‹ Nouveaux élémens d'anatomie descriptiveChapitre 64 sur 88 · II · texte numérisé non relu

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s’engage deirière le muscle carré pronateur, se divise et se perd dans ce muscle, en envoyant un filet très grêle dans l’articulation radio-cubitale inférieure.

A la partie inférieure de l’avant -bras , le nerf médian fournit un rameau cutané palmaire qui lui reste quelque temps accolé. Ce rameau perce l’aponévrose au-dessus du ligament interosseux, passe au-devant de lui , et se divise au milieu de la paume de la main en trois ou quatre filets , qui se répandent dans la peau de cette région.

Enfin à la main, le nerf médian se divise en cinq ou six branches: La première, en procédant de dehors en dedans, se porte transversalement vers les muscles de l’éminence thénar , et se distribue particulièrement aux muscles court fléchisseur , opposant et abducteur du pouce. La seconde , souvent divisée en deux dès son origine , passe obliquement sur l’éminence thénar , envoie des filets à la peau qui lui appartient , se rend vers le côté externe du pouce , et constitue nerf collatéral externe palmaire. La troisième, la quatrième et la cinquième, plus grosses que les précédentes , marchent au-devant des premier, second et troisième espaces inter-osseux , fournissent un peu au-dessus des articulations métacarpo-phalangiennes correspondantes un rameau à la peau de la partie antérieure de la paume de la main et de la racine des doigts, et se divisent chacune en deux rameaux , qui constituent les nerfs collatéraux palmaires, interne du pouce , externe et interne de Vindex et du médius , externe de V annulaire. Enfin la dernière branche communique , en outre , avec un filet qui lui vient du nerf cubital.

En résumé^ comme on l’a vu , les doigts reçoivent chacun quatre nerfs collatéraux , les uns dorsaux, les autres

maires , ceux-ci beaucoup plus gros et beaucoup plus importans que ceux-là. Ces nerfs émanent des troncs du radial, du^ cubital et du médian.

Le nerf radial et le cubital fournissent un égal nombre de rameaux collatéraux dorsaux , le premier, aux deux côtés du pouce et au côté externe du médius, le second, au petit doigt , à l’annulaire et au côté interne du médius.

Le nerf médian et le cubital donnent les nerfs collatéraux, palmaires, le médian au pouce, à l’index, au médius et à la

partie externe de rannnlaire , le cubital au côté interne de Fannulaire et au petit doigt.

bes nerfs collatéraux dorsaux se distribuent seulement au dos des doigts, et se terminent à l’extrémité de celui-ci dans la peau de la matrice de l’ongle. Les nerfs collatéraux palmaires sont plus spécialement réservés aux parties antérieure et latérale des doigts ; cependant , à l’extrémité de ces appendices, ils envoient un rameau dans la matrice de l’ongle comme les collatéraux dorsaux. Les uns et les autres, du reste, fournissent des filets qui se terminent dans la peau ; à la pulpe des doigts en particulier , ils peuvent être suivis jusque dans les papilles, où ils offrent une disposition pénicillée analogue à celle du nerf lingual dans la muqueuse de la langue, et ils ne s’anastomosent point entre eux.

MM. Andral , Lacroix et Camus ont signalé des corpuscules grisâtres placés, tantôt isolément, tantôt par groupes, sur le trajet des nerfs collatéraux palmaires. Ces renflemens iFappartiennent pas aux nerfs , ils leur sont seulement inhérens et dépendent , suivant M. Cruveilhier , d’espèces de callosités du tissu cellulo -graisseux qui les entoure. Cette manière de voir me paraît d’autant mieux établie , que la disposition indiquée manque souvent , et qu’on ne l’observe pas chez les jeunes sujets.

SECOND GENRE

Nerfs dorsaux.

Les nerfs dorsaux sont au nombre de douze ; le premier sort de l’épine entre la première et la seconde vertèbres dorsales , le dernier entre la dernière dorsale et la première lombaire.

