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DU TISSU CELLULAIRE

La première modification du tissu élémentaire des végétaux, dépendant de l'arrangement de ses lamelles, est le tissu cellulaire ou arêolaire ( voy. pi. i , fig. 7 ). Il se compose de cellules contiguës les unes aux autres, et dont la forme dépend en général des résistances qu'elles éprouvent. Quelques auteurs l'ont comparé à la mousse qui se forme sur l'eau de savon, par l'agitation de ce liquide. Jusqu'à présent on avait généralement pensé que les parois des cellules contiguës les unes

aux autres étaient communes aux deux cellules qui se touchaient ; mais les observations de M. Dutrochet sont contraires à cette assertion.

11 est parvenu à isoler, les unes des autres, les cellules, sans aucun déchirement, ce qui prouve que chaque cellule forme une sorte de petite vésicule qui a ses parois distinctes, et que, là où deux cellules se touchent, la membrane qui les sépare est formée de deux feuillets, qui appartiennent à chacune d'elles. Les recherches du professeur Amici s'accordent avec cette opinion.

Quand elles n'éprouvent que la résistance occasionée par la présence des cellules adjacentes , il n'est pas rare de trouver à ces cellules une forme à peu près hexagonale, en sorte qu'elles ressemblent assez bien aux alvéoles construites par les abeilles. Mais elles peuvent être plus ou moins allongées, arrondies ou comprimées, suivant les obstacles qui s'opposent à leur libre développement. Il est même fort rare de leur trouver cette forme régulière et hexagonale que nous venons de signaler tout à l'heure. Leurs parois sont minces et transparentes; elles communiquent toutes ensemble, soit que leurs cavités s'ouvrent mutuellement l'une dans l'autre , soit , comme nous l'avons déjà dit précédemment, qu'il existe sur leurs parois des pores , ou même des fentes. Ces pores, qui sont à peine vi-

sibles au moyen des instrumens d'optique les plus forts, ont été aperçus par Leuwenhoek et Hill, et dans ces derniers temps, M. Mirbel en a de nouveau prouvé l'existence.

Dans les parties ligneuses , les cellules du tissu aérolaire sont fort allongées , et forment des espèces de petits tubes parallèles entre eux. Leurs parois sont opaques, épaissies, quelquefois même elles finissent par s'oblitérer entièrement. C'est à cette modification que M. Link a donné le nom de tissu allongé.

Ce tissu allongé existe en abondance dans les végétaux. Il y est beaucoup plus commun que le tissu cellulaire régulier, et se compose de petits tubes étranglés de distance en distance. Ceux-ci ne peuvent se toucher que par les points les plus gonflés, d'où il résulte des intervalles ou vides. Ce sont ces espaces vides qu'Hedwig a nommés Fasa7rvenentia;Tréviranus, Meatus intercellulares; et Link, Ductus intercellulares. Selon l'opinion du professeur Amici, ces espaces ne contiennent jamais de liquide, mais seulement de l'air; car les grands pores de l'épiderme, qui, ainsi que nous le verrons prochainement en traitant de cette membrane, sont des organes qui ne livrent passage qu'à de l'air, sont toujours placés devant un de ces espaces. Quand le tissu est trop compacte et les petits tubes trop serrés pour offrir

de ces espaces, on ne trouve pas non plus de pores corticaux (i).

Le tissu cellulaire, dans son état de pureté native, a peu de consistance; il se déchire facilement. Aussi trouve-t-on souvent dans certains végétaux des espaces vides, remplis seulement par de l'air , et qui résultent de la rupttire des parois de plusieurs cellules. Ces espaces, auxquels on a donné le nom de lacunes, se rencontrent surtout dans les végétaux qui vivent dans l'eau, et dans lesquels ils semblent s'opposer a la macération que ces plantes subiraient infailliblement par leur séjour prolongé dans ce liquide.

M. Àmici a une opinion tout-à-fait différente de celle que nous venons d'exposer sur les lacunes. Selon lui, elles ne sont pas, comme le pense M. Mirbel , le résultat du déchirement des cellules. Ce sont des espaces plus ou moins réguliers, contenant constamment de l'air. Quelquefois elles offrent sur leur paroi interne des poils d'une nature particulière, en forme de houppe ou de pinceau, qui ont été vus par MM. Mirbel et Amici. On peut distinguer deux espèces de lacunes ; les unes ont pour orifice les

(i) Les organes élémentaires que M. du Brochet désigne sous le nom de clostres, ne nous paraissent pas différer des petits tubes qui forment le tissu allongé.

pores corticaux et communiquent avec l'air extérieur. Les autres n'ont aucune communication externe, Ces dernières existent surtout dans les plantes qui manquent de tubes poreux.

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