‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 47 sur 277 · VOYAGE DES ARGONAUTES · texte numérisé non relu

VOYAGE DES ARGONAUTES

Les Argonautes s'embarquèrent au cap de Magnésie , en Thessalie ; abordèrent dans l'île de Lemnos, alors gouvernée par des femmes : de là en Samoihrace, où ils consultèrent Phinée, roi de Thrace, qui leur promit, s'ils voulaient le délivrer des harpies, de les faire arriver sains et saufs en Colchide; ses désirs ayant été satisfaits, ils entrèrent dans V Hellespont , côtoyèrent 1 Asie-Mineure, débouchèrent dans le Pont-Euxin, par le détroit des Symplégades ; suivirent la côte de Maryandini, arrivèrent enfin sous les murs d'OEa, capitale de la Colchide, et exécutèrent leur entreprise.

La toison enlevée par le secours de Médée, les Argonautes partirent pour la Grèce et furent poursuivis par iEëtès ; traversèrent le Pont-Euxin, entrèrent dans le Danube qu'ils remontèrent plusieurs lieues, transportèrent leur vaisseau par terre, l'eau venant à leur manquer, l'espace de plus de cinquante lieues jusqu'au golfe Adriatique, et arrivèrent dans la mer de Sardaigne par YEridan et le Rhône. Thétys et ses nymphes dirigèrent le vaisseau jusqu'au détroit de Charybde et Scylla ; et lorsqu'ils passèrent à la vue de l'île habitée par les Syrènes, les accords de la lyre d'Orphée les préservèrent de leurs enchantemens. A Corfou, autrefois Drépane, ils rencontrèrent la flotte de la Colchide, qui, les ayant poursuivis à travers les Symplégades, vint sommer Alcinous, roi de l'île, de leur livrer Médêe. Ce prince ne put le faire puisqu'ils s'étaient mariés. Alors les Argonautes se

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remirent en mer, et furent jetés sur des écueils d'Egypte, et, tirés de ce mauvais pas par la protection des dieux tutélairesdu pays, ils portèrent le vaisseau sur leurs épaules jusqu'au lac Tritonis. Ils continuèrent leur voyage qui fut interrompu par le monstre Talus, géant aux pieds d'airain, qui désolait la Crète. Enfin ils débarquèrent à Egine, et arrivèrent en Thessalie.

Lecture. — Diodore de Sicile. — Strabon. — Justin. — 31cdée, tragédie de Longepierre.

Fondation de Myeènes. — Acrisius, roi d' Argos, ayant appris de l'oracle que Persée, son petitfils, lui donnerait la mort, lit mettre dans un coffre l'enfant nouveau-né et sa mère Danaé, et les fit jeter à la mer. Ils abordèrent sur une côte où Persée fut élevé. Devenu grand, il se distingua par des exploits, nombreux, et vint à Argos où il tua, sans le vouloir, son aïeul au milieu des jeux. Il fut bientôt reconnu, et ce crime involontaire ne l'empêcha pas d'être nommé successeur tV Acrisius. Étant un jour à deux lieues d' Argos, il crut recevoir un avertissement des Dieux pour y fonder une nouvelle ville; il la nomma Mycènes et en fut le premier roi.

Ifercesle ou Aleide, fils d'Amphitryon et d'Alcmène, prince de la famille royale d'Argos , descendait de Danaùs. Hercule ne régna que sur Tyrinthe, démembrement du royaume de Myeènes, où régnait son cousin Eurysthée , qui le haïssait et l'exposait inutilement à des dangers; c'est, à ce qu'on prétend, l'origine de ces douze travaux que les poètes ont tant vantés. Au retour du voyage des Argonautes, il assembla ces derniers dans les plaines de l'Elidc, et y institua les jeux Olympiques et les Néméens. Il se rendit célèbre par des actions glorieuses. La principale fut de purger la Grèce des brigands et des monstres qui la dévastaient. 11 est probable qu'on a réuni les faits de plusieurs Hercules dans l'histoire d'un seul; on pense aussi que la vie de Samson, qui est im tissu de prodiges, a donné l'idée de tous les travaux d'Hercule.

Lecture. — Hercule dans la Mythologie. — Homère. — Virgile.—Hésiode.— Hérodote.

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'iW&ëe.— Thésée, fils d'Egée, roi d'Athènes, et â'Éthra, fille de Pillée qui avait fondé la ville de Trézène dans le Péloponèseet qui en était roi, fut un des plus grands princes de la Grèce ; il réunit toutes les petites républiques à l'Attique, et chercha à y faire dominer le gouvernement démocratique. Il remporta d'éclatantes victoires sur les Cretois, agrandit et civilisa Athènes, qu'il affranchit du tribut honteux qu'elle payait à Minos (1316). C'étaient sept jeunes gens et sept jeunes filles que les Athéniens, en expiation du meurtre d'Androgée , fils du roi , envoyaient tous les neuf ans en Crète pour y être sacrifiés. 11 y établit les Panathénées, fêtes en l'honneur de Minerve, et les jeux Islhmicjues en l'honneur de Neptune; mais plusieurs circonstances de sa vie ternirent sa gloire ; et ce héros qui s'était illustré par des exploits pareils à ceux d'Hercule contre Sinnis, Sciron, Procuste et le taureau de Marathon, lui qui avait sauvé son père Egée des attaques des Pallantides, souilla ses dernières années par l'enlèvement de Proserpine, fille d'Aidonéc, roi des Molosses, et par celui d'Hélène, fille de Tyndare.

