ARABES D'OCCIDENT
bataille de xérès. — Depuis la conquête de l'Egypte, les Sarrasins s'étaient emparés de toutes les provinces septentrionales de l'Afrique jusqu'à l'Océan. De là ils jetèrent un œil d'envie sur les belles provinces de l'Es"pagne, voisines de la mer. Ils avaient plusieurs fois ravagé les côtes de la Nandalousie (aujourd'hui Andalousie); mais leurs tentatives pour entrer dans ce pays furent inutiles. Quelques événeinens qui se passèrent en Espagne leur en ouvrirent les portes. Ce fut d'abord la vengeance d'un comte espagnol nommé Julien, que Rodrigue ou Rodric avait outragé dans l'honneur de sa fille, Florinde-la- Cava ou la Méchante , pendant qu'il défendait en Afrique avec gloire, et succès les possessions chrétiennes ; ensuite l'ambition des fils du cruel Witiza, qui voulaient remonter sur le trône de leur père aidés par leur oncle Oppas, archevêque métropolitain de Séville. Les Sarrasins, qui prirent alors le nom de Maures, parce qu'ils partirent de la province d'Afrique appelée Mauritanie, entrèrent dans 1 Espagne sous les ordres de leurs généraux Tarik et Abuzar a. Tarik débarqua au pied du mont Calpé, qui dans la suite s'appellera de .son nom Gib-el-Tarik, montagne de Tarik et par corruption Gibraltar. Il s'empara de la ville avec l'aide du comte Julien, et fit brûler ses vaisseaux pour ôter à ses soldats qui murmuraient tout espoir de retour sans la victoire.
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Après plusieurs petits combats, les deux partis se rencontrèrent à Xérès de la Frontera, et se livrèrent une bataille sanglante. Elle fut décisive : les Maures furent vainqueurs, et Rodrigue, de la famille des Wisigoths, se noya dans le Bètis. Bientôt la consternation fut dans l'Espagne; toutes les places se rendirent spontanément. Mouza, général sarrasin qui commandait en Afrique au nom du calife Valid, passa lui-même en Espagne avec de nouveaux soldats, en acheva la conquête et s'empara de Tolède, capitale du royaume wisigoth, qu'avaient abandonnée les grands et la plupart des habitans, et qui se rendit après une résistance de quelques jours.
En moins de cinq ans, depuis le débarquement de Tarik, les Maures s'emparèrent de toute l'Espagne, à l'exception de quelques cantons stériles des Asturies, de la Cantabre {Biscaye) et de la Navarre. La Septimanie ou le Languedoc passa avec l'Espagne sous la domination des Arabes. La victoire de Xérès mit fin au royaume des Wisigoths et commença celui des Maures, qui régnèrent en Espagne pendant sept cents ans.
Pélasge, fils de don Favila, un des grands d'Espagne, assassiné par le féroce Witiza, s'était retiré avec les débris du royaume wisigoth dans les montagnes des Asturies, où la cavalerie maure ne pouvait l'atteindre. Habile et courageux, il s'était distingué dans divers combats, et il fut élu roi par ses compagnons, fonda le petit royaume des Asturies qui servit de point d'appui aux chrétiens pour reconquérir l'Espagne, et c'est avec lui que commence la monarchie espagnole proprement dite ou la deuxième monarchie wisigolhe. Jlchaman, envoyé par le gouverneur Alasior pour détruire le nouveau royaume, s'engage imprudemment dans les montagnes, est battu et tué, et l'archevêque Oppas qui lui avait servi de guide, est fait prisonnier et puni par la mort de son apostasie et de sa trahison. A la mort de Pélasge, son fils lui succéda ; puis vint Alphonse-Ie-Calholique qui , profitant des dissensions élevées entre les Maures et les Arabes, réunit aux Asturies la Galice dont il a chassé les musulmans.