‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 171 sur 277 · ARABES · texte numérisé non relu

ARABES

al-mamoun, fils d'Aaroun-al-Raschild , fut surnommé Y Auguste des Arabes. Il sut recueillir et augmenter le dépôt des connaissances humaines qui, quelques siècles après, devaient se répandre dans toute l'Europe. La cour de ce calife était le séjour des poètes, des philosophes, des médecins, des savans de tous les genres ; il était lui-même très instruit dans les mathématiques et dans l'astronomie. Il fit élever de toutes parts des collèges, des académies, et Bagdad devint le centre des sciences. L'Italie, l'Espagne surtout, où les Arabes avaient étendu leurs conquêtes , se ressentirent de l'heureuse influence de ces établissemens, et fondèrent des écoles à l'instar de celles de Koufa et de Bassora créées par le généreux calife, qui faisait traduire en arabe les meilleurs ouvrages grecs. Les relations commerciales des Arabes avec les Indes à cette époque leur ouvrirent de nouvelles sources d'instruction; ils en rapportèrent les chiffres qui depuis ont pris leur nom, et les littératures grecque et indienne s'étant mêlées se secondèrent et produisirent la littérature arabe proprement dite. Al-Mamoun ne s'était pas moins distingué dans les armes que dans les lettres; il avait étendu sa gloire militaire à la fois dans l'empire de Constantinople, en Afrique, en Italie, et une flotte partie sous ses auspices va jeter l'effroi dans le Vatican, fait la conquête de la Sicile et de l'île de Crète qui prend dès lors le nom de Candie , de la ville que les Musulmans y bâtirent. Son frère Mutassem et son neveu Watek marchent sur ses traces ; mais sous le cruel et débauché Mottavak , les révoltes multipliées et les guerres civiles déchirent -les différentes provinces du vaste empire des califes. On voit bientôt se former trois états immenses : le califat de Bagdad, celui du Caire et celui de l'Afrique occidentale.

EMPIRE D'ORIENT

A l'impératrice Irène avait succédé Nicéphore , qui mourut en combattant les Bulgares; Staurace, fils de Nicéphore, fut contraint de se retirer dans un monastère ; Michel Curopalate , vaincu par les Bulgares , fut remplacé par Léon l'Arménien dont le règne est peu remarquable.

il ace phrygienne en ORIENT. — Michel-U Bègue , né en Phrygie, plut à l'empereur Léon l'Arménien qui lui donna de l'avancement. Des envieux, jaloux de sa faveur, l'accusèrent auprès de l'empereur ; il fut condamné à mort : l'exécution fut retardée , à cause de la fête de Noël , à la prière de l'impératrice. La même nuit , Léon fut assassiné par les partisans de Michel qui fut proclamé empereur. Ce prince faible et vicieux laissa démembrer son empire par les Sarrasins . et mourut en 829.

376 9* siècle,

ANGLETERRE

fin de l'heptarchie.— Les Anglo -Saxons avaient fondé Vheptarchie ; mais E g bert-le- Grand , élevé à la cour de Charlemagne et qui avait long-temps combattu à ses côtés, étant monté sur le trône de H'essex , montre qu'il avait profité des exemples et des leçons du grand homme et du vaillant capitaine , soumet les sept royaumes à sa domination , est proclamé roi de la Grande-Bretagne par l'assemblée de Winchester > fait prendre à tous ses sujets le nom d'Anglais et à son royaume celui d'Angleterre, bat les Danois réunis aux Bretons de Cornouaillcs, s'occupe à rendre les peuples heureux par de bonnes lois et une sage adminisîralion , et commence en 8-27 la famille royale saxonne , dont le principal souverain fut :

alfred-le-grand , qui monta sur le trône en 872, et mourut en 901. Il n'exista peut-être jamais un homme plus digne des respects de la postérité. L'histoire , qui ne lui reproche ni défaut ni faiblesse , le met au premier rang des héros ufiles au genre humain. Vaincu par les Danois , il fut d'abord obligé de se cacher sous les vétemens d'un paire ; mais, devenu paisible possesseur de son royaume, il rendit ses sujets heureux. Il leur donna des lois sages , régla la discipline militaire, créa la marine anglaise , établit le commerce sur des bases solides , fonda l'université d'Oxford et sa bibliothèque. Alfred fut tour à tour cultivateur, géomètre, législateur, architecte, poète, suivant que l'exigeait le bonheur de ses peuples. Il voulait que tous pussent jouir du bienfait de l'instruction, et punissait les païens qui négligeaient d'envoyer leurs enfans aux écoles publiques.

