DES VÉGÉTAUX
qui concourt essentiellement à l'accroissement et au développement des arbres dicotylédones.
Mais cette seconde sève n'est point de la même nature dans tous les végétaux. Il en est dans lesquels elle forme un suc blanc et laiteux, comme dans les Euphorbes; dans d'autres (les Papavéracées), c'est un suc jaunâtre ou brunâtre ; dans les Conifères , elle est plus ou moins résineuse, etc.
Nous venons de passer successivement en revue les différens phénomènes qui ont rapport ou concourent à la nutrition des végétaux. Nous avons vu les sucs puisés par les racines dans le sein de la terre portés par une force particulière., dépendante de la vie du végétal , arriver jusqu'aux parties les plus élevées des dernières ramifications de la tige; là, en se mêlant avec les fluides absorbés, en se dépouillant des principes aqueux et aériformes inutiles à la nutrition, acquérir des propriétés nouvelles; et, suivant une marche rétrograde, devenir les véritables alimens du végétal.
On voit par-là que la nutrition dans les plantes, quoique ayant de grands rapports avec la même fonction dans les animaux, en diffère essentiellement.
En effet , c'est par leur bouche que les animaux introduisent dans leur intérieur les diverses substances qui doivent servir à leur nutrition. C'est au moyen des bouches aspirantes qui terminent leurs racines que les végétaux absorbent, dans l'intérieur
2l8 NUTRITION DES VÉGÉTAUX.
de la terre , l'eau mélangée des matières nécessaires ou inutiles à leur développement.
Dans les animaux, les matières absorbées suivent un seul et même canal , depuis la bouche jusqu'à l'endroit où la substance vraiment nutritive (Je chyle) doit être séparée des matières inutiles ou excrémentitielles.
Dans les végétaux, le même phénomène a lieu : les fluides absorbés parcourent un certain trajet avant d'arriver jusqu'aux feuilies , où s'opère la séparation des parties nécessaires ou inutiles à la nutrition.
Les animaux et les végétaux rejettent au dehors les substances impropres à leur développement.
Le chyle, ou la partie nutritive et alimentaire des animaux se mêle au sang, qu'il entretient et répare continuellement , parcourt toutes les parties du corps , et sert au développement et à la nutrition des organes.
La sève des végétaux , après avoir éprouvé l'influence de l'atmosphère dans les feuilles , après avoir acquis une nature et des propriétés nouvelles, redescend dans toutes les parties du végétal pour y porter les matériaux de leur accroissement et servir au développement de toutes leurs parties.
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