OBSERVATIONS SUR LES GUERRES PUNIQUES
QUELQUES PENSÉES EXTRAITES DU PARALLÈLE DE CARTHAGE ET DE ROME,. PAR MONTESQUIEU.
Les élèves feront des questions sur chacune de ces pensées.
1° Carthage, devenue libre plus tôt que Rome, avait été aussi plus tôt corrompue; ainsi, pendant qu'à Rome, les emplois publics ne s'obtenaient que par la vertu, ils se vendaient à Carthage.
2° Les mœurs anciennes, un certain usage de la pauvreté, rendaient à Rome les fortunes à peu près égales ; mais à Carthage , les particuliers avaient les richesses des rois.
o° Deux factions régnaient à Carthage : l'une voulait toujours la paix, l'autre toujours la guerre; de façon qu'il était impossible d'y jouir de l'une, ni d'y bien faire l'autre.
4° Pendant qu'à Rome la guerre réunissait tous les intérêts , elle les séparait à Carthage.
5° A Rome , gouvernée par les lois , le peuple souffrait que le sénat eût la direction des affaires ; à Carthage , gouvernée par des abus, le peuple voulait tout faire par lui-même.
6° Les Romains étaient ambitieux par orgueil , les Carthaginois, par avarice; les uns voulaient commander, les autres acquérir.
VH> I.IU.
>■ \m Carthaginois « servaient de troupes étrangère»! !<•; i. n>>, un . employai! "i !<••> leurs,
Sfl i .'< il abli ■■■■« uni "i de Carthage, clans son pays , était moins solide que celui de Rome dans lesien , celte dernière avait trente colonies autom d'elle , <i«m en étaient comme les remparts.
m <:i../ les Carthaginois, les armées qui avaienl été battues devenaienl plus insolentesj quelquefois elles mettaient en <'<>»x leurs généraux î chozles Romains, le consul décimait les troupes qui avaient fui, el les ramenait contre l'ennemi
n> i < puissant es établies pai le commerce ne peuvent subsls <<•' long lemps dans leui médiocrité, mais leur grandeur est de peu de durée
ii' i-a cavalerie carthaginoise valait mieun que celle des Rom fdns , poui <i<-n\ raisons l'une, que les chevaux numides et espagnols étaient meilleurs que coum <i< l'Italie; l'autre, que la i avalerie romaine était mal armi e
!• Dans In première guerre punique , Régulus fut battu dès que les Carthaginois choisirent les plaines pour faire combattre leui cavalerie ; el dans i» seconde, fVnnibal <i"i a ses Numide* ses prineipales victoires
15° Scinion, ayant conquis 1 1 pagne el fait alliance avec Mdwi ntssQ ôfa au* Carthaginois cette supériorité Ce fut la i avalerie numide qui gagna la bataille de cima et finit la guerre
i * Rome fut sauvée pat la force de ses institutions &nrès ta bataille de Cannes, ii no fui pas permis aux femmes de pieu rei . i«- pénal refusa de <•>< hetei les i" Isonnlers
i i ■■ < je furent les conquêtes mêmes d'Annibal <i"' eausôrenl la perte de Carthage 11 n'avait pas <•'<' envoyé en Italie par les magistrats de Carlhage; il recevait très peu de secours , soit pat la jalousie d'un parti, soit pai la trop grande confiance de l'autre
H.- Vprès i abaissement des Carthaginois, Home n'eut presque plus que de petites f/uevres el <i<- grandes victoires, au lieu qu'auparavant elle avait eu de petites victoires et de grandes
li " Il y aval! a relie éOOqUC COlUme dCUI ;i.m<L m. m. le ■•<
parés dans l'un combattaient les Carthaginois et les Romains; l'autre était agité pai des querelles qui duraient depuis la mori
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im Les Romains eurent à peine dompté les Carthaginois qu ils attaquèrent de nouveaux peuple* . <-i parurent dans toute la lei re pom i < >ni envahit
au SIECLE. JA I
ÉTAT DE 2L'EUH©PE ET DE ï/ASIE APRÈS LA SECONDE GUERRE PUNIQUE.
Il n'y avait alors en Europe et en Asie que trois puissances en état de résister aux Romains.
1° La Grèce , où trois peuples considérables offraient une barrière redoutable les sauvaffes Éloliens, les Aehéens, liés pai une confédération . les Béotiens, peu a craindre à cause de h ni caractère indécis, Lacédémonc était toujours belliqueuse.
12° La Macédoine, défendue par ses montagnes inaccessibles ■, redoutable par ses peuples courageux et infatigables.
3" La Syrie, le plus puissant des Etats après la mortd' Alexa n iii g le-Grand; mais les successeurs de Selcucus menaient >,,ir vie molle , efféminée; la COW donnait l'exemple au peuple , aux soldats i et ce mal se communiqua aux Romains mêmes, lorsqu'ils firent la guerre à Antiochus, qui régnait alors sur la Syrie.
