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être devenu botaniste. Dès lors, en effet, il pourra facilement, au moyen d'un ouvrage où les plantes sont rangées méthodiquement, trouver le nom de la première qui lui sera présentée, lors même qu'il ne l'aurait jamais vue. Or c'est là le but principal de celui qui étudie la Botanique. Cette science , en effet, ne consiste point dans la connaissance purement mécanique du nom des différens végétaux; mais le botaniste est celui qui, au moyen des principes fondamentaux de la science, principes qui reposent uniquement sur la structure, la forme, les usages des différens organes, peut, quand il le désire, trouver le nom d'une plante qu'il ne connaissait pas auparavant.
Telle est la marche que nous avons suivie dans l'exposition des principes fondamentaux de la Botanique, que nous offrons aujourd'hui au public. Notre intention n'a point été de faire un traité complet de Botanique générale ni de physique végétale, car il existe sur ce sujet d'excellens ouvrages qui pourraient être cités comme des modèles; mais nous avons eu pour but principal de présenter à ceux qui se livrent à l'étude de la méde-
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cine, des élémens simples et faciles d'une science qui leur est d'une si grande utilité, et qu'ils négligent malheureusement trop souvent. D'après le plan que nous nous étions tracé, nous n'avons pas cru devoir entrer dans les détails les plus minutieux de la science : nous n'avons voulu que faciliter aux élèves en médecine l'étude de la Botanique , si intimement liée à l'art de guérir.
On est dans l'habitude de placer à la fin de la plupart des livres élémentaires de Botanique , un abrégé des caractères propres aux différentes familles de plantes et aux genres qui s'y rapportent. Cependant nous n'avons pas cru devoir suivre cet exemple. En effet, un semblable tableau est toujours fort imparfait. Les caractères de familles et de genres y sont donnés en trop peu de mots, et souvent avec trop peu de soins , pour que le commençant puisse en retirer le moindre avantage. D'ailleurs, le médecin a-t-il besoin de connaître cette foule de genres obscurs, que l'on entasse ainsi sans choix et sans méthode! Nous avons pensé, d'après le conseil qui nous en a été donné par un grand nombre de personnes éclairées , que cette partie devait être
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retranchée d'un livre élémentaire. Mais notre intention est de faire, dans un autre ouvrage, l'application des principes de Botanique que nous allons exposer ici , à la connaissance et à l'histoire de tous les végétaux employés en médecine.
Cet ouvrage, auquel nous travaillons déjà depuis long-temps (i), offrira, dans un ordre méthodique, les caractères botaniques, l'histoire et les propriétés médicales des plantes dont l'usage et l'expérience ont démontré l'utilité pour combattre les maladies. C'est dans un semblable livre que nous ferons sentir combien la Botanique est intimement liée à l'étude de la matière médicale et de la thérapeutique ; c'est là qu'on verra , à chaque pas, cette science les éclairer de ses lumières, en faisant mieux connaître les instrumens à l'aide desquels elles parviennent à dompter les maladies qui affligent l'espèce humaine.
(i) Cet ouvrage a paru sous le titre suivant : Botanique médicale, ou Description , histoire et propriétés des médicamens , des alimens et des poisons tirés du règne végétal , etc. i fort. vol. de 8i5 pages. Paris i823; Béchet jeune.
DE
La Botanique (i) (Botanica, Res herbaria) est cette partie de l'histoire naturelle qui a pour objet l'étude des végétaux. Elle nous apprend à les connaître , à les distinguer et à les classer.
Cette science ne consiste pas, comme on le croit généralement, dans la connaissance pure et simple du nom donné aux différentes plantes; mais elle s'occupe aussi des lois qui président à leur organisation générale; de la forme, des fonctions de leurs nombreux organes, et des rapports qui les unissent les uns avec les autres.
La Botanique , envisagée par rapport à ses applications les plus importantes, nous fait éga-
(i) Dérivé de fio^wit) , herbe, plante.
