‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 231 sur 277 · FERNAND-CORTÈS AU MEXIQUE , DE 1519 A · texte numérisé non relu

FERNAND-CORTÈS AU MEXIQUE , DE 1519 A

Cortès, lieutenant du gouverneur de Cuba , partit de celte île avec six cents hommes, quelques chevaux et quelques pièces de canon ; il entreprit ainsi la conquête du Mexique, dont on avait découvert les côtes. 11 s'avança jusqu'à Mexico, tantôt effrayant les Indiens que déconcertait cet appareil guerrier, tantôt les attirant par des caresses : le roi Montézuma le reçut avec respect et crainte. Cortès fonda des établissemens et bâtit la Vera-Cruz. Quelques Indiens s'étant soulevés par les ordres de l'empereur, Corlès se rendit au palais, agit en maître, mit les fers aux pieds de l'empereur , et le força à se reconnaître vassal de Charles- Quint. Après quelques victoires, tant sur les troupes de Vélasquez, jaloux de sa gloire, que sur Guatimozin, neveu de Montézuma, il acheva la conquête du Mexique et s'empara de la capitale.

pizarre au pérou, de 1529 a 1535. — Les Espagnols, ayant entendu parler d'un pays où l'or se trouvait en profusion, résolurent de le soumettre. Pizarre et Ahuagro, gens de basse naissance, suivent la route indiquée et débarquent au Pérou. Ce pays était le plus cultivé et le plus civilisé de l'Amérique ; il était gouverné par des souverains nommés Incas, qui se disaient iils du soleil. On commença par offrira Athualipa, dernier Inca, l'alliance de Charles-Quint. On chercha ensuite un prétexte pour lui déclarer la guerre. La petite armée de Pizarre triompha d'une multitude d'Indiens. Athualipa, chargé de fers, rachète sa liberté par des richesses immenses, et n'en est pas moins assassine.

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Le Pérou est entièrement soumis aux Espagnols. Bientôt la guerre civile divise les chefs ; Almagro vaincu est mis à mort, et peu après Pizarre éprouve le même sort.

système colonial jusqu'au 18e siècle. — Nous avons vu les découvertes récemment faites par les Portugais et les Espagnols. Un nouveau monde s'offrait à leur activité ; tout le commerce qui jusque là s'était fait par la Méditerranée et auquel par conséquent ils avaient eu peu de part, passait dans leurs mains, et l'établissement des colonies ouvrait une nouvelle ère commerciale. On peut distinguer quatre sortes de colonies d'après leur nature et leur objet : 1° Colonies agricoles; leur objet est de mettre les terres en valeur; 2° Plantations, consacrées à certains produits déterminés pour l'usage de l'Europe; 3° Colonies pour l'exploitation des mines; leur but est l'extraction des métaux; 4° Comptoirs, ayant pour objet le commerce des productions naturelles ainsi que celui des produits de l'industrie.

Pendant la plus grande partie du seizième siècle, l'Espagne et le Portugal seuls fondèrent des colonies soit en Amérique, soit en Afrique, soit dans les Indes (1492-1515).

Durant cette période, la première ne fit guère qu'ébaucher son système colonial ; le second, autant parla manière dont s'étaient laites ses découvertes que par la nature de ses possessions, en acheva presque entièrement l'organisation. En effet, les Espagnols ne s'établirent guère que dans les îles du golfe du Mexique, dont Saint-Domingue était la plus importante, tandis que la domination portugaise, affermie par le génie de ses gouverneurs , Almeida et Albuquerque, s'étendit dans l'Inde et depuis la côte orientale d'Afrique jusqu'à la presqu'île de Malaca et aux îles Moiuques. Presque tous les établissemens des Portugais alors étaient des comptoirs et des factoreries, et quoique le commerce ne fût pas le monopole d'une compagnie, on ne pouvait pourtant l'entreprendre qu'avec la permission du gouvernement.