Les nerfs dorsaux sont remarquables par le peu de volume de leur racine postérieure; cette racine est seulement égale à l’antérieure, comme je l’ai établi ; circonstance qui est parfaitement en rapport avec la destination de ces nerfs au centre du tronc, c’est-à-dire à des parties d’une sensibilité médiocrement développée.

Les racines de ces nerfs, implantées sur une portion beau-

ANATOMIi:

coup plus considérable de la moelle cjiie celles des nerfs cervicaux, lombaires et sacrés , sont séparées les unes des autres par de plus larges intervalles.

Du reste, comme les autres nerfs spinaux, ceux de la région dorsale se divisent promptement en deux branches en dehors des trous de conjugaison, une postérieure, dorsale proprement dite , Fautre antérieure , intercostale.

SECTION PREMIÈRE

Branches postérieures des nerfs dorsaux.

Ces branches se portent en arrière dès leur origine , passent entre le ligament costo-transversaire inférieur et les parties latérales des ligamens inter-corporels correspondans , accompagnées par les branches postérieures des artères et des veines intercostales. Elles parviennent dans les gouttières vertébro-dorsales, et s’y divisent aussitôt en deux rameaux , un externe, Fautre interne.

Les rameaux externes , d’autant plus développés qu’on les examine plus inférieurement, se portent en dehors et un peu en bas, entre les muscles long dorsal et sacro-lombaire , ou dans l’épaisseur du premier, et donnent des filets à l’un et à l’autre. Ceux des nerfs dorsaux supérieurs se terminent en totalité dans le muscle sacro-lombaire ; ceux des inférieurs traversent, au contraire, l’aponévrose vertébrale, les muscles grand dorsal et petit dentelé postérieur-inférieur , leur laissent des filets, et se terminent dans la peau du dos , de la partie supérieure des lombes , et jusque sur les parties latérales de la poitrine et de l’abdomen. Les rameaux externes des deux derniers, en particulier, croisent la crête iliaque un peu en arrière de l’épine iliaque antérieure et supérieure, et se perdent dans la peau de la partie antérieure de la fesse.

Les rameaux internes d’autant plus gros qu’on les considère plus supérieurement , et inverses des précédens sous ce rapport, se portent en bas, en dedans et en arrière , entre les muscles long dorsal et transversaire épineux , leur donnent des fdets , se réfléchissent sur le bord interne du muscle long dorsal qu’ils embraçsent dans une sorte d’anse, marchent ensuite trans-

versalement en dehors, parallèlement entre eux, traversentiles muscles pelit dentelé supérieur , rhomboïde et trapèze supérieurement, sans presque leur fournir de ramifications, et vont se terminer à la peau du dos et des lombes. Les supérieurs s’étendent même jusqu’à la région scapulaire.

Dans les premières paires dorsales, le rameau interne delà branche postérieure se renfle c|uelquefojs en un ganglion grisâtre fort beau , que l’on trouve entre les muscles long dorsal et transversaire épineux.

section deuxième

Branches antérieures des nerfs dorsaux.

Les branches antérieures des nerfs dorsaux constituent les nerfs intercostaux y qui sont aux nombre de douze de chaque côté. Ces nerfs ont entre eux beaucoup d’analogie, de sorte que, pour être méthodique, on doit d’abord' les étudier d’une manière générale , puis ensuite porter son attention sur les différences qui les distinguent.

1“ Description générale des nerfs intercostaux .

Les nerfs intercostaux occupent les espaces de ce nom; le dernier seul fait exception et sc trouve dans les parois abdominales. Iis passent avec les vaisseaux du même nom , en avant du ligament costo-transversaire inférieur, entre la plèvre et le muscle intercostal externe , d’abord à égale distance de la cote supérieure et de l’inférieure. Ensuite , ils marchent suivant la direction des espaces intercostaux dans l’intervalle des deux plans des muscles intercostaux , se rapprochent de la côte supérieure et se logent dans sa gouttière , moins complètement cependant que les vaisseaux, au-dessous desquels ils sont places. Enfin , tout-a-fait en avant , ils descendent de nouveau au milieu de 1 espace intercostal , et ne sont plus recouverts en dehors que par le plan fibreux qui remplace en ce point le muscle intercostal externe.

