faciliter l’introduction de l’air (2). Il concourt à la protection et à l’action des organes de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du goût, en animant les muscles de la partie extérieure de ces appareils. A-t-il une action diflerente de la précédente sur l’oreille, et sur la langue en particulier, à l’aide delà corde du tympan, comme le croient quelques personnes? On ne peut rien assurer de bien positif à cet égard , quoique Bellinglieri considère la corde du tympan comme essentiellement destinée à la gustation.

Page 1