‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 92 sur 277 · MACÉDOINE · texte numérisé non relu

MACÉDOINE

Philippe lï, roi «le Macédoine. — La Macédoine était bornée au couchant par l'Illyrie, au levant par la Thrace , au nord par la Dardanie, et bordait au midi la Thessalie. Elle était baignée par les fleuves Axius, Haliacmon et le Strymon. Elle était séparée de la Dardanie au N. par le mont Scardus ; au N. E. par le mont Eliope; à l'O. par l'Athos; au S. par l'Olympe. Ce royaume, depuis Caranus (796) son premier fondateur , n'était pas sorti de l'obscurité ; c'est à Philippe II , fils d'Amyntas, qu'appartient l'honneur d'avoir donné à son pays le premier rang parmi les Etats alors connus. C'était un des p>lus grands politiques de son siècle ; il forma le projet d'asservir les Grecs, et employa ses richesses à corrompre les orateurs athéniens, après avoir arraché son pays aux discordes civiles et aux ravages des Illyriens, des Thraces et de tous les peuples vaincus, enhardis par la faiblesse et l'anarchie du gouvernement. Démosthènes et Phocion résistèrent à la séduction. Il prit Méthane, au siège de laquelle un archer nommé Aster lui creva un œil d'un coup de flèche. Cependant Amyntas Ier (538) s'était illustré par ses vertus, et avait sauvé la Macédoine, sur le point de devenir tributaire de Darius.

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Le mariage de Philippe avec Olympias , fille de Néoptolème , roi des Molosses, et là naissance d'Alexandre-le-Grand mirent le comble à son bonheur. Il apprit trois nouvelles le même jour (356 avant J.-C), savoir: qu'il avait été couronné aux jeux olympiques ; qu'il avait remporté une. victoire sur les Il'lijriens et qu'il lui était né un fils. C'est alors que Philippe , sentant tout le prix d'un bon instituteur, écrivit lui-même au philosophe Aristote pour le charger de l'éducation d'Alexandre. Voici cette lettre, dont le laconisme est un modèle de style , et dont les sentimens font autant d'honneur à celui qui l'écrivit qu'à celui auquel elle fut adressée :

i/ m'est né un fils ; je rends grâces aux Dieux de l'avoir fait naître dans un siècle où il peut avoir Aristote pour maître.

Philippe assiège Olynthe, qu'il détruit de fond en comble, malgré tous les secours d'Athènes , animée par les pliilippiques de Démosthènes; il termine la guerre sacrée, qui avait duré dix ans , et se fait admettre au conseil des Amphictyons.

Après son retour dans la Macédoine, il fit plusieurs expéditions contre les ïllyriens, les Thraces, les Scythes; mais il revint bientôt à sa pensée dominante, l'asservissement de la Grèce.

ISataille de Claeronee. — Démosthènes, célèbre orateur athénien , avait démêlé les desseins de Philippe. Il les déjoua de tout son pouvoir. Son éloquence souleva les Athéniens contre l'usurpateur; ceux-ci prirent les armes avec les Thébains. Une bataille eut lieu près de Chéronée, et Philippe fut vainqueur. Il formait de nouveaux projets contre les Perses, lorsqu'il fut assassiné par un jeune seigneur nommé Pausanias. On attribua cette mort à Olympias, que Philippe avait répudiée pour épouser Cléopâtre, nièce du roi Attale. Elle avait fait tenir des chevaux prêts pour la fuite du meurtrier; n'ayant pu réussir à le sauver , elle combla d'honneurs son cadavre, posa une couronne d'or sur sa

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tête, lui fit des obsèques magnifiques et le fit inhumer dans le tombeau des rois. Elle alla même jusqu'à consacrer à Apollon le poignard encore fumant du sang de son époux.

Lecture. — Portrait de Démosthènes , rpar l'abbé Maury (Cours de littérature de Noël). Détails de la bataille de Ché~ ronée, dans les Esquisses historiques. — Les Philippiques de Démosthènes.

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