(1515-1560). Les Espagnols s'établissent sur le continent de l'Amérique par la découverte du Mexique, du Pérou et d'autres vastes contrées. Ils importent dans le Nouveau-Monde, autant que possible, la forme de leur gouvernement, et tâchent d'affermir leur domination par la religion, seul moyen de civiliser les sauvages. C'est alors que commencent les missions. Des villes se fondent sur le bord delà mer ou des rivières : Porto-Bello, Carthagène, la Vera-Crux , premier établissement des Espagnols dans le Mexique, Lima, la Conception. L'exploitation des mines prend d'immenses développemens, et, la liberté personnelle ayant été assurée aux indigènes, le commerce des nègres devient plus étendu tous les jours.

Les Portugais, de leur côté, continuent leurs brillantes entreprises ; leurs Jésuites, favorisés par Jean III, portent leur nom jusque dans la Chine et le Japon, où ils fondent quelques éta-

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blissemens, tandis qu'eux-mêmes étendent leurs possessions dans le Brésil , et élèvent au plus haut point de perfection l'édifice de leur domination dans les Indes.

Ces deux, nations se disputèrent les Moluques sur lesquelles la ligne tracée par le pape avait laissé des incertitudes, et c'est à ce différend qu'on dut le voyage de Magellan.

(1560-1620). L'avarice, l'avidité des Portugais, et les cruautés de l'inquisition soulèvent contre eux les indigènes, et ainsi commence la chute de leur puissance dans les Indes. L'Espagne augmente considérablement son commerce et sa puissance maritimes en acquérant dans les Indes orientales les possessions du Portugal et les Philippines, par la réunion des deux royaumes. L'Angleterre et la Hollande entrent avec eux en concurrence, et la dernière, tout en combattant pour sa liberté en Europe, se met en possession du commerce du monde , en s'emparant des Moluques, d'un grand nombre d'autres îles où son commerce se trouve à couvert des révolutions du continent indien, et en désignant Batavia pour le centre de ses opérations et de son gouvernement. C'est alors qu'eut lieu la fondation et l'organisation de la Compagnie hollandaise pour le commerce des Indes orientales, compagnie qui devint bientôt société de monopole et corps politique et qui devait accomplir de si longues et si brillantes destinées. L Angleterre, de son côté, commença aussi, sous le règne d'Elisabeth, à porter ses spéculations dans toutes les parties du inonde. Après avoir pénétré en Perse et jusqu'aux Indes par la mer Caspienne, que lui avait ouverte le czar Iwan Wasiliewilz, elle fonda quelques colonies agricoles sur les côtes de l'Amérique septentrionale, qui avait été négligée par l'Espagne et le Portugal. Chez elle aussi le monopole du commerce étranger fut donné à des compagnies, et ce système de privilège devait donner une nouvelle forme au commerce et au système politique des colonies. La France fit aussi à celte époque dans l'Acadie et le Canada quelques tentatives d'établissemens coloniaux qui n'auront d'importance que dans la période suivante :

(1620-1660). Les Hollandais conservent leur suprématie, s'emparent de presque toutes les possessions portugaises dans les Indes : Paliacata, Négapatam , Calicut, Cochin et une foule d autres établissemens importans ; ils étendent leurs relations avec la Chine et le Japon ; et la colonie qu'ils établissent au cap de Bonne-Espérance devient le plus ferme boulevart de leurs possessions indiennes. En même temps, une nouvelle compagnie est créée pour l'exploitation des Indes occidentales et du Brésil, où elle fait quelques conquêtes sous la conduite du comte Jean Maurice de Nassau.

L'Angleterre, chassée par la Hollande de presque toutes les îles des Indes orientales, fonda dans les Indes occidentales, dans les petites Antilles, ses premiers établissemens, et la conquête de la Jamaïque lui ouvrit un brillant avenir, En même temps, les

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colonies du nord de l'Amérique prenaient chaque jour une nouvelle extension et une nouvelle importance ; il s'y fonda des états et des villes, entre autres Eoston, sous la suzeraineté de la métropole.

