CONSTANCE II
FaiMesese «le l'Empire* — La faiblesse de l'empire augmenta encore malgré les efforts que firent plusieurs empereurs pour le défondre. Parmi les peuples voisins qui y avaient été reçus, on avait pris des soldats, des ministres d'Etat, des généraux. H paraît que les Romains voulurent se servir de ces barbares pour réprimer avec leur secours les autres étrangers qui viendraient les attaquer ; mais l'incoi>
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poration de ces peuples guerriers devait devenir fatale à un état dont la constitution intérieure n'avait plus de force. L'empereur Vulens (378) avait permis à une horde très nombreuse de Goihs, qui avaient cié chassés par les Huns de leurs demeures en Pannonie (Hongrie) de s'établir dans la Thrace.Ces peuples ne se contentant pas des terres qui leur avaient été assignées, il fallut bientôt leur faire la guerre. Les Romains éprouvèrent une terrible défaite, dans laquelle l'empereur perdit lui-même la vie (378).
Théodose-le-Grand retarda encore par sa valeur la chute de l'empire ; mais il lui porta un coup fatal en le partageant vers la fin de ses jours entre ses deux fils, Arcadius et Honorius. Le premier eut l'empire d'Orient, et le second celui d'Occident (335).
Invasion «les Barbares; — Les peuples du nord profitèrent de la désorganisation générale. Des essaims innombrables de Quades , de Vandales, de Sarmates, d'Alains, de Saxons, de Gépides, d'Hérules, d'Allemands, de Bourguignons s'ébranlèrent et passèrent le Rhin ; les habitans de Mayence, réfugiés dans leurs églises, furent égorgés au pied des autels ; Worms, après une vigoureuse résistance, devint la victime de leur fureur; Spire, Strasbourg , Rlieims , Arras , Amiens, Tournai, les villes des Pays-Bas , celles des provinces de Lyon et de Nar bonne, de la Novempopulanie et de la Septimanie , furent renversées de fond en comble.
Au moment où les tribus germaniques ravageaient ainsi l'Europe occidentale, les révolutions sanglantes qui eurent lieu à l'extrémité orientale de l'Asie amenèrent les événemens qui mirent fin à l'empire d'Occident. De même que les peuples de l'Asie et de la Grèce furent subjugués par les Romains dont ils connaissaient à peine le nom, et que les autels des divinités furent renversés par quelques pêcheurs appartenant à une peuplade méprisée de leurs voisins, de même aussi la Ville éternelle succombe sous les
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coups d'une nation dont les premiers empereurs romains ignoraient l'existence.
Lecture. — Saint Jérôme. — • Isidore de Séville. — Tacite, Mœurs des Germains.
ÉGLISE
Les pasteurs chrétiens sentaient depuis long-temps la nécessité de remédier aux désordres qui venaient de temps à autre s'introduire dans l'administration de l'Eglise , d'appeler la réforme sur les abus , de répondre aux points de doctrine qui pouvaient embarrasser les fidèles , et de faire comparaître à un tribunal composé d'évêques ceux qui s'écartaient des dogmes primitifs; telles furent les causes qui nécessitèrent les assemblées ou conciles, qu'on a toujours regardés comme les nerfs du corps de l'Eglise.
conciles. — On appelle concile la réunion de plusieurs ecclésiastiques à l'effet de décider un point religieux : un concile universel se nomme œcuménique.
Le premier concile fut celui de Jérusalem (50), tenu par les Apôtres pour fixer les rapports du christianisme avec l'ancienne alliance ; il exempta des cérémonies prescrites aux Juifs par la loi de Moïse les Gentils qui embrassaient l'Evangile.
L'Eglise compte quatre principaux conciles, que saint Gré- (ioire-le-Grand et saint Isidore comparent aux quatre grands fleuves du Paradis terrestre : le Phison, le Gihon, le Tigre et YEuphrate ; ce sont :
\o L'an 525, le concile de Nicée, qui dura deux mois et douze iours • il y avait trois cent dix-huit évêques. Osius, évêque de Cordoue, y assista comme légat du pape Sylvestre. L'empereur Constantin le présida ; on dressa dans ce concile le symbole de Nicée. L'objet de la réunion était l'hérésie du prêtre Arius, qui s'était élevé contre la divinité de Jésus-Christ. Arius et ses partisans furent condamnés.
2° L'an 381,1e concile général de Constantinople sous l'empire de Théodose-le-Grand et le pontificat de saint Damase. Le but de la réunion était de rappeler au sein de l'Eglise les schismatiques ; on n'y réussit pas.
5° L'an 431, le concile général d'Êphèse. Il s'y trouva plus de deux mille évêques. Saint Cyrille d'Alexandrie le présida pour le pape Célestin 1er. La Sainte -Vierge y fut déclarée mère de Dieu, et l'on condamna Nestorius , évêque de Constantinople.
