‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 122 sur 277 · REFLEXIONS SUR £E CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

REFLEXIONS SUR £E CHRISTIANISME

Le christianisme sépare l'histoire du genre humain en deux portions distinctes. Depuis la naissance du monde jusqu'à Jésus- Christ, c'est la société des esclaves avec l'inégalité des hommes entre eux, l'inégalité de l'homme et de la femme; depuis Jésus- Christ jusqu'à nous, c'est la société avec l'égalité des hommes entre eux; l'égalité de l'homme et de la femme; c'est la société sans esclave , ou du moins sans le principe de l'esclavage.

Après avoir prêché l'Évangile, Jésus-Christ laisse sa croix sur la terre ; c'est le monument de la civilisation moderne. Du pied de celte croix, plantée à Jérusalem , partent douze législateurs , pauvres, nus , un bâton à la main, pour enseigner les nations , changer et renouveler la face de la terre.

En proscrivant la sensualité , l'amour des richesses, toutes les passions ignobles; en annonçant au-delà de la tombe une vie plus importante pour sa durée éternelle que toutes les félicités de la terre , le christianisme se conciliait tous ceux qui avaient conservé le sentiment de la dignité humaine.

En proclamant une révélation immédiate, une communication directe avec la Divinité, et une succession d'inspirations obtenues par la foi et la prière et accompagnées de forces surnaturelles, elle plaisait à ceux que la soif du merveilleux , et le nouveau platonisme avait accoutumés à désirer un commerce habituel avec les natures surhumaines. En substituant des cérémonies simples, modestes et en petit nombre , à des rites les uns révoltans, les autres décrédités, elle satisfaisait la raison. Elle présentait aux pauvres les secours , aux opprimés la justice , aux esclaves la liberté comme un droit. Enfin, et ce ne fut pas à cette époque un de ses moindres avantages, elle interdisait toutes les recherches philosophiques et métaphysiques , recherches frappées de discrédit par les souvenirs, toutes les questions sur la nature et la substance d<; Dieu, toutes les hypothèses sur les lois et sur les forces de la nature et sur l'action du monde invisible , toutes les discussions sur la Destinée en opposition avec la Providence. Elle ne disait qu'un fait et n'offrait qu'une espérance; or, l'homme avait besoin d'une pierre pour reposer sa tête. 11 lui fallait un fait, un fait miraculeux pour que , délivré du tourment du doute, il pût respirer, reprendre ses foi ces et recommencer ensuite le grand travail intellectuel.

Lecture. — Etudes historiques de M. de Chateaubriand.— Histoire de l'Eglise* parFleury.

2e SIECLE.

LES ANTONIXS.

EVENEMENS

rome. —98. Règne de Trajan. —De 117 à 180. Règne des Antonins. — Situation de l'empire après la mort des Anlonins.

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