‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 198 sur 277 · SIECLE DES DECOUVERTES · texte numérisé non relu

SIECLE DES DECOUVERTES

caractère. — Partout la royauté domine et devient absolue ; l'unité politique et administrative s'établit, et les lettres renaissent dans l'Occident.

EVENEMENS

France. — 1420. Traité de Troyes. — 1429. Jeanne d'Arc, à Orléans. — 1438. Pragmatique-sanction. — 1472. Siège de BcauVuis. — 1477. Charles-le-Téméraire.

Angleterre. — 1452. Guerre des Deux-Roses. — 1485. Avènement des Tudors.

Russie. — 1462. Iwan Wasiliewitz.

Allemagne. — 1415. Les Hussites. — 1458. Règne d'Albert II d'Autriche.

Hongrie. — 1444. Bataille de Varna. — 1458. Mathias Corvin.

Turquie.— 1400. Bataille d'Ancyre.— 1453. Prise de Constantinople par Mahomet II. —1468. Mort d'Alexandre-le-Grand.

Espagne. — Réunion des royaumes d'Aragon et de Castille. — 1494. Etablissement de l'Inquisition en Espagne. — 1492. Les Maures chassés.

Italie. — 1400. Maison des Médicis à Florence.— 1451. Maison des Srorce à Milan. — 1480. Guerre d'Italie sous Char, les V1ÏI, Louis Xïï et François Ir.

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état de l'église depuis Boniface VIII. — Etat du matiométisme.

découvertes. — 1-435. Imprimerie à Paris. — Peinture à l'huile. — 1460. Gravure sur cuivre.— Première manufacture de soie.— 1474. Première opération de la pierre.— 1495. Usage de l'algèbre. — 1414. Arquebuse. — 1440. Carrosse. — 1449. Chapeaux de feutre. — 1462. Livres imprimés. — 1463. Feux d'artifice. — 1486. Découverte du Cap de Bonne- Espérance. — 149!s2. Découverte de V Amérique. — 1493. Bulle d'Alexandre FI.— 1498. Vasco de Gama. —1500. Alvarez Cabrai.

FRANGE

Traité de Treyes. — Rien n'était plus affligeant que la situation de la France sous le règne de Charles YI. Durant la minorité du roi, les concussions du duc d'Anjou et la déprédation du trésor royal firent éclater l'insurrection parisienne des Maillotins, qui ne fut réprimée que par les armes ; l'oppression s'étendit sur toute la France, et les états firent en vain quelque tentatives pour reprendre l'autorité qui leur échappait. La démence du roi, qui devenu majeur avait d'abord essayé de rétablir l'ordre et la paix, plongea la France dans de nouveaux malheurs. Deux factions, celle des Bourguignons et des Armagnacs (Orléanistes), qui se disputaient la régence, partageaient la cour, et mettaient le trouble dans le royaume. Jean-sans-Peur, oncle du roi, fit assassiner à Paris, Louis, duc d'Orléans, propre frère de Charles VI ; il fut assassiné lui-même sur le pont de Montereau, sous les yeux du Dauphin (depuis Charles VII). Les Anglais profitèrent de ces divisions pour recommencer la guerre. Henri V, roi d'Angleterre, gagna la fameuse bataille d'Azincourt, en 1415, à la suite de laquelle il fit la conquête de la Normandie. On vit alors un funeste changement : Isabeau de Bavière abandonna le parti d'Orléans et son fils le Dauphin, pour se jeter dans la faction des Bourguignons, Philippe-le-Bon, fils de Jean-sans-Peur,

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décidé à venger la mort de son père, dont il accusait le Dauphin, se ligua avec l'Angleterre, et Isabeau eut l'indignité de suivre son exemple. Par le traité de paix conclu à Troyes (1420), il fut arrêté que Catherine de France, fille de Charles VI, épouserait Henri V, et qu'à la mort du roi, la couronne passerait au roi d'Angleterre et à ses en fans, à l'exclusion du Dauphin qui fut déclaré déchu de ses droits au trône , et exclu du royaume. Henri V mourut , heureusement pour les Français , à la fleur de l'âge (1422), et sa mort fut suivie de près de celle de Charles VI. Alors Henri VI, fils de Henri V et de Catherine de France, fut proclamé roi d'Angleterre et de France : il établit sa résidence à Paris, et eut pour régens ses deux oncles, les ducs de Bedfort et de Glocester ; de son côté, le Dauphin se fit proclamer roi, sous le nom de Charles VII ; il ne possédait plus guère que le Berri.

JfeéaÉfké d'Ai*e« — Le comte de Dunois, fils naturel du duc d'Orléans, et le connétable de Richemond, aidèrent Charles VU à conquérir son royaume, et lui firent mériter le surnom de Victorieux ; mais la célèbre Jeanne d'Arc fut le principal agent de cette conquête. Simple bergère, elle alla à Chinon annoncer au roi que le ciel la destinait à le faire sacrer à Reims; ce qu'elle exécuta en effet, après avoir complètement vaincu les Anglais à Orléans. Prise par eux au siège de Compiègne (Oise), elle fut brûlée à Rouen, comme sorcière, en 1431. Bientôt les Anglais furent entièrement expulsés du royaume par Charles VII. De toutes leurs conquêtes il ne leur restait plus que la seule ville de Calais,

l^ttg^értlqùé-sanetijoiit — La pragmatiquesanction de Bourges en ratifiant les décrets du concile de Baie, qui restreignaient la puissance papale, confirma les libertés de l'église gallicane. Elle rétablit l'élection des évêques, et abolit les impôts levés sur le clergé sous le nom d'annales et de réserves.

