COUP DCEÏL SUR LES CAUSES PRINCIPALES
Qui ont assuré tour à tour la prépondérance aux Athéniens, aux Spartiates, aux Macédoniens, dans la Grèce, et aux Grecs d'Europe dans l'Asie, aux diverses époques et particulièrement à l'époque des conquêtes d'Alexandre.
Spartiates. Leur courage enflammé par les lois de Lycurgue leur assura la prépondérance sur le Péloponèse, parla réduction des Argiens, des Messéniens, de l'Arcadie et de l'Argolide; ils favorisèrent Y aristocratie à Athènes; mais, malgré leurs efforts, la démocratie triompha, et ils perdirent leur influence qui passa aux Athéniens.
athéniens. La grandeur d'Athènes avait commencé à Pisistrate, qui avait ouvert de nouvelles voies au commerce, à l'industrie, aux armes, à la marine. Leurs victoires sur les Perses et l'extension de leurs forces navales leur donnent la prépondérance que la guerre du Péloponèse leur fait perdre. Les Thébains triomphent momentanément sous Pélopidas et Epaminondas, mais Sparte domine bientôt toute la Grèce jusqu'à ce que les Macédoniens lui arrachent le pouvoir.
macédoniens. C'est avec la politique habile de Philippe que commence l'influence des Macédoniens; la création de la phalange macédonienne , les conquêtes de Thrace, d'Illyrie, de Grèce, la création d'une marine, la découverte d'une mine d'or à Crénides, et plus encore les dissensions des Grecs: tout lui assure, malgré Démosthènes et Phocion, la suprématie qu'il convoite depuis long-temps ; il la transmet à son fils Alexandre, qui l'agrandit encore, en établissant dans la Grèce, une fédération juste, générale, régulière, d'où devait résulter la prépondérance définitive des Grecs d'Europe sur l'Asie. Cette prépondérance alla toujours croissant depuis l'expédition des Argonautes; déjà Cimon, Agésilas et Philippe, avaient eu la pensée d'armer la Grèce contre la Perse, l'Europe intelligente contre l'Asie barbare, la civilisation contre l'esclavage; Alexandre met ce projet à exécution, et pour la première lois un même intérêt arme la Grèce.
Alexandre -le -Grand. — Alexandre , sur-
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nommé le Grand, né en 356, monte sur le trône de Macédoine en morne temps que Darius Codoman sur celui de Perse. (336 avant J.-C, 418 de Rome, IIIe olympiade.)
Sa première expédition fut contre les Thraces, les Illyriens et autres peuples voisins, jaloux de se soustraire à sa domination. Après dix jours de marche, il arrive au mont Hœmus : .les Triball.es sont vaincus ; ces peuples se retirent vers lister. Alexandre poursuit et soumet les Gètes. Bientôt toutes les nations voisines s'empressent de faire alliance avec le vainqueur.
L'éloquent Démosthènes avait par ses conseils excité toute la Grèce à fondre sur la Macédoine ; Alexandre n'attend pas l'attaque: il arrive aux portes de Thèbes avant que les Thébains eussent été seulement informés de sa marche ; la ville est détruite ; mais le vainqueur , rendant hommage au génie, ordonne d'épargner et la maison et la famille du poète Pindare. Le sort de Thèbes effraie toute la Grèce ; le calme s'y rétablit , et Alexandre , à l'exemple de Philippe , se fait déclarer à Gorinthe généralissime de toutes les forces de la Grèce, sous prétexte de venger les outrages qu'elle avait reçus des Perses.
11 prépare tout pour son expédition , laissant le gouvernement de la Macédoine à Antipater, l'un de ses généraux. L'armée, forte de trente-cinq mille hommes , s'embarque à Sestos sur l'Hellespont. Au-delà de ce détroit , il trouve l'armée des Perses campée sur les bords du Granique ; il passe cette rivière malgré leurs efforts , les défait et les met en fuite, quoiqu'ils fussent trois fois plus nombreux que les Macédoniens. Glytus lui sauva la vie dans cette rencontre.
