‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 174 sur 277 · SUR LE CARACTÈRE DES INCURSIONS NORMANDES · texte numérisé non relu

SUR LE CARACTÈRE DES INCURSIONS NORMANDES

Les incursions Scandinaves étaient fort différentes des grandes migrations germaniques , qui avaient eu lieu du 4e au 6e siècle. Les barbares de cette première époque, qui occupèrent la rive gauche du Rhin ou qui s'établirent en Angleterre, y ont laissé leur langue. La petite colonie saxonne de Bayeux a gardé la sienne au moins cinq cents ans ; au contraire , les Normands des 9e et 10e siècles ont adopté la langue des peuples chez lesquels ils s'établirent, ce qui prouverait que les pirates Scandinaves semblent avoir été des exilés , des bannis qui se firent rois de la mer, parce que la terre leur manquait ; ils abordèrent sur les côtes seuls et sans famille , et lorsqu'à force de revenir annuellement piller, ils se furent fait une patrie de la terre qu'ils ravageaient, il fallut desSabines à ces nouveaux Romulus ; ils prirent femmes , et les enfans , comme il arrive nécessairement, parlèrent la langue de leurs mères.

On pourrait comparer les Normands et les Sarrasins: les premiers désolèrent le nord , tandis que les Arabes infestaient le midi ; on pourrait distinguer trois périodes principales dans les incursions de ces peuples : 1° celle des incursions proprement dites; 2° celle des stations. 3° celle des établissemens fixes. Les stations des Normands étaient généralementdanslesîles à l'embouchure de 1 Escaut , de la Seine et de la Loire ; celle des Sarrasins à Fraxinet (la Garde Fraisnet) en Provence et à Saint-Maurice en Valais ; telle était l'audace de ces pirates qu'ils avaient osé s'écarter ainsi de la mer, et s'établir au sein même des Alpes , aux défilés où se croisent les principales routes de l'Europe.

Les Sarrasins n'eurent d'établissement important qu'en Sicile. Les Normands, plus disciplinables , finirent par adopter le christianisme, et s'établirent sur plusieurs points de la France ; particulièrement dans le pays appelé de leur nom Normandie.

lïsa&'iies-Capet, premier roi Capétien.

— La faiblesse des successeurs de Charle magne

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et la puissance des grands vassaux amenèrent la décadence de la maison carlovingienne. Déjà Eudes, fils de Robert-le-Fort tué dans un combat contre les Normands, et qui avait lui-même si vaillamment défendu Paris avec l'évêque Gozlin contre les Barbares, avait été élu roi des Français à la place de Charles-le-Gros, et aux dépens de Charles- le- Simple qui n'avait recouvré ses états qu'après sa mort. Charles avait été encore détrôné par les seigneurs mécontens, qui avaient mis à sa place Robert, frère du dernier roi. Robert ayant été tué dans un combat de la main même de son rival, Hugues-le-Grand duc de France et le plus puissant des vassaux, fit donner à Raoul, son beau-frère, une couronne qu'il aurait pu prendre pour lui-même. C'était la politique de Pépin d'IIéristal. A la mort de Raoul, il rappela Louis, fils de Charles-le-Simpîe, qui s'était retiré en Angleterre. Hugues-Capet, son fils, qui avait hérité de ses talens et de sa puissance, se contenta d'être long-temps le vassal redoutable de Lothaire, puis de Louis Y, qu'il voulait bien souffrir sur le trône. Mais, à la mort de Louis V, il se fit proclamer roi par l'assemblée de Noyon, au préjudice de Charles de Lorraine, oncle du roi et le dernier descendant de Charlemagne, prince qui s'était attiré la haine et le mépris de la nation en se reconnaissant le vassal de l'empereur Othon IL II fit de vains efforts pour faire valoir ses droits ; Hugues le vainquit et le fit prisonnier. Charles, étant mort peu de temps après, laissa Hugues tranquille possesseur du diadème.

Cette époque est remarquable dans notre histoire par la substitution d'une royauté nationale au gouvernement de la conquête.

OEIEMT.

