‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 110 sur 277 · DESTRUCTION DE CARTHAGE · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DE CARTHAGE

EVENEMENS

home.— 190. Défaite et soumission d'Antiochus-le-Grand , roi de Syrie.— 149. — Guerre contre Viriathe en Espagne. — 14t. Soumission de la Macédoine. — 146. Soumission de la Grèce. — 146. Troisième guerre punique; prise et destruction de Cartilage.— 145—134. Guerre numantine, et soumission d'une partie de l'Espagne. — 133-121. Troubles intérieurs excités par les Gracques. — 12">. Première invasion dans les Gaules. ~ 113. Guerre contre Jugurtha , roi de Numidie. — 113. Guerre cimbrique; victoire de Marius.

De 180 à 88 , règne des Ptolémée.

judée..— 1 66. Victoire de Judas Macchabée.— 107. Règne d'Arislobule.

découvertes. — 190. Pompe par Héron d'Alexandrie.— 142.

Précession des équinoxes , latitude et longitude , trigonométrie sphérique , par Hipparque de Nicée. — Une étoile nouvelle parait au ciel. — 138. Broderie en or par Altale , roi de Pergame. — 120. Sphère artificielle, par Possidonie.

£U'm;U>ppimunt.

ROME

Défaite et g«Baaaiassâ©Bi iîAiitioe!Uï8$»ïeforant!. — La prise de Cartilage commença à jeter

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des craintes dans l'Orient ; des coalitions se formèrent contre Rome, et les rois de Syrie, dont l'empire s'étendait depuis les limites du royaume de Perse jusqu'aux limites de ceux de Pergàme et de Bithynie, les plus puissans successeurs d'Alexandrele-Grand, s'étaient mis à la tête de la coalition ; mais ils n'étaient plus autant à craindre que du temps de Séleucus ; le luxe et la mollesse régnaient partout : telle était la situation delà Syrie, lorsqu'Antiochusle-Grand monta sur le trône, Tan 222. Pendant vingt ans, ce prince fit la guerre avec succès; il envahit l'Egypte, sous la minorité de Ptolémée Epiphane; il conquit une grande partie des provinces occidentales de r Asie-Mineure ; voulant régner sur la Grèce, il passa en. Europe et s'empara de la Ghersonèse de Thrace ; il allait mettre son vaste projet à exécution lorsque Annibal fugitif vint à sa cour.

Le royaume de Syrie s'étendait alors depuis les extrémités orientales delà Perse et de l'Arménie jusqu'aux limites des Etats des rois de Pergame et de Bithynie, comme nous l'avons dit.

C'en était peut-être fait de Rome, si Antiochus eût suivi le conseil du héros de Cartilage (195), qui voulait porter une seconde fois la guerre en Italie, tandis que le roi de Syrie s'emparerait de la Grèce; mais Antiochus se laissa guider par les avis de Thoas, préteur desEtoliens et ennemi d' Annibal ; il ne voulut pas même faire cause commune avec Philippe de Macédoine. Thoas sut s'emparer ainsi de l'esprit d' Antiochus, sur lequel il avait un grand ascendant, et l'on vit, à la honte des rois, un chef presque inconnu d'une région à demi barbare l'emporter sur un des grands hommes de L'antiquité. Les Romains, profitant de ces fautes, chassent Antiochus de la Grèce, passent YHellespont sous la conduite de Lucius Scipion et attaquent Antiochus au pied du mont Sipyle, près de Magnésie (190). La victoire la plus complète couronne leur courage. Antiochus, qui s'était enfui jusqu'au-delà du mont Taurus, cou-

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clut un traité honteux avec Lucius Scipion , surnommé alors Y Asiatique : il livrait tous ses éléphans, payait aux Romains et à Eumène, roi de Pergame, une somme considérable, et abandonnait toute l'Asie- Mineure jusqu'au mont Taurus ; il s'engageait à livrer Annibal et Thoas.