La division de l'Angleterre en comtés (shires) , ses institutions judiciaires (le jury) , la création des shérifs par comté, la sévérité de ses lois de police, et les encouragemens qu'il donna à la marine , à l'instruction publique et à l'industrie , attestent les vues d'Alfred et l'étendue de son génie. Il est hors de doute aujourd'hui que beaucoup d'établissemens , attribués communément à Alfred , remontent à l'époque des premiers rois Anglo- Saxons. Telle est, par exemple, la division de la nafion en centaines (hundreds) , en dizaines (tythings) , et la juridiction qui se rapportait à celte division.

Alfred-le-Grand convoquait régulièrement les états (la wittenagemot) deux fois par an à Londres; mais on n'est pas d'accord sur les élémens qui formaient celte assemblée. On suppose qu'elle était composée de thanes royaux , de thancs ordinaires, de ceorls ou fermiers et du clergé.

Lecture. — Thierry , Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands , t. ier,

RUSSIE

MONARCHIE RUSSE FONDEE PAR RURICK. — Les

Normands s'emparent des côtes de la mer Baltique et y fondent l'empire russe , sous le nom de Warègues ; leur chef, Rurick , en est le premier grand prince. Lui et ses successeurs étendirent leurs conquêtes depuis la mer Baltique et la mer Blanche jusqu'au Pont-Euxin, et firent trembler sur leur trône les empereurs d'Orient , pendant le cours du dixième siècle. Deux frères . Orkhold et Dir, qui avaient abandonné Rurick après sa trahison envers les Nowogorodiens qui l'avaient appelé à leur secours , et fondé la république de Kief, s'avancèrent en conquérans jusque sous les murs de Constantinople , se firent chrétiens après avoir obtenu de l'empereur Léon VI une paix honorable et emmenèrent des missionnaires qui prêchèrent l'évangile aux Russes. Oleg , tuteur d'Igor, fils de Rurick, embrassa le christianisme ; après avoir fait massacrer dans une embuscade Orkhold et Dir, il réunit à Nowogorod Kief, où il transporta le siège de l'empire russe , et menaça lui-même l'empire de Constantinople.

piast en Pologne. — Dans le sixième siècle, Léchus , chef d'une troupe de Sarmates , vint s'établir dans la Pologne , et fit construire, sur les bords de la Vistule, quelques forts et quelques châteaux. 11 fonda même la ville de Gnesne , et ses descendans prirent le litre de ducs de Pologne. Us subsistèrent pendant cent cinquante ans. A l'extinction de cette famille, on donna le gouvernement de ce duché à Cracus qui fonda la ville de Cracovie dont il fil la capitale de ses états; et enfin à la mort de Popiel TI , l'un des ducs de Pologne , on éleva au rang de duc un nommé Piast , en 842. 11 rétablit la tranquillité dans la Pologne qu'avait ensanglantée un interrègne anarchique de douze ans. Ziemovit , son fils , lui succéda , introduisit dans son armée la discipline et la science militaires, et sa postérité occupa le trône de Pologne jusqu'à l'avènement des Jagellons. C'est à cette époque que furent créées les dignités de magnat, de palatin et de vaivode ; mais ce ne fut que dans le dixième siècle que la Pologne fut érigée en royaume. Boleslas Ier en fut le premier roi. Il conquit toute la Bohème, la Moravie, vainquit les Prussiens et les Russes, accrut beaucoup son royaume ; mais ses successeurs perdirent le fruit de ses conquêtes.

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