‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 134 sur 277 · RACE ASIATIQUE · texte numérisé non relu

RACE ASIATIQUE

Alains. — Huns. — Avares. — Chazares. — Ugres ou Ougres (Hongrois).— Bulgares. — Arabes (Sarrasins ou Maures).

Travail. — Notices historiques sur chacun de ces peuples, avec la carte générale de l'invasion. — Esquisses historiques. — Esquisses littéraires.— Etudes géographiques.

COUP DŒÎLSUR L'ÉTAT GEOGRAPHIQUE DE L'EMPIRE ROxIIAIN DEPUIS AUGUSTE.

Du temps d'Auguste à celui de Constantin , le monde romain conserva à peu près les mêmes frontières ; le dieu Ternie, pas plus qu'au temps de la république, n'avait point appris à reculer. Cette règle ne souffrit qu'une seule grande exception. La Dacie , conquête de Trajan, au nord du Danube , et en dehors des frontières naturelles de l'empire, fut abandonnée après un siècle et demi de possession. Mais la guerre que les Romains du premier siècle faisaient toujours en dehors de leurs frontières était , au quatrième , presque toujours reportée par les Barbares dans l'enceinte romaine. Les empereurs ne pouvaient plus défendre des provinces qu'ils prétendaient toujours dominer, et souvent ils voyaient sans regret de vaillans ennemis devenir leurs hôtes et occuper les déserts de leur empire.

Cette fixité des limites de l'empire romain tenait surtout à ce que , dans les temps de sa plus grande puissance , il avait volontairement borné ses conquêtes au po nt où il avait trouvé la meilleure frontière militaire à défendre. Les grands fleuves , qui n'arrêtent guère les armées des peuples civilisés , forment en général une barrière suffisante contre les incursions des barbares , et de grands fleuves, la mer, des montagnes et des déserts donnaient en effet des frontières naturelles à cet immense empire.

Par un calcul assez vague , on a estimé que l'empire romain avait six cents lieues détendue du nord au midi , plus de m lie du levant au couchant, et qu'il couvrait cent quatre-vingt mille lieues carrées de superficie. Mais les nombres ne donnent jamais qu'une idée abstraite et difficile à saisir.

Nous comprendrons mieux ce que représente celte immense

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étendue , au centre des pays les plus riches et les plus fertiles de la terre, en suivant la ligne des frontières romaines.

Au nord, l'empire était borné par le mur des Calédoniens , le Rhin, le Danube et la mer Noire. Le mur des Calédoniens , qui coupait Y Ecosse dans sa partie la plus étroite, laissait aux Romains les plaines de ce royaume et toute l'Angleterre. Le Rhin et le Danube , dont les sources sont rapprochées, et qui coulent , l'un au couchant, l'autre au levant, séparaient l'Europe barbare de l'Europe civilisée. Le Rhin couvrait la Gaule qui comprenait alors XHelvétie et la Belgique. Le Danube couvrait les deux grandes presqu'îles italique et illyrienne; il partageait des pays dont les uns sont aujourd'hui regardés comme allemands, d'autres comme slaves.

Les Romains possédaient sur sa rive droite, la Rhélie , le Norique , la Pannonie et la Mœsie , qui répondent à peu près à la Souabe , la Bavière , partie de l'Autriche et de la Hongrie, et la Bulgarie. Le court espace entre les sources du Danube et le Rhin , au dessus de Bâle , était fermé par une chaîne de fortifications ; la mer Noire venait ensuite et couvrait l' Asie- Mineure.

Sur ses bords septentrionaux et orientaux quelques colonies grecques conservaient une indépendance douteuse sous la protection de l'empire. Un prince grec régnait à Caffa sur le Bosphore Cimméricn ; des colonies grecques dans le pays des Lases et la Colchide étaient tour à tour sujettes ou tributaires. Les Romains possédaient tout le rivage méridional de la mer Noire , des bouches du Danube à Trébizonde.

~ Au levant , l'empire était borné par les montagnes de l'Arménie , une partie du cours de l'Euphratc et les déserts de Y Arabie. Une des plus hautes chaînes de montagnes du globe, le Caucase , qui règne de la mer Noire à la mer Caspienne, et qui, d'une part, communique au Thibet, et de l'autre aux montagnes du centre de 1* Asie-Mineure , séparait les Scythes de la Haute-Asie d'avec les Persans et les Romains.

La partie la plus sauvage de ces montagnes appartenait aux lllyriens , qui maintinrent leur indépendance ; la plus susceptible de culture était habitée par les Arméniens , qui subirent tour à tour le joug des Romains, des Parthes et des Perses ; mais qui demeurèrent toujours tributaires des uns ou des autres, et jamais sujets.

