AU SEPTIÈME SIECLE
Au milieu des scènes sanglantes qui remplissent les annales de l'antiquité*, il est consolant d'étudier l'histoire sous le rapport de la civilisation. Arrivésau septième siècle avant .T. -C, nous entrons dans une époque où les faits relatifs aux progrès de l'humanité se pressent en abondance. La division du travail , appli-
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quce à des éludes plus sérieuses , va nous offrir un spectacle plus instructif et plus imposant.
A la tête de ce mouvement intellectuel , on voit figurer les sept sages , qui traduisirent en formules sentencieuses les notions instructives de la morale. On a dit qu'ils se sont réunis quelquefois dans un même lieu pour se communiquer leurs lumières et s'occuper des intérêts de l'humanité: cela seul suffirait pour caractériser l'époque où ils ont vécu. Leur sagesse n'eut rien de spéculatif; la curiosité devait chercher d'abord à démêler les rapports de l'homme et du citoyen avec ses semblables : aussi des sept personnages qui se livrèrent alors à cette recherche , y en cut-il quatre qui furent réformateurs ou magistrats de leurs patries respectives. Tels furent Solon , à Athènes; Pittacus , à Mitylène ; Cléobule , à Lindus ( île de Rhodes); Périandre , à Corinthe. Les autres étaient Chilon de Lacédémone , Epiménide de Crète , Anacharsis de Scythie.
La poésie s'associa à ce nouveau genre de gloire ; elle revêtit de ses charmes des sentences détachées qui renfermaient des vérités importantes. Ce genre de sentence fut appelé gnomique (sentence). Les plus célèbres sont Thèognis de Mégare, Solon d'Athènes , et Xénophon de Colophon ; Esope de Phrygie donnait les mêmes leçons en prose en faisant parler les animaux.
Vers le même temps Y histoire se détache de la poésie , et prend enfin une forme régulière et appropriée à son but. Les premières compositions en ce genre furent appelées logographies; les Persiques de Denis de Milet méritent d'être signalées comme le premier essai d'histoire contemporaine. Cadmus de Mdet , Denys de Samos-, surtout Hécatée de Milet , dont le voyage autour du monde est célèbre sous le nom de Périégèse , hâtèrent le progrès de la science historique. Bientôt les travaux se multiplièrent ; Charon de Lamsaque écrivit l'histoire de Perse et celle des Cretois ; Xantus, celle des Lydiens ; Hyppis de Rhegium , celle de Sicile ; Hérodote allait paraître.
La géographie, Yasironomie et la physique ne restèrent pas en arrière de ce mouvement. Les voyages de Thaïes de Milet amenèrent de précieuses découvertes.
La philosophie dégagea la religion de cette multitude innombrable de mythes sous lesquels elle était étouffée. Thaïes fut le fondateur de Y école ionienne, que l'on peut regarder comme la première école de liberté philosophique. Anaximandre , son disciple, développa les mêmes doctrines. Sous Anaximène , celte école décline. Pythagore, avec des idées plus élevées, fit servir la philosophie à l'amélioration morale des peuples. Xénophane chercha à donner aux connaissances humaines un fondement inébranlable, en partant de celle de Dieu et de ses principaux attributs. Parménide et Zenon , ses disciples et ses successeurs, marchèrent sur ses traces : l'un en ajoutant aux principes du maître , l'autre en les défendant ; les matériaux d'un nouvel édifice philosophique étaient livrés au génie de Socrate,
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« Il est curieux, dit M. Cousin A d'assister à la naissance de « la philosophie religieuse; elle ne fait encore que bégayer sur « ces redoutables problèmes ; mais c'est le devoir de l'ami de « l'humanité de saluer avec respect la première apparition du « raisonnement. »
JUDÉE
holopherne ET ju»ith.— Holoplierne , général d'Assaradon , roi d'Assyrie, marcha contre les Juifs , qu'il voulait réduire. Il s'avance vers Béthulie, ravageant les pays qu'il parcourt , et entreprend le siège de cette ville. Les habitans , réduits à la dernière extrémité , étaient sur le point de se rendre, lorsque Judith , veuve inspirée de Dieu , conçut le projet de sauver sa patrie : elle se para magnifiquement , sortit de la ville et s'introduisit auprès d' Holoplierne. Apres avoir soupe avec lui , elle se saisit de son sabre et le tua. Elle rentra en triomphe dans la ville, qui fut aussitôt délivrée.
