‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 179 sur 277 · ROIS DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

ROIS DE JÉRUSALEM

Beaudouin IV, malade, abdique en faveur de Guy de Lusignan, époux de Sybille, sœur de Beaudouin. Forcé d'abandonner le

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trône, Lusignan va régner à Chypre, que lui cède Richard qui en fait la conquête.

Guy de Lusignan.

Amaury. — Ce successeur de Lusignan épouse Isabelle, veuve de Henri, comte de Champagne, qui avait le titre de roi de Jérusalem.

GUERRIERS

Saladin, sultan d'Egypte. (Impôt de la dime saladine) .

Maleck-Adhel, son frère.

Renaud de Châtillon.

Léopold, duc d'Autriche.

Conrad, flls du marquis de Montferrat.

Josselin de îMontmorency.

Guillaume, archevêque de Tyr.

Le duc de Souabe.

Quatrième d'oîsatle •

INSTIGATEURS

Grégoire VII.

Guillaume, archevêque de Tyr.

Innocent III.— Foulques de Neuilly.— C'est Innocent III qui fonda l'Inquisition et les ordres mendians des Franciscains et des Dominicains.

Innocent 111 blâma hautement les croisés d'avoir détrôné un empereur chrétien, au lieu d'aller combattre les infidèles* — 11 lança une excommunication et se rétracta. — Il prévoyait que les Latins ne conserveraient pas long-temps l'empire de Constantinople.

PRINCES

Philippe-Auguste, roi de France.

Alexis Comnène, fils d'Isaac l'Ange.

GUERRIERS

Dandolo, doge de Venise.

Eudes, duc de Bourgogne.

Thibaut et Louis, comtes de Blois.

Thibaut, comte de Champagne, commande l'armée ; il meurt et on nomme à sa place :

Boniface, comte de Monferrat, à qui succède : Bcaudouin, comte de Flandre.

AO'À 11e SIÈCLE.

Beaudouin est élu empereur à Constantinople, en 1204, après la prise de cette ville par les croisés, sur l'empereur Alexis Ducas, dit Murzulphe, assassin d'Alexis. — Ils fondent ainsi l'empire des Latins, qui finit après cinquante-huit ans de durée.

Beaudouin II, de la maison de Courtenay, est détrôné par Michel Paléologue. Ce prince était un des successeurs de Lascaris, descendant des empereurs grecs, et qui avait fondé un empire particulier à Nicée. Michel retourna à Constantinople.

Le dernier de cette famille, Constantin XI Paléologue, mourut les armes à la main, en combattant Mahomet II qui prit Constantinople en 1453.

Cinquième Croisaele.

INSTIGATEURS

Innocent III, Honorius III.

JeandcBrienne, roi titulaire de Jérusalem.

PRINCES

André II, roi de Hongrie.

Jean de Brienne.

Hugues de Lusignan, roi de Chypre, qui mourut quelque temps après la retraite du roi de Hongrie, de sorte que Jean de Brienne resta seul chef delà croisade.

Sixième Ooisaele.

INSTIGATEURS

Grégoire IX.

Eudes de Châteauneuf? cardinal.

PRINCE

Saint Louis, roi de France.

GUERRIERS

Robert, comte d'Artois, frère de saint Louis. Il est tué à !a bataille de la Massoure.

Alphonse de Provence, frère de saint Louis.

Mile et Sala, fils de Saladin.

Saint Louis est fait prisonnier, et rend Damiette pour sa rançon.

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Septième Croisade.

INSTIGATEUR

Urbain IV.

PRINCES

Saint Louis.

Philippe-le-Hardi, fils de saint Louis.

GUERRIERS

Alphonse de Provence, frère de saint Louis. — II meurt à Sienne, en revenant en France.

Tristan, fils de saint Louis.— Il meurt de la peste à Tunis avec le roi, son père.