A leur origine, les nerfs intercostaux communiquent par deux ou trois rameaux avec les ganglions correspondans du grand sympathique. Ensuite ils émettent un grand nombre de branches qui se distribuent, en dedans au muscle intercostal interne

et à la plèvre , en dehors au muscle intercostal externe , à ceux de la re'gion extra-costale et à la peau ; une seule , la branche extra-costale mérite une description plus e'tendue.

La branche extra-costale des nerfs intercostaux s’isole de ces nerfs vers leur milieu en longueur , et à une distance du rachis sensiblement égale pour tous. D’abord elle traverse le muscle intercostal externe correspondant ou le petit oblique 5 ensuite elle perce le muscle grand dentelé supérieurement , le grand oblique inférieurement et se sépare en deux rameaux, l’un aniérieur^ l’autre postérieur^ rameaux qui sont presque exclusivement destinés à la peau des parties latérale et antérieure du tronc. Les premiers seuls étendent leurs ramifications vers le membre thoracique, et ont reçu le nom de brachiaux pour cette raison.

En avant , le tronc des nerfs intercostaux arrive presque jusqu’à la ligne médiane, celui des supérieurs , sans quitter les espaces intercostaux, celui des inférieurs, en passant au-dessous de l’extrémité des cartilages des côtes asternales, pour gagner la paroi abdominale antérieure et se placer entre les muscles petit oblique et transverse (1). Tous , à cette hauteur, traversent les muscles qui les recouvrent , deviennent sous-cutanés , se réfléchissent un peu en dehors’ et se distribuent à la peau voisine.

2® Description particulière des nerfs intercostaux.

Les six nerfs intercostaux supérieurs sont seuls intercostaux dans toute leur longueur ; les autres dépassent en avant les espaces intercostaux , comme je l’ai dit, et se répandent dans la paroi abdominale antérieure ; rigoureusement parlant meme le dernier n’est pas intercostal , puisqu’il est inférieur à la dernière côte. Les premiers, près du sternum, traversent le muscle grand pectoral et l’extrémité supérieure du muscle droit , leur laissent des rameaux , et vont se terminer à la peau. Les derniers se glissent au-dessous du muscle droit, cachés dans sa gaine fibreuse, le traversent lui-même d’arrière en avant et de dehors en dedans, lui fournissent de nombreux rameaux , et

(1) Quelques personnes ont à tort représenté l’extrémité antérieure des derniers nerfs intercostaux comme intermédiaire aux muscles grand et petit obliques.

vont se perdre dans la peau qui le recouvre. Les nerfs intercostaux supérieurs , obliquement dirigés en bas et en avant dans leur partie postérieure , deviennent un peu ascendans en avant; les inférieurs , au contraire , restent descendans jusqu’à leur terminaison. Les six derniers nerfs intercostaux traversent les attaches du diaphragme sur les côtes , et chose remarquable , ils ne donnent point ou presque point de filets à ce muscle.

Le premier nerf intercostal n’a pas de branche extra-costale ; mais, en revanche, il envoie au plexus brachial un cordon beaucoup plus important que celui qui reste entre les deux premières côtes , et que l’on considère comme la continuation du tronc du nerf. Ce cordon remonte en dehors , au-devant du col de la première côte , pour s’unir au huitième nerf cervical.

