‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 221 sur 277 · GUERRE D* AUTRICHE · texte numérisé non relu

GUERRE D* AUTRICHE

Durée 300 ans.

En France, depuis Louis XII jusqu'à Louis XV; en Allemagne, depuis Maximilien jusqu'à Marie-Thérèse.

En général, les grandes acquisitions de la maison d'Autriche, acquisitions qui peuvent se diviser en trois parties, savoir :

1. L'acquisition des Pays-Bas et de la Franche -Comté par le mariage de Maximilien avec Marie, héritière de Charles-Ie-Téméraire, duc de Bourgogne (1477).

2. L'acquisition de l'Espagne, de Naples et de la Sicile, par le mariage de Philippe-le-Beau avec Jeanne-la-Folle, héritière de ce pays par Ferdinand V et Isabelle.

3. L'acquisition du Milanais par Charles V, nommé à l'empire de préférence à François Ier, roi de France ; de là rivalité de ces deux princes.

Ces possessions faisant de Charles-Quint le plus puissant monarque, lui inspirèrent des idées de monarchie universelle, des projets de rétablir l'ancien empire de Charlemagne, de sorte que François Ier était le champion de l'indépendance de l'Europe qui, ne comprenant pas sa position , combattit pourtant quelquefois contre lui sous les drapeaux de son rival. Ainsi, à travers des motifs qui sembleront mettre les armes à la main de ces deux princes, il faudra voir toujours pour première et principale cause de ces guerres sanglantes, d'un côté un dessein d'envahissement

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et de domination absolue, de l'autre un combat pour conserver l'indépendance et même l'existence qu'on veut lui ravir. C'est toujours à cette cause qu'il faudra remonter pour bien comprendre la lutte qui va s'engager entre Charles-Quint et François I".

Rivalité de I^Slaieî©^»^iaiiit et «le Francois Ier. — La succession d'Autriche vient de s'ouvrir par la mort de Maximilien. Mêlé dans toute les affaires de l'Europe, le premier à les faire naître et à les abandonner, tour à tour ami et ennemi de la France, de Venise, des papes et des Suisses, toujours acteur subalterne avec le titre le plus éminent, indigent avec de grands états, aine faible avec un esprit ardent, et méprisé malgré des talens et des vertus, Maximilien a terminé une carrière bizarre par le projet plus bizarre encore de se faire coadjuteur de Léon.

L'empire qu'il laisse vacant a reçu sur la fin de son règne le principe de la plus grande agitation. L'Allemagne est menacée d'un embrasement qui doit bientôt se communiquer à l'Europe entière. Le moine Luther a ranimé les dogmes de Wiclef; il a attaqué les sacremens, la hiérarchie, les vœux des religieux, la puissance, la juridiction et les richesses clés ecclésiastiques , et il s'est soustrait publiquement à l'autorité des pontifes.

La Saxe vient d'applaudir à la hardiesse de son novateur ; et l'électeur Frédéric, révéré comme un des plus sages princes de son temps, s'est déclaré hautement le protecteur des opinions nouvelles.

Les menaces du clergé et les anathèmes qu'il a lancés sur la tête du réformateur , n'ont fait qu'accréditer sa doctrine ; elle s'est répandue dans l'Allemagne, et déjà ce vaste corps voit ses membres divisés par les disputes de religion.

G est dans des circonstances si difficiles que les électeurs assemblés délibérèrent sur le choix d'un chef. Deux concurrens sollicitent leurs suffrages, François Ier, roi de France, et Charles, petit-fils de

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Maxiniilien, du côté paternel et petit-fils d'Isabelle de Castille et de Ferdinand-le-Catholique, roi d'Espagne.

François fait parler en sa faveur sa puissance, son voisinage, les victoires qui l'ont déjà rendu célèbre, et surtout celle de Marignan, où sa valeur a triomphé des plus redoutables guerriers de l'Europe.

Charles, qui montre des possessions plus vastes encore, invoque des droits tirés de sa famille, qui a tenu si long-temps le sceptre impérial, et se présente comme le défenseur naturel de l'Allemagne par la situation des États que lui laisse Maxiniilien.

Cette raison et la vue des grands fiefs réunis récemment à la couronne de France, qui fait craindre un sort pareil aux princes de Germanie, parlant contre François Ier, les suffrages se décident pour Charles. Le roi de France, qui frémit de la préférence qu'on a donnée à son rival, brûle de l'en punir, et pour assurer sa vengeance, invite Henri V1.1I à une entrevue afin d'engager ce prince dans sa querelle

Charles-Quint , prévoyant les desseins de son ennemi, va en Angleterre, s'avance jusqu'à Cantorbéry, résolu de prévenir, par une démarche extraordinaire, les suites de la conférence des deux rois. Là, il met tout en œuvre pour s'attacher Henri , et il en saisit l'infaillible moyen.

Wolsey, fils d'un boucher, né avec des talens, quelque génie et beaucoup d'adresse, a eu l'art de franchir l'intervalle immense que sa naissance a mis entre lui et la cour. A force de souplesse il s'est approché du trône, il a attiré les regards, il s'est concilié rapidement la faveur, et bientôt il a été comblé de grâces. Devenu évêque d'York, décoré de la pourlire, confident de son roi, principal dépositaire de son autorité, prêtre mondain, prélat fastueux, mais ministre habile et courtisan le plus délié qui fut jamais, il est parvenu à prendre sur l'esprit de son maître un empire qui n'a plus de bornes, et règne despotiquement sur un peuple qui le déteste.

C'est à gagner ce ministre que Charles applique

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ses Vues. 11 flatte cet homme vain par des déférences inouïes; il l'ait briller aux yeux de cet ambitieux l'éclat de la tiare, qu'il ne balance point à lui promettre, et, sûr de trouver dans ce cardinal un puissant ami qui rompra les mesures de François, il passe en Allemagne où il se fait couronner.

L'entrevue des deux rois tournant au gré des vœux de Charles, François est réduit à lutter avec ses seules forces contre la puissance de l'Autriche. Cependant l'espérance n'abandonne point le monarque. L'empereur, obligé de ménager le pape, a condamné Luther, et cette proscription a indisposé contre lui les princes qui favorisent ce sectaire. Il a confié l'Espagne à son précepteur Adrien; et ce prélat, aussi faible que pieux, voit le royaume armé contre lui, se jouant de son autorité et se livrant à tous les désordres de la licence et de la révolte.

Le traité de Noyon n'était qu'une trêve qui donnait à chacun le temps de se préparer; François Ier, espérant profiter des troubles qui agitent les deux royaumes, se dispose à prendre les armes, et bientôt la guerre éclate entre les deux monarques.

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