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4° L'an 451, le concile de Chalcédoine. On y condamna Eutychès et Dioscore, évêque d'Alexandrie , qui soutenaient qu'il n'y avait en Jésus-Christ qu'une seule nature. On excommunia Eutychès, et Dioscore fut chassé de son siège. Le pape saint Léon avait convoqué ce concile.
Parmi les autres conciles, nous en citerons six qui tiennent à l'histoire de l'Europe.
1° L'an 1311, le concile général de Vienne, en France, assemblé par ordre de Clément V. Les deux: patriarches d'Antioche et d'Alexandrie, trois cents évèques, trois rois, Philippe IV, roi de France; Edouard II, roi d'Angleterre ; Jacques II, roi d'Aragon y assistaient. On y parla particulièrement des erreurs et des crimes des templiers, des béguards et des béguines, d'une expédition dans la Terre-Sainte , de la réformation des mœurs du clergé et de la nécessité d'établir dans les universités des professeurs pour enseigner les langues orientales.
2o L'an 1414 , le concile général de Constance, en Allemagne. Il fut assemblé par les soins de Sigismond, pour anathématiser les hérésies de JViclef et de Jean Huss, et pour éteindre, en déposant trois antipapes , les schismes qui déchiraient l'Eglise depuis trente-sept ans. On y comptait quatre patriarches, quarante-sept archevêques, soixante évêques, cinq cent soixantequatre abbés et docteurs. Jean Gerson, chancelier de l'Université de Paris, y assista; Jean Huss et Jérôme de Prague furent brûlés vifs, après avoir été convaincus de leurs erreurs. Martin V approuva tous les- décrets qu'on y fit en matière de foi : mais les papes ont toujours rejeté le décret qui enseigne que le concile universel lient son autorité immédiatement de Jésus- Christ, et que les souverains pontifes sont eux-mêmes obligés de s'y soumettre. .
3° L'an 1431, le concile général de Baie, ville sur le Rhin, entrela Suisse et l'Allemagne, sous Eugène IV, Sigismond étant empereur. 11 fut assemblé à l'occasion des troubles de Bohème au sujet de la communion sous les deux espèces. Le concile accorda aux Bohémiens l'usage du calice, pourvu qu'ils n'improuvassent pas l'action de ceux qui ne communieraient que sous une espèce. On confirma dans ce concile le décret fait à Constance sur la supériorité du concile au dessus du pape, et l'on fit des décrets pour la réformation de 1 Eglise.
4° L'an 1440, le concile de Bourges. On y rédigea la pragmatique-sanction, c'est-à-dire une suite de réglemens sur la disciplina ecclésiastique ; cette ordonnance rétablit le droit des élections que la confusion des siècles passés avait ôté aux églises particulières et aux chapitres. Le concordat fait à Boulogne, en 1515, entre Léon Xet François 1er, abolit la pragmatique.
5° L'an 1512, le concile de Latran, où présida le pape Jules 11,
puis Léon X. Maximilien était alors empereur d'Allemagne. Ce concile dura cinq ans ; il y avait quinze cardinaux et près de quatre-vingts archevêques et évoques. Il fut assemblé , 1° afin d'empêcher une espèce de schisme naissant; 2° pour terminer plusieurs différends qui existaient entre le pape Jules II et Louis XII, roi de France ; 3° pour réformer le clergé. On arrêta dans ce concile qu'on ferait la guerre à Sélim, empereur des Turcs; on nomma pour chefs de cette expédition l'empereur Maximilien 1er et François 1er, roi de France. La mort de Maximilien, et Yhérésie de Luther, qui causa de grands troubles en Allemagne, firent échouer ce projet.
6° L'an 1545, le concile de Trente. Ce concile dura près de dix-huit ans , depuis 1545 jusqu'en 1463, sous cinq papes : Paul III , Jules III, Marcel II, Paul IF, Pie F, sous le règne de Charles-Quint et de Ferdinand, empereurs d'Allemagne. Il fut convoqué pour condamner les erreurs des Luthériens, et pour la réformation des mœurs ecclésiastiques.
Dans les anciens monumens, les termes de concile ou de synode sont pris indifféremment l'un pour l'autre.
Dans l'ancienne alliance, figure de la nouvelle, c'était le Seigneur lui-même qui avait ordonné l'érection d'un tribunal suprême ou concile, formé de soixante-dix sénateurs, avec le pouvoir souverain d'interpréter la loi, d'en fixer le sens, de résoudre toutes les difficultés relatives àla religion. Le législateur des chrétiens voulut étendre cet usage à son Eglise; il a dit : « En quel- « que lieu que se trouvent deux ou trois personnes rassemblées « en mon nom, je m'y trouverai au milieu d'elles. » Tous les Pères grecs et latins ont vu dans ces mots l'origine de l'institution des conciles.
Tableau synoptique des conciles.