‹ Nouveaux élémens de botanique et de physiologie végétaleChapitre 20 sur 129 · C. D'après sa composition, on distingue la tige en · texte numérisé non relu

C. D'après sa composition, on distingue la tige en

i° Simple (simplex), lorsqu'elle est sans ramifications marquées : exemple, le bouillon blanc [Verbascum thapsus ) , la digitale pourprée ( Digitalis purpurea ).

20 Rameuse (ramosus) divisée en branches et en rameaux. La tige peut être rameuse dès sa base (basi ramosus), comme l'ajonc ou landier (Ulex europœus), ou seulement vers son sommet (apice ramosus).

'6° Dichotome {dichotomus} , lorsqu'elle se divise par bifurcations successives ; telle est celle de la mâche [Falerianella locusta), de la stramoine (Datura stramoniuni).

4° Trichotome ytrichotomus) , se divisant par trifurcations, comme dans la belle -de -nuit (JYyctago hortensis).

Quant à la disposition des rameaux, relativement à la tige, comme leurs diverses modifications sont parfaitement analogues à celles que nous observerons

dans les feuilles, nous croyons inutile d'en parler ici, ce que nous dirons bientôt de la position des feuilles sur la tige pouvant s'appliquer également a celle des branches et des rameaux.

D. Suivant sa direction , on dit que la tige est :

i° Verticale ou dressée (1) {verticalis , erectus) , quand elle est dans une direction verticale relativement à l'horizon; par exemple, celle de la raiponce {Campanula rapunculus), de la linaire {Anlirrhinum linaria).

i° Couchée {prostratus , procwnbens {1) humifusus) (3); lorsqu'elle ne s'élève point, mais se couche sur la terre sans s'y enraciner; par exemple, la mauve {Malva rolundifolia), le serpolet ( Thymus serpyllum, etc.).

3° Rampante {repens), quand elle est couchée sur la terre et qu'elle s'y enracine par tous les points de son étendue; ex. : la nummulaire ( Lysimachia nummularia).

[\° Traçante oxxstolonifere {replans s. stohniferus), poussant du pied principal de petites tiges latérales grêles , nommées stolems , susceptibles de s'enraciner

(1) Il ne faut pas confondre la tige droite ( redits ) avec la tige dressée ( erectus ). La première s'élève directement sans former aucune courbure, aucune déviation latérale , comme dans le bouillon blanc , par exemple : la seconde, au contraire, n'exprime que l'opposition à tige coucbée ( prostratus ). Une tige dressée peut donc ne point être droite ; de même une tige droite n'est pas nécessairement dressée.

(2) Prostratus , couchée d'un seul côté.

(3) Humifusus , étalée en tous sens.

et de reproduire de nouveaux pieds ; par exemple , le fraisier ( Fragaria vesca).

5° Oblique (obliquus), s'élevant obliquement à l'horizon.

6° ascendante (ascendèns), formant à sa base une courbe dont la convexité regarde à terre , et redressée dans sa partie supérieure; par exemple, le trèfle des prés (Trifolium pratense) , la véronique en épi {Veronica spicata).

7° Réclinée (reclinatus) , dressée , mais réfléchie brusquement à son sommet, comme, par exemple, quelques espèces de groseillers.

8° Tortueuse ( lortuosus), formant plusieurs courbures en différens sens , le Bunias cakile, par exemple.

9° Spiralèe (spiralis), formant des courbures en forme de spirale : par exemple, la plupart des Costus.

E. D'après sa vestiture et ses appendices, la tige est :

i ° Feuillèe (foliatus), portant les feuilles ; telles sont en général la plupart des tiges.

On dit, dans un autre sens, d'une tige, qu'elle est feuillue (caulis foliosus), quand elle est couverte d'un nombre très-considérable de feuilles.

i° Aphylleou sans feuilles {aphyllus), dépourvue de feuilles (la cuscute).

3° Êcailleuse (squamosus), portant des feuilles en forme d'écaillés; telles sont les orobanches.

4 ° Mïfèe (alatus), garnie longitudinalement d'appendices membraneux ou foliacés , venant le plus souvent des feuilles , comme dans ia grande consolide

(Symphytum officinale} , le bouillon blanc (Verbascum Thapsus).

F. En considérant la superficie de la tige, celle-ci est :

1 ° Unie (lœvis) , dont la surface n'a aucune sorte d'aspérités ni d'éminences (Tanins communis).

i° Glabre (glaber), dépourvue de poils; la pervenche (Vinca major).

3° Lisse (lœvigatus) , glabre et unie.

4° Pulvérulente (pulverulentus) , couverte d'une sorte de poussière produite par le végétal (Primida Jarinosa).

5° Glauque (glaucus), quand cette poussière forme une couche excessivement mince , qu'on enlève facilement, et qui est de couleur vert de mer (1); ex. : le Cucubalus behen , la Chlora perfoliala, etc.

6° Ponctuée (punctatus), offrant des points plus ou moins saillans et nombreux, comme dans la rue (Ruta graveolens). Ces points sont ordinairement de petites glandes vésiculeuses, remplies d'huile essentielle.