Antiochus ne survécut que trois ans à son déshonneur : il fut assassiné (186). Le royaume de Syrie ne fit plus que décroître, et tomba au pouvoir des Romains, qui, évitant de se flatter de leurs succès, voulurent paraître n'avoir combattu que pour la liberté des Grecs et de leurs alliés. Ils partagèrent l' Asie- Mineure entre Eumène et les Rhodiens, assignèrent au premier la Mysie , les deux Phrygie , la Lydie, l'îonie, et aux Rhodiens la Carie et la Lycie. II. suffit, pour faire connaître l'ascendant que Piome avait pris sur les rois de Syrie, de citer le trait suivant : Antiochus Epiphane, ou Y Illustre, était entré en Egypte, et s'était emparé de Memphis, pendant la minorité de Ptolémée Philométor, qu'il avait même fait prisonnier. Les tuteurs du roi demandèrent du secours aux Romains. Popilius Lœnas, sénateur, ordonna à Antiochus, delà part du sénat, de quitter l'Egypte, et, n'obtenant que des réponses évasives, il traça sur le sable, avec sa baguette, un cercle autour du roi, et lui dit : Avant de sortir de ce cercle, rendez-moi laréponse que je dois rapporter au sénat. Antiochus, étonné, répondit humblement : « Je ferai tout ce que le sénat commande.»

Rome n'avait plus que l'Egypte à soumettre pour être la maîtresse du monde.

§©iiMti^^i©si de la llaeealoiaie. — Quelque temps après la victoire d'Apollonie, les Romains parvinrent à détacher de l'alliance de Philippe les Etoliens et Attale, roi de Pergame, qui leur légua son royaume. Fier de quelques succès sur Pyrrhias, général des Etoliens, le roi de Macédoine avait déclaré la guerre aux Athéniens, attaqué Rhodes et menacé l'Egypte.

Le consul Q. Flaminius, assuré des principaux

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Etais de la Grèce, et renforcé par leurs troupes, marche contre Philippe, le rencontre près des Cynocéphales (collines de Thessalie), et le bat complètement, grâce à la cavalerie étolienne. Cette défaite força Philippe à demander la paix. On la lui accorda à condition qu'il se renfermerait dans les limites de la Macédoine; qu'il évacuerait toutes les villes grecques où il avait garnison; qu'il livrerait tous ses vaisseaux et paierait mille talens en dix années. Cette guerre dura trois ans ; elle donna la liberté à toutes les villes grecques d'Europe et d'Asie, à l'exception de celles que les Romains jugèrent à propos de se réserver. Elle rendit ceux-ci les arbitres de l'Asie.

Perséej fils de Philippe, entra clans les vues de son père, et voulut secouer le joug des Romains. D'abord il fut heureux, et gagna sur le consul Licmius Crassus la bataille de Péluse sur le Pénée; mais Paul- Emile, le fils de celui qui avait été tué à la bataille de Cannes, avait été porté au consulat par le peuple et le sénat. Las de ne point voir finir la guerre de Macédoine, ce général, après avoir rétabli la discipline dans l'armée, prit en flanc la redoutable phalange macédonienne, la rompit, et gagna la bataille de Ptjdna; la victoire fut complète et le carnage horrible. Persée prit la fuite, se retira dans Pijdna, et de là à Pella, où bientôt il se mit à la discrétion du consul avec sa femme et sesenfans. Paul-Emile, après avoir soumis la Macédoine, lui avoir donné des lois, pacifié la Grèce entière et réglé les affaires d'une foule de petits peuples, repasse en Italie chargé de gloire et de butin. Toute l'Italie est en mouvement, le vainqueur remonte le Tibre au milieu des acclamations de la multitude qui couvre les deux rives. Les deux rois, Persée et Gentius, et leurs enfans, sont remis au pouvoir du sénat avec une foule de captifs et des trésors immenses ; les honneurs du triomphe sont décernés à Paul-Emile. Persée suivit le char triomphal; mais quel exemple de la fragilité humaine! le vainqueur, dit Ïite-Live, fut aussi digne de pitié que le vaincu.

