FRUITS SECS
§ i . Fruits secs et indéhiscens.
Les fruits secs et indéhiscens sont ordinairement oligospermes, c'est-à-dire qu'ils renferment un trèspetit nombre de graines. Leur péricarpe est en général assez mince, ou adhérent avec le tégument propre de la graine; ce qui a porté les anciens à les considérer comme des graines nues ou dépourvues de péricarpe. Ce sont les véritables pseudospermes.
i° La cariopse (caiiopsis , Rich.), fruit monosperme, indéhiscent, dont le péricarpe, très-mince, est intimement confondu avec la graine, et ne peut en être distingué. Cette espèce appartient à presque toute la famille des Graminées, tels que le blé, l'orge, le riz, etc.
Sa forme est assez variable. Elle est ovoïde dans le blé (triticum), allongée et plus étroite dans Y avoine (avena); irrégulièrement sphéroïdaie dans le blé de Turquie (zea). Elle ne contient jamais qu'une seule graine, dont l'amande est formée d'un endosperme farineux, très-considérable, et d'un embryon extraire.
20 Y? akène (akenium, Rich.), fruit monosperme, indéhiscent, dont le péricarpe est distinct du tégument propre de la graine; comme dans les Synanthérées, le grand soleil {Helianthus annuus), les chardons, etc.
Assez souvent l'akène est couronné par des soies, des paillettes, qui constituent ce que nous avons désigné par le nom d'aigrette (pappus). ( Voy. pi. 8,
flg. 12, l3.)
Quelquefois cette aigrette forme une simple petite couronne membraneuse, qui borde circulairement la partie supérieure du fruit (pappus niargiualis).
D'autres fois l'aigrette est plumeuse ou soyeuse, selon la nature des poils qui la composent.
3° Le > polakène ( polakenium. Rich.). On appelle ainsi un fruit simple, qui, à sa parfaite maturité, se sépare en deux ou un plus grand nombre de loges, que l'on peut regarder chacune comme éîant un akène. De là l.es noms de dia/îène, triakène , pentakène, suivant le nombre de ces pièces. Exemple ■ les Ombellifères, le panais, le persil, la ciguë, les Araliacées, etc.
Dans les Ombellifères, c'est un diakène; dans la
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capucine, c'est un triakène; c'est un pantakène ou polakène proprement dit, dans les Araliacées.
4° La samare {samara. Gœrtner), fruit oligo» sperme, coriace, membraneux, très-comprimé, offrant une ou deux loges indéhiscentes, souvent prolongées latéralement en ailes ou appendices élargis. Par exemple, le fruit de l'orme {JJlmus campestris), des érables, etc. (Voy. pi. 8, fig. 6).
5° Le gland (glans), fruit uniloculaire, indéhiscent, monosperme ( par l'avortement constant de plusieurs ovules), provenant constamment d'un ovaire infère, pluriloculaire et polysperme, dont le péricarpe, uni intimement à la graine, présente toujours à son sommet les dents excessivement petites du limbe du calice, et est renfermé en partie, rarement en totalité, dans une sorte jd'involucre écailleux. où foliacé, nommé cupule. Par exemple, le fruit des chênes, du noisetier, etc. (Voy. pi. 8, fig. 7.)
La forme des glands est en général très-variable. Il y en a d'allongés, d'autres qui sont arrondis et comme sphériques; dans les uns, la cupule est squamacée et très -courte; dans d'autres, elle est fort développée et recouvre presque entièrement le fruit.
6° Le carcèrule [carcerulus , Des vaux), fruit sec, pluriloculaire, polysperme, indéhiscent; tel est celui du tilleul.
On a appelé fruits gynobasiques ceux-.dont les
' loges sont tellement écartées les unes des autres ,
qu'elles semblent constituer autant de fruits séparés.
Tel est le fruit des Labiées, qui est formé de quatre akènes réunis à leur base sur un réceptable commun.
§ 1. Fruits secs et déhiscens.