C'est la couse et l'époque de hier corruption.
'Ici était l'état du monde connu après les guerres puniques.
GRÈGE
prise D'Athènes. — Démétrius-Poliorcèles , ou preneur de i tllesj, est un des plus célèbres capitaines de l'antiquité,
Il était fils $ Antlgone et de '>lralonice. Ses premières armes furent heureuses. Il cliassa de la Syrie les armées égyptiennes, vainquit les Arabes nabalhéeus, prît Babylone et ravngea tout i. royaume, il secourui ffalycarnassê, assiégée par Ptoléméel.ogus, et soumit la Cilicie au profit de son père. C'est alors qu'Antigone forma le dessein d'affranchir la Grèce, asservie par Casstiudn- et l'Iolc niée ; Déméliius exécuta ce projet. S'étant présenté devant Athènes , il s'empara de Munichium et du Pi» rée, chassa de la ville Démétrius de Phalàre, célèhre orateur et homme d'état distingué, et rétablit l'ancienne forme de gouvernement; ce qui U rehdil pour quelque temps l'idole du peuple.
ligue des acïiéens. — On nommait ligue des Achéens une confédération de douze villes dans i<- Pélononèse; elle était très ancienne et peu connue. Jusqu'à la mort d'Aleiandrc-Je^Crrand, elle s'était maintenue sans troubles; mais les généraux de ce conquérant changèrent la constitution de toutes les villes de la Greee. Elles obéissaient à un tyran, ou subissaient la loi d'une
garnison étrangère. Cependant la ligua s*efforça de conserver sa liberté, et mil à sa tête /-.;?;..<. qui venait de délivrer >'..■.. a*ie, s.i patrie, de la tyrannie de Vwv.v*. H lit entrer cette viliedans la confédération, et conçut le projet d'alTVanchir tout le Péloponnèse; II enleva ÙoHnthe au roi de Macédoine, tnUgom Gonai,:s. et accrut même la république des villes de tfi taret de FWfféiM et d'2 /• - a
Dans le même temps, tot's, roi do Sparte, tentait de réformer cette ville, entièrement déchue de te qu'elle était jadis sous t* ,-.' :..' Son entreprise ne lui réussit point, et lui coûta la vie» De retour d'une expédition contre les Etoliems, qui avaient attaqué les '-':.•."•*'. alliés de s .. on le traîne en prison; accusé de vouloir laire des innovations dangereuses, il est condamné à mort On ajoute la cruauté à l'injustice; sa mèreel son aïeule, qui étaient venues le visiter, sont étranglées sur son cadavre.
i es projets de réforme forent renouvelés par r.Vow'w. gis de i éonidaSj l'autre roi, ennemi cependant d'Agis; ce prince, après avoir vaincu les MfcéewsprèsdeitymeSj ofiVede leur restituer toutes les places, s'ils le nomment généralissime de la ligue ' ..v. qui exerçait le commandement depuis trente (rois ans' s> opposa, et appela ason secours Posow, roide Ma"
oodome.
cléomène, défait prèsde >y.\:>\y. se réfugie en Egypte auprès de .'..''.-:. y vergeté, qui le reçoit avec bonté,
(\v, ■•■:,".' avait remis en vigueur, d'après les lois de /;/:.■• la discipline, les repas publics^ les exerciceset les autres usages, s'astreignant le premier aux austères pratiques qu'il imposait aux autres 11 rendit aux vois l'autorité que \c\w assignait la con« stitution primitif a.
Tour rassurer les partisansde la liberté, il donna un second roi à Sparte; seulement il choisit sou frère à défaut du Ris d'Àgis, nomme* îdkitntt*, qu'on avait assassiné peu auparavant,
Sparte eut alors, pour la première t'ois, deux rois de la même maison,
Philopator succède bientôt à Evergète, son père, Cléomène sollicite vainement des secours du nouveau roi, dont laialousie ombrageuse le prive de la liberté; il périt en cherchant à la re couvrer Son corps rut attaché à une croix La mort d'Àgis et de Cléomène mit fin a la race dos . s à Sparte
aratus, qui avait soutenu la ligue des kchéens, fut empoi
SOimC a / :.'■: par . . : ; o . roi de Macédoine, suooossour
d' \->sn; il fut enterré à SycJone, dont les habitans
lui élevèrent unestatue avecle Utrede tttuwtir C'était «a néral plus politique que brave,
philopémen, citoyen de tfi m1opoli$t fut le successeur
d'Araïus dans la préture de la ligue; seul ^^ tous les chois de la
:>' siècle. 213
Hguc aohôennOi II avait compris la politique do Rome, u avait pris Epaminondas pour modèle do bos actions : comme le héros thcbaln, il était philosopha el simple de mœurs, u latnqult deux tyrans <i<v Lacédomono, Machanidas ot Nabis, l'un à Mmiiinic, l'autre près <ic a'/m/vc; n,;,'s D^wocrofs le IVÏossénlen, son on inMiii particulier, le vainquit près do Messène. Phllopémcn fui jetd aans un cachot et empoisonne* ( 1 83) • Ainsi périt co grand homme, appelé ledernier des Grecs ot digne d'être mis en pa rollèlc avoo Annibal ot Sclplon, qui moururent la môme année quo lui.