D. H. HILL LIBRARY North Carolina State Collège
lement connaître les vertus salutaires ou malfaisantes dont sont douées les plantes , et les avantages que nous pouvons en retirer dans l'économie domestique , les arts ou la thérapeutique.
Une science aussi vaste a dû nécessairement être partagée en plusieurs branches distinctes , afin d'en faciliter l'étude. C'est ce qui a eu lieu en effet.
i° Ainsi l'on nomme Botanique proprement dite cette partie de la science qui considère les végétaux d'une manière générale et comme des êtres distincts les uns des autres, qu'il faut connaître , décrire et classer. Cette branche de la science des végétaux se divise elle-même en :
Glossologie(i), ou connaissance des termes propres à désigner les différens organes des plantes, et leurs nombreuses modifications; cette partie forme la langue de la Botanique, langue dont l'étude est extrêmement importante, et avec laquelle on doit commencer par se bien familiariser.
Taxonomie (2),. ou application des lois générales de la classification au règne végétal. Ici se rapportent les différentes classifications propo-
(1) Dérivé de yXossu, mot, langue ou langage, et de Xoy»t , discours.
(2) DeT#|<?, ordre, méUiode, et de No^o?, loi, règle; c'està-dire, règles de la classification.
sées pour disposer méthodiquement les plantes.
Photographie (1), ou art de décrire les plantes.
20 La seconde branche de la Botanique porte le nom de Physique végétale, ou de Botanique organique. C'est elle qui considère les végétaux comme des êtres organisés et vivans, qui nous décèle leur structure intérieure, le mode d'action propre à chacun de leurs organes , et les altérations qu'ils peuvent éprouver, soit dans leur structure, soit dans leurs fonctions. De là trois divisions secondaires dans la Physique végétale; savoir :
VO/ganographie (2), ou la description des organes , de leur forme , de leur position , de leur structure et de leurs connexions.
La Physiologie végétale, ou l'étude des fonctions propres à chacun des organes.
La Pathologie végétale, qui nous enseigne les diverses altérations ou maladies qui peuvent affecter les végétaux.
3° Enfin on a donné le nom de Botanique appliquée à cette troisième branche de la Botanique
(1) De fbtfjcv, plante, et de rpctÇa , j'écris ou je décris , c'està-dire, art de décrire les plantes.
(2) Dérivé de Oçyavov, organe , et de TçaÇa , je décris, c'està-dire description des organes. Cette partie est aussi appelée Terminologie , nom impropre, puisqu'il est composé d'un mot latin et d'un grec.
générale, qui s'occupe des rapports existant entre l'homme et les végétaux. Elle se subdivise en Botanique agricole, ou application de la connaissance des végétaux à la culture et à l'amélioration du soi; en Botanique médicale, ou application des connaissances botaniques à la détermination des végétaux qui peuvent servir de médicamens , et dont le médecin peut tirer avantage dans le traitement des maladies ; en Botanique économique et industrielle , ou celle qui a pour objet de faire connaître l'utilité des plantes dans les arts ou l'économie domestique.
La Botanique étant la science qui a pour objet l'étude des végétaux , nous devons nous occuper d'abord de donner une idée des êtres auxquels on a réservé ce nom.