D«$ASTïE des fatimïtes.— Les maux qui accablèrent l'empire de France depuis la mort de Charlemagne se firent aussi sentir dans les vastes conquêtes des Arabes , en Asie et en Afri-

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que. La faiblesse des califes et l'ambition des émirs excitèrent des révoltes et des guerres civiles , qui amenèrent la décadence et le démembrement du califatde Bagdad. L'imprudente création d'une garde d'esclaves turcs par le calife Motas em (833-842) mit la souveraineté de ces princes à la merci du caprice des étrangers , qui disposaient du trône, tandis que les premiers ministres ou émirs Al-Umrah (depuis 93^ sous le calife Al Rhadi) réunissaient l'autorité civile et militaire. Les califes ne conservèrent plus que le pouvoir ecclésiastique ; et les gouverneurs des provinces profitèrent de cette anarchie pour s'y rendre indépendans (936),

Déjà (en 868) l'Egypte s'était ainsi détachée du centre de l'empire sous M ahadi Abdallah, qui se disait descendant de Fatime et qui y fonda le califat des Fatimites (908). Il étendit sa domination sur une grande partie de l'Afrique septentrionale. Moëz- Allah , arrière petit-fils de Mahadi en prenant le titre de calife et d'émir des croyans, établit définitivement sa résidence au Caire (969). Les califes Fatimites descendant de Fatime, fille de Mahomet et femme d'Ali, s'emparèrent malgré les Turcs Seldjoucides de la Syrie, de la Palestine et de l'Arabie septentrionale.

C'est à la fin du 14e siècle que lecalifat avait atteint son plus haut, degré de puissance ; le commencement du 12e fut l'époque de son déclin.

DYNASTIE DES GAZNEVIDES DANS l'IHDS. — Un

prince mahométan , appelé Mahmoud , gouvernait à l'est de la Perse le petit état dontGazna se trouvait être la capitale. 11 était estimé pour ses talens militaires et pour son zèle envers sa religion ; aussi le calife lui avait-il accordé le titre de amod ad doua- Ut , c'est-à-dire soutien de la foi. Ce petit souverain fit des conquêtes sur les parties occidentales de lindostan et devint le chef d'une dynastie connue sous le nom de Gaznévides.

bouhides en perse.— Bouhia, pêcheur de la province de Dili-m , prétendait descendre des Sassanides. Ses fils firent des conquêtes remarquables, et finirent par se rendre indépendans des califes auxquels ils ne laissèrent que le pouvoir spirituel en 946.

ikLLEIIAOTE.

Depuis la déposition de Charles-leGros (887), l'Allemagne et l'Italie étaient livrées aux guerre intestines et aux invasion des étrangers. A l'époque de la dissolution de l'empire des Francs, les Allemands étaient partagés en cinq grandes peuplades gouvernées par des ducs : 1° les Francs ou Franconiens, entre le Rhin et le Mein ; 2° les Bavarois , dans le Tyrol , la Bavière actuelle , l'évêché de Bamberg, le Salzbourg, la Carinthie et la Carniole ; 3° les Souabes ou Allemands dans la Souabe, proprement dite le pays des Grisons et la Suisse septentrionale ; 4° les Thuringiens,dans

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la Hesse-Elcctorale, les districts de Mersebourg , de Fulde et d'EiTurf ; 5° les Saxons, dans les pays situés entre l'Elbe, le Wescr et le Bas-Rhin ; on peut encore y ajouter les Frisons , répartis dans les cantons , en partie sous la dépendance de la Lorraine et de la Saxe , en partie indépendans. La rivalité qui existait entre ces peuples, régis par des coutumes différentes, la diversité de leurs dialectes et les progrès de la féodalité, furent un obstacle puissant à la force politique des Allemands.

La valeur du roi Arnoul, fils naturel de Carloman (S87-900), qui avait obtenu la couronne impériale, promettait démettre un terme aux progrès des Normands et des Esclavons. Mais sous le règne de Louis IV dit l'Enfant (900-911), dernier des Carlovingiens en Allemagne, ce pays fut livré de nouveau aux ravages des guerres féodales et aux dévastations des Hongrois, fixés en Pannonie depuis 899. A la mort de ce roi et au refus d'Othon, duc de Saxe, d'accepter la couronne, les États la déférèrent à Conrad de Franconie (911), l'un des quatre ducs qui exerçaient alors le plus d'autorité sur les peuples d'Allemagne. Ce prince eut à combattre à la fois le duc Henri de Saxe, son plus redoutable ennemi, et les Hongrois, auxquels il paya tribut. Conrad, en mourant, désigna lui-même le duc de Saxe aux suffrages des seigneurs (919).

