DES NECTAIRES
Sous la dénomination générale de nectaires (nectaria), Lînnœus a désigné non-seulement les corps glanduleux que l'on observe dans certaines fleurs, où ils sécrètent une humeur mielleuse et nectarée , mais encore toutes les parties de la fleur qui, présentant des formes irrégulières et insolites, rui semblaient ne point appartenir aux organes floraux proprement dits, c'est-à-dire ni au-pistil, niauxétamines, ni aux enveloppes florales.
On conçoit facilement combien l'extension considérable donnée à ce mot a dû jeter de vague sur sa véritable signification, à tel point, qu'il est tout-àfait impossible de donner une définition rigoureuse du mot nectaire, tel que Linnaeus l'a entendu. Quel-
NECTAIRES. 3oq
ques exemples viendront à l'appui de notre assertion.
Toutes les fois qu'un des organes eonstituans de la fleur offrait quelque irrégularité dans sa forme, dans sou développement, ou quelque altération de sa physionomie habituelle, Linnœus lui donnait le nom de nectaire. On pense bien qu'il a dû décorer de ce nom une foule d'organes tres-différens les uns des autres.
Ainsi, dans l'ancolie, Linnaeus décrit cinq nectaires en forme d'éperons recourbés et pendans entre les cinq sépales; dans les Delphinium il en existe deux qui se prolongent en pointe à leur partie postérieure, et sont contenus dans l'éperon que l'on observe à la base du sépale supérieur; dans les hellébores on en trouve un grand nombre qui sonttubuleux et comme à deux lèvres. Or ces prétendus nectaires des hellébores, des ancolies, et en général de tous les autres genres de la famille des Renonculacées, ne sont rien autre chose que les pétales.
Dans la capucine, le nectaire est un éperon qui part de la base du calice; dans les linaires, ce nectaire ou éperon est un prolongement de la base de la corolle. 11 en est de même dans la violette, la balsamine, etc.
• Linnaeus a aussi donné le nom de nectaires à des amas de glandes placés dans différentes parties de la fleur. Auss'i a-t-il confondu sous ce nom les disques comme dans les Crucifères , les Orr.bellifères, les Rosacées , etc. Dans le lis , le nectaire est sous la forme d'un sillon glanduleux placé à la base interne des
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divisions du calice; dans les iris, c'est un bouquet de poils glanduleux qui règne sur le milieu des divisions externes du calice.
Dans les Graminées, le nectaire se compose de deux petites écailles de forme très-variée, situées d'un coté de la base de l'ovaire. Ces deux écailles ou paléoles forment la glumelle , organe qui n'effectue aucune sécrétion. Dans les Orchidées, on a appelé nectaire !a division inférieure et interne du calice, que d'autres botanistes , et Linnœus lui-même ont désignée sous le nom de labelle.
Nous pourrions encore multiplier le nombre des exemples de genres où l'on a fait mention du nectaire. Mais ceux que nous avons cités suffisent pour faire voir combien ce mot est vague et peu défini dans la langue botanique, puisqu'on l'a appliqué tour à tour à des pétales, à des calices, à desétamines, à des pistils avortés et difformes, à des disques hypogynes périgynes et épigynes.
Si l'on voulait conserver cette expression de nectaire , nous pensons qu'il faudrait exclusivement la réserver pour les amas de glandes situées sur les différentes parties èe la plante, et destinées à sécréter un liquide mielleux etnectaré,en ayant soin toutefois de ne pas confondre ce corps avec les différentes espèces de disque, qui ne sont jamais des organes sécréteurs. Par ce moyen on ferait cesser le vague et la confusion que ce mot entraîne avec lui , et on le rendrait à sa véritable signification.
FÉCONDATION. 3lï