M. CICÉRON, TULLIA
consul mariée trois fois :
avec César Auguste. 1° avecPisonFrugi; Feu remarquable. 2° avec Crassipédius ; 3* ayec Dolanella
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ï»remiei* VriiiniTiraf . — Malgré tant de triomphes au dehors, la république romaine allait finir. Sylla avait donné l'exemple du pouvoir absolu, et Rome renfermait des citoyens trop puissans pour qu'ils continuassent de se soumettre à la multitude. Entre tous s'élevaient Pompée, Crassus et Jules-César. Pompée avait acquis le surnom de grand par ses exploits en Afrique et en Asie ; Crassus avait profité sans remords des proscriptions de Sylla, et amassé par ce moyen infâme d'immenses richesses. Jules-César, de l'une des plus illustres et des plus anciennes familles de Rome et qui offrait l'union la plus complète destalens civils et militaires, plus jeune et plus habile que les deux autres, les engagea à s'allier avec lui, et ces trois sénateurs formèrent le premier triumvirat.
Les triumvirs ne laissent au sénat qu'une ombre de pouvoir, et partagent entre eux le commandement des légions. Pompée reste en Italie, César part pour les Gaules, et Crassus, aveuglé par sa présomption et sa cupidité, va trouver en Orient une fin déplorable: vaincu par les Parthes, il périt, lui, son fils et toute son armée, dans les sables de la Mésopotamie.
Cësai* elaïas les Crawles. — Les premières actions de César eurent lieu en Asie et au siège de Mytilène, et elles lui méritèrent une couronne civique. Pour éviter la colère de Sylla , qui disait qu'il y avait en lui plus d'un Marins, il se retira chez Nicomède, roi de Bithynie, d'où quelque temps après il passa à Rhodes, et de Rhodes il passa à Rome , où Sylla s'était démis de son autorité. César s'y fit tellement aimer et admirer par sa générosité et sa magnificence," qu'il emporta sur des concurrens considérables les charges de tribun, de questeur, de souverain pontife, et enfin celle de gouverneur d'Espagne où il soumit les nations qui ne voulaient pas reconnaître la république. 11 brigua le consulat qu'il obtint par le créait de Crassus et de Pompée qu'il réconcilia. Il eut pour collègue Calpurnius Éibulus,
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auquel il laissa si peu d'autorité, que l'on disait, par raillerie, sous le consulat de Jules et de César. Peu après, César, appuyé de L. Pison, dont il avait épousé , en quatrièmes noces, la fille Caipurnie, et de Pompée, son gendre, se fit nommer au gouvernement des Gaules et de l'Ulyrie qui lui fut décerné pour cinq ans. La Gaule Cisalpine était la province la plus voisine de Rome, la Transalpine, celle qui ouvrait le plus vaste champ au génie militaire, celle qui promettait le plus rude exercice, la plus dure et la meilleure préparation à la guerre civile.
César prit la Gaule par l'est, où Rome avait pour allié le puissant peuple des Educns ; il suivit les Alpes et le Rhin. D'abord il eut à combattre les Helvétiens, qui, abandonnant leurs montagnes, venaient au . nombre de 378,000 pour traverser la province romaine et s'établir à l'occident dans le pays des Sa?iloncs. César leur barra le chemin par un mur de dix mille pas qu'il éleva du lac de Genève au Jura, les força de se rejeter sur le pays des Sêquaniens, les atteignit au passage de la Saône, et, après une sanglante victoire près d'Autan, obligea ce qui restait à gagner l'Helvétie.
Alors il lui fallut chercher sur les bords du Rhin, au-delà de Besancon, les 120,000 guerriers de la belliqueuse nation des Suèves qui voulaient tout au moins partager la Gaule avec les Romains. Les légions hésitèrent; mais, ranimées par une parole de César, elles détruisirent, dans un furieux combat, presque toute l'armée barbare (58 ans av. J.-C).
César poursuivit vers le nord la conquête de la Gaule. Protégés parleurs plaines bourbeuses, et par les forêts vierges delà Meuse et de la Seine, les Gaulois septentrionaux, Belges et autres, se crurent au moment d'exterminer l'armée romaine. César fut obligé de saisir une enseigne pour faire avancer les siens; cinquante-trois mille Belges furent vendus comme esclaves.
