‹ Nouveaux élémens d'anatomie descriptiveChapitre 67 sur 88 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

Branches inférieures du plexus lombaire.

Au nombre de trois, ces branches constituent les nerfs crwraf obturateur et lombo-sacré.

Nerf crural.

Le nerf crural, la plus considérable et la plus importante des branches du plexus lombaire , est formé à la fois par les quatre premiers nerfs lombaires , mais surtout par le second , le troisième et le quatrième. Il reste long-temps renfermé dans l’épaisseur du psoas, se porte obliquement en bas et en dehors , suivant la direction de ce muscle, placé sous le fascia iliaca^ entre le psoas et l’iliaque. Ensuite il passe sous l’arcade crurale en dehors de l’éminence iléo-pectinée , renfermé dans la gaine des muscles précédens , et placé en dehors de la paroi externe du canal crural ; puis, parvenu à la partie supérieure de la cuisse , il se divise en une foule de branches qui s’écartent en divergeant, et que l’on distingue en antérieures , externes et internes.

Avant sa division , le nerf crural fournit un grand nombre de rameaux aux muscles psoas et iliaque , au dernier surtout , le premier en recevant non seulement de ce nerf, mais encore de toutes les autres branches du plexus lombaire.

Branches antérieures . Ces branches , plus superficielles que les autres , traversent l’aponévrose fémorale à des hauteurs variables, mais en général à peu de distance du pli de l’aine ; quelques unes des plus externes laissent des filets dans le muscle couturier; mais toutes, une fois devenues sous-cutanées, se divisent et se subdivisent , se portent en divergeant vers les parties antérieure et interne de la cuisse , et se terminent dans la peau. Les plus longues atteignent la partie interne du genou et l’extrémité supérieure de la jambe. Les plus internes entourent la saphène, et l’accompagnent dans sa portion crurale.

Branches externes. Ces branches , toutes musculaires et placées au-dessous de l’aponévrose fascia- lata, sont très nombreuses et très grosses. Le couturier en reçoit deux ou trois; le droit antérieur en a autant ; une petite pénètre dans l’extrémité infé-

rieure du muscle iliaque ; une autre accompagne les vaisseaux circonflexes externes et parvient au tenseur du fasciadata ; le triceps en reçoit cinq ou six très grosses , qui se rendent vers ses parties externe , antérieure et interne ; une de celles qui appartiennent au vaste interne, descend pendant long-temps sur lui , en dehors des vaisseaux fémoraux, et ne pénètre le muscle que près de sa partie inférieure (i).

Branches internes. Profondément placées sous Paponévrose fémorale, dans la première partie de leur trajet au moins , ces branches sont beaucoup moins nombreuses que les précédentes ; une d'elles se dirige obliquement en bas et en dedans , derrière les vaisseaux fémoraux, et se termine dans le muscle pectine'; deux autres beaucoup plus longues et beaucoup plus compliquées dans leur distribution, s’accolent à l’artère fémorale. Tune en dedans , branche cutanée interne du genou , l’autre en avant de ce vaisseau, nerj saphène interne.

La branche cutanee interne du genou est sujette à quelques variétés ; placée en dedans de l’artère fémorale , elle l’accompagne jusqu’au milieu de la cuisse , puis l’abandonne , se place sur la face externe du muscle couturier, l’accompagne jusqu’au genou, en suivant la veine saphène interne, et se partage en deux rameaux à cette hauteur : l’un continue sur le couturier le trajet de la branche de laquelle il émane , distribue des filets à la peau, et se termine en s’anastomosant au dessous du genou avec le nerf saphène ; l’autre se dirige en avant vers le condyle interne du fémur, et se divise en un grand nombre de filets qui s’écartent en divergeant, et se portent transversalement ou plus ou moins obliquement vers la peau de la partie antérieure du genou et du tiers supérieur de la jambe.

La branche cutanée interne du genou est quelcj[uefois beaucoup plus petite que de coutume, et réduite à son rameau descendant ; tandis que son rameau cutané du genou, procède du nerf saphène au niveau du canal du troisième adducteur, et traverse le muscle couturier pour se rendre à sa destination.

Le nerf saphène interne, satellite de l’artère fémorale à la

(1) C’est-Ià une exception à la règle posée par les anatomistes, relativement à rinimersion des nerfs dans les muscles plus près de fextrémitc supérieure que de l’extrémité inférieure de ceux-ci.