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Elle arrêta l'abus des appels à la cour de Rome, et multiplia les cas d'appels comme d'abus des tribunaux ecclésiastiques à la juridiction royale. Suspendue par Louis XI, qui voulait mettre le pape dans ses intérêts, elle fut entièrement abolie par le concordat de François Ier avec Léon X, en 1516.

Lecture. — Détails sur Jeanne d'Arc— Histoire de France, de Michelet. — Chronique de Jean Chartier. — Histoire de Charles VIL

OBSERVATIONS

Il faut remarquer que le règne de Charles VII prépara et fit pressentir celui de Louis XL Tous les matériaux étaient prêts, Louis les mit en œuvre , et, par sa politique habile et profonde , fit tourner au profit de la royauté ce qu'aurait pu, sous un roi moins habile et plus faible, s'approprier la démocratie déjà si forte et si entreprenante sous les trois successeurs de Philippe de Valois. L'établissement de la milice permanente et la levée d'une taille perpétuelle pour subvenir à l'entretien des troupes sans l'intervention des Etats frayait la voie à la monarchie absolue. Le parlement, qu'en l'absence de ces mêmes Etats le peuple regardait comme son protecteur, gagnait en considération et en puissance, et déjà prétendait au droit d'examiner les ordonnances royales et de refuser l'enregistrement : le procès du duc d'Alençon lui fournit le moyen de s'arroger les droits d'une cour des pairs. Mais Charles VII, qui voyait ses empiétemens, l'éloigna de l'administration en créant le conseil d'Etat , qui depuis devint le conseii exécutif, lui fit perdre ainsi sa haute influence sur la direction des affaires et le réduisit à quelques doléances dont la royauté puissante ne fit aucun cas. La féodalité, sous le nom de pragucrie, rébellion de quelques princes du sang et d'une partie de la noblesse, chercha à recouvrer quelques-uns de ses droits ; mais détruite dans les guerres précédentes, elle n'était plus assez forte et fut réprimée avec énergie. Louis XI lui portera le dernier coup, et il ne restera plus en face que la royauté et le peuple.

Siège de ÏBeauvais séus Xiouis ^T» — ■ Charles VII s'était laissé mourir de faim dans la crainte d'être empoisonné par son fils, qui lui succéda sous le nom de Louis XL Fils et père cruel et méfiant, mais ferme en ses desseins, Louis accrut considérablement le pouvoir royal, en diminuant l'autorité des possesseurs de grands fiefs, dont plusieurs périrent sur Féchafaud ; de sorte que le peuple, plus heureux quand il n'a qu'un seul maître, vit son sort

amélioré sous ce règne si fatal aux grands. Rusé et cruel , il opéra de grandes choses avec de petites gens, et prit ses ministres et ses conseillers parmi les hommes du peuple, souvent de la plus basse extraction. Ce n'est pas qu'il ménageât beaucoup le peuple lui-même, car souvent il fit jeter à l'eau dans un sac la jeune liberté bourgeoise; cependant, le peuple, tout en le méprisant, lui restait attaché, parce qu'en immolant l'aristocratie il flattait la passion démocratique contre laquelle elle avait si long-temps lutté. La ruse et la corruption furent toujours ses armes, et obligé de combattre la féodalité qui voulait relever encore la tête sous le nom de ligue du bien public, et qui cette fois (les temps étaient changés) croyait devoir se cacher sous un nom populaire, il ne voulut la vaincre qu'en semant la division entre les ligueurs, et en violant la foi des traités. Il promettait tout, et quand le danger était passé, il ne tenait rien. Ce fut lui qui, aussi superstitieux que cruel, établit Y angélus en commémoration de la mort de son frère, le duc de Guyenne, à qui il avait été obligé de céder la Guyenne pour le détacher de la ligue, et qu'il est soupçonné d'avoir empoisonné. Mais c'est dans ses longues querelles avec Charles-le-Téméraire que se dévoile toute son astuce. Un jour elle manqua de lui être funeste; il avait poussé la fourberie jusqu'à se mettre entre les mains de son ennemi, et la tour de Péronne faillit avoir un Charles-le-Simple. Le duc de Bourgogne, après lui avoir rendu la liberté à de dures conditions, ravagea la Picardie pour se venger de la mauvaise foi de Louis, qui n'avait pas exécuté le traité, et vint mettre le siège devant Beauvais, héroïquement défendu par Jeanne Hachette et ses compagnes. Menacé par Edouard IV d'Angleterre, allié de Charles, il acheta la paix par le traité de Péquignysur-Somme, qui prit le nom de trêve marchande, et continua dans l'intérieur du royaume son svstème de guerre contre toutes les libertés au profit du despotisme royal,

Sous son règne, l'Anjou et le Maine furent incorporés aux domaines de la couronne, qui fit encore l'acquisition de la Provence par la mort de Charles, neveu du roi René, et d'une partie de la Bourgogne par celle de Charles-le-Téméraire. C'est à lui qu'on doit l'établissement des postes et des courriers, dont il se servit, dit un auteur, comme d'un moyen d'espionnage et de haute police.

OBSERVATIONS

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