‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 251 sur 277 · SUR LE DIX-SEPTIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

SUR LE DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

Au milieu de toutes les guerres qui ensanglantent le 17e siècle, deux faits se font remarquer : c'est l'organisation du commerce et la naissance de l'économie politique. La prospérité dont avaient joui l'Espagne et le. Portugal étant attribuée à leurs colonies, on voulut rivaliser avec eux; les richesses que valaient aux Hollandais leurs entreprises maritimes enflammèrent de plus en plus l'émulation ; il y eut dès lors concurrence ; et quand chaque nation posséda des établissemens coloniaux , jalouse de conserver le monopole des produits qu'elle en tirait , elle établit des règlemens qui le lui assurassent, et c'est ainsi que fut créé durant cette période le système qui fut appelé mercantile. Mais, privé que l'on était encore des lumières de l'expérience, on méconnut le principe de la prospérité, et le système des prohibitions et du monopole, qui fut généralement adopté, nuisit long-temps aux développemens du commerce et de l'industrie.

Quant a l'économie politique, on comprit que les Étals puisent toute leur force dans la richesse nationale, et l'on tit tous ses efforts pour accroître cette richesse. Mais les vues étant encore incertaines, les moyens furent souvent mauvais, et 1 on ne connut pas les saines doctrines. L'entretien d'armées permanentes et nombreuses exigeait des sommes immenses; on se persuada que la principale richesse d'une nation consistait , non dans sa valeur territoriale, mais dans son numéraire ; dès lors tout l'encouragement à l'industrie eut pour but l'acquisition d'une plus grande quantité d argent; et, comme les fabriques et le commerce maritime fournissaient à la Hollande un immense numéraire, on favorisa exclusivement les fabriques et le commerce des mers. C'est ainsi que fut créé l'esprit mercantile et que l'économie politique, en négligeant l'agriculture, dévia de la droite voie pour entrer dans une route d'erreur qui, plus tard, amena dans l'Europe une longue crise.

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18e SIECLE.

caractère. — Développement du système d'équilibre.— Etablissement du crédit. — Prépondérance maritime et continentale de l'Angleterre. — Décadence du pouvoir royal.

ÉVÉNEMENS

France. — 1716. Système de Law. — 1761. Défaite des Français.— 1768. Cession de la Corse. — 1775. Suppression des Jésuites.— 1789. Révolution française.— 1793. Mort de Louis XVI.

— Première coalition contre la France. — 1793. Constitution directoriale. —1796. Campagne d'Italie. — 1798. Expédition d'Egypte. — 1799. Retour de Bonaparte. — Consulat.

Angleterre. — 1702. Règne d'Anne. — 1714. Avènement des Brunswick-Hanovre. — Règne de George III. — Colonies.

— 1783. Indépendance reconnue des treize Etats-Unis d'Amérique. — 1798. Révolution de Saint Domingue.

Russie. — 1721. Pierre-le-Grand , empereur. — 1762. Règne de Catherine II.

Allemagne. — 1763. Règne de Joseph IL

prusse. — 1701. Maison de Hohenzollern. — Frédéric, électeur de Brandebourg. —1740. Règne de Frédéric IL

guerres d'Europe. — 1700-1713. Guerre de la succession d'Espagne. — 1733-1738. Guerre de la succession de Pologne.

— 1740-1748. Guerre de la succession d'Autriche. — 1756-1763. Guerre de Sept Ans. — 1777. Guerre de la succession de Bavière. — 1779. Paix de Teschen.

suède. — 1697. Règne de Charles XII.— 1709. Bataille de Pultawa. — Faction des chapeaux et des bonnets en Suède. — 1772. Révolution en Suède. — Gustave III.

Pologne. — 1796. Insurrection en Pologne sous Kociusko, — 1795. Troisième partage de la Pologne.

église. — 1798. Exil de Pie VI.

Turquie. — 1714. Guerre des Turcs et des Vénitiens. — Paix de Passarowilz.

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asie. — 1717. Thaïuas-Kouli-Khan en Perse. — 1799. Mort de Tippo-Saëb.

découvertes. —1717. Bleu de Prusse.— 1722. Palais Bourbon.— 1713. Inoculation. — 1753. Mesure d'un degré de méridien. — 1740. Première exposition de tableaux. —1740. Microscope solaire.— 1751. École militaire. ~— 1753 paratonnerre.— 1755. Petite poste.— 1762. Halle au blé.— 176%. École vétérinaire. — 1764. Sainte- Geneviève. — 1766. Réverbères. — 1766. Porcelaine. — ,1768. Amf de Neuilly. — llll. Hôtel des Monnaies.— 111 A. Ecole de médecine.— 1781. Planète d'Herschell.-~nS5. Aérostats.— 1790. Télégraphe. — 1790. Vaccine.

