‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 91 sur 277 · DOCTRINE DE SOCRATE · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE SOCRATE

« Bien avant notre ère, dit M. Benjamin Constant, le poly- « t/iéisme était parvenu à son point le plus haut de perfection re-

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* lative ; mais la perfection relative est passagère, comme tout « ce qui tient de notre nature. Imparfait dans Eschyle, parfait « dans Sophocle, le polythéisme déclina au même instant^ puis- « que les germes de sa décadence s'aperçoivent dans Euripide. « Les Dieux s'étaient multipliés à l'infini par les personnifications « et les allégories; de là une confusion étrange dans les doctrines, « les fables et les pratiques. Tel était l'état de la religion en « Grèce. Au 4e siècle, les sophistes avaient négligé la méthode «' d'observation, et avaient à peine parlé de morale, tant ils sem- « blaient ne pas soupçonner l'importance de cette science phi- « losophique ; ils ne s'occupaient dans leurs leçons que de spécu- « lations abstraites et étrangères à la pratique. Socrate fonda ses « préceptes sur la conscience, sur la connaissance de soi même, « et créa la morale; ses leçons en offraient la théorie et sa conte duite la pratique. Les formes oratoires lui étaient inconnues, « il n'employait qu'une dialectique simple, laconique et serrée. « Les détails de la doctrine de Socrate sont peu connus, mais on « ne peut douter qu'outre les préceptes d'une morale pratique « fondée sur les inspirations de la conscience, et sur les plaisirs « de la vertu, il n'enseignât l'existence d'un suprême ordonna- « teur de l'univers et de l'immortalité de l'ame. Le besoin « d'unité se faisait donc sentir en politique et en religion, et en « même temps que les Etals allaient se centraliser, la religion « allait s'épurer et devenir une. »

Ag£€^ils&g-l®=»€3i8s&ia«!. — C'était un des plus giands rois de Sparte ; et si la nature l'avait traité rigoureusement en le formant petit, maigre, boiteux, elle s'était montrée généreuse en lui accordant toutes les qualités de l'ame. Tissapheme, général d'Artaxercès , roi de Perse , apprit plus d'une fois à connaître sa valeur. Àgésilas méditait même de pénétrer dans la Perse , qu'il avait remplie de terreur, quand les Épliorcs le rappelèrent à Lacédémone pour marcher contre les Béotiens, les Corinthiens et les Athéniens réunis. Artaxercès, alarmé des progrès du roi de Sparte , avait prodigué l'or pour susciter des ennemis à l'impérieuse Sparte, et avait réussi à former une ligue puissante contre cette ville célèbre. Titlira uste ^ successeur de Tissapherne, avait offert des sommes considérables au roi de Sparte pour évacuer sa province, et Agésilas acceptant était allé attaquer Pharnabaze en Egypte, qu'il avait complètement vaincu. A la tête de vingt mille Grecs et d'un grand nombre de Barbares , if avait pénétré dans le

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centre de la Perse ; la Haute-Asie tremblait, et Artaxercès effrayé avait senti chanceler son trône ; c'est alors qu'Athènes, humiliée clés succès de sa rivale , s'empressa de donner les secours qu'on lui demandait. Une querelle survenue entre les Phocéens, alliés des Spartiates, et les Locriens, alliés des Athéniens, fut le prétexte de la rupture. Les alliés d'Athènes sont vainqueurs à Haliarte en Béotie. Lysandre y meurt le 27 juillet 394. — Ils sont battus à Némée, au nord du Péloponèse; ils ont une seconde fois l'avantage sur les Lacédémoniens ; commandés par Conon, général athénien , et Pkarnabaze , général des Perses, ils remportèrent cette victoire navale près de Gnide, sur les côtes de la Carie. Après avoir parcouru les Cyclades , Chios , Lesbos , l'Ionie et l'Eolie, les malheurs &'M cjos-Pot am os furent réparés, les murs d'Athènes relevés , et dès ce moment les Athéniens et les Grecs se virent affranchis de la domination injuste de Lacédémone. Cependant Agésilas quitta l'Asie, fit voile avec promptitude vers le Péloponèse, et allait y aborder, lorsque les ennemis tentèrent de l'arrêter auprès de Coronée. Il les délit entièrement dans une • des plus sanglantes batailles qui se soient livrées dans ce siècle. Ce grand capitaine, parti d'Egypte , avait abordé au port de Ménèlas, entre Cyrène et l'Egypte ; il y tomba malade et y mourut à 1 âge de quatre-vingts ans. Ses amis, voulant transporter plus facilement son corps à Sparte , l'enduisirent de cire, faute de miel.

