‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 243 sur 277 · CARACTÈRE GÉNÉRAL DE LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

CARACTÈRE GÉNÉRAL DE LA REVOLUTION

D'ANGLETERRE

C'est en Angleterre qu'eut lieu le premier choc des deux faits essentiels, nés des luttes du 16e siècle : le libre examen, qui prévalait dans la société religieuse, et la centralisation du pouvoir, qui prévalait dans la société civile.

L'un amenait la décadence de l'ancienne monarchie ecclésiastique ; 1 autre consommait la ruine des anciennes libertés féodales et communales. Avec le libre examen, on était arrivé au moment de 1 affranchissement de la pensée individuelle, tandis qu'avec l'autre on n'en était encore qu'à la centralisation de tous les pouvoirs en un pouvoir général.

L'Angleterre tenta la première d'abolir le système absolu dans l'ordre spirituel ; ce fut la cause de la révolution de 1649 et de la chute de Charles Ier.

Pourquoi cette lutte s'est-elle engagée en Angleterre plutôt qu'ailleurs ? C'est que, depuis Henri VIII, la royauté se prétendait absolue et supérieure à toutes les lois.

Un autre motif, non moins puissant, c'était le développement de la richesse industrielle dans les mains de la Gentry ou petite

570 17e siècle.

noblesse, et des bourgeois. Si nous ajoutons à ces deux faits, un mouvement nouveau des esprits, un désir, un besoin de liberté, nous aurons donné la principale cause de la terrible catastrophe qui précipita les Stuarts du trône. Dans cette puissante crise , trois partis principaux se montrent :

1° Le parti de la réforme légale; il voulait le redressement des abus ; mais il voulait aussi la conservation et la souveraineté absolue du roi ; de plus, il tenait à l'épiscopat, comme appui nécessaire à la prérogative royale. Les principaux chefs étaient : Clarendon, lord Falkand;

2° Le parti de la révolution politique ; il voulait restreindre l'autorité du roi et placer dans la chambre des communes la prépondérance politique ; ses idées, d'abord confuses, conduisaient directement à la souveraineté du peuple. Les presbytériens voulaient faire dans l'église une révolution analogue ; plus hardis, plus entreprenans que les révolutionnaires politiques, ils faisaient gouverner l'église par des assemblées. On remarquait dans ce. parti poîilique Hampdcn , Hollis , peu favorables , au fond, au système des fanatiques presbytériens.

3° Le parti républicain ; il voulait changer le fond et la forme du gouvernement, dont il regardait la constitution politique comme vicieuse et fatale; c'était donc une réforme complète qu'ils méditaient. Parmi ces républicains, les uns tenaient à la théorie, comme Ludlow, Harrington, Milton; d'autres, ne connaissaient que leurs intérêts et leurs situations, tels que les principaux chefs de l'armée, Ireton, Cromwell, Lambert.

Le parti républicain religieux n'était pas moins tranchant; il ne reconnaissait d'autre pouvoir légitime que celui de Jésus- Christ, et, en attendant sa venue, ils voulaient le gouvernement de ses élus.

Ces trois partis luttèrent ensemble pendant douze ans ; aucun ne réussit.

Enfin, en 1655, Cromwell se lit nommer Protecteur.

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