MAISON DZ SOUABE : CONRAD, LES GUELFES ET LES
gibelins.— Conrad de Franconie est élu empereur d'Allemagne et fait mettre au ban de l'empire Henri-le Superbe, duc de Bavière et de Saxe, qui refusait de le reconnaître. A sa mort, les Etats de Saxe, soulevés en faveur de son fils Henri, surnommé depuis le Lion, chassent Albert, margrave de Brandebourg, qui avait été investi de la Saxe, tandis que Welf, tuteur du jeune prince, expulsait de la Bavière Léopold d'Autriche. Conrad II[ prend les armes et livre la bataille de Weinsberg au duc Welf, qui est défait. C'est à cette bataille qu'on entendit pour la première fois les cris de Welf ti Wibligen, tirés des fiefs que possédaient les concurrens et qui, devenus Guelfes et Gibelins, servirent dans la suite à désigner chacun des deux partis. Par Gibelins on signalait le parti impérial, par Guelfes le parti opposé. En Italie on donnait plus spécialement le nom de guelfe au parti républicain, qui fut toujours en lutte contre les empereurs de la maison de Souabe, tantôt protégés, tantôt combattus par les papes.
henri vi et constance. — Frédéric Barberousse avait succédé à Conrad III. Ce prince fit élire son fils Henri roi des Romains; et, en lui faisant épouser Constance, fille de Roger II, il lui assura la couronne des Deux-Siciles. Après la mort de son père, dans la troisième croisade, Henri lui succéda, et fut empoisonné en 1197.
Le règne de Henri FI est d'une célébrité malheureuse. Ce prince s'empara delà Pouille et de la Sicile et fit crever les yeux à Guillaume ITI, encore fort jeune, pour se venger de ce que Tancrède, frère du jeune prince, lui avait été préféré (1189) par les Napolitains. Il ordonna d'exhumer son corps pour exercer sa fureur sur le cadavre de son rival.
Ce fut Henri VI, qui retint quinze mois prisonnier Richard- Cœur-de-Lion, par les conseils perfides de Léopold, duc d'Autriche, dont le roi d'Angleterre avait blessé l'amour-propre au siège d'acre. Henri était monté sur le trône en 1190,
EMPIRE D'ORIENT
empire d'orient. — Manuel Comnène suit le plan de ses aïeux; il se l'ait haïr des croisés par ses artifices, et chérir des Grecs par sa libéralité. Il penche pour la doctrine de Mahomet, meurt en 1180, et Alexis II, gendre de Louis VII, est à peine sur le trône, qu'il est massacré par son oncle Andronic (11 83) , livré lui-même à la fureur de la populace par Isaac l'Ange, qu'il destinait au supplice (1185).
SUÈDE
Éric en suède.— Les commenceiuens de l'histoire de Suède sont très obscurs. Ce pays, qui faisait autrefois partie de la Scandinavie , ne commence à être connu que dans le 8e siècle, par les invasions des Normands et des Danois ; mais son histoire particulière ne date que du règne d'Eric, dit le Saint. Ce prince, élu par les Goths et les siens, succéda à Surcher. Ce fut lui qui introduisit en Suède le christianisme et qui força les Finlandais à se faire baptiser. 11 régna avec sagesse et réunit les lois des Suédois en un seul code auquel il donna son nom. Il fit cesser le brigandage des peuples, fit élever des églises et établit des écoles: toutes ces améliorations lui attirèrent la haine de ses ennemis qui firent entrer Maymo, roi de Norwége, dans la ligue contre Eric. Ils marchèrent contre ce prince et le joignirent dans les plaines d'Upsal : Eric fut vaincu et eut la têle tranchée. Ce monarque fut bientôt vengé. Charles, fils de Surcher, se meta la tête des nombreux partisans d'Eric, marche contre ses ennemis, les bat, fait élever une église dans l'endroit même où il les avait vaincus, et, pour ajouter le mépris à la vengeance, lui donne, suivant la coutume du pays, le nom de Danoise.
invasion des almohades. — Les Almohades ou Unitaires succédèrent en Afrique à la puissance des Almoravides. Abd-el-Moumen, leur second calife, passa en Espagne, s'empara de presque toute la partie musulmane, et fit bâtir la ville de Gibraltar pour être maître du détroit. Ce fut à cette époque que les rois chrétiens, pour opposer au fanatisme des nouveaux conquérans l'exaltation chevaleresque, créèrent les ordres religieux et militaires d Alcantara, de Calatrava, de saint Jacques et d'Avis, qui devaient noblement atteindre le but de leur institution.