La France ne put réussir dans ses projets d'établissement aux Indes orientales ; mais elle établit dans les Indes occidentales quelques plantations et quelques comptoirs qui ne s'attachèrent pas à 1 Etat et restèrent propriété particulière. Par la séparation du Portugal et de l'Esyagne, celle-ci perdit les colonies portugaises que ces deux Etats possédaient en commun , excepté Ceuta ; le premier ne conserva guère que le Brésil, dont la prospérité compensa ses autres pertes.

(1660-1700). C'est durant cette période que la France commence à prendre une part fort active au système colonial et exploite trois diverses sortes d'industrie ; le commerce proprement dit, qui ne put prendre un grand essor à cause des entraves qu'y apportait le gouvernement ; l'agriculture, que le caractère national, impatient et peu propre à une longue contrainte, empêcha de se développer; les plantations, où les Français réussirent au delà de toute espérance. Colbert, en achetant les établissemens coloniaux des particuliers, les tit passer dans la main du gouvernement et y établit une administration régulière, s'empara vers le même temps d'une partie de Saint-Domingue, qui allait devenir une de nos plus importantes possessions maritimes et fonda une compagnie privilégiée pour le commerce des iles occidentales. Les nouvelles tentatives que fit la France pour fonder des établissemens dans les Indes orientales furent infructueuses.

Les colonies anglaises étaient en pleine prospérité; les établissemens de l'Amérique septentrionale, favorisés par les migrations européennes et la révolution qui eut lieu dans la métropole, prenaient tous les jours de nouveaux accroissemens, et les améliorations politiques qui en furent la suite secondèrent ces heureux développemens.

Les Hollandais étaient les plus redoutables rivaux de l'Angleterre ; ils avaient la possession exclusive des îles à épices dont ils fournissaient l'Europe, tandis que la France et l'Angleterre exploitaient surtout les fabriques et les produits industriels. Leurs traités avec l'Espagne leur assurèrent leurs conquêtes dans les deux Tndes, et de nouveaux établissemens ajoutèrent encore à leur puissance et à leurs richesses.

L'Espagne, par rapport à ses colonies, était restée telle que nous l'avons vue dans la période précédente ; le Portugal perdait le reste de ses possessions dans les Indes et s'assurait, par un traité avec la Hollande, la propriété du Brésil.

Le Danemarck apparaît aussi à cette époque comme une puissance coloniale, faisant tous ses efforts pour exploiter, au moyen de Tranquebar, le commerce des grandes Indes.

Les colonies se multipliant, les intérêts se compliquèrent, les difficultés surgirent, et c'est à cette époque qu il faut faire remonter l'origine des guerres coloniales qui éclateront dans le siècle suivant.

Lecture. — Études géographiques, à l'article Voyages.

ESPAOTE.

Les intérêts de la religion et ceux de la politique, soit par rapport à l'Europe, soit pour les colonies, amenèrent la rivalité entre l'Espagne et l'Angleterre. Philippe II, irrité des secours qu'Elisabeth fournissait aux insurgés des Pays-Bas, excité par le pape qui lui avait donné la couronne d'Angleterre, voulut conquérir ce royaume et équipa une flotte, la plus nombreuse qu'eussent vue les temps modernes. Mais l'invincible Armada fut détruite par la tempête au sortir des ports d'Espagne, et la reine d'Angleterre ainsi que les Provinces-Unies profitèrent de ces désastres pour continuer la guerre avec avantage.

Après la triste expédition de dont Sébastien en Afrique, et la mort du cardinal dom Henri, qui lui avait succédé, le Portugal fut réuni à l'Espagne , et l'envahissement de ce royaume est la seule entreprise où Philippe ait réussi. (Voyez le Portugal.)

