‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 184 sur 277 · FONDATION DU ROYAUME DE SICILE PAR ROGER II · texte numérisé non relu

FONDATION DU ROYAUME DE SICILE PAR ROGER II

— 1129. A la mort de Robert Guiscard, son second fils lui avait succédé, mais n'avait pas hérité des talens ni de la valeur de son père. Guillaume vint après lui, et sa mort livra au fils de Roger Ier, comte de Sicile, l'héritage de Robert Guiscard. Alors Roger II prit le titre de roi, se rendit maître de Naples, et devint ainsi le fondateur du royaume des Deux-Siciles.

Venise» — 1173. ntal Michéli II, ayant rapporté la peste d'une expédition contre les îles de l'empire d'Orient, le peuple, irrité des ravages que faisait le fléau, se souleva et massacra le doge. Les grands profitèrent du trouble et de l'effroi général pour changer la constitution à leur avantage et au détriment du dogat et de la démocratie. Douze électeurs tirés des six quartiers de la ville choisirent quatre cent soixante-dix conseillers pour prononcer sur les affaires qu'on avait portées jusque là aux assemblées générales du peuple. Telle fut l'origine du Grand- Conseil, d'où devait sortir plus tard le tribunal des Dix. Les électeurs du doge ne durent plus être tirés que d'un nombre limité de citoyens, et le doge ne put plus rien entreprendre que de l'avis de six conseillers nommés tous les ans parle grand conseil.

ASIE

les kowaresmiens en perse.— 1146. Les Seldjoucides avaient été jusqu'à cette époque les maîtres de la Perse et d'une partie de l'Asie. Ils avaient permis à des colonies de Turcomans

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de s'établir dans une des provinces de leur empire, c'est-à-dire à l'est et à l'ouest de YOxus. Ce pays fut appelé Kowaresmie, parce que les Seldjoucides y avaient remporté des victoires faciles. On compte neuf princes de la dynastie des Koioaresmiens. Le premier resta fidèle aux engagemens qu'il avait pris envers les vainqueurs ; mais les autres se révoltèrent et s'emparèrent successivement de tout le pays des peuples qui leur avaient donné l'hospitalité. Les Kowaresmiens mirent fin à la dynastie des Seldjoucides •• leurs états étaient immenses ; ils s'étendaient de la Syrie au lac Aral ; mais l'éclat qu'ils jetèrent ne fut pas de longue durée : Gmgis-Khan renversa leur empire en 1199.

&ES ayoubïtes en Egypte. — Après les malheureuses expéditions dans la Palestine, les princes d'Occident s'affaiblissent de jour en jour par leurs prétentions réciproques. Un tremblement de terre vint répandre l'effroi dans tout l'Orient, et les conquêtes d'une nouvelle famille lurcomane jetèrent les croisés dans le découragement ; cette famille était celle des Ayoubites, ainsi nommée parce que Jyoube ou Job était son fondateur,

Saladin, fils de Job, s'empara avec une rapidité inconcevable de la Mésopotamie, de la Syrie et de l'Egypte, sur les Fatimites. Chaque jour ses conquêtes augmentaient. Il tourna ses armes vers Jérusalem, après avoir fait prisonnier le roi de cette ville, Guy de Lusignan, auquel il laissa la vie. Jérusalem fut assiégée et prise en 1187.

Saladin fit grâce aux habitans en faveur des femmes qui étaient venues se jeter à ses pieds en implorant le pardon de leurs familles.

Les temples des chrétiens furent lavés à l'eau de rose pour être purifiés. Ils servirent de mosquées aux soldats du vainqueur.

î.E VSEU3S de la montagne ou prince des Ismaéliens. On a écrit beaucoup de fables et de romans sur ce personnage d'Orient, si terrible par sa puissance invisible, et si célèbre par un mélange d'actions à la fois héroïques et barbares, principalement à la mémorable époque des croisades. Le fait est qu'on nommait ainsi le prince ou sultan de Y Irak Persien. Les Musulmans l'appelaient schismatique, et ses sujets se dévouaient pour assassiner ceux que leur prince désignait comme impies.

Les Assassins ne sont qu'une branche des Ismaélites, secte qui a pris naissance au sein même de X islamisme, et qui ne descend pas, comme le disentcei tains auteurs, d'Ismaël, flls d'Agar, mais de l'iman Ismaël, fils de DschafçFi

L'ordre des Assassins formait un État au sein des Etats, et demandait à ses membres une soumission que n'avaient pas encore exigée de leurs sujets les despotes de l'Orient; celte associa?, tion de fourbes et de dupes, sous le prétexte d'améliorer les mœurs et d'épurer les croyances, ne faisait que saper les basés

de toute morale et de toute religion. Cet ordre tenait toujours suspendu le poignard sur la tête des princes. Pendant deux siècles entiers, ils furent tout-puissans, parce qu'ils étaient partout redoutés. Enfin, cette tourbe d'Assassins fut exterminée, et disparut sous les débris du califat,, dont elle avait juré la ruine, parce qu'il était le centre de toute autorité spirituelle et séculière.