PORTUGAL
FONDATION DU ROYAUME DE PORTUGAL.— Dans le 5e
siècle, les Suèves s'étaient emparés sur les Romains de la pro-
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vince espagnole appelée Lusitanie. Les Golhs la conquirent sur les Suèvess et la conservèrent jusqu'au 8e siècle que les Maures s'en emparèrent.
Alphonse VI, roi de Léon et de Castille, demanda à Philippe FT, roi de France, des secours contre les Maures, qui en - \ahissaient ses Etats.
Henri de Bourgogne, arrière-petit-fils de Robert Ier, et Raymond de Bourgogne offrirent leurs secours à ce roi d'Espagne qui donna au premier sa fille naturelle, Thérèse, avec tous les Etats qu'il pourrait conquérir sur les Maures, depuis Porto jusqu'à la Guadiana, et sa fille Uraque au second (c'est-à-dire à Raymond). Henri défit les Sarrasins en dix-sept batailles, cl donna au pays qu'il avait conquis le nom de Portugal (Petit port Portocale) ; mais son fils, devenu plus célèbre que lui, est regardé comme le premier roi de Portugal.
Alphonse Henriquez vainquit, dans les plaines d'Ourique (Alentejo), cinq princes Maures auxquels il enleva leurs cinq étendards. Ce fut après cette victoire qu'Alphonse, qui n'avait été jusque là que comte, prit le titre de roi de Portugal, titre confirmé par les cortès de Lamégo, qui donnèrent au royaume une loi fondamentale et fixèrent l'ordre de succession au trône.
Lecture.— Esquisses historiques de l'auteur^ à l'article Portugal.
ITALIE
RENAISSANCE DU DROIT PUBLIC EN ITALIE ET COUP D'ŒIL SUR LA JURISPRUDENCE ET LES SCIENCES A
CETTE époque. — Un Allemand, nommé lrner ou Werner, retrouve à Amalfi, dans le royaume de Naples,les Pandectes de Juslinien. trner, chancelier de Lothaire II, empereur d'Allemagne, professe publiquement à Bologne l'étude du droit romain, et engage ce prince à ordonner que ce droit reprendra son autorité dans les tribunaux et que le code de Justinien et le recueil, nommé Digeste, seront enseignés dans les écoles publiques Cet ordre et cet exemple firent naître une foule de jurisconsultes. Ceux qui contribuèrent le plus à perfectionner la jurisprudence, furent Durand, Barthole et Cujas. Les Romains avaient mis en vigueur, chez les Gaulois, le Code Théodosien, publié en 435. Il perdit son autorité vers la fin de la deuxième race ; celui de Justinien, publié en 529, n'avait été jamais promulgué en France : il devint alors le droit écrit. Les papes, craignant pour leur pouvoir, essayèrent d'opposer au droit romain, sous le nom de décrétâtes, le droit canonique, propre aussi à détruire la jurisprudence féodale. Ces améliorations fuient accompagnées de la rédaction des statuts locaux, sous le nom de coutumes, et contribuèrent à l'abolition du combat judiciaire. La
12e SIÈCLE. 431
renaissance du droit romain contribua aussi à étendre ^'autorité des rois, et nous voyons, sous Frédéric Barberousse, quatre jurisconsultes bolonais, disciples d'Irner, consultés sur les prérogatives royales, déclarer que la volonté de l'empereur fait la loi et que tout fief immédiat, tout droit, toute juridiction, émanent de son autorité.
Dans les coutumes du 13e siècle, on voit publier successivement les Établis semens de saint Louis en France, les miroirs de Saxe et de Souabe en Allemagne; en Angleterre, la Grande Charte et celle des forêts, en Castille le code de Las Partidas. Les cours de justice, désertées par la noblesse,, se remplissent de clercs et de légistes. Ainsi naît la magistrature, q\ii va devenir un ordre consacré dans la société européenne. Bientôt les écoles de théologie et de philosophie rivalisent avec les écoles de jurisprudence, mais une ténébreuse dialectique dégénère en vaines subtilités connues sous le nom de scolastique ; cependant l'impulsion est donnée; l'entendement humain se développe, et les sciences mathématiques et naturelles sont aussi en progrès, grâce aux études sérieuses des Grecs, des Arabes et des Juifs. Le moine Roger Bacon figure à la tête des savans qui s'occupèrent, à cette époque , de chimie et d'optique.