Lo ligue achéenne, privée de Phllopémen, accepte toutes les conditions des Romains , qui lui aeoordcnt quelques années d'existence. Il fallait» ayant d'en finir avec les Grecs <i«" sud, soumettre los "Macédoniens. Lo second siècle verra le beau pays de Lycurguo, do Pérlclès et d'Alexandre, tomber au pouvoir du
peuple roi.
OBSERVATIONS BUB LA LIGUB DBS Aciiiiins.
a la mort d'Alexandre, les républiques grecques, entraînées moitié par amour de la liberté, moitié par los menées dos intrt< gans. essayèrent d'enlever à la IVIacédotne la suprématie dont elle jouissait. Elles se jetèrent dons la guerre lamiague, contre l'avis de Pnoolon, et furent vaincues à Cranon, Alors, les fols de Macédoine leur Imposèrent des gouverneurs et dos garnisons j et substituèrent ainsi une domination au oowfnandernent dos généraux de Philippe ot d'Alexandre Leur autorité futro connue par vingt cinq ou vlngl huit Etats helléniques. Trois peu pics seulement, les Spartiates, les Etollcns et une partie dos Ai cadlons, échappèrent à cette domination, et conserveront en Grèce le dépôt de la liberté.
Les républiques grecques profitèrent a*'* querelles Inlermlna blés des différons compétiteurs au trône de iVfacédolno, et de l'embarras où les jeta l'Invasion des Gaulois (270). in on seulement elles s'affranchirent ; maison entrant dans la ligue achéenne, «Mies adoptèrent le gouvernomcnl le plus parfait qu'ait connu l'antiquité. En effet, la ligue des Achéons donnait aux peuples quj en faisaient partie une tago démocratie pour gouvernement Intérieur; à ions les mômes lois, les mômes magistrats, les me
mes poids, les mêmes mesures. Un grand conseil nu dièle, composé «les députés des villes, s'assemblait pour le gouvernomcnl général, sous la direction d'un président, qui était chargé do contraindre los Etats d'acquiescer aux délibérations de l'assemblée. Il n'y avail, qu'un pas a l'aire, il n'y avail plus que hois
peuples à gagner, les Spartiates, les Béotiens, les Phocldleris, pour quo système acheen régîl la Grèce entière ot tout lo Pé ïoponese, Gclto révolution achevée, les Grecs, libres et unis,
capables de se ilél'endre à L'extérieur conlre loules les attaques
dos princes macédoniens , leuï proposaient de combiner onsem '
214 3e SIÈCLE.
ble leurs forces respectives contre l'étranger, contre les Romains surtout, qui alors même s'ouvraient l'entrée de la Macédoine et de la Grèce par leurs conquêtes en Illyrie.
irruption dus gaulois en Illyrie, en Grèce et en Macédoine. — Les Gaulois, qui, dans le 6e siècle, s'étaient établis en Pannonie, menaçaient, par différentes excursions, de dévaster non seulement la Macédoine, mais même toute la Grèce. Trois expéditions successives caractérisent leur invasion dans le troisième siècle.
La première, dirigée par Cambaules, ne pénétra que jusqu'en Thrace, parce qu'elle ne se trouva pas assez forte.
La seconde était partagée en trois corps : l'un sous Cérétrius, dirigé contre la Thrace; l'autre, contre la Péonie, sous Br ennus Il et Ackicorius , et le dernier, contre V Illyrie et la Macédoine, sous les ordres de /?d<7ms.Pto!émée-Céranus fut vaincu et tué; mais un noble macédonien, nommé Sosthènes, prit le commandement, et affranchit la Macédoine.
La troisième se dirigea contre la Grèce, ayant à sa tête Brennus 11, qui défit et tua Sosthènes. Les Gaulois pénètrent, malgré tous les obstacles, dans le cœur de la Grèce : ils assiègent Delphes, le but de leur expédition ; mais une terreur panique s'empare d'eux, et ils périssent presque tous par la faim, le froid et le fer.
Une autre partie des Gaulois, composée de hordes de Teclosages, de Tolistoboïens et de Trocmes, s'enfonça dans l'Asie {au 2 siècle), aida Nicomède à monter sur le trône de Bithynie, et obtint de ce roi, pour récompense., une contrée qui de leur nom fut appelée Galatie.
Lecture. — Précis de l'histoire des successeurs d'Alexandre, par MM. Poirson et Cayx. Histoire de France de l'auteur.