Henri 1er, l'Oiseleur (919-956), premier roi de la maison de Saxe , força les ducs d'Allemagne à reconnaître son autorité. Il réunit la Lorraine à l'Allemagne (923), fonda et fortifia des villes , obligea une partie de la noblesse et des habitans libres de la campagne à s'y établir, en leur accordant de grands privilèges, et, après avoir aguerri et discipliné les Allemands dans les combats contre les Esclavons , il refusa le tribut aux Hongrois et les défit à la bataille de Mersebourg (933).

Son fils Othon 1er, le Grand (936-973) , aussi courageux que Henri, le surpassa en lumière et en habileté. Il étouffa les rebellions des vassaux, combattit avec succès le roi de France, Louis IV d'Outremer, les Danois , le duc de Bohème et les princes esclavons qu'il rendit tributaires, et remporta une éclatante victoire sur les Hongrois près du Lech (934). Appelé au secours d'Adélaïde , veuve de Lothaire II, roi d'Italie, que Bérenger II, marquis d'ivrie, usurpateur du trône de son époux, voulait contraindre à donner la main à Adalbert son fils ; Othon passa les Alpes, vainquit Bérenger et se fit couronner roi d'Italie (932), en devenant l'époux de la reine Adélaïde.

Othon-le-Grand ne négligea rien pour abattre la puissance des grands et des papes; il y réussit en partie^ et fonda plusieurs écoles qui contribuèrent à propager les lumière et la civilisation dans la Germanie.

L'union d'Olhon II avec la princesse Théophanie, fille de L'empereur grec Romain II (972), n'eut ni pour l'Allemagne, ni

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pour l'autorité impériale, les avantages qu'Othon-le-Grand en avait espérés. Pendant les règnes d'Othon II (973-993) et d'Othon IIÏ (983-1002) , l'Allemagne et l'Italie furent en proie aux troubles les plus graves ; les factions se disputaient le souverain pouvoir à Rome en l'absence des empereurs, et se jouaient de l'autorité pontificale avilie. Othon II fut malheureux dans sa tentative de soumettre la Pouille et la Caîabre (981), qu'il revendiquait comme dot de sa femme. Olhon III, son fils, l'élève du célèbre Gerbert, depuis le pape Silvestre II , se vit obligé de prendre d'assaut la ville de Rome (998), où l'usurpateur Crescence, après avoir chassé le pape nommé par i'empereur , avait disposé de la papauté et renversé la domination des Allemands.

L'horrible vengeance qu'exerça le vainqueur ne servit qu'à exciter la haine des Italiens contre les étrangers et à accroître les difficultés d'une réunion complète de l'Italie et de l'Allemagne.

Lecture.— Histoire particulière à" Allemagne.

RUSSIE

wladïmir,grakb-dïïc de russïe.— A Rurick avaient succédé plusieurs princes dont les règnes ne présentent aucun intérêt général , sinon que tous avaient attaqué avec acharnement l'empire d'Orient, et plusieurs assiégé Constantinople. Les Russes semblent avoir eu de tout temps l'instinct de la domination sur les rives du Bosphore. Dans le 10e siècle , Wladimir, après s'être emparé des états de ses deux frères et en avoir massacré un, porte la guerre en Orient; mais ensuite il se réconcilie avec l'empereur Bazile , qui lui donne la main de sa sœur Anne. Il se fait chrétien, et embrasse le rit grec : toute la nation suivit son exemple. C'est alors que furent brisées les idoles les plus révérées de la nation russe, entre autres celles de Péroun, dieu de la guerre. Wladimir, mis au nombre des saints dans le calendrier russe, mourut en 1015.

FONDATION DU COMTE DE HOLLANDE ET DU MAR- GRAVIAT D> Autriche. — En 984, le comté de Hollande fut établi en faveur de Thierry, comte des Frisons. A la même époque le, margraviat d Autriche fut créé et donné par Othon II au petit- fils d'Albert, comte de Bamberg. Ce margraviat d'Ostriche (d'où Autriche) ou Marche orientale, renfermé jusque là dans le duché de Bavière, ne comprend que les pa.vs situés sur YEms, auxquels on a donné le nom de Haute-Autriche. Léopold s'empara de la Basse-Autriche qui était aux Hongrois, et rétablit vers cette partie du Danube les anciennes frontières germaniques qu'avait posées Charlemagne. 11 posséda ce margraviat, appelé aussi marche orientale et pannonienne, non comme un fief, mais comme un Iranc-aleu libre de toute redevance et vassalité.

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