Traité d'Antaleielag. — Jusqu'alors Artaxercès, roi de Perse , n'avait vu que de l'effronterie et de la démence dans les prétentions des Lacédémoniens : maintenant elles lui inspirent un commencement de crainte ; il est pressé d'ailleurs de comprimer le soulèvement de Chypre et de l'Egypte, de combattre les Cadasiens. Il accepte ou dicte plutôt en maitre le traité d'Antalcidas, ainsi nommé parce que ce fut Antalcidas , amiral des Lacédémoniens, qui le sollicita au nom de Lacédémone , laquelle

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craignait que la guerre qui durait déjà depuis quatre ans ne tournât en faveur d'Athènes.

Les villes grecques d'Asie, ainsi que les îles de Clazomène et de Chypre , demeureront soumises au roi. Les autres villes grecques seront toutes libres, à l'exception des îles d'Imbros , de Lemnos, de Syros, qui continueront d'appartenir aux Athéniens; le roi de Perse se joindra aux peuples qui accepteront ces conditions, pour combattre ceux qui les refuseront.

OBSERVATIONS

II était aisé de voir que le résultat de cette négociation était l'agrandissement des Perses et l'abjection des Grecs. Soixante ans auparavant, Cimon avait dicté des conditions au roi Artaxercès-Longue-Main ; la Grèce désunie les recevait alors d'Jrtaxercès-Mnémon; ce traité honteux fut stipulé le 8 août 587 ( la 2e année de la 98e olympiade). La Grèce était humiliée ; Athènes, si fière auparavant, perdait sa puissance avec ses grands hommes. Conon, le vainqueur de Gnide, voulant s'opposer au traité honteux d' Antalcidas, fut accusé de trahison, conduit à Suze et sans doute mis à mort. Thrasybule, qui marchait pour relever le parti démocratique à Rhodes, fut assassiné par des paysans qu'avaient maltraités ses soldats. Sparte, elle-même, perdit toute son influence au moment où la république de Thèbes, jusque là obscure et ignorée, vint occuper à son tour le premier rang.

Les diverses républiques de la Grèce repoussèrent d'abord les clauses de cette pacification ; mais Antalcidas ayant levé, avec l'argent d'Artaxcrcès, une flotte de quatre-vingts galères indépendantes des escadres persanes, les confédérés se trouvèrent dans l'impossibilité de prolonger leur refus, et signèrent enfin leur déshonneur. Antalcidas, qui conclut cette paix ignominieuse, fut dans la suite chassé par Artaxercès : odieux à ses concitoyens, et craignant l'indignation des éphores, il se laissa mourir de faim.

Guerre de Thèbes. — Jusque-là la république de Thèbes n'avait exercé aucune influence surla Grèce. On allait même jusqu'à la croire incapable de produire un grand homme, tant l'air épais de la Béotie était regardé comme peu favorable au développement du génie; mais il était réservé à Epaminondas et à Pélopidas de vaincre le préjugé en illustrant leur pays,

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Guerre «le (Sparte et «le 'l'hèhes. — Causes. Les hostilités des Grecs étaient suspendues par le traité d'Antalcidas , mais leur rivalité n'était point éteinte. Conon a forcé Lacédémone de tout sacrifier à ses succès. Une nouvelle lutte va s'engager. Les Lacédémoniens, pour se venger, assiègent Mantinée, rasent les fortifications. Plébidas, général lacédémonien , conduisait des troupes en Thrace. Passant près de Thèbes , où deux factions entretenaient le désordre, et engagé par l'un des chefs à le seconder, il s'empare de la citadelle, et Sparte est maîtresse de Thèbes. Plébidas avait été condamné à une amende par les éphores et privé du commandement. Epaminondas et Pélopidas étaient au nombre des quatre cents Thébains que l'on avait bannis; ils entreprirent de délivrer leur patrie. Ayant pénétré secrètement dans la ville , ils entrèrent au moment où les nouveaux magistrats se réjouissaient, leur donnèrent la mort, et invitèrent le peuple à reprendre sa liberté. Les Spartiates furent obligés de se rendre, et Thèbes fut libre.

Bataille «le lieuetres (Béotie). — Des conférences étaient ouvertes ,à Sparte entre plusieurs puissances de la Grèce. Epaminondas y soutint avec fierté les droits de sa patrie ; le nom de Thèbes fut effacé du traité, et les autres villes le signèrent. Alors Thèbes vit se réunir contre elle une partie de la Grèce : la bataille de Leactres se donna. Epaminondas commandait l'armée, Pélopidas le bataillon sacré : c'était un corps de trois cents jeunes gens qui s'engageaient par serment à se défendre jusqu'au dernier soupir. Les Spartiates furent vaincus quoique bien supérieurs en nombre; leur roi Cléombrote y fut tué avec quatorze cents hommes. Agésilas, qui l'avait accompagné dans la Béotie , fit admirer sa valeur dans cette lutte opiniâtre ; mais il enseigna aux Thébains l'art de triompher des Spartiates. Cette victoire met fin à l'empire des Lacédémoniens et menace la Grèce d'une révolution prochaine. Les