César s'efforce dès lors d'isoler la Gaule de tout ce
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qui l'entoure, de la Germanie d'où lui viennent de nouveaux guerriers, de la Grande-Bretagne, qui sans cesse communique avec elle et entretient le fanatisme druidique.
Maître de la partie orientale, il fait tourner la Gaule du midi par ses lieutenans; le jeune Grassus attaque et soumet Y Aquitaine, tandis que lui-même soumet l'armée vers la Loire, et réduit toutes les tribus des rivages, cernant ainsi la Gaule centrale, ce loyer de la puissance des Druides.
Dans la même année (58), il jette en dix jours un pont sur le Rhin, refoule les Barbares qui se poussaient sur la Gaule et passe dans la Grande-Bretagne . Mais depuis cette invasion dans File sacrée des Druides, César n'eut plus d'amis chez les Gaulois.
La nécessité d'acheter Rome aux dépens des Gaules, de gorger tant d'amis qui lui avaient fait continuer le commandement pour cinq années, avait poussé le conquérant aux mesures les plus violentes. Selon un historien, il dépouillait les lieux les plus sacrés, mettait des villes au pillage sans qu'elles l'eussent mérité. Partout il établissait des chefs dévoués aux Romains, et renversait le gouvernement populaire. La Gaule payait cher l'union, le calme et la culture dont la domination romaine devait lui faire connaître les bienfaits.
La disette obligeant César de disperser ses troupes, l'insurrection éclata de tous côtés ; mais il attaque les peuples séparément, les accable les uns après les autres, et cherche à les effrayer par des mesures cruelles. Ses barbaries réconcilient toute la Gaule contre lui ; les Druides et les chefs de clans se trouvent d'accord pour la première fois. Une vaste confédération se forme (52), un vercingétorix (général en chef) est choisi, et les légions, enveloppées de toutes parts, sont menacées d'une ruine entière.
A force d'audace et d'habileté, César parvient à les réunir; mais les Gaulois brûlent eux-mêmes leurs villes pour affamer les Romains au milieu des Gaules,
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Découragés par* une défaite, ils s'enferment dans Alêsia, que César entoure de prodigieux ouvrages. La Gaule entière vint s'y briser, 250,000 Gaulois attaquèrent vainement les retranchemens romains.
Tournés, après de longs combats, par la cavalerie de César , ils s'enfuirent et se dispersèrent ; le ver^cingétorix vint se livrer lui-même, et César ternit l'éclat de ses armes par la mort de son rival.
L'année suivante, César parcourut la Gaule pour laincre toutes les résistances partielles et achever la soumission du pays. Dès ce moment (50), il agit envers les Gaulois avec modération et douceur ; il les ménagea pour les tributs et engagea à juste prix leurs meilleurs guerriers ; il en composa une légion tout entière, dont les soldats portaient une alouette sur un casque et qu'on appelait pour cette raison Alauda. La Gaule garda, pour condition de sa liberté, l'épée que César avait perdue dans la dernière guerre. Les soldats romains voulaient l'arracher du temple où les Gaulois l'avaient suspendue : Laissezla, dit César en souriant, elle est sacrée!
Rivalité «I® ©ésairet de Pompée* — (50-49).
