GREFFE DES PARTIES HERRACÉES DES VÉGÉTAUX , OU GREFFE TSCHOUDY
La découverte de cette espèce de greffe date d'une époque assez récente. Il y a peu d'années qu'elle fut pratiquée pour la première fois par son inventeur M. le baron Tschoudy. Elle peut s'effectuer avec les jeunes pousses herbacées des arbres , dans le fort de la sève ou avec des plantes annuelles.
Pour que cette greffe puisse réussir, il faut l'insérer dans l'aisselle ou dans le voisinage d'une feuille vivante du sujet. Cette feuille sert à appeler la sève dans la greffe, et en facilite la reprise et le développement.
Les procédés mis en usage sont à peu près les mêmes que ceux employés pour exécuter les autres espèces de greffes.
Telles sont les différentes espèces de greffes employées pour la multiplication des végétaux. Il n'entre point dans notre sujet de décrire les procédés nombreux et variés mis en usage pour les pratiquer. Nous renvoyons pour cet objet aux traités d'agriculture , et particulièrement à la Monographie que le professeur André Tbouin a publiée en 1822
De la Hauteur des arbres.
Les arbres sont, en général, d'autant plus forts et plus élevés, que le sol, le climat et la situation dans lesquels ils se trouvent sont plus convenables à leur nature et plus favorables à leur accroissement. Une certaine humidité, jointe à un degré de chaleur assez considérable, paraît être la circonstance la plus propre au développement des arbres. Aussi est-ce dans les régions qui présentent ces conditions atmosphériques, qu'ils acquièrent la hauteur la plus grande. Les forêts de l'Amérique méridionale sont peuplées en général d'arbres qui, par leur port, leur taille élevée, la beauté de leur feuillage et. de leurs fleurs, l'emportent beaucoup sur ceux de nos climats tempérés.
Il est certains arbres qui n'acquièrent que par une longue suite d'années une hauteur et un diamètre considérables : tels sont, par exemple, le chêne, l'orme, le cèdre. D'autres, au contraire, prennent un accroissement plus rapide dans un temps beaucoup plus court; ce sont ceux principalement dont le bois est tendre et léger, comme les peupliers, les sapins, les acacias, etc. , etc. Enfin il est certaines plantes qui se développent avec tant de rapidité, qu'on peut, en quelque sorte, suivre de l'œil les progrès de leur développement: X Agave americana est de ce nombre. Cette plante, que j'ai vue tapissant les rochers qui bordent la Méditerranée dans le golfe de Gênes, lorsqu'elle fleurit, développe, dans l'espace de trente à quarante jours, une hampe qui acquiert quelque-
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fois trente pieds de hauteur. Croissant ainsi de près d'un pied par jour, on conçoit, qu'il serait en quelque façon possible que son développement successif fût perceptible aux yeux de l'observateur.
En général, le plus grand accroissement en hauteur que puissent acquérir les arbres de nos forêts est de cent vingt à cent trente pieds. En Amérique, les palmiers et beaucoup d'autres arbres dépassent souvent cent cinquante pieds.
De la Grosseur des arbres.
La grosseur des arbres n'est pas moins variée que leur hauteur. Il en est qui acquièrent quelquefois des dimensions monstrueuses. Nous ne parlerons pas ici de ce châtaignier si renommé du mont Etna, qui, au rapport de quelques voyageurs, avait cent soixante pieds de circonférence, parce qu'on s'accorde à le considérer comme composé de plusieurs troncs soudés en un seul; mais nous pouvons citer comme exemples bien avérés d'une grosseur énorme, les Baobabs observés par Adanson aux îles du Cap -Vert , et dont quelques-uns présentaient quatre-vingt-dix pieds de circonférence ; le Dragonier de Ténériffe.
Dans nos climats, on voit des chênes, des ormes, des tilleuils, des poiriers et des pommiers acquérir jusqu'à vingt-cinq et trente pieds de circonférence.
De la Durée des arbres.
Les arbres placés dans des terrains qui leur conviennent, dans une situation appropriée à leur na-
lure, sont susceptibles de vivre pendant des siècles. Ainsi l'olivier peut exister pendant trois cents ans; le chêne environ six cents. Les cèdres du Liban paraissent en quelque sorte indestructibles. D'après des calculs fort ingénieux, Adanson estime que les baobabs, dont nous venons de parler tout à l'heure, pouvaient avoir environ six mille ans.
Dans les arbres dicotylédons on peut connaître l'âge d'un arbre par le nombre des couches ligneuses qu'il présente sur la coupe transversale de son tronc. En effet, comme chaque année il se forme une nouvelle couche de bois , on conçoit qu'un arbre de vingt ans, par exemple, doit offrir, mais à sa base seulement, vingt zones concentriques de bois.
Usages des Tiges.
Le bois est employé à tant d'usages variés dans l'économie domestique et les arts , il est tellement indispensable à la construction de nos bâtimens de terre et de mer, de la plupart de nos machines et de nos instrumens , ^u'il n'est aucune partie des végétaux qui puisse lui disputer à cet égard la supériorité.
Beaucoup de tiges herbacées sont usitées pour la nourriture de l'homme et des animaux.
La tige du Saccharum qfficinarum fournit la plus grande partie du sucre répandu dans le commerce, et qu'on nomme sucre de cannes.
Beaucoup de bois sont employés dans la teinture:
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tels sont le santal, le bois de Carnpêche, le bois de Brésil, etc.
C'est avec les écorces du chêne, et en général avec toutes celles qui renferment une grande quantité de tannin et d'acide gallique, que l'on tanne les cuirs.
Sous le rapport des propriétés médicales , les tiges, le bois et les écorces occupent un des premiers rangs dans la thérapeutique. Qui ne sait, en effet, qu'à cette classe d'organes se rapportent les quinquinas, la cannelle, l'écorce de Winter, le sassafras, le gayac, et tant d'autres médicamens qui jouissent d'une réputation si bien méritée? Suivant leurs propriétés chimiques les plus remarquables , on peut diviser ainsi les principales écorces et les bois employés en médecine :
i° Ecorces et bois amers.
Le Simarouba (Simarouba Guyanensis).
Le Quassia (Quassia amcira).
i° Amers, astringens et légèrement aromatiques.
L'Angusture ( Cuspariafebrifuga).
Le Quinquina gris [Cinchona Condaminea. Humb. et Bonpl. Pi. équinox).
Le Quinquina rouge ( Cinchona oblongifolia. Mutis).
Le Quinquina jaune (Cinchona cordifolia. Mutis).
Le Quinquina orangé ( Cinchona lancifolia, Mutis ).
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Le Quinquina blanc [Cinchona ovalifolia. Mutis). La Cascarille ( Croton Cascarilla).
3° iVstringens.
L'écorce de Chêne ( Quercus robur).
Le Vinaigrier (Rhus coriarid).
Le Marronnier d'Inde (/Esculus hippocastanum.)
4° Aromatiques.
La Cannelle ( Laurus Cinnamomum ).
L'écorce de Winter CDrpnLf JVinleri).
La Cannelle blanche ( Cannella alba ).
Le Sassafras ( Laurus Sassafras ).
5° Acres.
Le Garou [Daphne Mezereum ).
Bois et écorce de Gayac ( Guaiacum officinale ).
l3a ORGANES DE L.A. VÉGÉTÀTrON.