Lecture. — Détails sur les croisades, dans notre Histoire de France et dans Michand,

Résultats «les croisades:* — Outre que les croisades sauvèrent pour un temps l'Europe de l'invasion des Turcs qui la menaçaient, elles eurent plusieurs autres résultats indirects et éloignés qu'il est bon de faire connaître.

Résultats politiques. — Les princes trouvèrent dans les croisades les moyens d'agrandir leurs domaines et de fortifier leur autorité. Ces expéditions diminuèrent la puissance des grands vassaux, par conséquent délivrèrent le monarque de rivaux redoutables , le peuple d'oppresseurs tyranniques, et un nouvel ordre de choses dut nécessairement découler de cet affaiblissement du pouvoir des barons, de cette altération du système féodal. En effet, les domaines de cette foule de seigneurs qui partirent pour la Terre-Sainte et qui ne reparurent jamais, furent vendus ou confondus avec les fiefs attenans ; ceux qui revinrent, ou bien avaient vendu leurs biens avant de partir, ou furent obligés de les vendre à leur retour, ou même les trouvèrent entre des mains qui s'en étaient emparées : et ainsi fut ac-

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céléré, sinon produit, le mouvement qui tendait à ramener tout à l'unité monarchique et à former un ordre moyen qu'enfantèrent bientôt les alïranchissemens et l'établissement des communes. Mais si la noblesse perdit en puissance et en richesses, elle gagna en illustration, et la chevalerie, développée dans les guerres, répandit son éclat sur toute l'Europe. C'est alors que furent inventées les armoiries et que prirent naissance les noms de famille.

Résultat ? eoifiaisiei'eiata'K. et iît€liistB*ieîs. — De nouvelles relations commerciales donnèrent de nouvelles jouissances aux habitans de l'Europe. La navigation fit de grands progrès, et en mettant plus souvent en contact des peuples différens et éloignés; en ouvrant aux spéculations une plus vaste carrière, en facilitant les échanges, donna une haute activité au commerce et lui lit prendre de grands développemens. De nouvelles industries furent importées en Europe, et des villes maritimes, s'emparant du commerce de l'Orient , devinrent à la ibis riches et puissantes. Telles furent la ville de Marseille et les républiques de Venise, de Gênes et de Pise. L'agriculture y gagna la culture du mûrier, du blé de Turquie et de la canne à sucre.

Mésialtsif g ïitt<éie»iieeg et seÉentifiafiies* — On apprit à connaître des peuples, des religions, des institutions ignorées jusqu'alors; la vue s'étendit avec l'univers : la civilisation arabe, alors à son apogée , la civilisation grecque, qui, quoiqu'en décadence, était encore supérieure a la nôtre, ne purent qu'exercer une heureuse influence. « C'est un lieu * commun, dit M. Guizot, que de dire que l'esprit « des voyageurs s'affranchit, que l'habitude d'obser- « ver des peuples divers, des mœurs, des opinions « différentes, étend les idées, dégage le jugement « des anciens préjugés; le même fait s'est accompli « chez les peuples voyageurs qu'on a appelés les « croisés, et le résultat a été un grand pas vers l'af-

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« franchissement de l'esprit, un grand progrès vers « des idées plus étendues, plus libres. » L'Egypte et Constantinople devinrent les sources de nos connaissances: l'Egypte pour les sciences naturelles et exactes, et pour la médecine surtout qui emprunta aux Arabes le traitement de certaines maladies et des spécifiques mystérieux ; Constantinople pour ce qui dépend des arts. Des croisés introduisirent en Europe des manuscrits précieux, arabes, grecs, syriaques ; une tendance assez forte vers l'étude, l'instruction et les découvertes utiles, commença à se manifester ; le talent fut honoré, et l'on ne se vanta plus de son ignorance, comme d'une condition de noblesse. La poésie prit un caractère nouveau d'où résultèrent les romans chevaleresques, les chants des troubadours, et les grands la cultivèrent euxmêmes. En un mot, les relations continuelles de peuples qui avaient toujours été séparés, et l'échange mutuel des connaissances favorisèrent le développement des lumières et avancèrent la civilisation générale.

