DES FOUGÈRES
Si l'on s'en rapportait uniquement aux «caractères extérieurs , ou même à ceux qui sont tirés de l'organisation anatomique des tiges , nul doute que les Fougères, surtout celles qui habitent les régions équatoriales , ne dussent être rapprochées et même réunies aux Monocotylédonés. En effet plusieurs Fougères d'Amérique et d'Afrique ont un tronc ligneux de plusieurs pieds d'élévation , en sorte qu'elles ressemblent parfaitement à de petits Palmiers. Si vous ajoutez à cela que l'organisation intérieure de leur tige est presque tout-à-fait semblable, l'analogie vous paraîtra encore plus grande.
Mais, si nous voulons étudier les organes de la fructification, nous ne trouverons plus dans les Fougères , ni fleurs ni fruits proprement dits. Ces organes sont ordinairement situés sur la face inférieure des feuilles, le long des nervures ou à leur extrémité. Ils se présentent sous la forme de petits tubercules peu proéminens, sessiles ou stipités, qu'on appelle sores (sori), et qui se réunissent ensemble et se groupent de diverses manières dans les différens genres. Dans \esPleris, ils occupent le bord marginal de chaque foliole , safns interruption ; dans les Adian-
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thurn, ils forment de petites plaques saillantes sur le bord replié des feuilles. Dans certains genres, ils sont isolés les uns des autres; dans d'autres, au contraire, ils sont réunis par plaques ou lignes plus ou moins larges et étendues. 'Les sores commencent à se développer soùs l'épiderme, qu'ils soulèvent de manière à en être recouverts. On donne le nom à'indusies (indusia), aux portions d'épiderme qui servent ainsi d'involucre aux sores.
Quelquefois les conceptacles sont nus ; d'autres fois ils sont recouverts d'un invplucre qui le plus souvent s'ouvre en deux valv.es; enfin ils sont assez souvent entourés d'un anneau élastique , sorte de bourrelet circulaire, ou semi-circulaire, qui, à l'époque de lamaturité, en se détendant avec force, lance les corpuscules renfermés dans les conceptacles.
Dans quelques Fougères, telles que les Osmunda, les Botryclrium , les Ophioglosses , etc. , les fructifications sont disposées en grappes ou en épis.
Les Fougères de nos climats, lorsqu'elles ne sont point annuelles, ont toutes une tige souterraine ou rhizome plus ou moins développée ; c'est ce que Ton peut très-bien observer dans les Po Ij podium, les Aspidium : c'est cette souche qui s'allonge et se développe à l'air dans les Fougères des tropiques, et leur forme un troue souvent d'une hauteur assez considérable.
Hedwig appelait étamines, dans les Fougères, de petites écailles fines et déliées, diversement figurées, éparses sur les nervures des feuilles à l'époque de
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leur enroulement, et il considérait les sores ou sporanges comme les organes femelles, et les corpuscules pulvérulens renfermés dans leur intérieur comme les graines. Mais ces prétendues étamines n'existent pas constamment, ou du moins ne sont pas toujours apparentes; en second lieu, leur forme, leur structure ne nous semblent avoir aucune analogie avec les étamines des Phanérogames. Enfin , si les sores sont les fleurs femeltes, les graines sont nues dans un grand nombre de genres comme les Acroslichum , par exemple ; et dans ce cas comment les graines ont-elles pu être fécondées ?
DES LYCOPODIA.CÉES.
Les Lycopodiacées ont été long-temps réunies aux Mousses à cause de leur port et d'une ressemblance extérieure très- frappante; mais elles en diffèrent par la disposition de leurs organes reproducteurs.
Elles ont des racines et des tiges à la manière des Fougères , tantôt rampantes à la surface de la terre et s'y enracinant, tantôt s'élevant et se soutenant droites et sans appui. Comme les Mousses, elles recherchent l'ombre et l'humidité, et se plaisent dans les forets fraîches et sombres.
Leurs fructifications consistent en des espèces d'involucres ordinairement à deux ou trois loges, situés dans les aisselles des feuilles, et disposés en épis simples ou rameux. Dans leur cavité, qui s'ouvre naturellement à la maturité, on trouve des sporules
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lisses ou hérissées de pointes, de forme et de couleur variées. Ces sporules, qui sont extrêmement fines, jetées sur des charbons ardens, s'enflamment avec rapidité.
On trouve encore sur certaines Lycopodiacées des conceptacles plus petits. Ils contiennent plusieurs petites sporules globuleuses.