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De deux fils qui lui restaient pour perpétuer son nom, le plus jeune, âge de 12 ans, était mort cinq jours avant son triomphe, et l'aîné, âgé de 14 ans, mourut trois jours après! Persée mourut misérablement en prison. Le seul fils qui lui survécut se fit menuisier, et plus tard il regarda comme un bonheur d'être greffier dans le voisinage de Rome. Peu de temps après, un aventurier, nommé Andriscus, Mysien de naissance, se présenta comme fils de Persée, et parvint à se faire un parti considérable. Quelques victoires lui donnèrent de l'audace; mais les Romains, ayant envoyé contre lui Métellus, l'usurpateur lut vaincu et conduit à Piome chargé de chaînes. La Macédoine l'ut alors réduite en province romaine.

Lecture. — Fragmens de la guerre contre Persée , par Tife- Live.

Tableau. — Dynastie de Macédoine.

SoïiB2BHSsi©ia «Se Isa ©jpèce. — Les Grecs s'aperçurent trop tard qu'ils s'étaient donné des maîtres en appelant les Romains pour les défendre. La ligue des Achéens, déjà affaiblie par le retranchement de quelques provinces, osa prendre les armes contre ces reaoutables ennemis. Le consul Métellus les défit près de Scarphée. Après cette victoire , voulant avoir l'honneur définir cette guerre, cet habile proconsul envoya à Corinthe des députés, afin de proposer aux Achéens un accommodement. Ces ambassadeurs ^ Grecs eux-mêmes, furent saisis, déclarés traîtres à la patrie et condamnés à mort. C'en était fait de la liberté delà Grèce. Le consul Mummius marche contre les Achéens dans les plaines de Leuco-Péira, et en fait une si horrible boucherie, que les historiens disent que les deux mers, qui étaient séparées par l'isthme, jurent teintes de sang. La riche et superbe Corinthe tomba au pouvoir du vainqueur. Mummius l'abandonna au pillage; les stattics et les tableaux furent enlevés. Parmi les tableaux abandonnés aux soldats comme des objets sans valeur, se trouva le Bacchvs

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d'Aristide, que le roi Allait racheta 75,000 fr: de notre monnaie. Mïimmius, étonné que ce tableau eût été porté à un prix si élevé, et soupçonnant qu'il avait quelque vertu particulière, le reprit à Attale pour l'envoyer à Rome, où il fut placé dans le temple de Cérès, avec lequel il a péri. Au reste, Mummius était tellement étranger aux arts, qu'ayant chargé un vaisseau de chefs-d'œuvre, il menaça le pilote de l'obliger à remplacer les objets s'il les laissait détériorer. Après avoir ainsi dépouillé la ville, on la réduisit en cendres : l'incendie dura plusieurs jours. On dit que les métaux qui s'y trouvèrent renfermés se mélangèrent dans leur fusion, et que le métal nouveau qui en résulta fut appelé airain de Corintlie.

Les Romains rompirent les liens .de la confédération, abolirent le pouvoir républicain et réduisirent la Grèce en province romaine, sous le nom d'Ackaïe.

Déjà la république romaine commence à se livrer au désordre et à la corruption. Rome est sur le point d'être renversée, elle qui, par sapolitique arrogante, se rendait l'arbitre des monarchies égyptienne et syrienne, elle qui allait réunir à son territoire et Cartilage et la Macédoine, et la Grèce, et l'Asie-Mineure ; Rome connaîtra la crainte dans la guerre des esclaves,

état de rome jusqu'à la guerre d'anïioghus et le pillage de corinthe.

Les Romains conservèrent toujours , avec la fermeté des principes , un peu de la férocité de leurs ancêtres.