K vsaaîtats i*eligieiBiî. — Si l'on s'en tient an premier coup-d' œil, il semble que les croisades accrurent la puissance temporelle des papes en même temps que leur puissance spirituelle. En effet, en même temps qu'ils font reconnaître leur suprématie aux patriarches de Jérusalem et d'Àntioche, ils éloignent les empereurs, détruisent leurs prétentions, empêchent leurs entreprises contre le saint-siége, et, placés à la tête de la chrétienté, acquièrent de nouvelles principautés et paraissent les maîtres des rois qui, à leur voix, quittent leurs états et traversent les mers. Mais, au fond, l'époque des croisades fut le commencement de la décadence du pouvoir temporel de l'Église. Rome, devenue un lieu de passage pour une grande partie des croisés, fut visitée par presque toute l'Europe. On assista au spectacle de §e$ mœurs et de sa politique, on reconnut souvent

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l'intérêt personnel dans les débats religieux, et ces considérations, jointes au développement intellectuel des peuples, à l'extension, à l'accroissement des lumières, inspirèrent à des hommes audacieux des sentimens de liberté et une hardiesse jusqu'alors inconnus. Aussi voit-on, depuis les croisades, diminuer sensiblement l'effet de ces excommunications terribles qui faisaient trembler les rois et courber la tête aux peuples, et les papes eux-mêmes, reconnaissant l'état des esprits, furent moins prodigues de leurs ana- Ihèmes.

Lecture. — Histoire des croisades, par Michaud.— Histoire de la civilisation européenne, par Guizot.

ATOLETERRE*

LES NORMANDS EN ANGLETERRE.— NOUS avons VU les

Danois repoussés ou soumis par Alfred-Ie-Grand. Après sa mort, les querelles des rois et du fameux Dunstan, qui de simple moine devint archevêque de Cantorbéry, nia l'infaillibilité du pape, détrôna un de ses souverains, gouverna l'autre par la crainte et lui suscita des rivaux lorsqu'il sembla vouloir secouer le joug; ces querelles avaient affaibli le royaume, et les Danois profitèrent de cet affaiblissement pour faire de nouvelles tentatives. Ils avaient été plusieurs fois repoussés, quand Suénon, dit lingesbeck ou à la barbe fourchue, roi de Danemarck, se présenta tt s'empara du comté d'York. Ethelred acheta plusieurs fois la paix, et subit l'impôt de danegcld ou argent danois; mais, ayant fait massacrer par trahison tous les Danois qui se trouvaient dans ses étals, Suénon reparaitpour venger ses compatriotes, s'empare du trône malgré les efforts d'Edmond, fils d'Etlielred, qui le bat plusieurs fois et avec lequel il est forcé de partager l'Angleterre. Puis, Edmond ayant été assassiné, il se fait proclamer seul roi, en 1014, et Ethelred est obligé de se réfugier en Normandie, auprès de son beau-père, Richard II. Suénon étant mort, Canut-le- Grand, son fils, lui succède (1017). Un moment il perd le trône qu'Edouard, fils de l'ancien monarque saxon, est parvenu à ressaisir, le partage avec lui, et, après l'assassinat de ce prince, se fait reconnaître souverain de toute la Grande-Bretagne. Il rétablit les lois d'Alfred, si chères aux Anglais et règne avec gloire. Deux de ses fils ayant successivement fait détester la domination danoise à l'Angleterre, Edouard-Ie- Confesseur, prince saxon, est rappelé et remonte sur le trône de ses pères. Il règne vingt ans en paix avec plus de bonheur que de gloire. A sa mort, deux rivaux se disputent son trône ; Guil-