688 AlSfATOMlE

cuisse , devient superficiel et satellite de la veine saphène interne à la jambe et au pied. D’abord placé en dehors de l’artère fémorale , il longe ensuite sa partie antérieure et s’engage avec elle dans le canal du troisième adducteur ; mais au lieu de gagner, comme elle, le creux du jarret, il reste à la partie interne de la cuisse , traverse la paroi antérieure du canal précédent, et se divise aussitôt en deux rameaux, quelquefois en trois, lorsqu’il est chargé de donner au genou le rameau cutané de la branche précédente.

Avant sa division , le nerf saphène interne reçoit dans le canal du troisième adducteur un rameau remarquable de la branche antérieure du nerf obturateur, rameau qui sera décrit plus loin.

Les deux rameaux de terminaison du nerf saphène interne, égaux quelquefois en volume , d’autres fois fort différens sous ce rapport, se glissent au-dessous du couturier , traversent la gaine de ce muscle inférieurement, croisent son tendon, s’accolent à la veine saphène interne , l’un en avant , l’autre en arrière d’elle, et ne la quittent plus dès ce moment. Ces rameaux communiquent souvent ensemble tout le long de la jambe, soit en dedans , soit en dehors de la veine saphène. Ils fournissent, chemin faisant, des filets nombreux à la peau des parties interne , antérieure et postérieure de la jambe ; le plus petit se termine plus ou moins haut, suivant le degré de son développement. Le plus considérable, que l’on considère comme la continuation du tronc du nerf , passe avec la veine saphène en avant de la malléole interne, fournit des filets cutanés en dedans de cette malléole , et va se terminer dans la peau du bord interne du dos du pied, en s’anastomosant avec les ramifications du nerf musculo-cutané ; quelquefois même il se prolonge jusqu^à la partie interne du gros orteil , et fournit son rameau collatéral interne dorsal.

Nerf obturateur.

( Sous-pubien, Chaüss. )

Le nerf obturateur est beaucoup moins gros et beaucoup moins important que le crural. Il naît du milieu du plexus lombaire et spécialement du second , du troisième et du quatrième nerfs lombaires. Caché d’abord dans l’épaisseur du psoas, il s’en

DES COUDONS NERVEUX. 689

isole en dedans^ passe entre lui et la dernière vertèbre, entre les vaisseaux iliaques externes et internes , s’accole à la partie latérale de l’excavation du bassin , se dirige d’arrière en avant vers le trou sous-pubien, s’y engage avec les vaisseaux du même nom, parvient à la partie interne et supe'rieure de la cuisse, et, au niveau du bord supérieur du muscle petit adducteur , se divise en deux branches, l’une antérieure, l’autre postérieure (1).

Avant de s’engager dans le trou sous-pubien et près de ce trou , le nerf obturateur fournit un rameau qui se porte vers le muscle obturateur interne et s’y distribue. Plus loin, il en fournit un autre à l’obturateur externe.

Branche antérieure. Cette branche descend entre les muscles pectine et petit adducteur , et se sépare en trois rameaux. Le premier, plus court que les autres , se perd presque immédiatement dans le muscle petit adducteur. Le second, moyen pour la longueur , s’applique sur la face postérieure du premier adelucteur , lui fournit un grand nombre de rameaux secondaires , et considérablement diminué de volume , il dépasse ce muscle inférieurement, gagne la face externe du muscle couturier, va s’anastomoser avec le nerf saphène interne en avant du tendon du troisième adducteur, et, donne quelques filets cutanés à la partie interne et postérieui% de la cuisse. Enfin , le troisième rameau passe obliquement entre les deux premiers adducteurs , gagne la face externe du muscle droit interne , se consume dans ce muscle, et envoie seulement quelques filets dans la peau qui le recouvre.

Branche postérieure. Cette, branche passe entre le petit et le grand adducteur , et se perd entièrement dans le second. Quel- ([uefois elle fournit auparavant un rameau au muscle obturateur externe.

Nerf lombo-sacré.

Spécialement forme par le quatrième et le cinquième nerfs lombaires , le nerf lombo-sacré est la continuation du plexus lombaire , et le moyen de ccminunication de celui-ci avec le

(i) J’ai vu le nerf obturateur séparé en deux branches dans le bassin; dans un autre cas, cette division avait lieu dans te trou sous-pubien, et la branche postérieure traversait le muscle obturateur e^vterne.

Page 1