‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 121 sur 277 · DOMITIUS NERO, J.-C · texte numérisé non relu

DOMITIUS NERO, J.-C

ép. 1. Octayie ; 2. Poppsea Sabina.

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La mort de Néron excita une révolution dans l'état. L'élection passa aux légions et la constitution devint" militaire; jusque là la dignité impériale s'était maintenue dans la famille d'Auguste par une espèce de succession. — Une fois l'élection usurpée par la légion,, l'empire fut plongé clans de nouveaux malheurs. Dans l'espace d'un an, les différentes armées élurent trois empereurs qui périrent bientôt tous dans les guerres civiles: Olhon, Galba et Viteiliiis. Les deux premiers étaient pleins de courage : l'un avait dit aux légions qui sollicitaient une gratification nouvelle : Je choisis des soldats et ne les achète pas; l'autre, se voyant perdu, se couche, dort bien, se perce à son réveil de son poignard et meurt. Le dernier rappelait Caligula, dont il avait été le favori. Un seul mot le fera connaître ; en contemplant le champ de Bédriac où avait été vaincu Othon, il dit en voyant les cadavres : Le corps d'un ennemi mort sent toujours bon (69). On l'assassina après l'avoir trouvé le long de la voie Sacrée fuyant avec son boulanger et son cuisinier. « Vitellius^ dit M. de Chateaubriand, « s'assit à l'empire qu'il avait pris pour un banquet ; « ses convives le forcèrent d'achever le festin aux gé- « monies. »

/ L'empire qui, par ses troubles, se précipitait vers sa ruine, en fut garanti par l'empereur Vespasien, sage, économe, magnanime et vaillant. Avec ce prince monta sur le trône une nouvelle famille qui donna à Rome trois empereurs, ce fut celle des Flaviens (69-79). Il commença par restaurer les finances entièrement épuisées, soit en rétablissant comme provinces des pays que Néron avait affranchis, soit en remettant sur pied les douanes dont il haussa les droits ou en créa de nouveaux; sans cela il eût été impossible de rétablir la discipline dans l'armée, sa libéralité qui se montra dans les monumens qu'il fit élever tant à Rome que dans d'autres villes ; et les soins qu'il donna à l'instruction de la jeunesse, en établissant des maîtres payés aux frais de l'Etat,

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suffirent pour le justifier du reproche d'avarice. Et quoiqu'il ait chassé de Rome, à cause de leurs opinions séditieuses, les stoïciens qui y étaient devenus nombreux depuis Néron, l'abolition des accusations de lèse-majesté, et la consécration qu'il rendit au sénat prouvent assez combien il était éloigné du despotisme.

Les pays qu'il remit sur le pied de provinces étaient Rhodes, Samos, la Lycie, YAchuïe , la Thrace,\w Cilicie et la Comagcne. Les guerres extérieures sous ce prince, sont :

1° Celle contre les Juifs qui finit par la destruction de Jérusalem (70);

2° La guerre contre les Bataves et leurs alliés sous la conduite de Civilis;

3° L'expédition à'Ag'ricola, dans la Bretagne (78-85). Ce général soumit, non seulement l'Angleterre, et y établit la domination romaine, mais encore il attaqua l'Ecosse et en fit le tour par mer. — On reproche à Vespasicn le supplice de Sabinus et é'Eponine.

TàtaBîs, son fils (79-81), le vainqueur de Jérusalem, rendit également le peuple heureux pendant son règne de deux ans. 11 fut appelé, à cause de sa rare bonté et de sa bienveillance, les déliées du genre humain. Jamais prince n'exprima mieux les devoirs d'un roi que Titus, en disant que le pur ou il n'avait fait de bien à personne était perdupour lui (81). Titus eut pour successeur son frère Domitien (81-98), qu'on surnomma Néron chauve, rapace par besoin et cruel par peur; mais ce tyran, qui avait fait mourir un grand nombre de Romains, ayant été massacré à son tour, l'empire eut une suite de bons empereurs.

STerva, pendant son règne de deux ans (de 96 à 98), commença cette heureuse époque par la diminution des impôts, par la faveur qu'il accorda à l'industrie, par l'abolition de l'action de lèse-majesté, par la tolérance envers les nouveaux juifs ou chré-

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tiens; et par le rappel des exilés. Ce bon vieillard de 70 ans paya sa dette à son pays en adoptant Trajan, alors âgé de 40 ans passés.