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laume-le-Bàtard, duc de Normandie , qui appuie ses prétentions sur un testament, et Harold, né de la fille de Canut-le-Grand et du seigneur Godwin qui exerçait, sous le dernier roi saxon, la même influence que Hugues-le-Grand sous les derniers Carlovingiens. Guillaume passe en Angleterre pour faire valoir ses droits, et la bataille de Hastings met en présence les deux concurrens. Harold y perd la vie, et peu à près Guillaume est solennellement proclamé roi. Ce prince fit des réformes nombreuses; il confisqua les biens de la noblesse anglaise, en forma des fiefs et des baronies qu'il donna aux seigneurs normands, et le français devint la langue de la cour et du gouvernement ; il établit la loi du couvre— eu, etc., et mourut dans une guerre contre Philippe I«, roi de France (1087).

smpïee D'orient. — L'empire grec, inondé par les croisés aveuglément soumis au pontife ennemi de ce trône, se sauve par l'habileté d'Alexis Comnène. 11 jouit de quelque tranquillité sous cet empereur si bien vengé de la haine des Latins par l'histoire que nous a laissée sa fille, princesse aussi illustre par son esprit que son père l'était par ses lalens (1118). Jean Comnène, dit Calo Jean, lui succède ; ce prince barbare qui, par superstition, refusa la sépulture à son père , met en fuite les Turcs et les Hongrois, se couvre de gloire en Asie et meurt atteint d'une flèche empoisonnée lorsqu'il se préparait à de nouvelles victoires (1143).

ALLEMAGNE

maison de pranconie sacque. — Cette maison succéda à celle de Saxe; elle était contemporaine des premiers Capétiens. Conrad II en fut le premier empereur. L'empire s'agrandit du royaume d'Arles et des deux Bourgognes, que Rodolphe III, fatigué des révoltes continuelles de ses grands vassaux, lui avait léguées, et s'étendit jusqu'au Rhône et au Jura. Mais deu\ événemens hâlèrent la désunion de la monarchie : 1° la querelle des investitures que nous avons vue sous Henri IV; 2° l'indépendance que cette querelle valut aux seigneurs et aux princes allemands. Nous remarquons encore que sous Henri III, fils et successeur de Conrad II (1039), s'éleva la guerre de Lorraine, à l'occasion de Frédéric II, duc de cette province. L'empereur, après avoir vaincu les prétendans, donna la Haute- Lorraine à Gérard, comte d'Alsace, duquel on fait descendre la maison impériale de Lorraine. Henri III, doué des plus nobles qualités, parvint à réaliser en partie les desseins de son père ; il sut se faire respecter par les grands vassaux, et disposa en maître de la couronne des pontifes, malgré le crédit croissant du moine Hildebrand, devenu le conseiller du pape Léon X. —Le règne de Henri IV (1056-1106), qui se termine d'une manière déplorable pour ce prince, est un des plus féconds en événemens importans pour l'ordre social ; les fautes d'une première éduca-

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tion exercèrent une fâcheuse influence sur la vie de Henri IV, dont le caractère était un mélange de grandeur et de faiblesse, de courage et de timidité, de légèreté et d'audace, de violence et d'hésitation. Sa première faute fut de se brouiller avec les vas saux et les Etals de Saxe qui, malgré les sucrés que Henri remporta sur eux, l'engagèrent avec la cour de Rome dans des discussions que la guerre des investitures vint envenimer (1074).

ESPAGNE

DÉMEMBREMENT SU CALIFAT DE CORDOUE. —Depuis long-temps de sanglantes dissensions divisaient le royaume musulman de la Péninsule ; à chaque instant les émirs et les gouverneurs se révoltaient contre le souverain, le déposaient, le massacraient, en mettaient un autre à sa place, s'y mettaient eux mêmes ou se déclaraient indépendans. Enfin, après des crises nombreuses, le califat de Cordoue fut démembré et Heschara ïlï en fut le dernier calife. De J 010 à 1051, il se forma successivement neuf royaumes indépendans, qui furent ceux de Murcie, Badajoz, Grenade, Saragosse, Majorque, Valence, Séville, Tolède et Cordoue. Ces petits états furent souvent en guerre les uns contre les autres; les nouveaux conquérans qui dévastèrent l'Espagne en réunirent plusieurs; mais ce morcellement de la puissance arabe favorisa les progrès des chrétiens, entraîna et accéléra la ruine des enfans de Mahomet. Le royaume de Grenade est celui qui se soutint le plus long-temps, et il ne périt qu'au quinzième siècle, sous les coups de Fcrdtnand-le-Calholique.