En suivant l'ordre chronologique, on voit s'introduire à Rome deux genres de spectacles bien différens, les combats sanguinaires des gladiateurs , pendant la première guerre punique (264), et les représentations théâtrales, dans l'année qui la suivit (2-40). Les Romains durent les uns aux Brutus, à l'occasion des funérailles de leur père ; les autres à Livius Andronicus, qui en puisa le génie en Sicile. L'an 220, paraît à Rome le premier médecin de profession, c'était le grec Archayate. La seconde guerre punique (209-201) ne permit point aux Romains de se livrer aux plaisirs. d'un luxe naissant ; mais la guerre d'Antiochus leur devint fu-

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neste ; les mœurs austères et simples se corrompirent par tous les vices qu'entraînent les richesses. En vain Caton, selon l'énergique expression de Tite-Live, aboyait contre la corruption ; elle fut plus forte que la voix de la vertu même. Fabius Pictor avait, depuis long-temps, écrit sur l'histoire de Rome (voyez les Esquisses Littéraires). A l'époque de S cipionl' Africain 3 Ennius etNœvius célébrèrent, en poésie cadencée, quelques périodes historiques. Plaute écrivait ses comédies pleines de verve, et Térence devait bientôt écrire ses pièces élégantes , auxquelles Scipion-Emilien oe fut pas, dit-on, étranger. Un trait caractéristique des Scipions , c'est qu'ils possédaient un mérite encore fort rare dans leur patrie , l'union des qualités héroïques au goût des lettres et de l'urbanité.

Troisième guerre punique. — Les Carthaginois avaient pris les armes contre Massinissa, roi de Numidie (Afrique) , qui s'était emparé de leurs terres. Un traité tout à son avantage avait été réglé, selon les intérêts de cette république, par Scipion, après la victoire de Zama (200); il fut violé dès 199. Rome courut défendre son allié, et commença la troisième guerre punique. Les Carthaginois, vaincus, rendent leurs armes ; mais Rome avait à cœur l'anéantissement de cette ville rivale. Cartilage essaya de se défendre ; Emilien , fils adoptif de "Scipion , vient prendre le commandement de l'armée , et Cartilage tombe au pouvoir des Romains, qui la détruisent. Cette troisième guerre avait duré quatre ans.

Guerre numanttne. — L'Espagne , par ses mines d'or et d'argent, attirait sans cesse les Romains, qui trouvaient une noble résistance dans les Celtibériens et les Lusitaniens. Plusieurs de leurs généraux avaient porté partout le fer et la flamme; mais un berger devenu brigand, Viriatlie, s'était mis à la tête des Lusitaniens, et les Romains avaient été vaincus, d'abord près de Tribola, sous le préteur Ventidius , et ensuite dans une embuscade où il attira C. Plautius. Maximus Servilianuslin-mëme, défait, au combat d'Iinque, dans la Rétique, est réduit à traiter d'égal à égal avec Yiriathe. Ils conclurent une paix aussi glorieuse pour le Lusitanien que honteuse pour Rome, Une des clauses était que Yiriathe

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conserverait ce qu'il avait conquis, et il avait établi sa domination sur le pays qui forme aujourd'hui l'Estramadure et s'étend jusqu'aux frontières de l' Aragon. Ce traité eut lieu l'an 141 avant J.-C, l'an 613 de Rome. Un lâche assassinat débarrassa Rome de ce terrible ennemi, qui avait lutté contre elle pendant onze ans (141). La Lusitanie fut soumise; mais Numance , la seconde terreur des Romains, résiste avec un courage incroyable. Mancinus est vaincu ; c'est alors que te vainqueur de Cartilage est promu une seconde fois au consulat. 11 assiège Namancc, réduit les habitans à la famine, et les oblige, dans leur désespoir, à se donner la mort. La guerre numantine dura près de huit ans. La ville fut rasée de fond en comble, Jugurllia et Marins se signalèrent au siège de Numance (133).

