C. Julius César
Parmi les femmes qu'avait gagnées Catilina, on voyait Sempronia, aussi fameuse par son esprit, ses grâces, sa beauté, que par les crimes qu'elle avait commis; son audace était virile; elle chantait et dansait mieux, dit Sallusle, qu'il ne sied à une honnête femme.
Déjà Catilina avait formé un premier complot qui avait été déjoué; il se préparait à prendre sa revanche; il promet à ses amis l'abolition des dettes, la proscription des riches, les magistratures, le sacerdoce, les rapines, et tout ce que la guerre et ses excès livrent aux vainqueurs. On dit même que dans un festin il fit circuler une coupe remplie de vin et de sang humain, pour lier ses convives par un serment terrible.
Une femme noble, mais de mœurs corrompues, nommée Fulvie, dévoile le complot dont elle tenait les détails de Q. Curius, homme de haute naissance, mais couvert d'opprobre ; il avait été chassé du sénat. Dans le même temps, Cicéron fut nommé consul avec Antonius. Catilina n'en brigua pas moins le consulat pour l'année suivante, et voyant que ses ruses ne produisaient aucun effet, il se résolut à faire îa guerre et à tenter les dernières extrémités.
il envoie à la fois en Etrurie, dans le Picentiu, dans l'Apulie, ourdit mille trames à Rome, rivalise
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de ruses et de pièges avec Cicéron, dont la prudente sollicitude veillait au salut de la république. Les députés Allobrocjes , qui avaient été gagnés, dénoncent solennellement la conspiration. Catilina, pour mieux Teindre, et comme pour se justifier d'un bruit calomnieux, vint au sénat. Alors le consul, indigné de sa présence, prononce un discours plein d'éloquence. Catilina, voyant qu'il ne peut attendrir les sénateurs, s'écrie furieux : Puisque mes ennemis m'environnent et s" acharnent à ma perle, l'incendie qu'on allume contre moi , je /' éteindrai sous des ruines. îl se précipite alors du sénat vers sa maison et de sa maison hors de Rome. — Il gagne les Gaules et se met à la tête de ses complices. — Le sénat, après avoir entendu Caton, Cicéron et J. César, condamne à mort les complices arrêtés. Antonius marche contre les autres. Catilina se voit cerné à la fois par les montagnes et par l'ennemi. Déjoué dans Rome, sans espoir de fuite et de secours, il prend la résolution d'attaquer lui-même Antonius, à la tête de ses deux mille hommes. 11 déploie une valeur digne d'une meilleure cause ; mais après une résistance opiniâtre, voyant qu'il n'a plus d'espoir, il se précipite dans les plus épais bataillons et tombe percé de coups. — La terre était jonchée des cadavres des conspirateurs qui, tous du moins, étaient morts en braves.— «Ainsi, dit Salluste en terminant, l'armée victorieuse était agitée par divers sentimens de joie, de douleur, de desespoir et d'allégresse (63).»
Conséquences. — Rome, tourmentée par cette conjuration qui l'avait mise quelque temps en péril, recouvra un peu de tranquillité; le sénat qui avait montré une noble fermeté, grâce au talent et à la sagesse de Cicéron, inspira plus de respect, et les jeunes patriciens dissolus rentrèrent un instant dans le devoir ; mais, la cause de ces commotions intérieures existant toujours, elle devait produire bientôt des événemens plus désastreux.
Ainsi on ne put empêcher l'effet que produisirent
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sur Rome les guerres d'Asie qui se terminèrent alors. Le luxe d'Orient, l'accroissement du trésor public par Pompée, le pouvoir illimité donné à quelques citoyens, la vénalité des magistratures, les dénonciations des soldats à leurs généraux, la facilité de rassembler une armée quand on pouvait la payer ; toutes ces causes devaient apporter de grandes perturbations, bien qu'il se trouvât des hommes sévères et incorruptibles , comme Caton ; heureux et adroits, comme Pompée ; riches, comme Crassus ; habiles et ambitieux, comme César.
Lecture. — La tragédie de Catilina 3 par Crébillon ; celle de Voltaire ; les plus beaux passages de la traduction des Catilinaires.
Portrait de Cieèron 3 par Thomas (Cours de littérature).
FAMILLE DE GIGEROX.