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DES VÉGÉTAUX

pides qui pendent de la pointe des feuilles d'un grand nombre de graminées. Les feuilles du chou en présentent aussi de très -apparentes. On avait cru longtemps qu'elles étaient produites par la rosée; mais Musschenbroek prouva le premier, par des expériences concluantes, qu'elles provenaient de la transpiration végétale , condensée par la fraîcheur de la nuit. En effet, il intercepta toute communication à une tige de pavot avec l'air ambiant, en la recouvrant d'une cloche, et avec la surface de la terre, en recouvrant le vase dans lequel il était d'une plaque de plomb , et le lendemain matin les gouttelettes s'y trouvèrent comme auparavant.

Halfs fit également des expériences pour évaluer le rapport existant entre la quantité des fluides absorbés par les racines, et celui que ces feuilles exhalent. Il mit dans un vase vernissé un pied de YHelianlhus annuus (grand soleil), recouvrit le vase d'une lame de plomb percée de deux ouvertures, l'une par laquelle passait la tige, l'autre destinée à pouvoir l'arroser. Il pesa exactement cet appareil pendant quinze jours de suite , et vit que pour terme moyen la quantité d'eau expirée pendant les douze heures de jour était de vingt once<, environ. Un temps sec et chaud favorisait singulièrement cette transpiration, qui s'éleva à trente onces dans une circonstance semblable. Une atmosphère chargée d'humidité diminuait au contraire sensiblement cette quantité; aussi la transpiration n'était-elle au plus que de trois onces pendant la nuit, et même quelquefois la quantité de liquide ex-

pirée devenait insensible quand la nuit était fraîche et humide.

Ces expériencesontétédepuis répétées parMM.Desfontaines et Mirbel, qui ont encore eu occasion d'admirer l'exactitude et la sagacité du physicien anglais.

Sénebier a prouvé par des expériences multipliées que la quantité d'eau expirée était à celle absorbée par le végétal dans le rapport de 2 : 3; ce qai démontre encore qu'une partie de ce liquide est fixée ou décomposée dans l'intérieur du végétal.

Ces faits prouvent d'une manière incontestable , i°queles végétaux transpirent par leurs feuilles, c'està-dire qu'ils rejettent une certaine quantité de fluides aqueux;

20 Que cette transpiration est d'autant plus grande que l'atmosphère est plus cbaude et plus sèche ; tandis que, quand le temps est humide, et surtout pendant la nuit , la transpiration est presque nulle;

3° Que cette fonction s'exécute avec d'autant plus d'activité que la plante est plus jeune et plus vigoureuse ;

4° Que la nutrition se fait d'autant mieux que la transpiration est en rapport avec l'absorption. Car, lorsque l'une de ces deux fonctions se fait avec une force supérieure à celle de l'autre, le végétal languit. C'est ce que l'on observe, par exemple, pour les plantes qui, exposées aux ardeurs du soleil, se fanent et perdent leur vigueur, parce que la transpiration n'est plus en équilibre avec la succion exercée par les racines.

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§ 4- De F Expiration.

Nous avons dit et prouvé précédemment que les végétaux absorbent ou inspirent une certaine quantité d'air ou d'autres fluides aériformes, soit directement, soit mélangés avec la sève , c'est-à-dire tout à la fois par le moyen de leurs racines et de leurs feuilles : or , c'est la portion de ces fluides qui n'a point été décomposée pour servir à l'alimentation qui forme la matière de l'expiration. Les plantes sont donc, comme les animaux, douées d'une sorte de respiration, qui se compose également des deux phénomènes, de l'inspiration et de l'expiration, toutefois avec cette différence très -notable qu'il n'y a point ici développement de calorique. Cette fonction devient très- manifeste si l'on plonge une branche d'arbre ou une jeune plante dans une cloche de verre remplie d'eau, et qu'elle soit exposée à l'action de la lumière; en effet, on verra s'élever de sa surface un grand nombre de petites bulles qiu sont formées par un air très -pur, et presque entièrement composé de gaz oxygène. Si, au contraire, cette expérience était faite dans un lieu obscur, les feuilles expireraient de 1 acide carbonique et du gaz azote, et non du gaz oxygène. Il faut noter ici soigneusement que toutes les autres parties du végétal qui n'offrent pas la couleur verte, telles que les racines, l'écorce, les fleurs, les fruits, soumis aux mêmes expériences, rejetteront toujours au dehors de l'acide carbonique, et jamais de l'oxygène. Par conséquent l'expiration du

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gaz oxygène dépend non- seulement de l'influence directe des rayons lumineux, mais encore de la coloration verte des parties.

Nous savons que les végétaux absorbent une grande quantité d'acide carbonique qu'ils décomposent dans l'intérieur de leur tissu, quand ils sont exposés à l'action du soleil, et rejettent à l'extérieur la plus grande partie de l'oxygène qui était combiné avec le carbone. Or ce phénomène est encore une véritable expiration.

Lorsqu'une plante est morte ou languissante, ou bien l'expiration cesse entièrement, ou bien le fluide expiré est constamment du gaz azcte. Il est certains végétaux qui, même exposés à l'influence des rayons du soleil, n'expirent que de l'azote; tels sont la sensitive, le houx, le laurier-cerise, et quelques autres. Il nous paraît difficile d'indiquer la véritable cause d'une pareille anomalie.

§ 5. De V Excrétion.

Les déjections végétales sont des fluides plus ou moins épais, susceptibles de se condenser et de se solidifier. Leur nature est très- variée. Ce sont tantôt des résines , de la cire , des huiles volatiles ; tantôt des matières sucrées, de la manne, des huiles fixes, etc. Toutes ces substances sont rejetées à l'extérieur par la force de la végétation. Ainsi le Fraxinus Ornus laisse suinter, en Calabre, un liquide épais et sucré qui, par l'action de l'air, se concrète et forme la manne. Les pins, les sapins, et en général tous les

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