^a»eMBièa»e éruption «lia Vésuve* — Situé à environ trois lieues en ligne droite de la ville deNaples, et dans une vaste plaine où la nature semble avoir pris plaisir à se montrer prodigue de ses dons les plus précieux, le Vésuve s'élève comme une île, à trois mille six cent quatre-vingt-quatorze pieds audessus du niveau de la mer. L'ensemble de la montagne a vingt-quatre milles de contour dans sa base.

Ce fut la première année du règne de Titus, et la soixante-dix-neuvième de l'ère chrétienne quHerculanum,} Stable , Pompéia furent englouties. Pline l'ancien perdit la vie clans le désastre affreux que causa cette éruption du volcan, une des plus terribles dont il soit fait mention dans l'histoire.

EGLISE

mort de jésus-christ. — Jésus-Christ naquit à Bethléem, dans la nuit du 23 décembre. C'est en vain qu'Hérode voulut l'envelopper dans le massacre des innocens ; il mourut lui-même, et l'enfant miraculeux fut élevé à Nazareth, où, pendant 30 ans, obscur artisan, il fit des charrues et des jougs. Bientôt, fous le règne de Tibère, il prêche dans toutes les contrées de la Judée, et confirme par la plus sainte vie sa mission divine. Il fonde une religion qui régénère le monde ; sa morale ne respire que douceur, tolérance, charité. Il prêche du haut des maisons; sa parole est puissante , son ton celui de l'inspiration, une confiance absolue dans la vérité de son enseignement et dans la nature divine de sa mission le soutenait dans tous les instans. II se met à la portée de tous les esprits; cependant il est persécuté par les Juifs trop ignorans pour penser que l'état social a besoin d'une révélation nouvelle. Les Pharisiens , secte ambitieuse, excitent ce peuple à la fureur, et Jésus-Christ, « livré à ses ennemis par « Judas, abandonné de ses disciples, renié par Céphas (Pierre) , « se laisse interroger comme un criminel par les grands- prêtres « Anne et Caïphe, conduire devant le tribunal de Ponce-Pilale « qui, le reconnaissant pour juste, n'ose le délivrer, et devant ce « lui d'Hérode II, qui le traite avec dérision. Enfin il est con- « damné; il endure avec une patience divine les plus cruels «outrages, et le supplice de la croix réservé aux esclaves. U

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« accomplit ainsi sur le mont Golgotha (Calvaire), selon les pro- « pbéties, la rédemption du genre humain. Il meurt l'an 33 , le « 3 avril, à trois heures après midi. » Il était âgé de trente-trois ans trois mois et neuf jours. Celte année concourt avec la quatrième de la 202e olympiade, à laquelle on rapporte précisément une grande éclipse de soleil.

prédication de l>évangii.e. — La religion de Jésus- Christ fut bientôt répandue par ses disciples, et particulièrement parles douze A pâtres , à la tête desquels se montrent Pierre et Jean. Ils prêchèrent dans tout l'empire romain la doctrine de leur Maître ; ils eurent beaucoup de succès, et fondèrent dans les trois parties du monde une foule d'églises dont les membres furent appelés Chrétiens. Conformément aux ordres de Jésus-Christ ils baptisaient dans l'eau courante ceux qui croyaient à la révélation; enfin, pour que la nouvelle religion ne fût pas altérée par la tradition, ils la consignèrent dans des écrits qui subsistent encore.

Les apôtres saint Mathieu, saint Jean, saint Marc et saint Luc écrivirent la vie de Jésus-Christ sous le nom d'Evangélistes ; saint Paul, saint Pierre et saint Léon adressèrent des épîtres à des églises et à des particuliers. C'est ainsi que la foi se soutint , et que la conduite austère et pure des premiers chrétiens la propagea en tous lieux.

première persécution. — Cependant les chrétiens eurent à souffrir beaucoup des juifs et des païens, et l'empereur Néron fut le premier qui employa contre eux la souveraine autorité. Ce prince cruel, irrité de ce que plusieurs personnes de son palais abandonnaient le culte que lui-même rendait aux idoles , publia un édit pour défendre , sous peine de mort , d'embrasser la religion chrétienne. Dans le même temps, un incendie qui arriva à Rome, et dont on accusa les chrétiens, devint le signal de la première persécution. Les principales victimes furent saint Pierre et saint Paul.