Le Tigre et l'Euphrate qui sortent des montagnes d'Arménie pour se jeter dans le golfe Persique traversaient les plaines de la Mésopotamie. Sur toute cette pariie de la ligne orientale, jusqu'aux déserts de sable qui , plus au midi , séparent les rives de l'Euphrate des riches collines de la Syrie , la frontière de l'empire n'avait point été tracée des mains de la nature : aussi les deux grandes monarchies des Romains et des Parthes , ou des Persans

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leurs successeurs , s'enlevèrent-elles tour à tour plusieurs provinces de l'Arménie et de la Mésopotamie. Les déserts arabes couvraient la Syrie sur une étendue de deux cents lieues , et la mer Rouge couvrait l'Egypte.

Au midi , les déserts de la Libye et du Sahara.

Au couchant, l'Océan Atlantique servait en même temps de bornes à l'empire romain et au monde habitable.

Après avoir fait le tour des frontières, nous donnerons encore un moment d'attention à rénumération des provinces dont l'empire était composé.

Vers l'an 292 , Dioclélien l'avait divisé en quatre préfectures prétoriales , dans l'inlention de pourvoir mieux à sa défense, en lui donnant en même temps quatre chefs. Ces préfectures étaient les Gaules , Ylllyrie, Y Italie et Y Orient.

Le 'préfet des Gauhs établissait sa résidence à Trêves; il avait sous ses ordres les trois vicaires des Gaules, d'Espagne et de Bretagne. Dans les Gaules on distinguait, d'après l'ancien langage des habitons, la J\arbonnaise , Y Aquitaine } la Celtique, la Belgique ; Y Espagne se partageait en trois provinces : la Lusitanie , la Bétique et la Tarragonaise ; la Bretagne, enfin , comprenait toute l'île jusqu'aux Frilhs de Dumbarton et d'Edimbourg.

La préfecture illyrique se formait de cet immense triangle dont le Danube est la base, et dont les deux côtés sont marqués par la mer Adriatique , la mer Egée et le Pont-Euxin. Il comprend aujourd'hui à peu près tout l'empire d'Autriche et toute la Turquie d'Europe. Il se partageait alors enlre les provinces de Rhétie , Norique et Pannonie, Dalmatie, Mœsie, Thrace, Macédoine et Grèce. Le préfet résidait ou à Sirmium , non loin de Belgrade et du Danube , ou à Thessalonique.

La préfecture italienne comprenait, outre cette province d'où étaient sortis les conquérans du monde , toute l'Afrique à partir des frontières occidentales de l'Egypte jusqu'à l'empire actuel de Maroc. Les provinces portaient les noms de Libye, Afrique , JSumidie , Mauritanie Césarienne et Mauritanie Tingitane. Rome et Milan furent tour à tour la résidence du préfet d'Italie ; mais Carthage était la capitale de toutes les provinces africaines; elle égalait Rome en population comme en magnificence; et, dans le temps de sa prospérité, les provinces africaines surpassaient trois fois la France en étendue.

La préfecture d'Orient, bornée par la mer Noire, le royaume des Perses et le désert, était encore la plus étendue, la plus riche et la plus peuplée : elle contenait les provinces <ï Asie- Mineure , Bithynie et Pont , Cilicie , Syrie , Phénicie et Palestine, Y Egypte, enfin, avec une partie de la Colchide , de Y Arménie, de la Mésopotamie et de Y Arabie. La résidence du

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préfet était à Jntioche ; mais plusieurs autres capitales, et surtout Alexandrie d'Egypte, égalaient presque cette ville en population et en richesse.

L'imagination demeure confondue par cette énumération des provinces romaines, par leur comparaison avec l'étendue des empires actuels, et l'étonnement redouble lorsqu'on songe aux grandes cités qui ornaient chacune des provinces. Ces cités, dont plusieurs égalaient, surpassaient même nos plus grandes capitales en population comme en richesses ; ces cités , telles qu'Antioche , Alexandrie , Carthage , étaient si puissantes, qu'une nation tout entière semblait s'y être enfermée.

Dans la province seule des Gaules, on comptait cent quinze villes distinguées par le titre de cités ; les ruines de quelques-unes sont encore debout, et elles l'emportent en magnificence surtout ce que les villes modernes déploient de grandeur.

L'aspect de ces ruines nous inspire aujourd'hui un sentiment d'admiration, lors même que nous les rencontrons dans les provinces où aucun souvenir ne s'attache à elles. Nous allons voir à Nîmes, avec émotion, avec respect, la maison Carrée, les Arènes, le pont du Gard. Nous visitons de même les monumens d'Arles, de Narbonne ; que trouvons-nous là cependant, excepté des modèles pour les arts ? Aucun grand souvenir historique ne s'y attache : ces nobles bâtimens furent élevés dans un temps où Rome avait perdu, avec sa liberté, ses vertus et sa gloire. Quand on arrive à fixer l'époque de leur construction, on la trouve liée au règne de ces empereurs dont l'histoire a transmis les noms à l'exécration des siècles à venir.

Lecture.— Tableau des révolutions de l'empire romain 3 par Sismondi.

Tableau.— Tableau géographique à faire.

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