PAR HEEREN
Aucun peuple de l'Ancien-Monde ne conduisit au dehors autant de colonies que les Grecs ; et ces colonies sont sous plusieurs rapports devenues tellement importantes, qu'on ne saurait absolument embrasser dans son ensemble lhistoire ancienne sans en avoir connaissance.
Les colonies grecques furent fondées en partie par des vues politiques et en partie pour donner de l'étendue et de l'activité au commerce; car presque toutes ces colonies ont été plus ou moins des villes commerçantes, môme celles qui, dans l'origine, ne semblaient pas destinées à le devenir.
Établies dans les plus délicieuses contrées de la terre et sous le plus beau ciel, leur situation invitait au commerce et à la navigation, elles devaient non seulement faire faire à la civilisation de la race hellénique les plus grands progrès, mais aussi y entretenir une grande variété de talcns et une activité immense.
Les plus anciennes, et sous plusieurs rapports les plus importâmes de ces colonies, étaient celles de Y Asie- Mineure, depuis l'Hellespont jusqu'aux conOns de la Cilicie. Là, s'étaient établis ,
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depuis la guerre de Troie, qui leur avait fait connaître ces belles contrées, les Eoliens, les Ioniens, les Doriens. Ces colonies étaient les plus importantes par le commerce, et ce fut là que se développèrent en même temps les premiers germes de la poésie épique et lyrique, dans la patrie d'Homère, ce père de la civilisation grecque ; dans celle de Sapho et ù\llcée; ce fut aussi de là que la nation reçut son premier développement moral, dont l'influence se fit sentir même dans la mère-patrie.
Lecture. — Histoire des colonies grecques, par Raoul-Rochette ; carte des colonies grecques dans l'Atlas de l'auteur.
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- EVENEMENT
Grèce.— 1009. Abolition de la royauté à Athènes.
judée. — J 009. Samuel, dernier Juge. Ruth et Noémi. Etablissement de la royauté en Judée. — 1080. Les rois, Saiil.— 1048. David. — 1001. Salomon. — 991. Dédicace du Temple.
découvertes. — 1077. L'art des parfums car les Ioniens. Plantation des mûriers en Chine.
Wivtioippement.
GUÈCE.
Abolition, si© Isa royauté » Athènes. — Jusqu'alors le gouvernement d'Athènes avait été monarchique; Codrus, Leur dernier roi, et qui régna vingtun ans, attaqué par les Doriens, apprit de l'oracle que la nation dont le roi serait tué remporterait la victoire ; il se dévoua au salut de sa patrie, et, s'étant déguisé en paysan, il chercha la mort dans le camp ennemi. On le reconnut ensuite, et les Doriens effrayés prirent aussitôt la fuite. Ce dévouement généreux pé-
riétra les Àthéiiiciis de reconnaissance ; ils ne voulurent point donner de successeur à Godrus, et confièrent le pouvoir à des magistrats appelés archontes. Médon, lils de Godrus, fut le premier; sa charge lui fut confiée jusqu'à sa mort. Il fit passer la dignité d'archonte dans sa famille, qui donna une succession de douze chefs dans l'espace de plus de deux cents ans. On en réduisit ensuite la durée à dix années, enfin à une seule, et ces magistrats furent limités au nombre de neuf. C'est ainsi que ce pouvoir divisé fut affaibli; les magistrats se contrebalançaient les uns les autres, et sur leurs craintes personnelles reposait la liberté publique ; mais les institutions républicaines, trop peu développées, s'altérèrent; les juges, soumis à leurs lumières ou à leurs caprices, commettaient des injustices ; les intérêts particuliers étaient blessés; les Athéniens ne furent tirés de cette anarchie que dans le 6e siècle.
Quelques chronologistes placent Yarchontat en
JUDÉE
samusl, fils d'EIcana et d'Anne, fut consacré à Dieu dès sa naissance, et confié très jeune aux soins du grand-prêtre Héli. Samuel lui succéda ; dans la suite, ce fut le premier de la chaîne des Prophètes proprement dits, qui n'a pas été interrompue depuis lui jusqu'à Zacharie et Malachie, et le dernier des douze Juges d'Israël. C'est à lui que finit la théocratie des Hébreux. On lui attribue le livre des Juges, le livre de Ruth, et le premier des Rois. Il mourut âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, deux ans avant la mort de Sattl.
ruth ET noémi. — Au temps des Juges, une grande famine survenue en Israël obligea Elimélech de quitter Bethléem avec Noémi, sa femme et ses deux fils ; ils allèrent dans le pays des Moabites, où bientôt Elimélech et ses deux fils moururent. Noémi restée seule, dit adieu à ses belles-filles et retourna en Judée. Ruth, une de ses brus, ne voulut point la quitter, et la suivit jusqu'à Bethléem. Là, elle allait glaner pour nourrir sa belle-mère. Le hasard la conduisit dans le champ de Booz, vieillard vénérable, parent de Noémi. La loi l'autorisait à épouser Ruth ; celui-ci s'étant fait connaître, le mariage eut lieu. Noémi eut la joie de voir naître un fils, Obe-1, qui fut l'aïeul de David.
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Celle ravissante histoire est placée dans les saintes Écritures, entre le livre des Juges et le premier livre des Rois, comme une transition naturelle du premier de ces gouvernemens au second. L'antiquité ne nous a rien laissé de plus délicieux que celte chaste peinture des mœurs pastorales, et les passages d'Homère les plus précieux sous le rapport de leur couleur primitive sont loin de 1 égaler en naïveté.
Lecture.— Ruth et Noémi. Eglogue tirée de l'Ecriture-Sainle» par Florian.