I*es Graeifiiaes. — Rome, au milieu de ses victoires, était agitée au dedans par des troubles continuels entre les patriciens et les pauvres plébéiens. Deux frères, Tibérius et Caïus, illustres par leurs talens et fils de Cornélie, fille de Scipion l'Africain, et de Tibérius Sempronius Gracchus , renommé par sa gravité et son éloquence, se déclarèrent successivement pour le peuple, entreprirent de renouveler l'ancienne loi Lieinia , qui contraignait les plus riches Romains à ne pas acquérir plus de cinq cents arpens de terre; ils voulaient aussi qu'on fit le partage des trésors légués aux Romains par Attale, roi de Pergame. Cette réforme devint une lutte contre Y aristocratie qui possédait presque exclusivement les terres de l'Etat. Les Gracques périrent victimes de leurs projets. Tibérius, l'aîné, fut assommé à coups de bâton par le parti aristocratique que dirigeait Scipion Nasica, cousin des Gracques.

Caïus, le plus jeune et le plus éloquent, vécut pendant assez long-temps dans une profonde retraite; mais il reparut à la tribune avec bien plus de passion, d'emportement et de violence que ne l'avait fait son frère. 11 poursuivit avec acharnement les meurtriers

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de Tibérius, et réclama aussi la loi agraire. 11 étend tellement le plan de son frère, qu'il le rend très dangereux, non seulement pour Y aristocratie, mais aussi pour l'Etat. Il fait établir des distributions régulières de blé au pauvre peuple; il forme des chevaliers (ordre équestre) un corps politique capable de contre-balancer le sénat, en leur conférant le droit de rendre la justice qu'il enlève au sénat; il établit des colonies, non seulement dans la Campante, mais aussi hors de l'Italie, à Carthage ; enfin, chose bien plus importante, il fait participer les Latins et les Italiens aux droits de citoyens romains et particulièrement à celui de suffrages. Son éloquence impétueuse et sa voix éclatante avaient besoin d'être tempérées par un joueur de flûte placé derrière lui. En retraçant les honteuses dilapidations des gouverneurs de provinces, les actes révoltans de la cruauté et de la tyrannie des patriciens, il devait succomber. Forcé de fuir par le consul Opimius, il se fit percer de son épée par un esclave fidèle, douze ans après la fin malheureuse de son frère. L'un de ses plus zélés partisans, nommé Seplimuléius,. s'empare de sa tête, et pour la rendre plus pesante, en ôte toute la cervelle, la remplit de plomb, et la porte au consul, qui lui compte dix-sept livres pesant d'or (122). On accusa Caïus d'avoir assassiné Scipion l'Africain II, qui fut trouvé mort dans son lit.

La victoire du parti aristocratique fut cette fois plus complète : la loi agraire fut abolie ; mais les semences jetées parles Gracques germèrent parmi les plébéiens et les alliés de Rome. Tout présageait une révolution ; les deux partis n'attendaient qu'un chef audacieux et habile pour commencer une lutte décisive. Les mœurs s'en ressentirent, et elles dégénérèrent, et la source de cette corruption doit être attribuée autant à l'ambition des nobles qu'à la licence du peuple.

Lecti "re. — Conjuration des Gracques. — Montesquieu. — -, Histoire de la révolution des Gracques , par M. Heeren,

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OBSERVATIONS

Les historiens anciens et modernes ont jugé diversement les Gracques. Les uns les ont représentés comme des ambitieux, les autres comme de vrais républicains. On semble aujourd'hui rendre justice à leurs bonnes intentions, à leur éloquence, à leur courage ; mais on leur reproche de s'être laissé entraîner au-delà des limites qu'ils voulaient atteindre , et surtout de ne s'être pas renfermés dans les bornes de la loi. Demander le partage des terres injustement envahies, c'était justice; mais vouloir perpétuer leur charge contre tous les usages, c'était une faute grave qu'ils expièrent chèrement.

Première imva.si©ia dans les Gaules* —

Marseille avait agrandi son territoire et fondé des colonies. Amibes et Nice furent attaqués par les S«/luviens et les Liguriens , peuples voisins, jaloux de la prospérité de ces villes. Les Marseillais implorèrent, à titre d'anciens alliés, le secours des Romains. Le sénat se hâta d'envoyer dans la Gaule méridionale le consul Opimius avec une armée. En une seule campagne, il délivra les villes assiégées, défit les Salluviens, enleva leurs armes, donna aux Marseillais une partie de leur territoire et retourna en Italie.

