‹ Nouveaux élémens de botanique et de physiologie végétaleChapitre 29 sur 129 · TIGE. I2Ï · texte numérisé non relu

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des incisions ou des ligatures, afin d'en assurer la réussite. Quelquefois même on les fend longitudinalement à leur base, et l'on y introduit une petite éponge imbibée d'eau.

Il est des espèces ligneuses qui reprennent trèsdifficilement des boutures, tels -sont les pins, les sapins, les chênes, les bruyères, et en général les arbres à bois très-dense ou résineux.

3° La gjheffe est une opération par laquelle on ente sur un individu un bourgeon ou un jeune scion, qui s'y développe et s'identifie avec le sujet sur lequel il a été greffé. .

La greffe ne peut réussir qu'autant qu'elle a lieu entre des parties végétantes: c'est ainsi , par exemple, que l'on ne peut greffer le bois, ni même l'Aubier. C'est dans l'opération et les phénomènes de la greffe que l'on peut remarquer la grande analogie qui existe entre les gemmes ou bourgeons et les graines, surtout sous le rapport de leur développement. Ces deux organes, en effet , sont destinés à donner naissance à de nouveaux individus, dont les uns vivent aux dépens du sujet sur lequel ils se développent y tandis que les autres subsistent par eux-mêmes, et sans avoir besoin de secours étranger.

Remarquons que la greffe ou soudure des parties ne peut avoir lieu qu'entre des végétaux de la même espèce, des espèces du même genre, ou enfin des genres d'une même famille ; mais jamais entre des individus appartenant à des ordres naturels différèns. C'est ainsi, par exemple^ que l'on peut greffer le

pêcher sur l'amandier, l'abricotier sur le prunier, les Pavia sur le marronnier d'Inde. Mais cette opération ne pourrait pas réussir entre ce dernier arbre , par exemple, et l'amandier. Il faut qu'il y ait une sorte de convenance, d'analogie entre la sève des deux individus pour que la soudure d'une greffe puisse s'effectuer.

C'est au moyen du Cambium, ou suc propre des végétaux, que s'opère la soudure des greffes. Cette matière fluide sert de moyen d'union entre l'individu et la greffe , comme dans les animaux la lymphe coagulable s'interpose entre les deux lèvres d'une plaie récente qu'elle réunit et rapproche. Lorsque l'on examine la plaie d'une greffe, environ quinze jours après l'opération , on voit entre les deux parties rapprocbées une couche mince de petites granulations verdâtres dispersées dans un fluide visqueux. Ces petites granulations, rudimens de l'organisation végétale, sont produites par le Cambium qui se solidifie et s'organise, phénomène qui se répète toutes les fois que l'on fait une plaie superficielle à un arbre , et qu'on la garantit du contact de l'air.

Ce moyen de multiplication procure plusieurs avantages dans l'art de la culture. i° Il sert à conserver et à multiplier des variétés ou monstruosités remarquables, qui ne pourraient se reproduire au moyen des graines; 2° à procurer promptement un grand nombre d'arbres intéressans, qui se multiplient difficilement par tout autre moyen; 3° d'accélérer de plusieurs années la fructification de certains végétaux;

4° de bonifier et de propager les variétés d'arbres à fruits, etc.

Le professeur Thouin , dont les sciences déplorent la perte récente , a publié une excellente Monographie des greffes , dans laquelle il rapporte tous les procédés connus aux quatre sections suivantes : i ° greffes par approche; i° greffes par scions ; 3° greffes par gemmes ou bourgeons; 4° enfin greffes des végétaux herbacés. Nous allons faire connaître rapidement les procédés mis en usage pour opérer ces différentes greffes.

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