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TROISIÈME GENRE

üœsophage.

L’œsophage (i), œsophagus , gula des latins, est la portion thoracique du canal alimentaire. Sans doute ce canal n’est pas seulement placé à l’intérieur du thorax, mais il s’y trouve dans la plus grande partie de son étendue. Il s’étend du pharynx à l’estomac. Dans son long trajet, il repose sur la face antérieure de la colonne’vertébrale, et parcourt successivement, la partie inférieure du col, la cavité thoracique tout entière, l’ouverture œsophagienne du diaphragme , et pénètre enfin dans l’abdomen : de là, les trois portions distinctes cju’il présente, la ceivicale thoracique et \ abdominale.

La direction générale de l’œ-sophage est perpendiculaire, mais il offre, dans divers points de son trajet, quelques inflexions qu’il est important de noter. Ainsi, au cou, vers son origine, au niveau de la cinquième vertèbre et du cartilage cricoïde, il est situé sur la ligne médiane; mais bientôt il se dévie à gauche , derrière le côté correspondant de la trachée-artère. En pénétrant dans la poitrine, il se rapproche peu à peu de la ligne médiane, quhl occupe ensuite depuis la quatrième vertèbre dorsale environ , jusqu’à la fin , et ne l’abandonne même pas , comme on le dit , en traversant l’hiatus du diaphragme c|ui lui est destiné.

(i) De oe'w, je porte, et de je niauge.

DES ORGANES DIGESTIFS. iGi

La longueur de Lœsophage est en rapport avec celle du col et de la poitrine. Sa forme est celle d’un C3dindre un peu comprimé d’avant en arrière. Ses dimensions varient beaucoup en raison de sa grande extensibilité : sa partie la plus étroite répond à son extrémité supérieure, et la plus large à son extrémité inférieure ; il n’est pas rare, en outre , par suite d’une compression extérieure , de le trouver dilaté en divers points de son étendue et au-dessus de l’obstacle , à l’instar du jabot des oiseaux.

Dans sa portion cervicale^ l’oesopliage répond, en amnt^ et de haut en bas, à l’extrémité inférieure du larynx, à la portion membraneuse de la trachée, au lobe gauche du corps thyroïde, au muscle sterno-thyroïdien, aux vaisseaux thyroïdiens inférieurs, et au nerf récurrent gauches ; en arrière , il repose sur la face antérieure de la colonne cervicale et sur les muscles qui la recouvrent ; sur les côtés , il est en rapport avec le corps thyroïde , les artères carotides primitives et les veines jugulaires internes ; mais à gauche , en raison de son obliquité dans ce sens , ces rapports sont plus immédiats qu'à droite ; pour la même raison , le nerf récurrent est placé audevant de lui à gauche, et un peu en arrière à droite.

Dans sa portion thoracique, l’œsophage, logé dans le médiastin postérieur, est en rapport, en avant et de haut en bas , avec la partie inférieure et postérieure de la trachée, avec la bifurcation de ce conduit , avec la bronche gauche dont il croise la direction, et avec le péricarde. En arrière , il répond successivement à la colonne vertébrale , à la veine azygos , au canal thoracique et à l’aorte descendante. Latéralement , il est en contact avec les feuillets correspondans du médiastin postérieur,, et répond en particulier , à droite , au poumon droit, à gauche^ à la fm de la crosse de l’aorte et au poumon du même côté. Les nerfs pneumo-gastriques côtoient d’abord l’œsophage latéralement ; mais inférieurement , le gauche lui devient antérieur , le droit postérieur , et tous les deux l’entourent de leurs cordons anastomotiques.

Dans sa portion abdominale enfin , portion très courte et mesurée seulement par la distance comprise entre l’ouverture œsophagienne du diaphragme et l’orifice supérieur de l’estomac , l’œsophage enveloppé par la séreuse abdominale , ré-

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pond, en avant, à Textremité gauche du foie, à droite au petit lobe de cet organe , en arrière à Taorte, à la colonne vertébrale et aux piliers du diaphragme.

Dans tout son trajet, l’œsophage est entouré de ganglions lymphatiques, et plongé au milieu d’un tissu cellulaire séreux, qui le lie lâchement à toutes les parties voisines , et de manière à lui permettre les mouvemens nécessaires à l’exercice de ses fonctions. Au cou, ce tissu est membraniforme et plus serré que partout ailleurs. Dans la poitrine, il est un peu moins abondant, et se trouve réellement en partie suppléé par les deux feuillets du médiastin postérieur.