DfDeloppntunt.

FRANGE

Cession ne la Corse à Isa France. — La

Corse, successivement conquise par les Carthaginois, les Romains, les Goths, les Arabes et les Italiens, s'était donnée de plein gré aux Génois, en 1354. Mais le joug qui pesa sur elle devenant de plus en

f)lus insupportable, elle tenta de s'en affranchir paies armes. Les d'Ornani secondèrent de tous leurs efforts cet affranchissement, et plus lard les Giafferi, Hyacinthe et Pascal Paoli y employèrent aussi tous leurs efforts sans pouvoir y parvenir, lorsqu'enfin le sénat de Gênes céda tous ses droits sur la Corse à la couronne de France par un traité signé à Compiègne, en 1768. Le comte de Vaux, secondé du marquis de Marbœuf, soumit File qui, depuis ce temps, est demeurée à la France.

Système iïe &aw. — Louis XIV était mort en 1715, et son arrière-petit-fils Louis XV, encore enfant, lui avait succédé : le duc d'Orléans fut déclaré régent ; ce fut vers ce temps que Law, fameux Ecossais, vint à Paris, s'enrichit promptement par l'établissement d'une banque et d'une société du Mississipi, au moyen de laquelle on devait, en peu de temps, payer les deties de l'Etat, et procurer aux actionnaires des profits considérables ; il remplaça la monnaie

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par le papier, et discrédita tellement le numéraire que l'on en était venu à dire dans un marché : vous avez de ïor; rien de fait. Il se manifesta alors une prodigieuse activité; des fortunes immenses s'élevaient en un jour, et la rue Quincampoix où se faisait l'agio fut le berceau de la Bourse. Law fut nommé contrôleur-général ; mais son système n'avait pas de base solide ; d'ailleurs le gouvernement entrava ses opérations. L'édit du 21 mai 1720 imposa l'acceptation forcée des billets dont on ne voulait plus, et fut bientôt suivi de la ruine des particuliers, de la banque et de l'Etat. Law disgracié, après avoir opéré en France la révolution financière la plus désastreuse, se déroba à la vengeance du peuple, et se retira à Venise où il mourut clans la pauvreté, après avoir donné toute sa fortune à la France. Malgré la déplorable issue de son système, Law peut cependant être considéré comme le vrai fondateur du crédit en France; il y introduisit la théorie des finances qu'on ne connaissait pas, et que l'expérience perfectionna dans la suite.

Lecture. — Système de Law,p&v M. Thiers. — Histoire de la régence, par Lemontey et celle de Laeretelle.

^Mppa*essioBa des «ténuités» — Pendant le règne de Louis XV, on vit plusieurs guerres déchirer l'Europe ; la France y prit une part active ; les traités de Paris et d'Hubertsbourg ramenèrent pour un instant le calme. Pendant ce temps, les esprits commençaient à fermenter en France, plusieurs partis se formaient. Dès long-temps quelques causes particulières préparaient la chute des jésuites. Le parti janséniste était devenu assez puissant, les écrivains du siècle, en signalant les torts qu'on pouvait avoir à leur reprocher, mirent contre eux la plus grande partie de l'Europe; enfin, la société des jésuites fut supprimée successivement en Portugal (par le marquis de Pombal ), en France (par le duc de Choiseul), en Espagne; mais en Italie le pape Clément XIII soutint leur cause de tout son pouvoir et s aliéna

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presque toutes les puissances ; le pape Clément XIV, son succcesseur, entraîné par l'impulsion générale, prononça la dissolution de la société des jésuites, dans une bulle publiée le 16 août 1773. ÏSs ont reparu depuis dans plusieurs des États qui les avaient éloignés, et maintenant encore ils sont en possession d'une grande influence dans les Etats catholiques de l'Allemagne.

On ne peut nier que les jésuites aient rendu de grands services aux sciences et aux lettres ; à leur disparition le monde catholique se trouva privé des ressources que lui présentait cette société pour l'instruction de la jeunesse, parce qu'on n'avait rien préparé d'avance pour remplacer le vide qu'ils laissèrent. Leur chute fut considérée comme un triomphe de l'esprit philosophique alors si puissant, les principes qu'ils s'efforçaient de soutenir avaient fourni des armes contre eux.

Lecture. — Lettres provinciales de Pascal. — De la destruction des jésuites en France.

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