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Athéniens, qui avaient donné asile aux exilés de Thèbes, firent le procès à leurs généraux pour n'avoir point dévoilé la conjuration de Pélopidas. Epaminondas ne s'enivra pas de ce triomphe ; il dit seulement qu'il était heureux de la joie que sa victoire donnerait à son père et à sa mère. Sparte, de son côté, montra de la fierté dans sa défaite ; la nouvelle du désastre de Leuctres ne l'empêcha pas de continuer à célébrer les jeux gymniques. Cette victoire, gagnée en 371, laissa sur le champ de bataille quatre mille hommes , dont mille Lacédémoniens et quatre cents Spartiates. La Grèce triomphe. Les ïhébains s'exaltent dans leurs espérances.

ISataille sans larmes. — Epaminondas fît deux invasions dans le Péloponèse. Ne pouvant s'emparer de Sparte , il relève la Messénie et fonde la ville de Mêcjalopoïis. Thèbes conserve toujours la prééminence sur toutes les cités ennemies de Lacédémone. Lycomède , citoyen de Mantinée, persuade aux Arcadiens qu'ils sont en état de combattre seuls pour maintenir leur indépendance; ils prennent alors les armes contre Sparte, et sont vaincus, près de Midée, par Arcliidamus. Les Spartiates ne perdirent pas un seul homme dans ce combat, qui fut appelé la bataille sans larmes.

Sataille «I© lffaiitiiiëe« — Les troubles qui ne cessaient de déchirer le Péloponèse amenèrent la journée de Mantinée, où les Thébains, ayant écouté les réclamations des villes de Thessalie, qui demandaient la protection de Thèbes, triomphèrent encore de leurs ennemis ; mais ils perdirent Epaminondas, qui mourut satisfait d'avoir vu triompher sa patrie. Ma vie est assez longue , dit-il ; je meurs sans avoir jamais été vaincu. — Vous vous trompez, dit -il encore à un de ses amis qui le plaignait de n'avoir pas d'enfans ; je laisse après moi deux filles immortelles: les victoires de Leuctres et de Mantinée. 11 arracha lui-même le fer de sa plaie , et mourut. Pé-

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lopidas , son ami , était mort peu de temps auparavant. Thèbes alors rentra dans l'obscurité d'où ces grands hommes l'avaient tirée.

Cètsers9® sacrée* — Les Phocidiens s'étaient emparés de quelques terres près de Delphes (Phoride), consacrées à Apollon. Les Thessaliens, leurs ennemis , et plusieurs autres peuples prirent les armes pour venger ce sacrilège. Cette guerre, qui dura dix ans, fut appelée guerre sacrée. Philippe, roi de Macédoine , cherchait une occasion de s'emparer de la Grèce; celle-ci lui parut favorable. 11 marcha contre les Phocidiens, et les vainquit. Ce peuple , ayant été exclu du conseil des Amphictyons, le roi de Macédoine obtint sa place, et commença ainsi à réaliser ses projets.

ï*ewyg-ie- Jeune* — Syracuse , fondée par le Corinthien Archias, vers l'an 710 avant J.-C, devint une des plus belles et des plus puissantes villes grecques. Elle fut d'abord gouvernée par des rois, puis alternativement soumise à des tyrans. Nous l'avons vue, dans la guerre du Péloponèse, assiégée par les Athéniens, qui furent forcés de se retirer. Denijs-i Ancien usurpa le souverain pouvoir, fit pendant tout son règne la guerre avec succès aux Carthaginois, et se rendit odieux à ses sujets par des actes de ]}arbarie. Son fils, Denys-le-Jeune, lui succéda, et ne fut pas moins cruel que lui.

Le philosophe Platon fut vendu comme esclave pour lui avoir conseillé d'abdiquer. Dion, son beaufrère, fut banni, mais revint à Syracuse, et le chassa. Dix ans après, Denys recouvra îa couronne; mais les Syracusains appelèrent à leur secours Timoléon, général corinthien , et le tyran fut contraint de s'enluir à Corinthe où il se fit maître d'école. Timoléon fit le bonheur des Syracusains, vainquit les Cartha-

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cïiiois , et rendit la liberté à la Sicile, opprimée par de petits tyrans. Il mourut à Syracuse , et emporta les regrets de son peuplé.

Agathoele, tyran de Sicile, à la mort de Timolêon, se rendit maître de Syracuse ; de simple soldat, il s'était élevé à la souveraine autorité. 11 fit plusieurs guerres aux Carthaginois ; mais , ayant été vaincu à Minière , il passa en Afrique , et y fit de grandes conquêtes ; il vint ensuite en Italie, et s'empara de Crotone. Après vingt-huit ans de règne, il mourut empoisonné.

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