CHAPITRE V
DES STIPULES (i).
Les stipules sont des organes accessoires des feuilles. Elles n'existent point dans les végétaux monocotylédonés, mais seulement dans les dicotylédones, qui n'en sont pas tous pourvus. Ce sont de petits appendices squamiformes ou foliacés , qu'on rencontre au point d'origine des feuilles sur la tige. Elles sont ordinairement au nombre de deux, une de chaque côté du pétiole, comme dans le charme, le tilleul; le plus souvent elles sont libres, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas fixées au pétiole; d'autres fois elles font corps avec la base de cet organe, comme dans le rosier.
Les stipules fournissent d'excellens caractèrespour la coordination des plantes. Quand un végétal d'une famille naturelle en présente, il est extrêmement rare que tous les autres n'en soient pas pourvus. Ainsi elles existent dans toutes les plantes de la famille des Légumineuses , des Rosacées, des Tiliacées.
Comme elles tombent très-facilement quand elles
(1) Stipulée , Fulera.
sont libres, on pourrait quelquefois s'en laisser imposer par leur absence, et croire que la plante en est dépourvue; mais on pourra éviter facilement cette erreur, en observant qu'elles laissent toujours sur la tige, au lieu qu'elles occupaient, une petite cicatrice qui atteste ainsi qu'elles ont existé.
Dans les Rubiacées exotiques, h feuilles opposées, tel que le Coffœa , le Psychotria , le Cinchona , les stipules sont situées entre les feuilles, et paraissent être de véritables feuilles avortées. En effet, dans les Rubiacées de nos climats, telles que les Galium, les Rubia, les Asperula, elles sont remplacées par de véritables feuilles, qui alors forment un verticilie au tour de la tige.
Quelques plantes ne présentent qu'une seule stipule, comme le vinectier (Berberis vulgaris).
Quand il en existe deux, elles sont presque toujours distinctes l'une de l'autre; mais quelquefois elles se soudent et sont conjointes ( stipulœ connatœ), comme dans le houblon (Hwnulus Lupulus).
Leur nature et leur consistance sont très-sujettes à varier. Ainsi elles peuvent être foliacées , c'est-à-dire semblables à des feuilles, comme dans Faigremoine ( Agrimonia cupatoria ) ; membraneuses , comme dans le figuier, les Magnolia ; spinescentes y comme dans le jujubier (Zizyphus vulgaris)^ le groseiller à maquereau ( Ribes grossularia ) .
heuvjîgurene varie pas moins que celle des feuilles. Ainsi il y en a d'orbiculaires, d'ovales, de sagittées, de réniformes, etc. Elles peuvent encore être entières, dentées ou laciniées.