Toutefois, on ne peut nier que quelques-unes des institutions des Assassins ne fussent réellement dignes d'éloges; elles n'avaient d'autre but que la propagation des connaissances et la protection réciproque des initiés. La maison des sciences du Caire était le temple des sciences et le modèle de toutes les académies. C'était en proclamant partout les lumières de leurs âmes, leur bienfaisance et leur philanthropie , qu'ils réduisaient la multitude et parvenaient à leur but.

Le prince ou le Vieux de la Montagne se nommait Hassanben-Sabah Homaïri, fils d'Ali qui, environ l'an 1099 de notre ère, fonda la seconde branche des Ismaéliens de Perse, que nos historiens ont appelés Assassins, sans doute à cause d'une préparation dont ils s'enivraient, connue sous le nom de haschisch.

Ce haschisch, dont le chanvre et la jusquiame formaient la base, se prenait soit en pastilles, soit en fumigation, et l'ivresse qu'il causait jetait ou dans l'extase ou dans le délire. Hassan s'était fixé à Damaghan, et plus tard dans la forteresse d'Alamont. C'est de là qu'il dictait ses lois. Il établit sur des bases solides son système politique et religieux, dont la maxime fondamentale était : Rien ri estvrai ni défendu ; tout est permis.

Conrad, marquis de Montferrat, fut assassiné en 1191, au moment où il se promenait sur la place publique de Tyr. Le prince de Torone et Richard, roi d Angleterre, étant accusés de ce crime, le Vieux de la Montagne écrivit une lettre pour les disculper, déclarant qu'offensé par le marquis de Montferrat, il lui en avait demandé satisfaction; mais que ce seigneur ayant négligé cet avertissement, il avait envoyé un de ses sujets qui, en ôtant la vie à Conrad, s'était rendu digne de récompense. On peut juger par ce trait de la puissance et de la barbarie du Vieux de la Montagne, comme on jugera de sa magnificence et de sa politesse par les présens qu'il fit à saint Louis, lorsque ce roi était dans Acre, et par les égards qu'il lui témoigna dans le temps de sa captivité.

Après un règne de trente-cinq ans , Hassan mourut à l'âge de 70 ans, en 1124. Sous ses successeurs, l'ordre prit de l'accroissement; mais, après une existence de 172 ans, l'ordre des Assassins fut écrasé par la grande invasion Mongole. Le dernier prince fut Roknedden. On dit que quelques descendans des Assassins existent encore sous le nom de Nosaïris : mais les anciennes doctrines de l'ordre sont entièrement perdues.

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On a remarqué des analogies entre l'ordre des Assassins et l'ordre des Templiers; à part les cruelles exécutions, les statuts occultes, l'accroissement de domination parla conquête des citadelles et deschâteaux-foris, paraissent avoir été les mêmes. Les Assassins portaient des habits blancs et des bandelettes rouges; les templiers un manteau blanc et une croix rouge; c'est un point de ressemblance très remarquable. La procédure des tribunaux secrets de plusieurs ordres d'Allemagne, ofirait aussi quelque ressemblance avec celle de l'ordre des Assassins.

Lecture.— Détails sur le pouvoir des Assassins, dans notre Histoire de France. — Histoire de V Ordre des Assassins, par Haminer.

FONDATION SES ORDRES MILITAIRES A JERUSALEM. — Plusieurs ordres religieux et militaires se formèrent à Jérusalem, en differens temps : 1° les Hospitaliers (ordre de Malte), fondés par Gérard de Martigues en 1115, et dont Raymond du Puy lut le premier maître ; 2° les Templiers, qui eurent pour fondateur Hugues de Payens. en 1118; 3° l'Ordre Teutonique, établi plus tard par Henri Walpot , en 1190. Les membres de ces associations se dévouaient au service des pèlerins et à la défense de la Terre-Sainte ; 4° l'Ordre de Saint-Lazare , destiné particulièrement à soigner les lépreux, émana des Hospitaliers, et ne devint militaire qu'à 1 époque de la croisade de Louis IX.

Ordres Mrioiiastîqifles* — Le rôle important que les religieux ont joué dans le monde depuis leur origine, l'influence qu'ils exercent encore dans les mêmes contrées du midi de l'Europe, et, par dessus tout, le grand nombre de savans et d'hommes d'état qu'ils ont fourni au monde chrétien depuis le moyen âge jusqu'à nos jours, ne permettent pas de les passer entièi ement sous silence, même dans un ouvrage aussi élémentaire que ce traité.

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