prise de Jérusalem. — La cruauté ou la faiblesse des rois de Juda attira bientôt sur cette ville les malheurs les plus grands ; et cependant les hommes inspirés de Dieu leur prédirent la ruine des doux royaumes, si le peuple hébreu ne changeait pas de conduite. Ces prophètes, à la voix sublime , exhortaient à la repentance et assuraient l'accomplissement des promesses de Dieu. Us furent peu écoutés, mais leurs écrits servirent à conserver la pureté de la religion au milieu de la corruption du peuple. On compte seize prophètes principaux : quatre grands et douze petits.
Le quatre grands sont : Isaïe ;—Jérémie ; — Daniel; — Exér chiel.
Les douze petits sont : Osée ; — Joël ; *— Abdias ; — fohas; — Michée ; — Àmos ;—Nahum ;—Habacuc ;— Sophonie; — Aggèe ; — Zacharie; — Alalachie.
Nabuchodonosor prit et emmena captif le roi Joachim. Alors commença la captivité des Hébreux, qui dura soixante-dix ans. Joachim cependant remonta sur le trône moyennant un tribut qu'il devait payer. S'étant révolté , il fut vaincu de nouveau et mis à mort. Un troisième siège eut lieu sous Jcchonias, fils de Joachim. Nabopolassar, roi du second empire d'Assyrie, qui avait réuni le royaume de Ninive à celui de Baby.Io.ne en 6C25 , étendit beaucoup son empire par la conquête de la Syrie et d'autres pays. Mais le roi d'Assyrie fut puni de son orgueil insensé; Dieu le fit tomber dans une espèce de démence qui dura sept ans. Balthasar, appelé aussi Labynit , le dernier des successeurs de Nabuchodonosor II, vit passer son empire sous la domination des Perses (356).
Lecture. — Histoire Sainte.
Travail. — Notice sur les Prophètes.
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ROME
I£ï SOftACES ET LES CURÎACES. — TlliluS HostiHuS Se
montra fort différent du caractère de son |>rédécesseur. issu d'un transfuge d'Albe, il fut choisi par le sénat, qui le jugea digne de seconder ses vues politiques , dans un moment où se répandait sourdement le bruit que Rome étant une colonie d'Albe , elle ne devait pas s'écarter des lois et des usages de la ville mère. — En effet , Tullus Hostilius ranima l'ancien esprit militaire des Romains. Ceux-ci prirent les armes contre la ville d'Albe, qu< leur disputait la prééminence. Cette ville choisit trois guerriers pour terminer cette querelle. Rome envoya les trois frères Horaces contre les trois frères Curiaces; deux des Horaces succombèrent, mais le dernier employa la ruse d'une fuite apparente; divisant ainsi ses adversaires et revenant tout à coup sur ses pas, il les vainquit sans peine, et Rome fut déclarée victorieuse. Le jeune Horace ternit son triomphe par le meurtre de sa sœur Camille. Il est condamné à mort; maiscnayantappelé au peuple, et d'après un nouveau jugement, il est contraint de passer sous le poteau de sa sœur (sororium tigillum). Cet appel au peuple devint dans la suite un droit. Albe est détruite et ses habitans réunis à la cité romaine. On donna le titre de sénateurs aux principaux Albains, tels que les Jules , les Servitiens, etc. On leur laissa à tous la jouissance de leurs biens , et on leur céda en toute propriété une portion déterre sur le mont Cœlius. C'est alors que commence l'unité du pouvoir romain; car, jusque là, Albe était regardée comme la métropole des cultes latins. La destruction d'Albe forme une époque mémorable dans l'histoire des premiers siècles de Rome ; elle caractérise la politique du sénat, car cette cité existait depuis plus de cinq cenis ans, et la sagesse de ses maximes l'avait rendue l'arbitre de l'Italie.