Les fruits secs et déhiscens sont le plus souvent polyspermes; le nombre des valves et des loges qui les composent est très-variable. On les désigne, en général, par le nom de fruits capsulaires.
i° Le follicule (follictdus) , fruit géminé ou solitaire par avortement, ordinairement membraneux, uniloculaire, univalve , s'ouvrant par une suture longitudinale, à laquelle s'attache intérieurement un trophosperme suturai , qui devient libre par la déhiscence du péricarpe. Rarement les graines sont attachées aux deux bords de la suture. Cette espèce de fruit est propre à la famille des Apocynées, tels qu'au laurier rose ( TSerium oleander ) , à X Asclepias syriaca, au dompte venin [Asclepias vincetoxicuin) , etc. (Voy. pi. 8, fig. j i.)
i° La silique (siliqua) , fruit sec, allongé, bivalve , dont les graines sont attachées à deux trophospermes suturaux. Elle est ordinairement séparée en deux loges par une fausse cloison parallèle aux valves, qui n'est qu'un prolongement des trophospermes, et qui persiste souvent après la chute des valves. Ce fruit appartient aux Crucifères; exemple : la giroflée, le choux, etc. (Voy. pi. 8 , fig. i.)
3° La silicule (silicula) diffère à peine de la précédente. On donne ce nom à une silique dont la
hauteur n'est pas quatre fois plus considérable que la largeur. La silicule ne contient quelquefois qu'une ou deux graines. Tels sont les fruits des Thlaspi, des Lepidium, des Isatis, etc. ( Voy. pï. 8, fig. 1. )
Elle appartient également aux plantes Crucifères.
4° La gousse , ou légume ( Icgumen ) , est un fruit sec , bivalve, dont les graines sont attachées à un seul trophosperme, qui suit la direction de l'une des sutures. Ce fruit appartient à toute la famille des Légumineuses, dont il forme le principal caractère : par exemple, dans le pois, les fèves, les haricots, etc. (Voy. pi. 8, fig. 3. )
La gousse est naturellement uniloculaire ; mais quelquefois elle est partagée en deux ou un plus grand nombre de loges par de fausses cloisons. Ainsi elle est biloculaire dans l'astragale.
Dans les casses, la gousse est cylindracée et séparée en un nombre considérable de loges par des diaphragmes ou fausses cloisons transversales. Ce caractère appartient à tout le genre Cassia.
Quelquefois la gousse semble être formée de pièces articulées; on dit alors qu'elle est lomentacée, comme dans les genres Hippocrepis , Hedysarum, etc.
D'autres fois la gousse est enflée, vésiculeuse, à parois minces et demi-i;rnnsparentes , comme dans les baguenaudiers ( Colutea).
Le nombre des graines que renferme la gousse varie beaucoup. Ainsi il y en a une seule dans le Medicago lupulina , deux dans les véritables Ervum^ etc.
CLASSIFICATION DES FRUITS. 3o,ï
Quelquefois la gousse est tout-à-fait indéhiscente , comme dans le Cassia Jîstula et d'autres espèces ; mais ces variétés sont rares et ne détruisent pas les caractères propres à cette espèce de fruit.
5° La pjxide (pyxidïum , Erh.), est un fruit capsulaire, sec, ordinairement globuleux, s'ouvrantpar une scissure transversale, en deux valves hémisphériques superposées. C'est ce que l'on observe dans le pourpier, le mouron, la jusquiame, etc. Les auteurs la désignent communément par le nom de boîte à savonnette {Capsula circumscissa , L.) (Voy. pi. 10, fig.8.)
6° Uélatén'e [elaterium. Rich), fruit souvent relevé de côtes, se partageant naturellement à sa maturité en autant de coques distinctes s'ouvrant longitudinalement, qu'il présente des loges, comme dans les Euphorbiacées. De là les expressions de tricoque, multicoque , données à ce fruit.
Ordinairement ces coques sont réunies par une columelle centrale qui persiste après leur chute.
70 La capsule (capsula); on donne ce nom général à tous les fruits secs et déhiscens, qui ne peuvent être rapportés à aucune des espèces précédentes. On conçoit d'après cela que les capsules doivent être extrêmement variables.
Ainsi il y a des capsules qui s'ouvrent par des pores ou ouvertures pratiquées à leur partie supérieure : telles sont celles des pavots , des Anthrhiiium . D'autres fois ces pores sont situés vers la base de la cnpsuie. Plusieurs ne sont déhiscentes que par leur soin-
met , fermé par des dents rapprochées , qui s'écartent lors de la parfaite maturité. C'est ce que Ion remarque dans beaucoup de genres de la famille des Cariophyllées. (Voy. pi. 8, fig. 4-)