Après cette bataille, il vient à Sardes, puis à Ephèse, soumet toutes les villes de cette côte, rétablit la démocratie, leur gouvernement favori, passe en Plirygie, où il tranche le nœud gordien à Gordium, en Cappadoce, et arrive «à Tarse,' où il éprouve une
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maladie violente, à la suite d'une imprudence qu'il commit en se baignant , tout couvert de sueur, dans les eaux froides du Cydnus; mais en peu de jours son médecin Philippe le rendit aux vœux de ses soldats (333). 11 franchit heureusement le pas de Cilicie : à la sortie de ce défilé, il rencontre une armée immense de Perses , commandée par leur roi, Darius Codoman; il gagne sur lui la bataille d'Issus, où il reste maître d'un butin immense : la mère, la femme et les enfans de Darius furent faits prisonniers ; il se montra, envers eux, généreux et clément.
La victoire d'Issus lui ouvre Damas, toute la Syrie et la Phénicie. Cependant la ville de Tyr refuse de le recevoir ; il en fait le siège, et la prend après sept mois de la plus vigoureuse défense (332).
A Jérusalem, le grand-prêtre Jacldus alla au devant de lui, et le respect qu'il lui inspira l'empêcha de foire aucun mal à cette ville , et lui fit accorder aux Juifs différentes grâces.
Gaza se rendit après deux mois de siège. Bétis, gouverneur de cette ville, fut attaché par les talons à un char, et traîné ainsi autour de la ville. Alexandre, comme un autre Achille, avait voulu renouveler le supplice d'Hector : c'était souiller sa victoire.
La conquête de la Phénicie entraînait celle de la Palestine.
L'Egypte gémissait depuis long-temps sous la domination des Perses; elle reçut Alexandre avec joie; et il y fonda la ville d'Alexandrie. 11 parcourut ensuite les déserts delà Libye, pour se rendre au temple de Jupiter-Ammon ; mais Darius, ayant rassemblé une nouvelle armée , Alexandre marcha à sa rencontre , passa YEuplirale et le Tigre , et l'ayant joint à Arbelles, le 3 octobre (331), il le vainquit complètement. Une autre victoire le rendit maître de Babylonc, de Suze, de Pcrsépolis , et de tout l'empire perse (331) qui avait duré 205 ans.
Darius, après la bataille A* Ar belles, avait pris la
fuite et s'était retiré à Ecbatane; puis il avait été trahi, arrêté et massacré par les siens. Alexandre, poursuivant son meurtrier Bessus, s'avança dans la Parlkie, dans la Baclriane et dans la Socjdianc, soumettant ces différens pays avec une rapidité inconcevable. Les Scy thés, jusqu'alors réputés invincibles, ne purent tenir devant lui , il les défit, et les força à lui demander la paix.
Après avoir encore subjugué plusieurs peuples, il passa le fleuve Indus, et marcha vers YHijdaspe à la rencontre de Porus, roi d'une contrée de Y Inde. Un combat opiniâtre se livre, et les Macédoniens sont vainqueurs. Porus, fait prisonnier, est conduit à Alexandre qui, charmé de son courage, lui demande comment il vent être traité. — En roi ! répond Porus. Son royaume lui est rendu, et le vainqueur l'agrandit de plusieurs provinces.
L'Inde entière est soumise ; mais les troupes rebutées obligent enfin Alexandre de s'arrêter. Alors il descend Y Indus jusqu'à son embouchure dans l'Océan. Il charge sa flotte de reconnaître les côtes, depuis cette embouchure jusqu'au fond du golfe Persique, et il revient par terre avec son armée ; elle souffre beaucoup de la disette et de la chaleur dans les régions arides qui séparent l'Inde de la Perse , et un grand nombre de soldats y périssent. Arrivé à Persépolis , il se repent d'avoir fait brûler, dans un excès de débauche, le magnifique palais des rois de Perse. A Suzc, il épouse btalira , fille aînée de Darius : il va ensuite à Ecbatane , où il a la douleur de perdre Epkcsiion, son favori et son confident. 11 lui fait faire des funérailles magnifiques, et dans la violence de son chagrin, il a la cruauté de condamner inhumainement à mort le médecin qui avait soigné son ami dans ses derniers momens. Alexandre arrive enfin à Babylone , malgré les prédictions funestes que les Chaldéens lui avaient faites ; il s'y livre à la plus honteuse débauche , et meurt le 22 mai (324-323), âgé de trente-trois ans, après en
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avoir régné douze el demi : c'était la première année <lc l.t 114* olympiade, la 130' <l<; là fondation de Rome.
