‹ Nouveaux élémens de botanique et de physiologie végétaleChapitre 48 sur 129 · DE LA FLEDR EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA FLEDR EN GÉNÉRAL

c'est-à-dire le calice et la corolle. La fleur complète sera donc celle qui présentera les deux organes sexuels entourés d'une corolle et d'un calice.

Il est important d'examiner ici dans quel ordre symétrique sont disposés entre eux les différens organes constituant une fleur complète.

En allant du centre à la circonférence , nous verrons : le pistil, ou organe sexuel femelle, occuper toujours la partie centrale de la fleur. Il se compose de X ovaire, du style et du stigmate. Plus en dehors, sont les organej sexuels mâles, ou les.étamines , ordinairement en nombre plus considérable que les pistils , et composées d'un filet et d'une anthère.

A l'extérieur des étamines, se trouve la plus intérieure des deux enveloppes florales , ou la corolle : on l'appelle monopétale , quand elle est formée d'une seule pièce; polf pétale , quand elle est formée de plusieurs pièces , nommées pétales : enfin la plus extérieure des deux enveloppes florales est le calice, qui est monosépale ou polysèpale , suivant qu'il est composé d'une ou de plusieurs pièces nommées sépales. Tout ce qui est en dehors du calice n'appartient plus en propre à la fleur; telles sont lesfeidlles florales ou les bractées qui les accompagnent fort souvent , et qui doivent en être considérées comme des parties accessoires.

Prenons dans la nature quelques exemples de fleurs dans lesquelles nous chercherons à reconnaître et à dénommer les différentes parties que nous venons

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d'énumérer. La giroflée jaune ( Cheiranthus Cheiri) va nous servir d'exemple. >

Nous verrons le centre de la fleur occupé par un petit corps allongé, un peu comprimé d'avant en arrière, présentant, lorsqu'on le fend longitudinalement dans ses deux tiers inférieurs , deux cavités dans lesquelles sont renfermés les ovules : ce corps est le pistil. Il se compose d'un ovaire ou partie inférieure , d'un style , prolongement filiforme du sommet de l'ovaire , terminé par un petit corps visqueux , glandulaire et bilobé : c'est le stigmate. En dehors du pistil nous trouvons six organes de même forme, de même structure, disposés circulairement autour de l'organe femelle , composés chacun d'une partie inférieure filamentiforme , que surmonte une espèce de petit sac ovoïde , à deux loges , remplis d'une poussière jaunâtre. A leur position et à leur structure , nous reconnaîtrons ces corps pour les étamineSy ou organes sexuels mâles. Leur partie inférieure filamentiforme est le filet; leur partie supérieure est Y anthère; la poussière qu'ils renferment est le pollen. En examinant ce qui reste au dehors des organes sexuels, nous apercevons huit appendices membraneux , disposés par deux séries, quatre plus intérieurs, et quatre occupant la partie externe de la fleur. Les quatre intérieurs, plus grands, d'une couleur jaune, parfaitement semblables entre eux, constituent un seul et même organe ; c'est la corolle, qui dans ce cas est composée de quatre pièces distinctes ou de quatre pétales. Il nous sera très-facile main-

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tenant de dénommer !es quatre pièces verdâtres, plus petites, situées en dehors de la corolle. En effet, nous savons déjà que la plus externe des deux enveloppes florales est le calice. Ici le calice est donc formé de quatre pièces ou sépales.

Telle est la structure et la position respective des différens organes qui constituent une fleur complète. Examinons maintenant quelques fleurs dans lesquelles tous les organes que nous venons d'énumérer ne se rencontrent pas. Dans la tulipe , par exemple, nous trouvons au centre de la fleur \e pistil, composé d'un ovaire prismatique et à trois faces , dont le sommet est couronné par un corps glandulaire, qui est le stigmate: il n'y a point de style. En dehors nous voyons six étamines, dont la structure n'a rien de remarquable. Voilà donc les deux organes sexuels; mais à leur extérieur nous trouvons six pièces, ou segmens membraneux, parfaitement semblables entre eux , ne formant évidemment qu'un seul et même organe. Dans cette fleur il manque donc une des deux enveloppes florales; mais quelle est celle qui manque? Cette question a beaucoup occupé les botanistes,, qui tous ne sont pas encore d'accord à ce sujet. Les uns en effet, avec Linnaeus, veulent que, lorsqu'il n'existe qu'une seule enveloppe florale autour des organes sexuels, on la nomme corolle, quand elle offre des couleurs vives; calice, quand elle est verte. On voit combien cette distinction est fondée sur des caractères peu fixes. Les autres, au contraire, avec M. de Jussieu, conduits par les lois de l'analogie, la regardent ,

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comme un calice, quelles que soient sa couleur et sa consistance. Nous partagerons cette opinion , et nous appellerons calice l'enveloppe florale unique qui se trouve autour des organes sexuels. D'autres auteurs, voulant remédier à cette diversité d'opinions, et concilier en quelque sorte les deux partis» donnent le nom de périgone à l'enveloppe florale unique qui entoure les organes sexuels. La tulipe, que nous examinons, a donc un calice formé de six sépales, ou un périgone composé de six pièces distinctes.

Enfin, comme nous l'avons vu précédemment, il est des fleurs dans lesquelles les deux enveloppes florales manquent en même temps. On les a appelées fleurs nues, pour les distinguer de celles qui sont munies d'enveloppes florales.

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