70 Maculée (maculatus) , marquée de taches de couleur variée; par ex., le gouet (A rum maculatum), la grande ciguë (Conium maculatum), YOrchis maculata, etc.

8° Rude (scaber, asper), dont la surface offre au doigt une aspérité insensible à la vue, et qui paraît due à de très-petits poils, rudes et extrêmement courts, comme dans l'herbe aux perles (Lithospermum aivense).

(1) C'est cette poussière que l'on désigne vulgairement sous le nom de fleur dans certains fruits , les primes , le raisin, etc.

90 Verruqueuse [yerrucosus] , offrant de petites excroissances calleuses (appelées gales ou verrues) ; telle est la tige du fusain galeux {Evonymus verrucosus).

io° Subéreuse (suberosus), celle dont l'écorce est de la nature du liège , comme le liège proprement dit ( Quercus suber).

1 1° Crevassée ou fendillée (rimosus), offrant des fentes inégales et profondes, comme l'orme, le chêne, et un grand nombre d'autres arbres.

12° Striée (striatus), offrant de petites lignes longitudinales saillantes , nommées stries , comme l'oseille (Rumex acelosa).

1 3° Sillonnée \sulcatus) , présentant des sillons longitudinaux, plus ou moins profonds : la ciguë, le panais.

G. La Pubescence de la tige lui a fait imposer les dénominations suivantes :

i° Pubescenle (pubens) (i), garnie de poils mous, très-fins et rapprochés , mais distincts ; par exemple : la digitale pourprée ( Digitalis purpurea), la saxifrage grenue ( Saxifraga granulata ) .

2° Poilue (pilosus), couverte de poils longs, mous

(i) C'est à tort que l'on se sert du mot de pubescens pour signifier une partie couverte de poils. Les Latins , que nous devons imiter servilement quand nous employons leur langue, se servaient du verbe pubescere , en parlant des végétaux , pour exprimer leur accroissement. C'est ainsi que Pline dit : Jam pubescit arbor, déjà l'arbre commence à croître. Tandis qu'il dit dans un autre lieu : Folia quercus pubentia , pour exprimer la pubescence des feuilles du cbêne. Il me semble , d'après cela , que nous n'avons rien de mieux à faire dans ce cas qu'à copier les Latins ; car , à coup sûr, ils devaient mieux connaître que nous la valeur et la propriété des mots de leur langue.

et peu nombreux; exemple : l'aigremoine [Agrimonia eupatorium) , la renoncule acre {Ranunculus acris).

3° Prelue ( villosus ) , quand les poils sont mous , longs, très-rapprochés.

4° Laineuse (lanatus), couverte de poils longs, un peu crépus et rudes, semblables à de la laine; par ex. : la Ballota lanata.

5° Cotonneuse, quand les poils sont blancs, longs et doux au toucher comme du coton ; ex : le Stachys germanica , ÏHieracium eriophorum.

6° Soyeuse (sericeus), quand les poils sont longs, doux au toucher, luisans et non entremêlés, comme sont des fils de soie ( Protea argentea ).

70 Tomenteuse ( tomentosus), quand les poils sont courts, entremêlés, et semblent être tissus comme un drap; exemple : le bouillon blanc.

8° Ciliée (ciliatus), quand les poils sont disposés par rangées ou lignes plus ou moins régulières; ex.: la Veronica chamœdrys.

90 Hispide (hispidus), garnie de poils longs, roides et à base tuberculée; comme le Galeopsis letrahit, le Sinapis arvensis.

H. L'Armure, dont la tige est quelquefois revêtue, l'a fait nommer :

i° Epineuse(spinosus), armée d'épines [\).Genista anglica, Gleditsia ferox, etc.

i° Aiguillonneuse (aculeatus), offrant des aiguillons (les Rosiers).

(1) Voyez plus loin la description des épines et des aiguillons.

3° Inerme ( inermis), se dit par opposition aux deux expressions précédentes ; c'est-à-dire sans épines ni

aiguillons.

Structure anatomique des tiges.

En parlant précédemment de la distinction du tronc et du stipe, nous avons dit que ces deux espèces de tiges, dont l'une appartient à la grande classe des Dicotjlédons, et l'autre aux Mono cotylédons , différaient autant par leur structure intérieure, et la disposition respective des parties élémentaires qui les composent, que par leurs caractères extérieurs. C'est, comme nous l'exposerons bientôt, à M. Desfontaines que la science doit cette importante découverte. Ce savant botaniste est le premier qui ait fait connaître avec exactitude et précision l'organisation intérieure ou structure anatomique de la tige des végétaux , et principalement des Monocotylédons. Aussi les notions que nous allons exposer sur ce sujet sont-elles dues en grande partie à ce célèbre naturaliste. Mais il convient d'examiner séparément l'organisation des tiges des Dicotylédons , et ensuite celle des Monocolylédons.

SECTION PREMIÈRE

Page 1