‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 154 sur 277 · OBSERVATIONS SUR MAHOMET · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR MAHOMET

Mahomet ne dut son élévation qu'à son génie étonnant. La révolution qu'il opéra dans la religion en occasionna de plus grandes encore dans les empires.

L'Arabie, ignorée jusqu'alors, devint illustre par ses triomphes, et les successeurs du Prophète, marchant sur ses traces, ravagèrent ces vastes provinces de la Perse inaccessibles aux armes des Romains. Les riches contrées de l'A sie-Mineure dont ils dépouillèrent les successeurs des Césars, la Palestine que tant de motifs rendaient si chère aux chrétiens , l'Egypte si féconde

en ressources, la Libye, la Mauritanie, presque loute l'Afrique , furent soumises. L'Espagne ouvrit aux Arabes une porte en Europe, et ils menacèrent de leur joug tout notre hémisphère. Voilà cependant l'ouvrage d'un homme d'abord obscur, ignorant, pauvre , qui mourut honoré comme le favori de Dieu, et qui laissa après lui une mémoire éternelle.

Mahomet savait qu'à un peuple sensible il fallait des émotions vives ; il les excita par un style correct et par l'harmonie des vers.

Son Coran (livre ou bible) est rempli d'images reproduites par le dialecte arabe le plus pur; il se divise en deux parties: 1° l'iman ou la doctrine de la foi; 2° le din ou la morale.

Le dogme de son œuvre est la croyance en Dieu, en ses prophètes et en ses anges, l'immortalité de l'âme, un jugement universel , et la prédestination.

Les plus grandes récompenses sont pour les guerriers qui combattent les mécréans ; la lâcheté est menacée des tourmens de l'enfer.

Le reste du Coran contient des préceptes sur les pratiques extérieures du culte, des réglemens de police et de santé en rap^ port avec les mœurs et le climat de l'Orient.

La morale est dans la puriGcation , la prière, le jeûne, l'aumône, l'abstinence du vin, et les pèlerinages à la Mecque.

Lecture.— La tragédie de Mahomet, par Voltaire; dans les Esquisses historiques , les Arabes.

abou-bekre, premier calife, publie le Coran.— Abou Bckre suecéda à Mahomet sous le titre de calife (vicaire), après des contestations avec son gendre qui fut vaincu et dont le parti fut dissipé. Il publia le Coran, annoncé par Mahomet comme venant du ciel. Ce livre fut revu par le calife Othman. Les actions et les discours de Mahomet, conservés par la tradition , ont été consignés dans la sunna ou loi orale, et forment avec le Coran les principales sources de la théologie et de la jurisprudence mahométane.

Les adhérens de l'islamisme , quelque temps après la mort du Prophète, se divisèrent en deux sectes principales : les Sunnites, qui reconnaissent le Coran et la tradition, et se fractionnent en plusieurs sectes orthodoxes ; les Schiites (apostats) , qui n'adoptent que le Coran, et regardent Ali, gendre de Mahomet, et les descendans d'Jli, comme de véritables imans. Les Schiites se divisèrent à leur tour en un grand nombre de sectes, dont les plus remarquables sont les druses et les ismaélites.

Les conquêtes des Arabes commencèrent sous le calife Abou- Bckre (63-2-634). Caled , son général , après avoir envahi la Syrie jusqu'à Damas , entreprit la soumission de la Perse , qui ne fut

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achevée qu'après des guerres langues et sanglantes (651). Elles mirent fin à la dynastie des Sassanides qui gouvernait la Perse depuis 226 ans.

Le calife Omar élevé à la dignité de calife par les intrigues d'Ajesha , fille d'Abou-Bekre ; excellent général. Il est considéré comme le fondateur de la puissance politique des Arabes; il termina la conquête de la Syrie en y ajoutant celle de la Palestine et de l'Egypte (656 640). II prit le titre d'émir Al-Mouménin (prince des croyans).

Le cruel Amrou, lieutenant du calife, s'empara d'Alexandrie et détruisit, dil-on, la bibliothèque des Ptolémée (640). Elle était composée de 400,000 volumes (quelques uns disent même de 700,000) égyptiens, grecs et indiens. On chauffa pendant six mois les bains de cette ville avec les précieux manuscrits de cette collection. Les Arabes , qui parcouraient alors l'Afrique et l'Asie , y détruisaient tous les monumens des arts. Ce ne fut que, parvenus à une puissance non contestée, sous les Abassides j qu'ils firent fleurir à leur tour les sciences et les arts.

De nouvelles conquêtes furent entreprises et consommées sous le califat d'Othman (644) : celle de la Perse, des îles de Chypre (648) et de Rhodes (653) où les Arabes trouvèrent en morceaux le fameux colosse de Rhodes ; ils les vendirent à un marchand juif qui en chargea , dit-on , sept cents chameaux.

Le meurtre d'Othman (655J fit éclater de grandes divisions. Ali , gendre de Mahomet, proclamé calife, eut à lutter contre les conspirations de la famille d'Omar. Moavijah, gouverneur de Syrie , allié d' Amrou , se souleva contre Ali , qui fut détrôné et égorgé. Moavijah rendit le califat héréditaire dans la dynastie des Ommiades (660). Les dissensions entre les sectateurs d'Omar et ceux d'Ali n'empêchèrent pas les Arabes d'étendre leur domination en Asie et en Afrique sous le glorieux règne de Valid I" (705).

Lecture. — Vie, de Mahomet , par Gagnier. — Histoire du mahométisme, par Charles Mills.

338 8e siècle.

8e SIECLE.

CHARLEMAGNE , ou l'empire d'orient renouvelé par les français.

caractère de ce sîècle. — L'Europe orientale voit des révolutions sanglantes s'élever au trône de Constanlinople et en précipiter des empereurs cruels. L'Europe occidentale au contraire est en progrès du côté des lumières. Les Maures, vainqueurs des TVisigoths, apportent le goût des arts et des sciences; les Francs sous Charlemagne s'élèvent au dessus de tous les autres peuples; les papes commencent à jouir de l'autorité temporelle ; l'Asie occidentale brille du plus vif éclat sous les califes arabes.

EVENEMENS

France. — 73c2. Défaite des Sarrasins et des Saxons par Charles-Martel. — 752. Dynastie, des Carlovingiens. — 768. Règne de Charlemagne. — 771. Défaite des Saxons. — 774. Fin de l'empire des Lombards. — 8t)0. Renouvellement de l'empire d'Occident.

arabes d'Occident. — 711. Les Maures en Espagne; bataille de Xérès.

arabes d'Orient. — 749. Les Ommiades et les Abassides. — 786. Règne du calife Aaroun-al-Raschid.

empire romain d'Orient. — 726. Guerre des Iconoclastes. — 780. Règne de l'impératrice Irène et de Constantin V, son fils.

église. — 720. Emploi de l'ère dionysienne ou ère vulgaire. — 756. Puissance temporelle des papes.

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