‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 199 sur 277 · SUR LE RÈGNE DE LODIS XI · texte numérisé non relu

SUR LE RÈGNE DE LODIS XI

Le règne de Louis XI mérite d'être étudié spécialement ; c'est une des époques les plus mémorables de notre histoire. Une nouvelle impulsion est donnée à la politique et à la société, et les vices comme les qualités de ce roi, au nom duquel on est fort embarrassé d'ajouter une épithète, contribuèrentà l'établissement du nouvel ordre de choses et à faire sortir la France moderne de cette vieille France féodale qui, quoique abattue, luttait encore à terre et sur laquelle il posa un pied vainqueur ; de cette vieille France ignorante qui commençait, il est vrai, à s'éclairer un peu, mais qu'il lança d'un bras puissant dans la carrière de la civilisation et des lumières. On l'a appelé tyran, soit; mais le fait est que sa tyrannie a été utile , et peut-être nécessaire, et qu'un prince du caractère de François Ier, par exemple, qui fût venu à cette époque, eût pu replonger la France dans les ténèbres et les désordres dont elle avait tant de peine à sortir.

Sous le point de vue politique, il acheva de détruire les élémens désordonnés de la féodalité et d'asseoir la monarchie triomphante sur les ruines de l'aristocratie. Son idée fixe, le travail constant de sa vie, fut en effet l'abaissement de la haute noblesse et la centralisation ilu pouvoir dans sa personne. Étudiez son règne; tout ce qu'il fit en bien et en mal vient de cette préoccupation, tend vers ce but. Il visait , comme l'a dit l'histoire , à mettre les rois hors de page, et il y a réussi. Initié dans sa jeunesse, pendant qu'il était en révolte contre son père, aux secrets et aux intrigues des grands , il tourna contre eux leurs confidences quand il fut monté sur le trône, et s'en servit pour les déjouer ou les écraser. Il fut le créateur de la politique, qu'avant lui remplaçait la force, et il fit par les négociations ce qu'il n'aurait pu faire par les armes.

Sous le rapport social , il créa l'administration , les manufactures, les grands chemins et les postes, rendit permanens les offices de la judicature, songea à établir l'uniformité des coutumes et l'égalité des poids et mesures, introduisit et protégea l'imprimerie, dont on voulait punir les inventeurs comme sorciers, et qui devint un des plus puissans agens de la liberté du monde ; enfin, il sut fortifier le royaume à la fois par les armes et la poli-

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tique, et mit la royauté en état de supporter les événemens du siècle suivant et même d'en triompher , en l'élevant au dessus de tout ce qui gênait sa marche ou interceptait son action. Ce fut lui qui le premier porta le titre de roi très-chrétien.

Lecture. — Tragédie de Louis XI, par Casimir Delavigne ; Quentin Durward, par Walter Scott; Histoire de Louis XI, par Ducîos. — Chroniques de Philippe de Gommes.

C5lig&i°l©®-l®«^émeiaà;ii»e h, iw!8s&!&etg©!i« «— Charles-le-Téméraire, dernier duc de Bourgogne, irrité contre les Suisses qui s'étaient réunis à la France et à l'Autriche pour lui déclarer la guerre, profita de ce qu'ils étaient abandonnés par leurs alliés, et entra dans leur pays. Bientôt il s'empara du château d'Yverdun, défendu par une faible garnison bernoise; le château de Grandson résista plus long-temps, mais la trahison en ouvrit les portes au duc. Quoiqu'il eût accordé à la garnison une libre retraite dans la convention conclue avec elle, il la fit toute périr dans de cruels supplices. Saisis d'horreur à cette nouvelle, les confédérés, forts de vingt mille hommes, marchèrent sans hésiter sur Grandson, contre une armée trois fois aussi nombreuse. Au point du jour du 3 mars 1476, les soldats de Lucerne, de Schwitz et de l'Oberland bernois se montrèrent comme avant-garde dans les vignobles situés entre le lac de Neuchâtel et la chaîne du Jura. Après avoir fait leur prière, ils commencèrent l'attaque ; les Fribourgeois et les Bernois avancèrent d'un pas ferme, conduits par un guerrier expérimenté, Jean de Hallwyl : cette avant-garde s'était déjà battue vaillamment pendant plusieurs heures, et beaucoup de sang avait coulé, lorsque le gros de l'armée confédérée parut sur les hauteurs à l'éclat du soleil du midi. Du haut des collines retentit le son éclatant du cor d'Unterwalden et le sombre mugissement du taureau d'Uri ; on vit s'approcher les bannières flottantes de Zurich et de Schaffouse : « Quelles sont ces troupes? demanda le duc. — Ce sont les hommes devant lesquels l'Autriche a fui, répondit le

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« duc d'Estain. — Malheur à nous! s'écria le duc, « une poignée de ces hommes nous a fatigués depuis « le point du jour jusqu'à cette heure : que devien- « drons-nous maintenant vis-à-vis de leur multitude?» La terreur s'empara bientôt de ses troupes ; en vain Charles s'opposa aux fuyards ; loin de pouvoir les arrêter, il fut entraîné par eux. Les Suisses, acharnés, les poursuivirent jusque fort avant dans la nuit ; le butin qu'ils firent fut immense, car le camp du duc de Bourgogne était presque un camp de plaisance et de luxe. 11 essuya une nouvelle défaite à Morat, et trouva la mort sous les murs de Nancy. Avec lui s'éteignit la seconde maison de Bourgogne, qui avait brillé d'un si haut éclat et fait trembler les rois de France ; le duché fut réuni à la couronne. Marie, son unique héritière, épousa Maximilien d'Autriche, et lui porta en dot la Flandre et la Franche-Comté, qui devaient être plus tard un long sujet de guerres entre les empereurs et les rois de France.

Lecture. — Biographie de Charles-le-Téméraire ; Histoire des ducs de Bourgogne, par M. de Barante. — Chroniques de Philippe de Comines, ■

ANGLETERRE

fâaaei'F© des ®eits. = K©^@g. Causes. — j La guerre civile des Deux-Roses, est l'événement le plus remarquable de l'époque la plus désastreuse de la monarchie anglaise. Nous avons vu Richard II, le dernier des Plantagenets, détrôné et remplacé par Henri de Lancastre, son cousin, descendant du troisième fils d'Edouard 111. Richard, représentant de cette maison sous Henri VI, profita du mécontentement excité par l'incapacité du roi et la vanité de la reine, Marguerite d'Anjou, pour faire valoir ses prétentions; telle fut l'origine de la guerre des Deux- Roses, rose Rouge, (maison de Lancastre), rose Blanche ( maison d'York ),

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