‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 160 sur 277 · ARABES D'ORIENT · texte numérisé non relu

ARABES D'ORIENT

LES OMMIADES ET LES ABASSIDES. — NOUS avons VU

que Mahomet, se sentant près de mourir, avait chargé son beaupère Abou-Bekre de le remplacer dans ses fonctions sacerdotales. Telle fut l'origine du Califat ou du vicariat du Prophète.

Les autres califes s'appelaient émirs, c'est-à-dire, princes ou commandans. Ceux qui succédèrent à Abou-Bekre furent : Omar, qui fit brûler la bibliothèque d'Alexandrie; Osman-Âli, gendre de Mahomet , qui , entreprenant d'abaisser les Ommiades dont l'ambition lui portait ombrage, voulut retirer le gouvernement de Syrie à Moavie , perdit le califat , et mourut assassiné à Caffa.

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Son fils Hassan fit de vaines tentatives pour lui succéder, et fut assassiné par sa femme. C'est alors que s'éleva la première famille héréditaire appelée Ommiades, parce que Moavie, le premier de ces califes, était le petit-fils tfOmmias, l'un des principaux de la Mecque.

Ce fut sous cette dynastie qu'eut lieu la conquête de l'Afrique par lïassan, lieutenant du calife Abd-el-Malek, et Musa-ben- Nascïr, lieutenant de Walid, qui en acheva la soumission en 698, et força les habitans à embrasser la religion et les mœurs des conquérans; la conquête de l'Espagne, les invasions en France et la soumission d'une partie de l'Asie. A la mort d'Omar II, le parti des Alides voulut replacer sur le trône les légitimes descendans du Prophète ; mais, découragé par la pusillanimité des émirs de la race d'Ali, il se réunit en faveur des slbassides , qui tiraient leur origine d'Abbas, oncle de Mahomet. Alors commença sous Merwan II, la sanglante querelle des Noirs et des Blancs ou d'Abbas et d'Ommiade ; la famille des Abassides victorieuse succéda aux Ommiades, et devint célèbre. L'Egypte, la Mésopotamie, la Perse, furent conquises en une seule campagne.

L'empire des Arabes, sous les Abassides, fut aussi considérable que celui des Romains, puisqu'il s'étendait à l'époque du califat de Cor doue (en 756), de l'océan Atlantique jusqu'au-delà du fleuve Indus, et avait pour bornes, au sud, les déserts de l'Afrique et les bords de l'océan Indien ; il s'étendait en Europe jusqu'aux Pyrénées; il était borné au nord par la Méditerranée et en Asie par la chaîne du Caucase, la mer Caspienne, les déserts au nord de l'Iaxartes, et enfin les montagnes de l'Asie intérieure, bornes occidentales de l'empire chinois. A Aboul-Abbas, premier calife abasside, succéda son frère Al-Manzor. Il fonda la ville de Bagdad, qui devint la capitale du califat oriental.

califat d'occident. Un descendant de Mervan Ier, Abdérame, était échappé avec son fils au massacre de la famille des Ommiades et se tenait caché en Afrique. Il passa de là en Espagne où l'appelaient plusieurs Cheiks, se fit proclamer émir à Cordoue et fonda ainsi le califat d'Occident. Les guerres qu'il fut obligé de soutenir contre les partisans des Abassides l'empêchèrent de défendre ses possessions d'au-delà des Pyrénées et lui firent perdre la Scptimanie. Sous Issem Ier et AI-Hakkham Ier, les dissensions intérieures favorisèrent les progrès des chrétiens qui avaient à leur tête Alphonse-le-Chaste, roi dOviédo.

C'est l'époque de la plus grande puissance des Sarrasins par l'étendue de leurs conquêtes, et de leur plus grande gloire par leur amour pour les sciences et par les progrès qu'ils y tirent.

350 8e siècle.

SUR LES CONSÉQUENCES DE i/lRRUPTION DES ARABES EN ESPAGNE.

La conquête de l'Espagne par les Arabes produisit quelques effets salutaires pour l'Europe qui lui doit en partie sa civilisation. Le goût des lettres se communiqua bientôt de Bagdad au Caire, et des bords de l'Euphrate et du Nil au Tage. Les mathématiques, l'astronomie, la chimie, la botanique, la médecine étaient les sciences que les Sarrasins affectionnaient le plus; ils excellaient dans la poésie, dans l'art de conter avec agrément. Mazès, Averroès, Jvicenne sont du nombre de leurs philosophes célèbres.

Ainsi l'Espagne mahométane cultivant plusieurs sciences peu connues dans le reste de l'Europe, les chrétiens occidentaux s'y rendaient fréquemment pour se livrer à l'étude dans les écoles de Cordoue.

L'agriculture, les manufactures et la navigation durent beaucoup aux Arabes ; leurs lapis et leurs broderies d'or et d'argent, leurs tissus de soie et ouvrages d'acier et de cuir, jouirent longtemps d'une perfection inconnue aux autres nations de l'Europe. L'énumération décimale que les Arabes rapportèrent des Indes, les chiffres indiens que le moine Cerbcrt, qui devint le pape Sylvestre II, nous rapporta de la Péninsule, et auxquels la reconnaissance de l'Occident a donné le nom de chiffres arabes ; l'usage du papier de coton, de la poudre à canon, tout cela nous est venu de ces peuples, et principalement des Arabes d'Espagne. Le mot algèbre montrerait seul que c'est à eux qu'on doit celte langue merveilleuse qui Ct tant avancer les sciences en abrégeant et facilitant le travail; le nom arabe d'almanach est le premier qu'ils donnèrent à leurs recueils astronomiques. Enfin, il ne faut pas oublier cette architecture de la mosquée de Cordoue et du palais de Grenade, mélange de la grâce et de la pureté grecques avec le grandiose, et qui , s'unissant plus tard avec la grave architecture germanique, devait former cette architecture mixte que nous avens appelée gothique et à laquelle nous devons de si beaux monumens.

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