PARTAGE DES ETATS DE SANGHE -LE -GRAND. — La

Navarre s'était rendue indépendante sous Louis Ier; et depuis, constituée en royaume , elle s'agrandit des comtés d'Aragon et de Castille, et atteignit son plus haut degré de puissance sous le règne de Sanche-lc-Grand. Ce roi partage, en mourant, ses états entre ses trois fils. La INavarre est donnée à son fils aine, Garde IV, l'Aragon à Ramire ; la Castille à Ferdinand; les comtés de Sorave et de Ribragroce à don Gonzalès. Ramire réunit bientôt à ses états ceux de don Gonzalès qui mourut, et la guerre ayant éclaté entre Bermude III, roi de Léon, et Ferdinand, Bermude fut tué dans un combat, et Ferdinand, qui avait épousé sa fille, fut proclame roi de Léon, de Galice et des Asluries.

Sanche-le- Grand, aussi politique que guerrier , était issu d'Inigo, prince de Bigorre, du sang de Clovis ; et nous ne croyons pas inutile de faire remarquer qu'au moment où la race de Gharîemagne perdait le trône de France, la postérité des Mérovingiens restaurait celui de l'Espagne. Sanche tomba dans la même faute que Clovis et Charlemagne, en démembrant ses états entre ses enfans. Les trois branches qui naquirent de ce partage s'illustrèrent par de hauts faits d'armes, et sous le règne d'Al-

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phonse VI, roi de Castille et de Léon, et petit-fils de Sanche-le- Grand, parut le fameux Rodrigue Diaz de Bivar, si connu sous le nom de Cid (chef), effroi des Maures. Ce héros alla planter l'étendard chrétien sur les murs de Tolède; mais, tous ces exploits n'empêchèrent pas l'Espagne de se débattre pendant huit cents ans, soit dans ses guerres contre les Maures, soit dans ses discordes civiles.

LES ALMORAVIDES ENVAHISSENT L'ESPAGNE.— Les

Almoravides étaient une secte établie en Afrique, qui avait pour calife Vouseb-ben-Taschfyn, fondateur du royaume et de la ville de Maroc. lis furent appelés en Espagne par Ben-Jbad, prince maure, contre le roi de Castille, Alphonse VI. Bientôt ils tournèrent leurs armes contre les Musulmans, soumirent presque toute l'Espagne et une grande partie du Portugal. Mais l'Espagne oppressée se révolte, tandis qu'une autre secte (celle des Almohades) s'élève en Afrique contre les Almoravides qui sont dispersés et détruits.

ITALIE

les normands a naples. — Plusieurs puissances se disputent l'Italie méridionale. Les Grecs en possèdent une parlie ; mais les Napolitains sont disposés à la révolte. Quarante pèlerins normands abordent en Italie, et repoussent les Sarrasins qui assiégeaient Salerne. Ils inspirèrent ensuite à leurs compatriotes le dessein de soumettre cette belle contrée. Trois cents chevaliers, conduits par Rainulfe et Osmond, étant passés en Italie et ayant échoué dans une première entreprise, se mettent au service du duc de Naples qui, rétabli par eux dans ses états, donne à Rainulfe le titre de comte. Trois fils de Tancrède de Hauteville, Guillaume Bras-de-Fer, Dragon et Humfroi viennent dans ce pays de facile conquête. Après avoir été successivement au servicede Manassès, patrice grec, et de Landulfe, duc de Bénévent, son ennemi, Guillaume profite des divisions des Grecs, s'empare de la Pouille, en est nommé comte en^L045, et se soutient dans sa nouvelle principauté contre les empereurs et les papes. Robert Guiscard, autre fils de Tancrède, succède à ses frères dans le comté de Pouille, y réunit les deux Calabres, et prend le titre de duc. Avec 1 aide de Roger, il s'empare, sur les Sarrasins, de la Sicile que lui avait donnée le pape, et qui resta à Roger. Roger II, réunissant par héritage les possessions des deux races normandes, prend le titre de roi, se rend maître de Naples, et forme ainsi le royaume des Deux-Siciles, qui doit bientôt passer à une autre famille.