Tullus meurt frappé de la foudre (639), après ô3 ans de règne, et A nous Marlius , petit-fils deNuma, lui succède. Ce prince protège les institutions religieuses et l'agriculture ; il combat avec succès les Latins, les Fidenates , les Sabins , les Féïens et les Folsqucs ; il institue les Féciaux , fait le premier usage des mines , exploite les salines dont il distribue le produit au peuple, étend enfin la domination de Rome jusqu'à la mer , par la construction du port d'Ostie. Ce règne heureux dure vingt-quatre ans (614).
Lecture. — La tragédie des Horaces , par P. Corneille.
TARQUm, cinquième roi de Rome , était fils de Démarale , Corinthien , de la famille des Bacchiades , qui, chassé de Corinthe(60ô), se réfugia chez les Etrusques, avec lesquels il faisait un grand commerce, et devint lucumon ou chef de la ville de Tarquinies; son fils en prit le surnom de Tarquin. La même politique qui avait élevé Tullus présida à l'élection de cette
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dynastie grecque étrusque. Des services rendus, un esprit soupie exercé dans les affaires et plus encore sa haine contre les Etrusques, furent les titres de Tarquin. Tanaquil, sa femme, l'avait déterminé à s'établir à Piome, en lui prophétisant qu'il y porterait le diadème; en effet, ses manières insinuantes et ses grandes richesses lui avaient acquis un si grand crédit que le roi Ancus Marlius le nomma , en mourant , tuteur de ses enfans. Mais trop ambitieux pour se contenter de ce titre, il écarta bientôt les jeunes gens , et se fit décerner la couronne. 11 fit oublier son usurpation par sa douceur , sa modération et par les améliorafions qu'il apporta dans le gouvernement. 1° Il créa cent nouveaux sénateurs ; 2° il fit construire les murs de Rome et des aqueducs souterrains ; 3J il introduisit l'usage des faisceaux de verges qu'on liait autour des haches des magistrats, les robes des rois et des augures, les chaises d'ivoire des sénateurs , avec les anneaux et lesornemens des chevaliers. Enfin il rendit Rome respectable à ses voisins , par ses victoires sur les Latins et les Sabins; et la plus grande preuve de sa politique, c'est que de l'avis de son conseil il accorda la paix aux Etrusques vaincus , à des conditions très modérées; il leur laissa la liberté, leurs lois, leurs biens , leurs coutumes , pourvu qu'ils reconnussent la souveraineté du peuple romain. Tarquin, après avoir fait déblayer le sommet du mont Tarpéien pour ériger un temple à Jupiter- Capitolin, bâtit un cirque , embellit Rome et l'appropria par la construction dégoûts , qu'on voit encore aujourd nui , et qui sont si magnifiques que Rome n'en rougit pas, dit Bossuet {His. Univ.), même quand elle se vit maîtresse du monde. Il fut assassiné par les enfans d' Ancus Martius (S73).
EGYPTE
PSABIMÉTIQUE , l'un des douze rois d'Egypte, comme nous l'avons vu dans le siècle précédent, parvint à se rendre seul maître de l'Egypte. Des Grecs cariens, qu'une tempête avait jetés sur les côtes de ses états, lui furent très utiles pour satisfaire sa vengeance et son ambition. 11 marcha contre les Syriens et prit Azoth. Cette ville ne se rendit qu'après un siège de vingtneuf ans : c'est le plus long dont l'histoire ancienne fasse mention.
kéchao, fils de Psammétique , créa en Egypte une grande puissance maritime. 11 commença un canal de communication enîre le Nil et la mer Rouge ; on dit que , par ses ordres, des navigateurs phéniciens , partis de la mer Rouge, firent le tour de l'Afrique , et se trouvèrent à l'embouchure du Nil trois ans après leur départ. Néchao marcha contre les Babyloniens, et défit en passant l'armée des Juifs; mais lui-même fut défait en 606 par Nabuchodonosor , roi de Babylone. Psammis , son fils, lui succéda sans éclat en 601; mais, sous son petit-fils Jpriès , il y eut en Egypte des événemens remarquables. Les
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Cyrènéens battirent les Egyptiens , qui se révoltèrent contre leur roi , le déposèrent, et lui donnèrent pour successeur Amasis,