‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 208 sur 277 · SUR LE QUINZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

SUR LE QUINZIÈME SIÈCLE

Jusqu'ici l'absence d'intérêts généraux et d'idées générales avait fait échouer, en Europe, toutes les tentatives d'organisation et la société n'avait pu arriver à cette régularité à laquelle ejfc

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tendait. C'est seulement au 15e siècle, après tous les grands travaux , tous les grands mouvemens que nous avons observés dans les siècles précédens, qu'elle va entrer dans la voie de centralisation , qu'elle va enfin atteindre Vunité.

En France, la guerre contre les Anglais réunit la noblesse, les bourgeois et les paysans pour défendre l'indépendance du territoire et du nom français, et ce rapprochement d'élémens jusqu'alors si divers et si opposés achève la nationalité qu'avaient ébauchée les croisades et avancée l'affranchissement des communes. En même temps, de nombreux fiefs sont réunis à la couronne et commencent son unité matérielle. De même en Espagne, l'unité nationale s'achève par la fin de la lutte contre les Maures, et celle du territoire se forme par la réunion de la Castille et de l'Aragon. L'agrandissement de la maison d'Autriche nous présente en Allemagne le même spectacle ; avec elle le pouvoir impérial acquiert une permanence qu'il n'avait jamais eue, et désormais l'élection ne fera plus guère que consacrer l'hérédité. Si nous nous transportons en Angleterre, où la nationalité était plus avancée que dans les États du continent , nous la verrons s'achever entièrement au moyen des grandes guerres continentales qu'elle a soutenues à cette époque, guerres où le peuple anglais tout entier s'est pour ainsi dire levé comme un seul homme, avec une passion dont la royauté presque seule a profité. Aussi est-ce avec Henri VII que commence la centralisation politique, l'unité qui manquait jusqu'alors. Le même phénomène se reproduit en Italie ; les républiques tombent pour faire place à la domination de quelques famiiîes entre les mains desquelles se concentre le pouvoir. Presque tous les petits États ont disparu, absorbés par les grands; Naples, Milan, Rome, tels sont ceux qui dominent à cette époque. C'est donc au 15e siècle que se forme l'unité nationale, politique et gouvernementale en Europe, et que les libertés traditionnelles et locales ont fait place à des pouvoirs nouveaux plus réguliers et plus concentrés.

Une remarque qui ne peut échapper, c'est que c'est au profit de la royauté que cette unité s'est formée. Nous l'avons vue d'abord confondue dans l'égalité féodale, puis la dépasser, grandir peu à peu, et enfin soumettre avec peine la noblesse au moyen de la bourgeoisie qu'elle ménage, parce qu'elle en a besoin. Maintenant personnifiée dans Louis XI , Henri VI , Ferdinandle-Catholiquc, elle domine à la fois et le bourgeois et le seigneur, et confisque à son proût la liberté féodale et la liberté des communes. 11 fut un moment où la démocratie pouvait l'arrêter et prendre le pas, et c'est ce qui faillit arriver sous le roi Jean. Mais les folles tentatives des vassaux qui n'avaient pas oublié leurs prétentions 1 obligèrent à soutenir la royauté pour ne pas courir la chance de périr elle-même ; les grandes guerres étrangères firent sentir la nécessité d'un centre commun, et la confusion et l'affaiblissement qui en résultèrent firent pencher les choses vers l'unité gouvernementale.

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De cette régularisation des élémens sociaux , de cette concentration des pouvoirs dans les mains de la royauté, sont résultés entre les peuples de nouveaux rapports, des relations nouvelles. Alors on a vu se former ces alliances pour la paix et pour la guerre qui sont l'origine du système d'équilibre. D'un autre côté, d'après les changemens de la politique, la persuasion a été substituée à la force, les négociations ont remplacé les armes, ces diverses circonstances ont donné naissance à la diplomatie qui date, en Europe, du 15e siècle. Cette institution a beaucoup contribué à l'accroissement du pouvoir royal et à sa domination sur les autres.

Ainsi trois grands faits se présentent à nous à cette époque : dans l'ordre moral d'une part une réforme ecclésiastique tentée par l'Église elle-même; de 1 autre une réforme religieuse populaire ; enfin Une révolution intellectuelle qui forme une école de libres penseurs ; et toutes ces métamorphoses se préparent au milieu du travail de centralisation des peuples et des gouvernemens.

Travail. — Tableau général de l'histoire du moyen-âge. — Littérature dans les principaux États de l'Europe , dans les Esquisses littéraires. — Géographie du moyen-âge dans les Etudes géographiques. — Lettre sur le moyen-âge, dans laquelle on comparera la situation des peuples à cette époque, et les phases politiques qu'ils ont subies.

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