‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 259 sur 277 · CON SE OU EN CES · texte numérisé non relu

CON SE OU EN CES

1° Ce traité renversa pour toujours le projet insensé de l'anéantissement de la monarchie autrichienne qui, malgré ses pertes, demeura au rang des premières puissances.

2» L'Angleterre, qui avait fourni des subsides aux puissances belligérantes, eut la direction de la guerre, et par conséquent de la paix en Europe ; sa puissance maritime augmentant aussi avec rapidité, rien ne lui parut impossible. Sa dette s'accrut énormément.

3° La Russie intervint pour la première fois dans les affaires de l'Europe occidentale et commença à y exercer de l'influence.

4° La Prusse s'éleva au rang des premières puissances et exci! a la jalousie de l'Europe qui va bientôt lui déclarer la guerre.

Cwiaerre «le Sept Ans. — Les causes de cette guerre furent une légère querelle entre la France et l'Angleterre, pour quelques terrains sauvages dans l'Acadie (au sud d u golfe Saint-Laurent) .Cette querelle inspira une nouvelle politique à tous les souverains de l'Europe. La France avait cédé à l'Angleterre, par le traité d'Utrecht (1713), l'Acadie, voisine du Canada, avec toutes ses anciennes limites; mais on n'avait pas spécifié quelles étaient ces limites. Les

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Anglais et les Français, pour régler quelque chose à cet' égard, ouvrirent des conférences en 1750; mais l'Angleterre se hâta d'attaquer sa rivale près de l'île de Terre-Neuve, et la guerre commença. Elle s'étendit dans tous les points du monde, et embrassa une partie de l'Europe. Le roi d'Angleterre fit un traité avec le roi de Prusse (1756), Frédéric 11, et la France avec l'Autriche. Ceux qui se distinguèrent du côté des Français sont : La Galissonnière , le maréchal de Richelieu, le comte de Clermont, le duc de Broglie et le maréchal d'Estrées; du côté des Anglais, l'amiral Bing, Ferdinand de Brunswick, le général Wolf, l'amiral Hawn.

Les principales batailles furent : Lowositz, gagnée par le roi de Prusse ; Hastenbeck, gagnée par le comte d'Estrées ; Bosback, par Frédéric ; Créfeld et Minden, par le duc de Brunswick; Kunersdoff, perdue par Frédéric ; Bukersdorf, gagnée par lui.

Guillaume Pitt, nommé depuis lord Chatam, contribua puissamment à élever la fortune de l'Angleterre. L'histoire des campagnes de Frédéric H, roi de Prusse, pendant le cours de cette guerre, est l'une des plus intéressantes et des plus instructives à la fois pour l'homme de lettres et le tacticien. Il lutta presque seul contre les autres puissances, supportant les revers avec fermeté et ne négligeant aucune occasion de s'emparer de la victoire.

Les premières négociations furent conduites par le duc de Nivcrnois, à Londres; par le duc de Bedfort, à Paris. Le 3 novembre 1761, on signa à Fontainebleau les préliminaires de la paix ; l'Angleterre d'une part, la France et l'Espagne de l'autre. Ce traité fut converti en paix définitive à Paris, le '10 février 1763

Traité cîe Paris, en 1*6$.— La France renonça à toutes ses prétentions sur la Nouvelle-Ecosse, et céda le cap Breton et le Canada. Elle conserva une part aux pêches de Terre-Neuve avec les petites îles

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de Saint-Pierre et de Miquelon. Le Mississipi fut déterminé pour limite entre les colonies anglaises et la Louisiane.

Aux Indes occidentales, la France céda la Grenade à l'Angleterre, et celle-ci conserva en propriété les îles, auparavant neutres, de Saint-Vincent, la Dominique et Tabago. Les autres conquêtes furent restituées.

En Afrique, la France céda le Sénégal et reprit Gorée. Aux Indes orientales, on restitua à la France tout ce qu'elle possédait en 1749, y compris Pondichéry, et elle renonça à ses acquisitions postérieures.

En Europe, l'Angleterre recouvre l'ile de Minorque. On convint, de plus, que le Hanovre et l'empire seraient évacués par les troupes françaises, et que la France resterait neutre dans la guerre de la Prusse avec l'Autriche.

L'Espagne céda les Florides à l'Angleterre, et par suite de cette clause la France s'engagea, par un traité particulier, à céder la Louisiane à son alliée (ce traité ne fut exécuté qu'en 1769).

L'Angleterre rendit Cuba et la Havane, mais elle conserva le droit d'aller prendre du bois de campêche dans la baie de Honduras.

Le Portugal fut aussi compris dans le traité, et recouvra tout ce qu'on lui avait enlevé.

CONSÉQUENCES

1. Par ce traité le système politique que Frédéric II avait voulu fonder en Europe fut consolidé, et l'Autriche et la Prusse restèrent les puissances prépondérantes.

2. L'Angleterre, qui avait détruit les forces navales de ses ennemis, s'empara de tout le commerce des colonies, et se trouvant toute-puissante sur mer, fit sa législation sur les neutres qui lui assurait le monopole du commerce et n'est qu'un abus de la force en droit politique.