César , après les succès brillans qu'il avait eus , prit occasion des honneurs extraordinaires qu'on venait d'accorder à Pompée, après son expédition d'Asie, pour demander le consulat avec la prolongation de son gouvernement ; mais ayant appris que la brigue de ses ennemis avait fait rejeter sa demande parce qu'il était absent, il fut si piqué de ce refus, qu'il dit en mettant la main sur son épée : Celle-ci obtiendra ce qu'on me refuse injustement. Gomme il était instruit par les tribuns , et surtout par l'orateur Curion, de tout ce qui se tramait à Rome contre lui, il passa les Alpes à la tête de trois légions , et s'arrêta à Ravennes. Dès que le sénat eut appris sa marche, il lui nomma un successeur, et rendit un décret (7 janvier 49) qui lui ordonnait de quitter son armée sous peine d'être déclaré ennemi de la république, sans aucun égard pour l'intercession des tribuns
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dont la fuite donna du moins à son parti l'apparence de la popularité. A cette nouvelle, César s'approche du Rubicon, petite rivière qui séparait son gouvernement de la Gaule cisalpine du reste de l'Italie, et qu'on ne pouvait passer en armes sans se déclarer ouvertement rebelle aux lois et aux ordres du sénat. Il s'arrête quelque temps sur les bords de cette rivière : Si je diffère à la passer, dit-il , je suis perdu ! et si je lapasse, que je vais faire de malheureux ! Enfin, après avoir encore réfléchi un instant, il s'écrie : Le sort en est jeté! Il traverse le Rubicon, et arrive à Rimini, dont il se rend maître.
La prise de Rimini répandit la terreur dans Rome. Le sénat et les consuls abandonnent avec Pompée le siège de la république, et se dirigent vers la Campanie. César s'empare de la Toscane et de l'Ombrie, deConfinium après sept jours de siège, et de Rrindes d'où Pompée s'enfuit en Epire avec trente cohortes, suivi des consuls et delà plupart des sénateurs.
César, après avoir conquis l'Italie en soixante-dix jours, subjugue la Sicile et la Sardaigne par ses lieutenans. Ayant essayé vainement de gagner Cicéron qui se retire dans le camp de Pompée, il entre à Rome et s'empare du trésor public, malgré l'opposition du tribun Métellus. 11 laisse le gouvernement de cette capitale au préteur Lépidus, et à Marc-Antoine celui d'Italie; puis se dirige vers l'Espagne, où il défait Afranius etPélreius, lieutenans de Pompée; et dans l'Espagne ultérieure, il contraint Varron à se ranger sous ses lois. A son retour en Gaule, il reprend le siège de Marseille qui lui avait fermé ses portes, et châtie sévèrement les habitans, tandis que ses lieutenans éprouvent des défaites, Dolabella et Caïus-Antonius en lllyrie, Curion en Afrique.
Nommé dictateur pendant son absence, César se rend à Rome pour prendre possession de sa charge, se fait créer consul pour l'année suivante, après douze jours abdique la dictature et se hâte d'aller joindre Pompée en Grèce, Il lui offre vainement la
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paix. Forcé dans ses lignes à Dyrrachium, il se retire en ïhessalie, et se retranche sur les bords du fleuve Enipée, non loin dePharsale; Pompée ne tarde pas à l'y suivre, et ces deux illustres rivaux se livrent bataille; la victoire se déclare pour César ( 20 juin 48). — Pompée traverse la Thessalie en fugitif, s'embarque pour Lesbos, où il est joint par Cornélie, son épouse, et par Sextus, l'aîné de ses fils. De là, il va chercher un asile en Egypte, et trouve la mort à la vue du rivage. Pliotin, ministre du jeune roi Plolémée XÏI, avait ordonné cet assassinat. Achillas, général égyptien, et Septimius, ancien centurion sous Pompée, en furent les exécuteurs.
A son retour à Rome, César jouit des plus grands honneurs : bientôt il fut nommé dictateur perpétuel et empereur. L'adulation fut portée au point qu'on plaça sa statue dans le Capitole, à côté de celle de Jupiter : elle portait cette inscription : A César , demi-dieu. On peut juger par là que la liberté n'était plus qu'un fantôme, et que les volontés de César étaient la suprême loi. Le dictateur, cependant, affecta beaucoup de douceur dans ses manières; la sagesse de ses lois, et son zèle pour le gouvernement, lui attachèrent tous les cœurs et tous les esprits.
Lecture.— Portrait de Pompée, par Vertot (Cours de littérature).