La surface interne de l’œsophage est muqueuse et lisse dans toute son étendue. Plus blanche que celle de l’estomac et surtout que celle du pharynx, elle est comme froncée longitudinalement, et offre dans le même sens des plis destinés à favoriser son ampliation , lorsque le canal est distendu par les alimens.

Structure. Deux membranes. Tune externe, musculeuse, Fautre interne, muqueuse, constituent essentiellement l’œsophage:

La membrane musculeuse l’emporte de beaucoup en épaisseur sur celle du pharynx et du reste du tube digestif : comparée , avec quelque raison , par Willis , à un muscle perforé, elle est distinctement formée par deux plans , l’un extérieur , l’autre intérieur. Le premier est composé de fibres longitudinales , qui semblent prendre naissance sur la face postérieure du cartilage cricoïde, immédiatement au-dessous du pharynx, fibres qui ont été considérées, par quelques anatomistes, comme un muscle particulier (c77co-œ^o/?/m^fen ). Elles descendent ensuite parallèlement les unes aux autres; mais elles divergent inférieurement, en se portant sur l’estomac avec les fibres duquel elles se continuent. Le second plan est formé de fibres circulaires et non spirales , comme Font dit quelques auteurs. Ces fibres sont rougeâtres et disposées par petits faisceaux supérieurement, blanchâtres, au contraire, et étalées en membrane inférieurement. Elles cessent à l’estomac et ne se continuent pas sur lui. Les anciens anatomistes avaient divisé les fibres musculeuses de Fœsophage en ascendantes et descendantes , les unes pour le

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vomissement, les autres pour la déglutition; mais rinspection anatomique ne démontre rien de semblable.

La membrane muqueuse mince , molle, et d’autant plus blanche qu'on l’examine plus inférieurement, olïre les plis longitudinaux dont j’ai déjà parlé, et qui sont le résultat de la contraction des fibres circulaires ; on y remarque , en outre , quelques autres rides irrégulières. Elle est pourvue dans toute son étendue d’une couche épidermique blanchâtre qui cesse brusquement à l’entrée de l’estomac. De petites saillies linéaires, disposées en forme d’aréoles , apparaissent çà et là à sa surface , et sont produites par des villosités ; il ne faut pas les confondre avec celles que forment les follicules mucipares que quelques auteurs ont décrits sous le nom de glandes œsophagiennes^ et qui existent en dehors de la muqueuse. Les villosités et les follicules sont, du reste , bien moins nombreux et bien moins prononcés dans l’œsophage que dans le reste du canal intestinal.

Les deux membranes précédentes sont unies entre elles par une couche de tissu cellulaire peu épaisse et peu dense , qui adhère particulièrement à la musculeuse et peu à la muqueuse.

Les artères de l’œsophage viennent , au cou , de la thyroïdienne inférieure ; dans la poitrine, des bronchiques ; de l’aorte et des intercostales; dans V abdomen , de la diaphragmatique inférieure gauche et de la coronaire stomachique. vont

se perdre dans les thyroïdiennes inférieures , les intercostales, la veine cave supérieure, les mammaires internes, les bronchiques , les diaphragmatiques et la coronaire stomachique. Ses vaisseaux lymphatiques se portent dans les ganglions qui l’entourent. Ses nerfs, disposés autour de lui sous forme de plexus, surtout inférieurement, lui viennent pour la plupart des pneumo'gastriques, quelques-uns seulement du grand sympathique.

V ariétés. L’œsophage présente rarement des anomalies : quelquefois cependant, chez des foetus monstrueux, on l’a vu séparé du pharynx et terminé de ce côté par un cul-de-sac. Blaes l’a trouvé divisé , depuis la première vraie côte jusqu’à la sixième ou septième , en deux parties égales, qui se réunissaient de nouveau. Ses variétés les plus communes consistent en des rétrécissemens sur divers points de son étendue , et en des renflemens plus ou moins considérables au-dessus de ces ré-

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trëcisseinens. Quelquefois aussi sa meiiibraiie muqueuse fait hernie à travers un éraillement de la musculeuse, et forme des poches particulières.

Action, La partie inférieure de Fœsophage est douée, pendant la vie, de la faculté de se contracter brusquement comme les muscles du squelette. Cette contraction est sous l’influence des nerfs pneumo-gastriques.

ORDRE SECOND

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