HUITIÈME PAIRE
Nerf acoustique.
(Nerf labyrinthique. Chaüss.)
Le nerf acoustique ou auditif, portion molle de la septième paire de Willis , se sépare de la substance encéphalique un peu en arrière du nerf facial, dans l’angle de séparation du pédoncule du cervelet et du bulbe supérieur de la moelle. Une par-
(1) Toutefois il est étranger à la coloration des joues; cette coloration est sous lïnnuence de la clnquiéiue paire.
(2) Sliaw l’a suivi , chez les poissons, dans les muscles moteurs de l’opercuie, et M. Duméiïl fa vu, chez le marsouin , se répandre presque tout entier dans les muscles dilatateurs des évents.
tie de sa substance s’enfonce dans le tissu médullaire voisin , tandis que l’autre , sous forme de fdaments blanchâtres séparés les uns des autres, s’applique à la surface de la paroi antérieure du quatrième ventricule , et va se terminer sur les côtés du calamus scriptorius , en s’unissant quelquefois sur la ligne médiane par une sorte de commissure à celle du côté opposé.
Au-delà de son origine , le nerf acoustique se porte presque horizontalement en dehors, accompagné par le nerf facial, s’engage avec lui dans le conduit auditif interne , et s’y sépare de bonne heure en deux branches, l’une limacienne ^ l’autre ves^ tihulaire.
Le tronc du nerf acoustique est remarquable par sa mollesse et par sa blancheur ; il est aplati et a la forme d’un ruban relevé sur ses bords, et disposé en une gouttière à concavité supérieure qui reçoit le nerf facial. Il reste contigu au précédent dans tout son trajet, et ne l’abandonne cju’au fond du conduit auditif, au moment où celui-ci s’engage dans le labyrinthe ; mais auparavant il en reçoit quelques filets anastomostiques très ténus, les uns bornés au conduit auditif, deux autres qui viennent , suivant Arnold , par une marche récurrente , du renflement ganglionaire que présente le nerf facial dans Taquéduc deFallope (1).
La branche limacienne du nerf acoustique , séparée de bonne heure de la suivante et placée en dehors et en avant d’elle , marche d’abord horizontalement ; mais parvenue à la partie du fond du conduit auditif qui répond à la hase du limaçon, elle suit la cannelure spirale qu’a si bien décrite M. Ribes, fournit, chemin faisant, une foule de filets qui pénètrent dans les rampes cochléennes par les petits canaux obliques de l’axe, et se termine eh s’engageant dans celui-ci pour gagner i’infundibulum.
Dans les rampes du limaçon , les filets de la branche limacienne du nerf acoustique se divisent encore, et paraissent particu* fièrement s’épanouir sur la portion membraneuse de la cloison.
La branche vestibulaire,\)\as, grosse que la précédente et placée
( 1) M. Giuveiihier compare ingénieusement la disposition du nerf acous* tique au fond du conduit auditif interne , à celle de l’olfactif sur la lame criblée : le premier, en effet , est mou comme le second ; et comme lui il se divise en une foule de fib ts , qui traversent immédiatement les perluis d’une sorte de crible.
AKATOMIE
en arrière d’elle, traverse la paroi interne du vestibule pour entrer dans cette cavité ; mais auparavant elle se divise en trois rameaux distingués en grand , rnoy'en et petit.
Le grand rameau se rend dans le sac commun , s’y épanouit en partie , y forme une membrane flottante qui a été surtout bien représentée par Sœmmering, et envoie, d’autre part, quelques filets dans les ampoules placées aux extrémités évasées des conduits demi-circulaires vertical supérieur et horizontaf. Le mo^en rameau se termine dans le sac sphérique du vestibule. Enfin le petit rameau gagne i’ampouîe placée à l’extrémité isolée du canal demi-circulaire vertical postérieur.
Action. C’est le nerf auditif qui reçoit les impressions des corps sonores, et qui les transmet au cerveau.