‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 239 sur 277 · GUERRE DE TRENTE ANS · texte numérisé non relu

GUERRE DE TRENTE ANS

CAUSES

La religion fut le prétexte de cette guerre ; mais le véritable motif fut l'ambition de la maison d'Autriche, qui voulait changer à son profit le système fédératifde l'Allemagne en une monarchie héréditaire. Toute l'Allemagne se trouvait alors divisée en deux partis : la ligne catholique et l'union évangélique. Ces deux grandes confédérations commencèrent une guerre religieuse qui ne tarda pas à devenir un combat politique, la maison d'Autriche s'efforçant d'écraser le corps germanique, et celui-ci cherchant à lui résister. La France et la Suède se mêlèrent de la querelle ; elles firent échouer les projets de la maison d'Autriche et assurèrent l'indépendance des princes et des états particuliers. La vieille querelle qui existait entre la Hollande et l'Espagne se ranima et fit de nouveau prendre les armes à ces deux puissances ; l'irritation des partis religieux en Allemagne, la suspension de la confédération germanique (depuis l'année 1615 la diète cessa de se rassembler) ; les prétentions exagérées que cette malheureuse désorganisation fit naître de toutes parts furent les principales causes de la durée de cette guerre qui éclata d'abord en Jîohêmc et semblait ne devoir occuper que l'Autriche. Celte guerre fameuse présente trois époques distinctes :

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1° Dans la première, la maison d'Autriche est complètement

victorieuse et soumet toute l'Allemagne.

2° Durant la seconde, les Suédois sont constamment victorieux

et mettent l'Autriche à deux doigts de sa perte.

3° Dans la troisième, la victoire est plus incertaine et les succès sont partagés.

Les grands hommes sont , en Autriche : Tilly , Walstein , Galas, Piccolomini ; en Suède : le roi Gustave-Adolphe; Bannier, Torstenson, Oxenstiern; en France : Richelieu, Turenne, Condé.

Quatre célèbres aventuriers combattaient avec éclat contre la maison d'Autriche : Thurn, Bernard de Saxe-Weimar, Mansheld et Christian de Brunswick.

Les plus fameuses batailles sont : Prague, Leipsick, Lutzen , Nordlingue, Dudling, Fribourg, Mariendal, Rocroi, Lens.

CONSÉQUENCES

1° La vaste confédération allemande reçut une organisation plus régulière et plus précise; la puissance impériale fut resserrée dans de justes limites ; les princes devinrent les véritables chefs de leurs gouvernemens, et il fut reconnu par tous les cabinets que le maintien de la constitution du corps germanique était du plus haut intérêt pour l'Europe.

2° La maison d'Autriche qui avait menacé l'indépendance européenne fut abaissée ; la cour de Vienne perdit sa prépondérance, et, depuis le traité de Westphalie, il est à remarquer qu'elle n'a pas .signé un traité qui lui fût avantageux.

3° L'alliance de la Suède avec la France pendant cette guerre eut ce grave résuliat de faire entrer les puissances du nord dans les affaires de l'occident de l'Europe: Alors la Suède s'éleva au rang des premières puissances continentales.

4° L'antipathie religieuse s'apaisa et se calma peu à peu. A partir de 1638 la diversité de religion cesse d'être le principe dominant de la classification des Etats et le mobile de leur politique ; c'est là que s'arrête la prépondérance, c'est-à-dire la carrière de la réforme, quoique ses conséquences n'aient cessé de se développer.

A faire. — Tableau synoptique avec des détails sur les batailles et sur les personnages.

PrÊge de &» HocIieSle par Richelieu. —

Richelieu, parvenu au ministère, entreprit de réprimer les huguenots, toujours séditieux. RohanetSou-

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bise qui étaient à leur tête voulaient faire de la France une république divisée en huit cercles. La Rochelle était devenue le centre de toutes leurs forces; il forma le projet de les y attaquer. 11 se mit luimême à la tête de l'armée, et assiégea la ville. N'ayant pas une flotte assez nombreuse pour la bloquer, il eut recours au moyen employé par Alexandre au siège de Tyr : il fit construire dans la mer, à l'entrée du port, une digue, que la flotte anglaise ne put forcer. Les Rocheiois résistèrent onze mois ; mais enfin ils furent obligés de se rendre. On leur accorda la liberté de conscience. Les Anglais avaient pris parti pour les protestans, et leur avaient prêté secours ; mais ils furent repoussés par les Français et contraints de se retirer; tout rentra dans l'obéissance. Parmi les traits de courage que firent les protestans, on cite celui-ci: le maire Guiton mit un poignard sur la table de l'hôtel-de-ville, et jura d'en percer le sein au premier qui parlerait de se rendre. Richelieu termina l'œuvre des siècles précédens en portant à l'aristocratie féodale les derniers coups. Mais il fallait, pour arriver à ce point, faire tomber, tantôt justement, tantôt injustement, bien des têtes puissantes. Cinq-Mars et de Thon, Montmorency, Mariilac, Chalais et tant d'autres payèrent de leur sang leur haine pour Richelieu et leurs tentatives pour délivrer le France des rigueurs de son autorité. Avec eux la féodalité expire, et le pouvoir royal prend un accroissement extraordinaire. Désormais la monarchie absolue est fondée par le génie de ce grand ministre ; à l'extérieur son autorité ne fut pas moins considérable : il établit le crédit de la France en Italie, dans les Pays-Bas, en Allemagne et jusqu'en Suède; l'Espagne et l'Autriche trouvèrent en lui un ennemi puissant et irréconciliable. Protecteur éclairé des arts et des sciences, fondateur de l'Académie Française, il sut en même temps donner à son administration un caracière de force et de grandeur qui prépara la puissance de Louis XIV.