Saint Pierre fut crucifié la tête en bas; et saint Paul, en qualité de citoyen romain, eut la tête tranchée.

deuxième persécution. — Après la mort de Néron, les chrétiens jouirent, pendant vingt-neuf ans, d'un peu de relâche, et ils continuèrent à se multiplier considérablement. Mais V empereur Domitien, aussi ombrageux et aussi cruel que Néron, résolut de détruire cette religion nouvelle qui lui portait ombrage, et il commença contre les chrétiens la deuxième persécution de l'an 95.

Le plus célèbre martyr de cette persécution fut l'apôtre saint Jean. On le plongea dans une chaudière d'eau bouillante ; mais il n'en ressentit aucun mal. Domitien le fit reléguer à Pathmos où il écrivit son Apocalypse. Ce ne fut qu'après la mort du tyran que saint Jean revint à Ephèse où il mourut à l'âge de cent ans.

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troisième persécution. — Après saint Pierre, l'église de Rome fut gouvernée par des prêtres ou papes. C'est sous l'un d'eux, saint Evariste , que l'empereur Trajan, dont l'histoire d'ailleurs vante la clémence , ordonna que les lois sanguinaires portées contre les chrétiens par ses prédécesseurs fussent exécutées dans les différentes provinces de l'empire ; et malgré l'éloge que Pline fit à Trajan des nouveaux religionnaires, l'empereur persista à commencer contre eux la troisième persécution, l'an 106.

Un des premiers qui souffrirent alors le martyre fut saint Siméon, proche parent de Jésus-Christ, et évêque de Jérusalem, Quoique âgé de cent vingt ans , ce saint vieillard supporta le supplice de la croix avec le plus sublime courage.

Parmi beaucoup d'autres martyrs , nous remarquons saint Ignace, évêque d'Antioche, qui fut interrogé par Trajan luimême ; il fut condamné et conduit à R.ome pour y être exposé aux bêtes féroces , et servir de spectacle au peuple. L'histoire de son martyre, consommé l'an 107, est admirable.

Le sang des martyrs rendait 1 Église féconde, et le nombre de ses enfans augmentait chaque jour.

quatrième persécution. — L'empereur Marc-Aurèle > prévenu par les calomnies dont on noircissait les chrétiens, se montra cruel à leur égard , et devint l'auteur de la quatrième persécution qu'ils eurent à souffrir.

Elle commença à Smyrne, l'an 166, et fut très violente si l'on en juge par le grand nombre de ceux qui souffrirent alors le martyre.

Les principaux sont saint P oly carpe , évêque de Smyrne, âgé de quatre-vingt-six ans, qui fut condamné à être brûlé vif; mais les flammes n'ayant point attaqué son corps, ses bourreaux le percèrent d'un coup d'épée; — Pothin, premier évêque de Lyon, âgé de quatre-vingt-dix ans. — Blandine, jeune esclave à laquelle on ne put arracher, dans les tortures, que ces admirables paroles : Je suis chrétienne; Une se commet point de crimes parmi nous.

Cependant la fureur de la persécution se ralentit à l'occasion d'un secours miraculeux que les prières d'une légion chrétienne avaient obtenu à l'armée romaine , dans une expédition contre les Marcomans. Mais la tranquillité que la politique força Marc- Aurèle d'accorder aux chrétiens ne dura pas long-temps : la persécution se ralluma trois ans après, et éclata surtout dans les Gaules.

cinquième persécution. — L'empereur Sévère parut d'abord favorable aux chrétiens ; mais la première année de son règne, il publia contre eux de sanglans édits (199).

La persécution commença en Egypte , l'an 202 ; elle y fut très violente et s'étendit ensuite dans les Gaules et à Carthage.

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Parmi les martyrs qui, dans cette persécution, répandirent leur s;mg pour la foi, l'on distingue: en Egypte, Léonide, père d'Origène , qui, appliqué à la question , confessa courageusement sa foi; dans les Gaules, saint Irènée , disciple de saint Polyearpe, et successeur de saint Pothin. On voit encore à Lyon une ancienne inscription qui indique que, sans compter les femmes et les enfans, le nombre dcsmarhrs s'éleva à dix-neuf mille.

C'est à l'époque de cette persécution qu'on remarque entre autres, à Carlhage, le martyre héroïque de sainte Félicité cl de sainte Perpétue.

sixième persécution. — Les empereurs qui succédèrent à Sévère ne persécutèrent point les chrétiens ; ceux ci furent tranquilles pendant vingt-quatre ans; Alexandre leur fut même favorable.

