ORGANISATION DE LA TIGE DES MONOCOTYLÉDONS
M. Desfontaines a le premier confirmé la grande division des végétaux Phanérogames, en Monocotylédons et en Dicotylédons , par la structure anatomique de leur tige, si différente dans Tune et l'autre de ces deux classes.
En général, la tige des monocotylédons "est plus élancée, plus simple que celle des arhres à deux cotylédons. Très-rarement elle se divise en rameaux , comme celle que noups venons d'étudier précédemment.
Le stipe d'un arbre monocotylédoné, d'un palmier, par exemple , coupé en travers , ne présente pas , comme le tronc d'un chêne , d'un orme ou de tout autre arbre de nos forets, un aspect régulier et symétrique, des zones circulaires de bois, d'aubier, de liber et d'écorce, toujours disposées dans le même ordre, un canal médullaire occupant constamment la partie centrale de la tige. Ici, toutes ces parties semblent réunies, ou plutôt confondues les unes avec les autres. La moelle remplit toute l'épaisseur de la lige ; le bois, disposé par faisceaux longitudinaux , se trouve en quelque sorte perdu, et comme dispersé sans ordre, au milieu de la substance médullaire. L'écorce n'existe pas toujours; et quand elle ne manque pas, elle est si peu distincte des autres parties de la tige, qu'on pour.
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rait croire également qu'elles n'en sont pas recouvertes. Dans les arbres dicotylédones, la partie la plus dure est celle qui se rapproche le plus du centre de la lige, parce qu'elle est formée des couches ligneuses les plus anciennes. Le contraire a lieu dans les arbres monocotylédonés, où la partie la plus voisine de la circonférence se trouve avoir la solidité la plus grande. Dans les premiers, en effet, les couches les plus anciennes sont au centre; elles occupent, au contraire, .la circonférence dans les seconds. C'est ce que l'on concevra facilement tout à l'heure, quand nous aurons exposé le mode particulier suivant lequel se forme et s'accroît la tige des arbres monocotylédons. Les faisceaux ligneux de la tige, qui se réunissent fréquemment ensemble par leurs parties latérales, de manière à foriE-er un réseau plus ou moins régulier, sont, comme dans les dicotylédons , accompagnés de vaisseaux poreux, de trachées et de fausses trachées, destinées à charrier la sève et les autres fluides nutritifs dans' tous les points de la tige.
Ainsi do-nc les arbres monocotylédons se distinguent des arbres dicotylédons, non-seulement par la structure de leur embryon, mais encore par celle de leur tige. En effet leur stipe, qui est en général simple et cylindrique, n'offre point, comme le tronc des chênes et des ormes, des couches de bois emboîtées les unes dans les autres,et disposées régulièrement autour d'un canal central renfermant la moelle ; mais la moelle forme, en quelque sorte, toute l'épaisseur de leur tronc, et les fibres ligneuses, au lieu d'être réunies et rappro-
chées les unes contre les autres, sont écartées, isolées, et leurs faisceaux épars au milieu de la substance spongieuse de la moelle.