Plusieurs années après (125 ans avant J.-C), les Salluviens se rassemblent pour revendiquer leur héritage; Marseille, inquiète et menacée, sollicite de nouveau l'assistance de Rome; le consul Fulvius accourt avec ses légions, repousse les Gaulois , et sauve la république phocéenne ; mais depuis ce moment, les Romains ne quittent plus le sol de la Gaule. L'année suivante, le consul Sextius remporte sur les Salluviens une éclatante victoire. Il s'empare, au nom de Rome, du terrain sur lequel il a combattu. Il y existait une source d'eaux thermales ; il y fonde pendant l'hiver une colonie qui porte son nom : Aqiice sexliœ (Ai^ en Provence). Ce fut la première ville que les Romains possédèrent dans la Gaule. Elle devint dès lors leur place d'armes et le centre de leurs opérations militaires dans ces contrées.

Les dissensions intestines cjui agitaient perpétuel-

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lement la Gaule, et le caractère inquiet, indocile et léger des Gaulois, favorisèrent sans doute les Romains dans cette entreprise.

€riten»e îmmâdicfue €?©Baiis© Jugurtha. ■ — ■

(113 av. J.-C.). — Causes. — LaNumidie ne fut connue des Romains que vers la seconde guerre punique: à cette époque, ce royaume se trouvait réuni sous un seul chef nommé Aassinissa, qui embrassa le parti de la république. Son fils, Micipsa, lui succéda et légua en mourant sa couronne à Jugurtha, son neveu, et à ses fils Hiempsal et AdherbdL Jugurtha avait déployé au siège de Numance (133) un courage qui lui avait concilié l'estime de Scipion lui-même. Monté sur le trône, il dépouilla d'abord ses deux jeunes parens. Rome intervient, et envoie trois fois des commissaires pour juger le différend. Trois fois Jugurtha achète leurs voix au poids de l'or et finit par faire assassiner successivement Adherbal et Hiempsal.

A cette nouvelle il n'y eut à Rome qu'un cri d'indignation-contre la triple prévarication des commissaires, et le sénat déclara la guerre au roi de Numidie.

Développement. — Jugurtha fut mandé d'abord à Rome ; il vint, mais ses intrigues et ses largesses le sauvèrent encore, C'est alors qu'il s'écrie: ^Ville vénale, tu périrais bientôt s'il se trouvait quelqu'un d'assez riche pour t' acheter ! Il retourne en Afrique où il fait d'immenses préparatifs de guerre. — En effet, les Romains envoient une armée contre lui; mais soit négligence, soit séduction ou incapacité, Calpurnius Bestia, Posthumius etAulus échouent dans cette entreprise.—Enfin (de 109 àl07)Q. Cecilius Métellus, homme incorruptible et de talent, rétablit la fortune des armées romaines, surprend Jugurtha dans Tliala, s'empare d'une grande partie de ses états et l'oblige de solliciter les secours de ses voisins. Ce général, mérita le surnom de Numidique.Ce fut Marius, soldat de fortune, qui termina cette guerre. Il s'empara de Cap s a, ville opulente et forte, de Mulucha, place plus forte encore, qu'il dut à an hçurçux hasard, et

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de Cirtha qu'il ne prit qu'après un combat de trois jours et des fatigues inouïes. Bocchus, roi de Mauritanie, qui s'était rendu redoutable aux Romains au siège de cette ville, à la tête d'une excellente cavalerie, découragé des revers qu'il avait essuyés, livra à Syïla, alors questeur de Maiïus, le malheureux jugurtha, son beau-père.