ÉGLISE

schisme des deux églises. — Nous avons vu, au neuvième siècle, s'élever entre les patriarches de Bjzance et les

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pontifes de Rome une querelle qui, ; toujours continuée depuis, amena la séparation totale des deux Églises. L'Église d'Orient ne fut plus qu'une Eglise schismatique.

Ce fut en 1022 que Gui, moine d'Arezzo, inventa les notes de musique et les désigna par les premières syllabes de l'hymne de saint Jean : Ut queant Iaxis. Ce fut encore vers 1093 que fut établi l'ordre de Saint-Antoine, par Gaston de Vienne (sur le Rhône), et Guérin, son fils, qui fondèrent une association pieuse et libre, destinée à secourir ceux qui étaient atteints du mal des ardens, appelé aussi feu Saint- Antoine et qui faisait alors d'affreux ravages. En 1084, l'ordre des Chartreux fut fondé par saint Bruno, et peu de temps après, en 1098, Robert, bénédictin et abbé du monastère de Molesme, suivi d'une vingtaine de religieux qui voulaient suivre avec l'exactitude la plus sévère les règles de leur ordre, se retira dans une solitude écartée et sauvage, nommée CUeaux,\a fertilisa, et bientôt sa maison, devenue célèbre, attira les regards de l'Europe autant par sa sainteté que par ses lumières. Telle fut l'origine de l'ordre de Cîteaux, dont saint Bernard fut l'un des plus beaux ornemens. Ce fut aussi dans le commencement du onzième siècle qu'eut lieu la réforme de Cluny, dont les mœurs répandaient depuis si longtemps le scandale dans la France tout entière.

pontificat de Grégoire vu. — Pépin et Charlemagne avaient donné aux papes une puissance temporelle qui, depuis, s'était considérablement accrue. Grégoire VII (Hildebrand) fut pour ses rares talens élevé au pontificat, presque malgré lui et par l'influence de l'empereur qu'il avait engagé à ne pas confirmer son élection, en lui dénonçant ses desseins. Une fois monté sur le trône pontifical, il voulut, comme il l'avait annoncé, réformer les abus et faire cesser le traQc honteux des investitures. C'était le droit qu'exerçaient les empereurs en investissant les évêques de leurs bénéfices ; ils leur remettaient la crosse et l'anneau. Le fougueux ecclésiastique défend à l'empereur de conférer les bénéfices. Henri IV refuse de se soumettre, il est excommunié. Bientôt il s'humilie et n'obtient son pardon qu'en faisant pénitence pieds nus dans la cour du château de Canosse (1077). La comtesse Mathilde, qui possédait une grande partie de l'Italie, soutenait le parti de Grégoire. Ces troubles amenèrent la mort du pontife à Salerne, en 1085. Son but était de soumettre toutes les couronnes à sa tiare, et de s'attribuer une autorité universelle, tant au temporel qu'au spirituel, dans toute la catholicité. C'était un réformateur par le despotisme ; il voulait réformer l'Église, et par elle la société civile, y introduire plus de moralité, plus de justice, plus de règle.

Lecture.— Biographie de Grégoire VU, par Villemain.

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