Mort aie €égê!îs. — Celui qui s'était illustré dans les Gaules par neuf campagnes successives, de 58 à 50, sans mentionner tous les hauts faits par lesquels il se signala en Egypte, en Afrique et en Espagne; celui qui reçut les titres de dictateur et d'empereur, après avoir remporté la plus prompte victoire dans la Cappacloce dont Pharnace s'était emparé, après avoir enlevé à Déjotarus, roi de Galates et partisan de Pompée, la plus grande partie de ses états, César dictateur et empereur est lâchement assassiné. Les vrais républicains supportant impatiemment la gran»
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deur et les prérogatives de César, forment une conspiration et conviennent de l'assassiner en plein sénat. L. Cassius, Brutus, Tribonius, étaient à la tête des conspirateurs ; César aimait tendrement Brutus, et l'avait comblé de faveurs après lui avoir sauvé la vie.
Le jour convenu pour l'assassinat arrive. César, tourmenté de noirs pressentimens, ne sait s'il doit se rendre au sénat ; mais sa destinée l'emporte : il s'y présente. A l'instant, il est percé de vingt-trois coups de poignard; il aperçoit Brutus, et s'écrie douloureusement : Et toi aussi, mon fils Brutus ! il se couvre le visage avec sa robe et meurt avec la tranquillité d'un grand homme. Ce héros était âgé de cinquante-cinq ans (15 mars 44). César avait fait le peuple romain héritier d'une partie de ses biens, et nommé Octave, son neveu, légataire universel et héritier de ses titres. Brutus, Cassius et les autres conjurés s'emparent delà puissance et des forces de la république ; mais Marc-Antoine, ami de César, chargé comme consul d'exécuter les ordres du dictateur, se saisit de ses registres, gagne son secrétaire et y fait écrire tout ce qu'il veut ; il lit le testament de César qui instituait héritier de son nom et des trois quarts de son bien C. Octavius, petit-fils de Julie, sa sœur, qu'il avait adopté ; laissait les jardins qu'il avait audelà du Tibre au peuple romain, et à chaque citoyen en particulier une certaine somme d'argent. La tendresse, la reconnaissance pénétrant tous les cœurs, il acheva de les embraser par une oraison funèbre pathétique, et l'expression fut telle que la multitude en furie mit le feu aux maisons des conjurés ; ceux-ci sortirent de Borne pour se retirer dans les gouvernemens qu'ils tenaient de la victime elle-même : Brutus, en Macédoine; Cassius, en Syrie; Décimus Brutus, dans la Gaule cisalpine ; mais à peine furent-ils partis , qu'Antoine les lit priver de leur commandement. — Octave parut alors ; il avait dix-huit ans ; sur le refus d'Antoine de lui remettre l'argent de César, il
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vendit son patrimoine pour acquitter les legs testamentaires. Cette noble conduite lui attira l'affection du peuple. Les vengeurs de César se divisèrent bientôt: Octave et Antoine devinrent rivaux ; le premier, déjà politique profond, s'attache l'orateur Cicéron, et par Cicéron la plus grande partie du sénat ; il gagne la multitude par des largesses, des jeux et clés îetes; Antoine, dont le crédit tombe, se fait donner le gouvernement de la Gaule cisalpine. Soutenu par Lépide, général de César, et de l'une des plus anciennes maisons patriciennes, il va bloquer Décimus Brutus dans Modem, tandis qu'à la voix de Cicéron, qui prononce contre lui ses Philippiques, le sénat le déclare ennemi de l'Etat et livre les forces de la république au fils adoptif de César. La victoire se déclare pour Octave ; il rentre à Rome avec huit légions et se fait donner le consulat malgré le sénat qui commence à le négliger. Une loi curiale ratifie son adoption; fils reconnu de J. César, il veut en être le vengeur. L'exil et la confiscation sont prononcés, par contumace, contre les meurtriers. Octave, mécontent du sénat, recherche un accommodement avec Antoine et Lépide. Ceux-ci passent avec dix-huit légions en Italie, et arrivent près de Modène; là se fit cette fameuse conférence qui dura trois jours, et qui se termina par l'union des trois chefs de la république.
Lecture.— Portrait de César, par Vertot (Cours de littérature). Mort de César, tragédie de Voltaire.