Le règne de Philippe II est remarquable, parce qu'il détermina le caractère politique du gouvernement espagnol. 11 sacrifia tout au maintien du catholicisme, et, pour y parvenir, fit plier sous le joug du despotisme royal et de l'inquisition l'Espagne qui, « pour être restée immobile, dit un historien, parut bientôt avoir « reculé dans la civilisation. » La prétention que ce prince eut d'exercer sur mer une domination exclusive lui attira des guerres aussi longues que désastreuses de la part d'une portion considérable de l'Europe, surtout de la part de l'Angleterre et de la Hollande.

PORTUGAL

PREMIERS RÉV01.UTIOH DU PORTUGAL- — Jean III,

fils et successeur du grand Emmanuel , marcha sur ses traces. L'//e d'Haynan, sur les côtes de la Chine, est conquise ; Macao, bâti et regardé comme un des entrepôts du commerce. Le Japon est la source d un négoce prodigieux; les Philippines, limitrophes des deux hémisphères, réunissent les vaisseaux de Lisbonne, qui sont venus par Y Orient avec les pavillons de Séville qui ont fait voile pour YOccident. Jean III reçut l'ambassade de l'empereur de Y Jbyssinie ; c'est lui qui établit l'inquisition en Portugal. Dom Sébastien, son petit-fils, lui succède (1557) ; la gloire du Portugal commence à s'éclipser. L'éducation de ce prince, qui n'avait alors que trois ans, fit le malheur du pays : par un zèle

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religieux mal entendu, il fit une croisade en Afrique et y conduisit l'élite de la noblesse. Une sanglante bataille se donna contre Moluc, usurpateur du trône de Maroc, sur son neveu , Mulei- Mahomet, près d'Jlcaçar , au royaume de Fez. Les Portugais y essuyèrent une défaite; le roi Sébastien y fut tué, bien qu'on fit courir le bruit contraire ; mais ce qui étonna, c'est que pendant l'action, Moluc mourait de mort naturelle, et Mulei- Mahomet, l'allié des Portugais, se noyait dans sa fuite.

Le trône passa alors à Henri le cardinal (1578), grand-oncle de Sébastien ; ce prince , déjà vieux, prévoyant sa mort prochaine, convoqua l'assemblée des étals à Lisbonne, pour y faire régler la succession. Les états nommèrent onze juges-commissaires, qui devaient discuter les droits des prétendans à la couronne. Ces prétendans étaient :

1° la duchesse de bragance , fille d'Edouard , duc de Guhnarens , petite-fille par le fils d'Emmanuel, mariée à Jean de Bragance;

2° le prince de parme , général des armées de Philippe Il , comme époux de Marie, par le duc de Guimarens.

3° Antoine , prince du Crato, comme petit-fils d'Emmanuel, par Louis de beja;

4° Philippe il, petit-fils d'Emmanuel , par Isabelle de Portugal ;

5° Emmanuel - Philibert , petit-fils d'Emmanuel - le- Grand > par Béatrix, sa mère, épouse de Charles III, duc de Savoie ;

6° le pape Grégoire siii , parce qu'un pape avait donné la couronne à Alphonse Henriquez, et que les états de l'Eglise devaient hériter du cardinal ;

7° Catherine de MÉDicis, fille de Laurent II et de Marie Latour , héritière de Boulogne, comme descendante de Robert, comte de Boulogne, fils d'Alphonse III, arrière-petit-fils d'Alphonse Henriquez.

Les prétentions de Catherine et du pape étaient les moins recevables ; celles du duc de Bragance les plus justes; mais la force l'emporta, et Philippe II, n'attendant pasia décision des états, envoya, à la mort du cardinal, le duc d'Albe à la tète d'une armée, pour prendre possession du royaume de Portugal. La défaite d'Antoine, prieur du Crato, près d'Jlcantara, décida la cause, et tout le Portugal plia bientôt sous le joug des Espagnols (1580).

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