Le second nerf intercostal^ bien différent du premier , fournit la plus grosse de toutes les branches extra-costales. Cette branche se porte en haut , en dehors et en arrière , dans le creux de l’aisselle, et s’y divise promptement en deux rameaux principaux, Van antérieur , VdiUire externe on b r achial, \e pxoïnïev plus petit que le second. Le rameau antérieur se porte en avant , gagne le bord inférieur du grand pectoral, se divise en filets qui se réfléchissent en haut sur le muscle précédent ^ pour aller se terminer dans la peau qui le recouvre et dans la partie inférieure du sein. Le rameau externe ou brachial se dirige vers le bras et , avant d’y arriver, se partage en une foule de filets divergens, qiiî forment un réseau vers la partie externe de la dépression axillaire : quelques uns d’entre eux se rendent comme les précédens à la peau du bord antérieur de l’aisselle ; d’autres s’étendent vers le bord postérieur de cette partie , et s’anastomosent avec les filets de la branche extra-costale suivante ; les plus nombreux, les plus gros et les plus importons, se portent vers le bras , s’anastomosent une fois au moins avec le tronc du nerf cutané interne, se terminent dans la peau des faces interne et postérieure du bras , et s’étendent jusqu’à la partie supérieure de l’avant-bras.

Le troisième nerf intercostal fournit une branche extra-costale un peu moins grosse que la précédente , qui s’échappe de l’espace auquel elle appartient au niveau de la partie inférieure de l’aisseîle. Cette branche se porte aussitôt en haut, en dehors et

en arrièie , et se divise promptement en deux rameaux , Tun antérieur, Tautre externe ou brachial^ le premier plus petit que le second. Le rameau antérieur se retourne en haut et en avant, vers le bord inférieur du muscle t^rand pectoral , se réfléchit sur lui, et se perd dans la peau qui le recouvre et dans la mamelle. Le rameau externe continue le trajet primitif du tronc, et se subdivise promptement en plusieurs fdets divergens, qui se portent vers le bord postérieur de l’aisselle et vers le bras , se réunissent à ceux de la branche précédente, et se répandent dans la peau du bord postérieur de l’aisselle et de la partie postérieure de l’épaule et du bras.

Les quatrième , cinquième et sixième nerfs intercostaux ont des branches extra-costales beaucoup moins développées que celles des précédées. Ces branches se divisent à leur point d’émergence en deux rameaux ascendans , l’un antérieur^ l’autre postérieur, et sensiblement égaux en volume. Leur rameau antérieur se porte obliquement vers la partie antérieure de la région costale , se divise chemin faisant et se perd dans la peau. Leur rameau postérieur se dirige en arrière, et se répand dans les légumens de la partie latérale de la poitrine.

Les SIX derniers nerfs intereostaux ont leurs branches extracostales divisées à leur point d’émergence , comme les précédentes , en deux rameaux, l’im antérieur, l’autre postérieur; mais difl’èrentes des dernières, sous ce rapport, celles que je décris ont leur rameau antérieur beaucoup plus gros que le postérieur, et cela, dans une proportion ([ui va croissant à mesure qu’on les étudie plus inférieurement. IjGwxs rameaux antéi'ieurs, de plus en plus descendans à mesure qu’ils sont plus inférieurs, fournissent des filets au muscle grand oblique, et se répandent dans la peau de la base de la poitrine et de la paroi antérieure de l’abdomen. Leurs rameaux postérieurs, toujours un peu ascendans , se terminent dans la peau de la partie latérale de la poitrine et de l’abdomen.

Le onzième nerf intercostal, en particulier, fournit sa branche extra-costale au-delà des limites antérieures du petit espace auquel il appartient.

Le douzième, qui n’est plus intercostal à proprement parler, comme on l’a vu , communique par un filet avec le plexus lombaire ; puis il glisse obliquement en avant de la partie supé-

DES CORDOISS NERVEUX. 6Si

vieure du muscle carré des lombes, en arrière du rein et du feuillet antérieur de l’aponévrose postérieure du muscle transverse , et se place ensuite entre celui-ci et le petit oblique , comme les autres. Il envoie le long de la partie antérieure de la crête iliaque un petit rameau, qui se perd dans les muscles petit oblique et transverse à la hauteur de l’épine iliaque antérieure et supérieure.

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