LES CÉSARS
EVENEMENS
rome.— État du monde. — Changement dans l'empire. — 9. Défaite des légions romaines en Germanie. — Règne et caractère d'Auguste. — Règne des douze Césars. — 79. Première éruption du Vésuve.
église. — 05. Mort de Jésus-Christ.— Prédication de l'Évangile. — 64. Précis des persécutions de l'Église. — 70. Prise de Jérusalem, par Titus.
découvertes. — 15. Ferre malléable.— \Q. Introduction des habits de soie , par Tibère. — 60. Découverte de l'aimant.
Bweloppcmcnt.
ÉTAT GÉOGRAPHIQUE, PHYSIQUE, LÉGISLATIF ET RELIGIEUX DE L'EMPIRE ROMAIN A L'AVÈNEMENT D'AUGUSTE.
L'empire romain était tranquillement soumis à Octave , surnommé Auguste après la bataille d'Actium, et proclamé empereur (29). Il avait pour homes au nord le Rhin et le Danube , a l'est l'Euphrate, au sud la Péninsule arabique, les cataractes du îsTil et le mont Atlas; à l'ouest l'océan Atlantique.
Des vingt-six provinces dont il se composait, Auguste attribua les douze plus tranquilles au sénat, qui les fit administrer par des préteurs et des consuls de son choix; il se réserva les quatorze autres, qui, moins soumises, avaient besoin d'armées permanentes?; de sorte que toute la force militaire demeura entre ses mains. Il déguisa la monarchie sous les formes républicaines, mais il n'en conserva pas moins le pouvoir absolu , quoique la souveraineté semblât toujours être la propriété du peuple et du sénat.
Les Germains étaient à peu près les seuls peuples qui figurassent
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à côté de l'empire romain dans le monde ; les arts et les sciences étaient presque tous parvenus à leur perfection ; mais les Romains et la plus grande partie des peuples païens avaient des idées indignes de Dieu et de son culte.
Les religions anciennes avaient toutes le même fonds : esprit d'exclusion, cercle resserré où elles enfermaient les devoirs de l'homme , et par suite ses espérances et ses droits ; en général les dieux des peuples anciens étaient dieux de la pairie et de la patrie seule. Ces peuples en étaient jaloux et les gardaient pour eux. (liiez eux le sentiment de la charité universelle était inconnu. Les droits, disait Carnéade, ambassadeur athénien chez le peuple romain, ont été fabriqués suivant Yinlérêt ; ils changent avec les mœurs, ils changent avec les temps; mais quant à un droit naturel, absolu, il n'en existe pas (l'if) ans av. J.-C). Telle était la philosophie de l'Occident; la philosophie de l'Orient n'était pas beaucoup plus avancée. Le peuple juif, fidèle héritier de l'antique loi, était revenu depuis long-temps de sa captivité à Baby- Ipne, sans avoir oublié l'institution mosaïque. D'un autre côté, l'industrieuse Alexandrie avait attiré dans ses murs beaucoup de Juifs. La Judée apprit le platonisme sous la direction de Philon ; il se forma une secte nombreuse et puissante qui voulut lire dans la Jiible le développement symbolique des dogmes platoniciens. On tentait de réconcilier la philosophie avec les dieux exilés de l'Olympe. En un mot , il n'y avait nulle part ni un système de philosophie qui pût être populaire, ni une religion même passable pour le peuple. Le besoin d'unité se faisait sentir de toutes parts; le polythéisme s'éteignait, le déisme demandait à s'épurer : alors parut le christianisme, révélation de rédemption et d'héroïsme, qui parlait d'avenir, d'égalité et de salut , et qui changea la face du monde '.
Le règne de l'empereur Auguste se prolongea jusque dans la quatorzième année de ce siècle.
Sa prospérité ne lui guerre troublée que parla défaite des Homains en Allemagne, où trois de leurs légions lurent d ('truites par Arminius ou ïlerman, chef germain qui commandait les Chérusques, et attira Varus, général romain, dans les nouvelles four» ches caudines de la forêt de Teutchberg.