Les Végétaux ( en latin vegetabilia , plantœ, et en grec <ï>uTa,BoT«vca) sont des êtres organisés et vivans, privés de*jensibilitéetdemouvement volontaire (i); mais jouissant d'une sorte d'irritabilité or-
(i) Les végétaux sont dépourvus de mouvement volontaire; mais quelques-uns cependant exécatent une sorte de locomotion ou de déplacement bien sensible. Tels sont, par exemple, les orcliis, le colchique. En effet, la racine de la plupart des orchis offre deux tubercules charnus, situés l'un à côté de l'autre, à la base de la tige. L'un de ces tubercules, après avoir donné naissance à la tige , dont il contenait le germe dans son intérieur, se fane , se resserre sur lui-même , et finit par se détruire ; mais à mesure qu'il tend à disparaître, il s'en
ganique (i). Il est extrêmement difficile de tracer nettement la ligne de démarcation qui sépareles végétaux des animaux. Linné, dans son style aphoristique, a dit : Les minéraux croissent; les végétaux croissent et vivent, et les animaux croissent, vivent et sentent. Cette distinction , qui est en effet bien tranchée, quand on compare le cristal de roche à un chêne, et celui-ci à un homme, finit par disparaître insensiblement, lorsque l'on examine comparativement les êtres qui occupent les derniers degrés de ces trois grandes séries. En effet
développe un troisième auprès de celui qui renferme encore le rudiment de la tige de l'année suivante , et remplace le premier, lorsque celui-ci vient à tomber. Ce développement d'un nouveau tubercule ayant lieu chaque année sur l'un des côtés de ceux qui exislént, on conçoit que, chaque fois qu'une nouvelle tige se développe, elle se trouve éloignée d'un certain espace de terrain de celle qui l'a précédée. Le même phénomène a lieu à peu près de la même manière dans le colchique , à l'exception que son bulbe tend continuellement à s'enfoncer de plus en plus.
(i) Si la raison se refuse à admettre dans les végétaux une sensibilité active qui les rende susceptibles de sentiment et de locomotion volontaire, l'expérience démontre chaque jour que, loin d'être des corps organisés purement passifs , ils exécutent, sous l'influence de certaines causes, des mouvemens remarquables qu'on doit attribuer à Y irritabilité. Qui ne connaît le phénomène de la sensitive , les mouvemens des folioles de Yheclysarum gyrnns , et de tant d'autres végétaux ? L'irritabilité organique nous paraît seule propre à expliquer les singuliers phénomènes que ces végétaux présentent.
il est bien difficile de dire en quoi diffèrent essentiellement certaines espèces de Polypes d'avec quelques Algues; car le caractère essentiel que l'on a attribué aux animaux, la sensibilité, ou la conscience de leur existence et la faculté de se mouvoir, s'affaiblissent et finissent même par disparaître entièrement dans les dernières classes du règne animal. De plus, un grand nombre d'observateurs s'accordent à considérer comme constante la transformation de certaines plantes en animaux et vice versa. M. Agardh célèbre algologue , et professeur à ^université de Lund en Suède , a publié une dissertation curieuse sur la métamorphose des Algues.
Mais, lorsqu'on néglige un instant les faits qui servent ainsi d'intermédiaire et de passage entre les deux grandes divisions des êtres organisés , on parvient à trouver des différences marquées entre les animaux et les végétaux. C'est ainsi, par exemple, que chez les premiers , qui sont doués de la faculté de se mouvoir, il existe un système de fibres contractiles, dont l'état de relâchement ou de tension détermine les mouvemens de l'animal, ce sont les fibres musculaires: dans les végétaux, rien d'analogue ne se présente; toutes les fibres sont en quelque sorte inertes et impassibles; chez eux encore il n'y a rien de semblable au système nerveux , quoiqu'un ingénieux expé-
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rimentateur les ait sous ce rapport assimilés aux animaux. Dans ceux-ci, les substances qui doivent servir à la nutrition sont d'abord absorbées à l'extérieur; elles séjournent pendant un certain temps dans une cavité particulière , où elles éprouvent une élaboration convenable avant d'être prises par les vaisseaux cbylifères destinés à les répandre dans le torrent de la circulation; mais dans les végétaux la nutrition se fait d'une manière plus simple; les substances absorbées sont directement répandues dans toutes les parties du végétal, sans éprouver d'altération préalable , en sorte que chez eux nous ne trouvons ni canal intestinal, ni estomac, puisqu'il n'y a point de digestion.
Il nous serait facile de pousser plus loin cette comparaison entre les végétaux et les animaux ; mais nous croyons en avoir dit assez pour faire connaître les différences principales qui existent entre eux.
L'anatomie nous montre les végétaux composés de parties élémentaires simples et similaires , qui, en se combinant de différentes manières, constituent les organes proprement dits. Nous allons examiner d'abord ces parties élémentaires, dont l'étude constitue l'anatomie végétale.