Mais l'empereur Maximin les tyrannisa de nouveau. Cette nouvelle persécution commença l'an 255 , dura trois ans et tomba principalement sur les évoques et les prêtres : on condamna au dernier supplice tous ceux dont on put se saisir.

septième persécution. — Dès le commencement de son règne, l'empereur Décius publia contre les chrétiens unédit sanglant, qu'il envoya à tous les gouverneurs de province ; l'exécution s'en fit avec une extrême rigueur, et commença l'an 250.

Le pape saint Fabien , saint Alexandre, évêque de Jérusalem, saint Babylas, évêque d'Antioche, et surtout saint Pione, furent 1rs plus illustres martyrs.

Origène, alors âgé de soixante ans, fut encore appliqué à la torture, mais il en réchappa.

huitième persécution. — L'empereur Valèrien excita contre les chrétiens la huitième persécution. Elle commença l'an 258.

Parmi les martyrs, nous distinguerons le diacre saint Laurent, qui fut mis sur un gril et rôti à petit feu; le pape saint Etienne, saint Cyprien, évêque de Carlhage ; et à Césarée, en Cappadoce, un jeune enfant nommé Cyrille, qui montra un courage extraordinaire pour cet âge.

neuvième persécution. — L'empereur Jurélien ne s'était pas d'abord montré contraire aux chéliens ; mais il changea tout à coup de conduite à leur égard (275). Il était sur le point de signer un édit contre eux, lorsqu'il fut arrêté par la foudre qui tombj à ses pieds. Cependant, sur la fin de son règne, il publia de sanglans rescrits dont sa mort, arrivée peu aj.rès , empêcha l'exécution.

On rapporte à cette persécution le martyre de saint Denis, premier évêque de Paris, qui eut la tête tranchée sur une mon,-

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tagne près de cette ville, nommée , peut-être pour ce sujet, mont des Martyrs, et vulgairement Montmartre.

Nous trouvons aussi dans quelques auteurs que, du temps du paganisme, on y avait élevé un temple à Mars.

dixième persécution. — L'empire romain qui, depuis trois siècles, faisait de continuels mais inutiles efforts pour détruire le christianisme, en fit un dernier pour essayer de l'abattre. Dioclétien régnait alors en Orient, et Maximien en Occident. Ces deux princes s'accordèrent parfaitement pour persécuter les chrétiens, et la persécution générale commença lan 503. On l'appelle ère des Martyrs.

Maximien fut particulièrement secondé par Rictus Varus, son préfet dans les Gaules. Saint Quentin h Amiens, saint Victor h Marseille, saint Pincent à Saragosse, et bien d'autres souffrirent courageusement le martyre , pour soutenir la foi qu'ils avaient embrassée, et qu'ils avaient vu établir par beaucoup de miracles.

Mais ce qui doit surtout fixer notre attention sur les martyrs de cette persécution , c'est le dévouement admirable d'une légion tout entière, composée de chrétiens, qui se laissa égorger plutôt que de renoncer à sa religion, et cela sans murmure et sans aucune résistance. C'est la légion fulminante.

A faire : Tableau des persécutions.

JUDÉE

ruine DE Jérusalem. —Les Juifs, fatigués du joug des Romains, tentèrent de s'en délivrer; mais ieur révolte fut cause de leur ruine. Les chrétiens , prévoyant le danger , se retirèrent dans la petite ville de Palla. En effet, les Romains attaquèrent les rebelles, qui eurent d'abord quelques succès ; mais Pespasien, général expérimenté , ayant été appelé au commandement de l'armée, reprit bientôt l'avantage, et bloqua Jérusalem; la division se mit alors parmi les Juifs; les vivres manquèrent, et cette ville sévit réduite à la plus horrible famine. Vespasien , ayant été nommé empereur, laissa le commandement à son fils Titus , qui réduisit Jérusalem à la dernière extrémité; enfin , il parvint à s'en emparer. Les soldats romains mirent tout à feu et à sang. Les Juifs furent anéantis ou dispersés. En mémoire de cet événement , on fit frapper une médaille qui représentait une femme enveloppée d'un manteau , assise au pied d'un palmier , la tète appuyée sur sa main, avec cette inscription : La Judée captive. Ainsi fut accomplie la prédiction de Jésus-Christ ; ainsi tomba ce peuple grand, original, voué tout entier à la mission d une idée, de l'unité morale de Dieu ; mais cette idée juive se transforme en

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idée chrétienne, et cette conséquence merveilleuse d'événemens et de faits était nécessaire à l'histoire morale du monde.

Lecture. — Récit du siège de Jérusalem par Josèphe.

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