Auguste, aidé pendant long-temps des sages conseils et des talens militaires et politiques à' Agrippa, sut, par la douceur de son gouvernement, conserver jusqu'à sa mort l'amour du peuple qu'il avait dépouillé de sa liberté. Sans avoir un génie supérieur et des talens extraordinaires, il eut assez d'habileté et de prudence pour se servir de toutes les occasions
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qui pouvaient le conduire au but de son ambition; et il devint meilleur lorsque l'autorité illimitée lui rendit le crime inutile. 11 ne cessa pas d'être dissimulé et voluptueux ; mais le repos qu'il avait procuré à l'empire, l'état florissant dans lequel il le laissa couvrirent ou excusèrent ses défauts aux yeux des Romains; et, grâce aux flatteries des poètes qu'il protégeait, ainsi que Mécène, ils furent presque oubliés par la postérité (14). Auguste mourut à Noies, l'an 14 de J.-C, à l'âge de soixante-seize ans, après en avoir régné quarante-quatre. Plusieurs conspirations troublèrent son règne ; Corneille a immortalisé celle deCinna ; mais c'est surtout dans sa famille qu'il trouva des inquiétudes et des chagrins. D'abord il perdit le jeune et brillant Marcellus, si bien chanté par Virgile (Enéide, livre VI). Julie, veuve de ce prince, mérita d'être exilée comme Ovide, à cause du dérèglement de sa conduite ; ses fils adoptifs, Gains et Lucius-Agrippa, moururent tous les deux à la fleur de l'âge. Privé de tous ses héritiers, il fixa son choix sur Tibère, dont il connaissait les vices. Il laissait l'empire en proie alors à la plus affreuse corruption; le peuple n'ambitionnait plus que du pain et des spectacles (panem et circenses), et les riches, courbés sous la tyrannie, se laissaient aller au luxe et à la débauche. Auguste était sur le trône un profond comédien. Quand 11 se vit certain de mourir, il dit à ceux qui l'entouraient : Eh bien , trouvez-vous que 'f aie bien joué le drame de la vie? Alors applaudissez, frappez des mains. On a dit de ce prince qu'il aurait dune jamais naître ou ne jamais mourir.
Lecture. — Portrait d'Auguste.
Parallèle entre Auguste et Louis XI y {Cours de littérature).
A faire. — Tableau synoptique de la famille d'Auguste.
Le règne d'Auguste parut recevoir un nouvel éclat de l'incapacité et des vices de ses successeurs. Tibère, fils de sa femme Livie, fut un tyran soup-
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eonneux qui, outre plusieurs milliers de Romains, fit mourir Germaniciis, son neveu, prince aimable et général victorieux. — Pison, gouverneur de Syrie, qui n'avait agi que par les ordres de Tibère, fut accusé de ce crime et périt d'une mort violente. Tibère fut aussi voluptueux que cruel et se retira dans l'ile de Caprée pour se livrer aux plus infâmes débauches (37). Séjan avait été le digne ministre de ce tyran : il est sacrifié avec ses deux fils et sa fille, âgée de douze ans; la consternation règne dans Rome; une terreur universelle s'empare de tous les esprits; les exécutions se poursuivent, et les sénateurs, vils instrumens de l'empereur, justifient ce mot de leur maître : Oh! les lâches, qui vont au devant de la servitude ! Mais le monstre, souillé de crimes et de débauches, meurt étouffé lui-même par Macron, préfet du prétoire; il avait 37 ans et en avait régné 22. Jésus-Christ mourut sous son règne; Pilate envoya à Rome les actes de son procès ; l'empereur proposa de mettre le fils de Marie au nombre des Dieux.
Lecture. —La tragédie de Tibère par Chénier.
Caligsala (37) , fils de Germanicus, succéda à Tibère ; il le surpassa par son humeur sanguinaire, par les actions les plus insensées, et par la plupart des vices dont l'humanité corrompue est capable. 11 désirait laisser au peuple romain un serpent pour le dévorer; au monde un Pha'ctonpour l'embraser. 11 fut assassiné par Chéréas, tribun d'une cohorte prétorienne.
Ce monstre fut remplacé par Claude (41), que l'imbécillité rendait entièrement incapable de gouverner, et qui était, pour le malheur de Rome, le jouet de quelques favoris. Ce fut cependant sous ce règne que la Grande-Rretagne fut conquise. Sa femme Agrippine l'empoisonna.
Néron (54), qui lui succéda, fut un des plus grands tyrans qu'on trouve dans l'histoire. Il fit
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mourir sa mère Agrippine, plusieurs de ses parons, et un grand nombre des plus illustres Romains. H mit le feu à la ville de Rome pour se procurer le plaisir horrible de la voir brûler, et persécuta les chrétiens comme auteurs de cet incendie. 11 fut enfin forcé de se faire poignarder par un affranchi pour échapper à la vengeance publique (68). On assure qu'en apprenant qu'il était condamné à mort comme ennemi public, il s'écria en pleurant: Quel artiste le monde va perdre ! 11 faisait des vers et jouait de la flûte.
Lecture. — La tragédie de Britannicus par Racine.
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