Jugurtha assista, couvert de chaînes, au triomphe de Marius; on le jeta ensuite dans un cachot plein de fange. En y entrant, le prisonnier, qu'on avait dépouillé de ses vêtemens, ouvrit la bouche comme un homme qui veut rire, et s'écria tout interdit, et semblable à un fou: « Grand Dieu! que votre bain est froid!» 11 y mourut de faim (106 av. J.-C).

Conséquences. — Si cette guerre, qui avait duré cinq ans, n'augmenta pas la puissance de Rome, elle prouva combien les mœurs y étaient dépravées, et à quelles prévarications l'avidité des richesses portait ses magistrats. La chute de Jugurtha augmenta encore la gloire militaire des Romains. Mais ce ne fut que sous Jules-César que la Numidie fut réduite en province romaine, sous son dernier roi Juba (45).

Lecture. — Sallusle. — Florus. — Plutarque.

Ci«aei*sB© eisÊ&Msieiea©. — Rome, à cette époque, commandait à tous les passages iinportans des Alpes; une province romaine s'étendait à travers les Gaules jusqu'à l'extrémité des Pyrénées ; les Allobroges (en Savoie) et les Arverniem (en Auvergne) étaient humiliés ; la république, victorieuse partout, n'avait aucun ennemi à craindre; tout-à-coup on vit paraître sur les frontières d'Italie des essaims de barbares dont l'origine est à peine connue. Les Cimùres ou Cimmériens, et les Teutons, peuples de race germanique qui s'étaient dirigés de l'Orient à l'Occident, le long des bords du Danube du nord, menaçaient d'envahir la Gaule et l'Italie. Rome tenta vainement de les repousser, et plusieurs consuls furent successivement battus. Dès Vannée 1 1 3, ils défirent , près d,e

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Noreia* en Styrie, le consul Papirius Carbon; à mesure qu'ils s'avançaient vers l'Occident, ils se (irent suivre par les peuples germains, gaulois, helvétiques; mais leur grande et mémorable victoire est celle remportée sur les Romains, dans la Gaule (105), à cause de la mésintelligence des généraux, le consul Cîï. Manlius et'Q. Servilius Cœpion. L'effroi fut tel à Rome qu'on déclara le tumuitus cfallicus (terreur gauloise), qui faisait cesser toute exemption pour les enrôlemens. Un soldat, le vainqueur de Jugurtlia, lut élevé au consulat, et cette élévation abattit la puissance aristocratique. Le peuple le choisit pour marcher contre les Barbares, dont les excursions s'étendaient jusqu'aux Pyrénées.

Dans l'année 102, ils tentèrent de pénétrer dans l'Italie, les Teutons par la Provence, et les Cimbres par le Tyrol. Marins détruisit les premiers à Aix, et tes seconds à Verceiï, près du Pô. Cette dernière victoire fut la plus célèbre; elle eut lieu le 30 juillet 101. La guerre cimbrique dura cinq ans. Marins revint tout-puissant à Rome où le parti populaire le nomma son sauveur , et le troisième fondateur de Rome ( Romulus, Camille, Marins).

La conquête de la Numidie, l'extermination des Cimbres et des Teutons contribuèrent plus à la ruine de la liberté de Rome qu'à sa puissance, en donnant trop de pouvoir à l'ambitieux capitaine dont la tactique militaire et le crédit populaire délivrèrent Rome d'ennemis aussi redoutables que l'Africain Jugurtha et les Barbares du nord.

EGYPTE

Ce siècle vit sur le trône d'Egypte quatre Ptolémée , et leurs règnes furent ensanglantés par des guerres interminables avec la Syrie. Philométor et son frère Evergète se disputent long-temps la couronne et se partagent l'empire : le premier règne sur Y Egypte et l'île de Chypre, le second sur la Libye et la Cyrénaïque (160). Evergète II succède à son frère. Son corps était aussi difforme que son ame, et l'intempérance avait rendu son