Diogène le cynique mourut à pareiljour et la même année. Papirius Crassus et Julius lulus étaient consuis : i liome. < >n nr sait pas précisément si Alexandre mourut d'un <kx<rs d'intempérance; on le croit cependant, ctuoiQu'on ait attribué sa mon au poison que lui aurait donné Cassandre} fils ù'Antipater, crui avait pacifié la Grèce |><vn<l;mi l'absence <lu héros macédonien» Près de rendre le dernier soupir, il donna son anneau ;< Pcrdiccas, un <lc ses LioutenanSt Ses généraux, croyant <|u'il le désignai! par là pour son successeur, lui demandèrent <|ui lui succéderait au trône • Le plus digne, répondit-il ; mais je crains bien qu'on ne m<' fasse de sanqlantes funérailles, Prédiction cjui ne se réalisa que trop.
Lecture. ■ -Portrait <r Mmsandrô par BarthêUwiy (Ànacharsi.%). Tragédie (K/llQxandrô, par Rclôvhq.
Sa vio par Plutargu@ ; traduction d'Amyot.
Parallèle <io PhiUppo ci, d1 tloûoandro d&tïs Justin. Quinto- Curce*
OBSERVATIONS
SUR LE CARACTERE D' ALEXANDRE, suit L'ÉTAT DE LA MACÉ- DOINE ET DE LA GRÈCE Ai'ttiks sa MORT.
On peut considérer Aloxandro-lo-Grand comme homme ci comme K>i.
Connut' hoininr, <lc graves reproches peuvent lui êlre adressés ;
il était d'une ambition Insatiable, ci, souvent d'une cruauté réfléchie , il suffira de rappeler :
i" Le supplice do Bêtis ; 2e l'assassinat juridique de Philotas : r." la mort tragique de Pavtnênion} 4° !<■ meurtre do ci;/ius, «h* l'\/(imni(ii ■>• , de Cullisthèftôf l'incendie de PQrsêpolis,
Covnme politique, on lui <i<»ii <ie grands éloges 1° II donnait aux i » . « y s conquis dés i»»^ sages ol justes; 2° Il établit plusieurs
COlOtileSj 3° il accorda prolerlion au commerce, aux lettres, à
l'Industrie; 4° Il fit faire de grands progrès à la civilisation ; 8° il déploya un génie remarquable en soutenant seul le poids <run
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si grand empire ; 6° enfin, il montre de redresse «»>» plutôt <i<* la Fermeté en maîtrisant tant de passions, tant d'Intérêts différons.
Si nous avons pesé <laus la même l>alauee le bien 6l le niai, on
conviendra qu' //<\nn/<// ■<• fut Vhownw /<• pltw GaJttflorcKJwtfreciul
fill paru depuis la fondation *lt*s empires.
Cependant nous ne pouvons nous empêcher de rapportei leju« gemenl de Napoléon sur le vainqueur de Darius*
« Alexandre, parvenu au léntlh de la gloire', la lète lui tourne, le cœur se gâte, el après avoir commencé avec Pâme de /Vo/<m, il finit avec les mœurs de Néron el lo cœur d'Héllogabale.A
Alexandre, en mourant, laissait les peuples nombreux des pro
vlnces persanes sujets de la Macédoine «m de '<> Grèce; 11 avait commencé lo grand ouvrage de leur régénération par l'Importation dans l'Orient de la civilisation grecque. L'armée d'Alexan* dro avait plusieurs fols manifesté un esprit d'Indépendance ; mais l'amour qu'Inspirai! lo héros macédonien l'avait comprimé. Neuf personnes composaient la famille d'Alexandre.
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DES ROIS DE MACÉDOINE t DEPUIS amyntan il.
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ALEXANDRE II, | PERDICCAS III, | PHILIPPE II. | rioiinii:,
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