Les Athéniens le méprisèrent, et l'obligèrent de quitter Athènes. Thésée alla mourir de honte à la cour de Lycomède, roi de Scyros, après avoir prononcé des malédictions contre sa patrie.

ïl avait eu un fils nommé Hippolyte, d'une reine des Amazones qui portait le même nom. Phèdre, la seconde épouse de Thésée, calomnia ce jeune homme auprès de son père ; le roi, trop créduie, le chassa de ses états. Hippolyte passait sur le bord de la mer, lorsqu'un monstre affreux sortit des eaux, effraya ses chevaux, qui emportèrent le char parmi les rochers et l'y traînèrent lui-même.

Lecture. — Phèdre, tragédie de Racine. — Homère. —Virgile. — Ovide. — Plutarque.

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Expulsion eîes M<éiesteîieles.— Les fils d'Hercule, sous la conduite d'J/ws, firent valoir par la force des armes les prétentions de leur père à la couronne de Mycènes. Ils furent d'abord vainqueurs et tuèrent Eurysthée et ses fils; mais bientôt les Pélopicles les chassèrent du Péloponèse, et soumirent eux-mêmes presque toutes les provinces qu'il contenait. Atrée et Thy este régnèrent à Mycènes et à Tyrinthe, 1310 ; Agamemnon, petit-fils d' Atrée, à Sicyone, 1283; Ménélas, frère cl'Agamemnon , à Sparte , par son mariage avec Hélène, fille clcTyndare. Argos seule conserva ses rois particuliers. Les Héraclides se réfugièrent à Athènes, auprès de Thésée, tandis que les Pélopides dominent alors sur la Laconie, l'Argolide, la Corinthie et la Sicyonie.

€Euipe. — Depuis la mort de Cadmus, le trône de Thèbes fut occupé successivement par Lycus, qui usurpa la couronne sur le fils de Laùdaciis, Laïus, encore au berceau ; par Amphion qui détrôna à son tour Lycus. A la mort de ce dernier prince, la famille de Cadmus ressaisit le sceptre et Laïus régna ; il épousa Jocaste, fille de Créon, dont il eut OEdipe. Ce prince fut condamné au malheur dès sa naissance, parce que l'oracle avait prédit qu'il tuerait son père, et deviendrait l'époux de sa mère. 11 fut élevé à la cour de Polybe, roi de Corinthe , et se crut long-temps son fils. Dans la suite, il s'enfuit de cette ville pour éviter les malheurs dont il était menacé; il rencontra bientôt Laïus, son père, et le tua sans le connaître ; ensuite il épousa Jocaste. Pour se punir de ses crimes involontaires, il se priva de la vue. Ses deux fils, Etéocle et Polynice, le chassèrent de ses états. OEdipe, accueilli par Thésée avec sa fille Antigone, mourut à Colone ; ses deux fils se disputèrent sa couronne et donnèrent lieu à la guerre de Thèbes, l'un des principaux évènemens du second âge de la Grèce (1318- 1307).

Lecture. — OEdipe, tragédie de Voltaire ; OEdipe à Colone, tragédie de Ducis; — OEdipe et Antigone, par M, Ballanche.— Sophocle.

Etëocle et Is«lyaiiee. — La fin tragique (l'Œdipe plaça sur le trône de Thèbes Etéocle et Polynice ; ils étaient jumeaux; leur haine est célèbre dans l'histoire. On a dit qu'ils s'étaient battus dans le sein de leur mère. Cette haine augmenta encore quand il s'agit de décider auquel des deux appartiendrait le trône. Cependant ils convinrent de régner chacun une année. Etéocle régna le premier , Polynice exécuta la convention de bonne foi ; mais, pour ne pas vivre sujet de son frère, il alla passer la première année chez Adraste, roi d'Argos, dont il épousa la fille. 11 revint à la fin de l'année, et son frère refusa de lui remettre la couronne. Polynice, outré de ce refus injuste, se retira chez son beau-père, qui lui donna une armée. Cinq autres princes se joignirent à eux, et toutes ces forces réunies vinrent mettre le siège devant Thèbes, c'est ce qu'on appelle la guerre des Sept Chefs devant Thèbes.

Cette guerre fut malheureuse pour ceux qui l'avaient entreprise; et les cinq princes alliés d' Adraste furent tous tués dans une bataille. Quant aux deux frères, ils se battirent en combat singulier et se tuèrent l'un l'autre. On a dit que leur haine leur survécut, qu'elle éclata jusque sur le bûcher qui consuma leurs corps, et que leurs cendres se séparèrent.

Créon, qui leur succéda, fit rendre les honneurs divins aux cendres d'Etéocle, comme ayant combattu contre les ennemis de la patrie, et ordonna que celles de Polynice seraient jetées au vent pour avoir attiré sur sa patrie une armée étrangère.

Thésée vint alors mettre le siège devant Thèbes ; les fils des princes qui avaient été tués dans la guerre des Sept Chefs se confédérèrent pour venger la mort de leurs pères. Cette guerre fut appelée la guerre des Epigones, c'est-à-dire des fils. Ils éprouvèrent d'abord des revers ; mais enfin ils vainquirent les Thébains, assiégèrent Thèbes, la pillèrent, et se retirèrent ensuite (1307).

Depuis cette guerre jusqu'au temps où les Perses

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(5e siècle) attaquèrent la Grèce, la Béoiie resta dans l'obscurité.

Lecture. — la Thèbuïde, ou les Frères ennemis, par Racine. — Eschyle.

&ES SEET CHUPS B1YAMT THIBSS ET LES ÉPÏGONES.

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