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ventre si gros qu'il ne pouvait pas marcher à pied : aussi l'avaiton surnommé Physcon (ventru). On rapporte que pour se venger de sa femme Cléopâtre , qu'il avait répudiée , il fit tuer Memphilis , son fils et le sien, jeune prince de grande espérance: il fit couper son corps en morceaux et envoya ce fatal présent à Cléopâtre, au milieu d'une fête , le jour même de l'anniversaire de sa naissance. L'horreur dont fuient saisis la reine et les assistans est inexprimable. Evergète mourut exécré (117). Ptolémée Lathyre fut chassé du trône, et, quand il le recouvra, il se vengea cruellement; ce fut lui qui vainquit , près du Jourdain, Alexandre Jannée (102). Alexandre, son frère, fit mourir Cléopâtre, sa fille ; il fut chassé d'Alexandrie et mourut peu après (88). Le royaume d'Egypte s'affaiblit successivement, les Romains y établissent leur domination et finissent par le réduire en province romaine.

JUDÉE

judas macchabée. — A la mort d'Alexandre, la Judée était tombée en partage à Laomédon , un de ses lieutenans. Depuis , elle fut gouvernée successivement par les rois d'Egypte et par Antigone, sous lequel le grand-prêtre Simon (292-284) embellit Jérusalem et l'entoura de murailles. Parmi ces princes , nous distinguerons Plolémée Philadelplie qui demanda au pontife Eléazar soixante-douze Juifs hellénistes pour traduire en grec la Sainte-Écriture ; cette version est connue sous le nom de version des Septante (275).

Après la bataille dPpsus, presque toute la Judée est soumise à Séleucus Nicanor , ou le vainqueur. A la mort de ce prince, elle passe aux Lagides jusqu'au règne d'Jntiochus -le Grand. (205). Ce roi de Syrie persécute les Juifs. Son fils, Anliochus Epiphane,, contraint par les Romains de renoncer à la conquête de l'Egypte, se venge de cet affront sur la Judée , mais d'une manière indirecte; il abandonne son autorité à Ptolémée- Philopator qui. vainqueur à Jérusalem, veut pénétrer dans le sanctuaire dont il est repoussé. Dans son indignation il exerce contre les Juifs les plus horribles persécutions. Plus tard (168), Jérusalem est la proie des flammes ; des milliers de Juifs sont emmenés en captivité. L'idolâtrie est prescrite à la Judée entière, et ceux qui observent encore la loi de Moïse sont livrés aux supplices les plus cruels. Le pieux Eléazar et les sept frères Macchabées périssent dans les tourmens, martyrs de leur fidélité à la religion de leurs pères ; mais Dieu trouve encore de zélés défenseurs , malgré la tyrannie d'Anliochus.

asmonéeks. Matathias t prêtre de la famille de Joarib, encourage ses compatriotes opprimés, les rallie, et, à la tête d'une petite armée , commence à délivrer sa patrie du joug des Syriens; ses cinq enfans terminent noblement cette tâche, I/un d'eux.

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Judas Macchabée , le héros de sa nation 3 bat plusieurs fois les armées syriennes, défait les Ammonites et les Iduméens; mais, après des prodiges de valeur, il est tué par derrière dans un combat. Sa mort jette la Judée dans la consternation ; ses frères veulent le venger ; Jonalhas , son frère, bat les Syriens. Simon fortifie Joppé , réduit par la famine l'armée syrienne, maîtresse de Jérusalem. La reconnaissance des Juifs se manifeste par un décret solennel, déposé dans les archives du temple , qui rend héréditaire, dans la famille de Simon, la double autorité de grand sacrificateur et de chef de la nation. Cette révolution politique arriva en 141.

a Simon, qui avait été égorgé dans un festin par la perfidie de Ptolémée, son gendre, gouverneur de Jéricho, succéda Jean HircanleT, son fils. L'assassin est puni après avoir vu assiéger Jérusalem par le roi de Syrie. Le nouveau chef affranchit son pays, subjugue les Iduméens , détruit le temple de Garazim , et s'empare de Samarie.

ROYAUTE POATÏFICALE DES ASMONEENS

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