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Richelieu est le créateur des ambassades permanentes et de la science diplomatique. Ce fut sous le règne de Louis X11I, en 1614, que furent assemblés les derniers états-généraux, pour ne reparaître qu'à la fin du dix-huitième siècle. Ainsi périrent à la fois la liberté religieuse par la prise de La Rochelle, et la liberté politique par la dissolution des Etats. Le dernier vote des communes fut celui-ci : « Le roi « est supplié d'ordonner que. tous les seigneurs « soient tenus d'affranchir dans leurs fiefs tous les « serfs.»

Lecture. — Portrait de Richelieu (Cours de littérature).

Avèiieaiaeiat fie ïjoiiig XIV. — Louis XIII laissa par sa mort le royaume de France à Louis XIV, son fils, âgé de cinq ans, sous la régence d'Anne d'Autriche , sa mère. Cet avènement eut lieu sous les plus heureux auspices. Le duc d'Enghien gagna sur les Espagnols la bataille de Rocroi, dont le succès entraîna la prise de plusieurs places importantes, et entre autres celle de Thionville. Sur mer, le duc deBrézé défit la flotte d'Espagne auprès de Gibraltar, et les années suivantes, 1644 et 1645, Fribourg et Nordlingue furent prises.

Cependant la régence fut remplie de troubles. Paul de Gondi, coadjuteur de Paris, depuis cardinal de Retz, alluma la guerre civile en France, en excitant les ennemis de la cour et de Mazarin, désignés sous le nom de Frondeurs. La régente se retira avec le jeune roi, à Saint-Germain-en-Laye où elle fut suivie du prince de Conti, frère du grand Condé. Le prince de Condé bloqua Paris où le parlement avait levé une armée; peu après une amnistie fut publiée, et la paix fut rétablie (1648-1653).

Les principaux événemens sont : Journée des barricades. — La cour à Saint-Germain. — Traité de Rueil. — (1649) Arrestation des trois princes. — Départ de Mazarin. — Délivrance des princes. — Majorité du roi. — Retour de Mazarin. — Combat du faubourg Saint-Antoine.

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Cette guerre de la Fronde, qu'on a appelée une tragi-comédie, ne fut pas sans résultats ; elle activa les esprits et contribua peut-être à faire naître les hommes de génie du règne de Louis XIV.

Les personnages principaux qui s'y distinguèrent sont :

Mazarin, Condé, les deux Beaufort, de Vendôme, de Nemours, Bouillon, Turenne, le cardinal de Retz, les duchesses de Longueville, de Chevreuse, Mademoiselle, La Rochefoucault, etc.

Lecture.— Mémoires du cardinal de Retz et de la duchesse de Longueville.

Traité tïe Westpliaïie.— -Le traité de Westphalie amena quatre grands changemens :

1° Dans l'empire : il assura à la confédération germanique des droits authentiques et des moyens légitimes de les faire valoir ;

2° Dans la puissance autrichienne: pendant que l'Espagne perdait la Hollande, l'Autriche perdit tout ce qu'elle possédait sur la rive gauche du Rhin, et se trouva par la moins à portée de presser l'empire par les deux extrémités ;

3° Dans la monarchie espagnole, qui, déjà dépouillée des Pays-Bas , perdit dans le Portugal une usurpation de soixante ans, ce qui lui enleva en Europe de beaux ports, et en Amérique d'immenses possessions;

4° Dans l'antipathie religieuse : dès lors elle se. calma et disparut peu à peu. Rien ne put ramener en Allemagne les guerres de religion, et, depuis, la politique seule mit indifféremment les armes à la main des catholiques ou des protestans.

Ce traité fameux, conclu à Osnabruck par les protestans, et à Munster par les catholiques, a été longtemps la base du système politique de l'Europe, par l'équilibre qu'il établissait entre les diverses puissances.

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