Heiixièisie Triumvirat. — Octave, Antoine et Lépide se firent nommer triumvirs ; ils s'emparèrent de l'autorité souveraine pour cinq ans, se partagèrent les provinces, les légions, l'argent môme de la république. Antoine eut les Gaules, à l'exception de la province Narbonnaise qui fut donnée à Lépide avec l'Espagne. . . ■ -,rt . .
Octave-César eut l'Afrique, la Sicile, la Sardaigne, et les autres îles.
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L'Asie était occupée par les conjurés; les triumvirs résolurent de marcher contre eux, et convinrent que Lépide resterait dans Rome avec trois légions, afin d'y maintenir la tranquillité. Avant de quitter Home, ils firent périr les plus riches et les plus puissans citoyens qui leur donnaient de l'ombrage, et s'enrichirent par ces horribles proscriptions. Ces bourreaux se sacrifièrent mutuellement les têtes les plus chères. Lépide livra son propre frère; Antoine, son oncle ; Octave, Cicéron, son protecteur. Les deux triumvirs, Antoine et Octave, allèrent ensuite asseoir leur camp dans la plaine de PliUippes, où s'étaient réunis les conjurés. Brutus et Cassius furent défaits et se donnèrent la mort ; ils furent nommés les derniers Romains.
Lecture.— Portrait de Cicéron, par Vertot. (Cotirs de littérature).
Hataille d'Aetium. — Octave, vainqueur des républicains, chercha ensuite à se détacher de ses collègues. La perte de Lépide ne lui coûta que quelques intrigues ; mais il était plus difficile tle se défaire d'Antoine, qui était aimé des légions, qui se voyait maître d'une grande partie de l'Asie, de l'Egypte entière, et soutenu par des rois puissans. Mais ce triumvir oubliait ses intérêts et ceux de sa patrie auprès de la belle Cléopâlrc, reine d'Egypte, qu'il avait épousée et à laquelle il avait donné la Phénicie, la Basse-Syrie, l'île de Chypre, la Cilicie, l'Arabie et une partie de la Judée. Octave profita de la passion désordonnée d'Antoine pour indigner Rome contre son collègue ; il réussit, et le sénat et le peuple l'engagèrent à porter la guerre en Egypte. Octave équipe une flotte considérable, et se Vend près d'Actium, à l'entrée du golfe d'Ambracie, en Epire. La bataille devait décider sans retour de l'empire romain. L'action dura encore trois heures après la fuite d'Antoine. Cléopâtre s'enfuit en Egypte; Antoine la suivit, et tous deux se donnèrent la mort
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pour ne pas tomber dans les mains du vainqueur. Antoine se perça le sein de son épée, au printemps de l'année qui suivit la bataille d'Actium, sur le faux avis de la mort de Cléopàtre, qui après avoir tenté, mais vainement, de séduire Octave, trouve moyen de se faire mourir dans le palais des Ptolémée où elle était captive.
Lecture. — La tragédie de Cléopàtre. — Biographie de cette reine.
I/Egypte ©©iBiiaig®. -— L'Egypte et la Syrie deviennent provinces romaines; i' Asie-Mineure et la Grèce reconnaissent Octave-Çésar pour souverain; les rois de Judée, d'Arménie^ des Parthes lui envoient des ambassadeurs à Rhodes, et tous réclament sa protection. Il confirme Hérode sur le trône de Judée, lui demande le dénombrement de ses sujets, et donne la régence de la Mauritanie à Juba, fils du roi Basius. Rome, enfin, décerne à Octave les titres d'auguste, d'empereur, de souverain pontife, de consul, de tribun, de censeur et de père de la patrie.
« Octave dompte, vers les Pyrénées, les Cantabres « et les Asluriens révoltés; Y Ethiopie lui demande la « paix, les Parthes épouvantés lui renvoient les « étendards pris sur Crassus, avec tous les prison- « niers romains ; les Indes recherchent son alliance; « ses armes se font redouter des Rhètcs ou Grisons, « la Pannonie le reconnaît, la Germanie le craint, « et le Wéser reçoit ses lois. Victorieux par mer et « par terre, il ferme le temple de Janus. Tout l'uni- « vers vit en paix sous sa puissance, et Jésus-Christ « vient au monde l'an 4963 de la Création. »