A faire : Tableau synoptique de la guerre de Sept Ans.— Princes contemporains .

ftwerre «le suecession «le 1» Bavière.—-

Causes. La branche électorale de Bavière s'éteignit

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dans la personne de Maximilien-Joseph en 1777. L'électeur palatin, chef de la branche de Wittelsbach, se trouvait son héritier naturel; cependant quatre concurrens se présentèrent, c'étaient : 1° l'empereur Joseph II; 2° l'impératrice Marie-Thérèse, sa rnère; 3° l'électrice douairière de Saxe; 4° le duc de Mecklembourg-Schwerin. L'Autriche força, par le traité de Vienne, l'électeur palatin de lui céder la Basse- Bavière et détruisit ainsi toute la constitution de l'empire. Le roi de Prusse mit une armée sur pied et força l'Autriche à la paix ; elle fut signée à Teschen (Silésie autrichienne) en 1779, et se fit par la médiation de la France et de l'impératrice de Russie.

Traité «le Tesclaen. — L'électeur palatin entra en possession des biens et fiefs possédés par la maison de Bavière. L'Autriche, tout en renonçant aux clauses du traité de Vienne, conserva une portion de la Basse-Bavière, mais elle promit de ne pas s'opposer à la réunion des margraviats de Bayreuth et d'Anspach à la monarchie prussienne ; on donna à la Saxe une indemnité d'argent.

Joseph ÏI voulut quelque temps après acquérir la Bavière par échange; mais le grand Frédéric déjoua ses projets par la confédération des princes allemands, comme nous l'avons dit.

ALLEMAGNE

règne de Joseph il. — Ce prince employa les premières années de son règne à parcourir les royaumes qu'il devait posséder un jour, et ensuite divers pays voisins, dans lesquels il examina avec le plus grand soin les monumens et les chefs-d'œuvre. Il prépara, de concert avec Catherine II, le démembrement de la Pologne, dont chacune des trois puissances s'attribuait la portion qui lui convenait. Joseph II hérita en 1760, de l'Allemagne et de la Hongrie ; il entra dans l'association proposée par Catherine II aux puissances du Nord, sous le nom de neutralité armée. D'après cette neutralité, les vaisseaux neutres pouvaient naviguer librement d'un port à un autre et sur les côtes des puissantes belligérantes, et les propriétés des nations ennemies

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étaient garanties sur ces vaisseaux, sauf toutefois celles qui seraient de contrebande. Il proOta de la tranquillité dont ses états jouissaient au dehors, pour commencer à faire, dans l'administration intérieure, plusieurs changemens qui occasionnèrent une grande agitation. Les règlemens minutieux qu'il publia sur les cérémonies de l'église le faisaient appeler par le roi de Prusse : Mon frère le sacristain. Il mourut en 1790, et son frère Léopold II lui succéda. Ce prince paisible se préparait cependant à prendre les armes pour délivrer son beau-frère Louis XVI, lorsqu'il mourut en 1792.

SUÈDE

DÉFAITE DE CHARLES XII A PULTAWA. — NOUS avons

laissé, au dix-septième siècle, la Suède, après l'abdication de Christine, sous le gouvernement de Charles-Gustave, son cousin, qui prit le nom de Charles X. Son fils, Charles XI, lui succéda. Malgré ses succès contre Christian V, roi de Danemarck, il perdit les places qu'il possédait en Poméranie. Il rendit le pouvoir indépendant des lois. Charles XII, son fils et son successeur, monta à quinze ans sur le trône. Il trouva un royaume bien réglé et le plus puissant du Nord, un trésor plein, des flottes et une armée bien entretenues. Mais il vit bientôt se réunir contre lui le Danemarck, la Pologne et la Russie qui voulaient lui enlever ses provinces situées sur la Baltique, d'où dépendait la grandeur politique de la Suède. Ces trois puissances l'attaquèrent à la fois. Charles commença par le Danemarck. Il débarqua dans l'île de Séeland,et força le roi à signer la paix de Travendal (Saxe).

Il défit ensuite les Russes à Narva, de là il marcha contre le roi de Pologne, le vainquit, le détrôna et mit à sa place Stanislas Leczinski. Pendant les cinq années qu'il passa en Pologne, la Russie prenait de nouvelles forces. Pierre-le-Grand avait soumis les provinces de la Baltique et fait d'autres conquêtes ; il élevait une nouvelle capitale; enfin il s'empara delà Livonie. Charles, croyant soumettre la Russie aussi aisément que la Pologne, passa le Dnieper, et traita avec les Cosaques qui lui promirent des secours et pénétra dans l'Ukraine. Les secours qu'il attendait de Pologne furent arrêtés parles Russes; ceux que lui avait promis Mazeppa lui manquèrent ; il mit cependant le siège devant Pultawa, en 1709; le czar marcha contre lui et le vainquit complètement. Nulle autre bataille dans les temps modernes n'eut de plus graves conséquences: elle consolida, d'une part, tous les travaux entrepris par Pierre-le-Grand; de l'autre, elle renversa en un instant une puissance colossale, élevée trop haut pour pouvoir se soutenir. Charles, vaincu, se réfugia en Turquie. Le Danemarck ef la Pologne se crurent en droit de rompre les traités ; Auguste rentra en Pologne et Stanislas en fut chassé, Pierre-le-Grand conserva la. Livonie.

Lecture.— Charles XII, par Voltaire,

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